Ce matin, je me suis réveillé à mon campement près de la rivière alors qu’il faisait encore sombre. Aujourd’hui, je n’ai que 25 kilomètres à parcourir avant d’atteindre la route principale où un « Trail Angel » nommé Mike doit venir me chercher. Ces derniers temps, le terrain ralentit beaucoup ma progression, alors j’ai décidé de partir tôt pour être à la route vers 13 heures.
J’ai dû utiliser ma lampe frontale les 10 à 15 premières minutes. À 4h30, le soleil s’était levé, mais la forêt restait assez sombre. Mon corps était ralenti ce matin et le terrain accidenté n’a rien arrangé. J’ai pris mon temps tout en avançant du mieux possible. Avant le prochain effort en montée, j’avais environ 3 kilomètres de descente. Finalement, je suis passé au-delà du camp où je comptais m’arrêter la veille, une section pourtant plutôt facile. Je pouvais assurément y arriver la nuit dernière, mais je ne regrette pas d’avoir coupé court.
Ce matin, le sentier était étonnamment progressif et facile.
Le sentier m’a conduit jusqu’à une rivière avant d’entamer la montée sur l’autre versant. Le dénivelé est important aujourd’hui, mais cela ne me gêne pas. Je trouve que les kilomètres à la montée passent plus vite que ceux en descente. La première montée vers Saddleback Junior était raide. Les ascensions dans le Maine et le New Hampshire suivent souvent le même schéma : une montée longue et raide pour atteindre une base, puis l’ascension d’une montagne de 1 200 mètres environ. J’apprécie cet enchaînement car le plus difficile est fait d’emblée.
La montée a rapidement commencé ce matin.
Au sommet de Saddleback Junior, j’ai croisé deux dames d’un certain âge distribuant de la “magie du sentier” — ces petites attentions pour les randonneurs — tout en faisant une grande section de la randonnée. Peu après, j’ai aperçu un martre des pins, une rencontre rare et précieuse. L’animal s’est montré curieux et j’ai pu filmer ce moment tout en alertant quelques autres randonneurs qui progressaient vers le nord.
Le premier point haut de la journée, Poplar Ridge, au préalable de Saddleback Junior.
La montée de Saddleback Junior fut d’abord raide, mais agréable. Ce sont des moments où je ne ressens pas la pression du temps. Mon corps est en forme, et je n’ai pas besoin de pause lors des ascensions. J’ai pris un peu d’eau dans un abri avant de poursuivre jusqu’au sommet, car il n’y avait pas d’autre source d’eau avant d’avoir franchi les Saddlebacks et le Horn.
Des vues incroyables, dès le début de matinée.
Après la descente abrupte de Saddleback Junior, relativement courte heureusement, j’ai entamé l’ascension du Horn. De là, la journée a pris une tournure exceptionnelle. Le paysage entre le Horn et Saddleback est à couper le souffle. Une fois sorti de la forêt, on évolue presque continuellement en haute altitude, offrant des panoramas grandioses.
Rien ne vaut un départ tôt et lumineux.
Au niveau du Horn, j’ai rencontré une dizaine de randonneurs allant vers le nord. L’un d’eux, que je connaissais à peine du départ du sentier à Franklin, a eu la surprise de me revoir, pensant que j’avais terminé la randonnée. La publication récente sur mon arrivée au Mont Katahdin avait semé un peu de confusion.
Les Saddlebacks se dessinent à l’horizon.
Entre le Horn et Saddleback, le sentier n’était pas trop technique, malgré une pente plutôt raide. Le rocher était très adhérent, me permettant d’évoluer sans difficulté. Sur certains passages, le terrain peut être trop glissant ou escarpé pour se sentir en confiance.
Quelle gentillesse que l’AT de proposer des échelles !
À l’approche de Saddleback, j’ai confirmé l’heure de rendez-vous avec Mike. La perspective d’une journée plus courte me réjouit énormément. Ces derniers jours ont été très éprouvants. Le terrain du sud du Maine est beaucoup plus exigeant que ce dont je me souvenais. Apprendre à laisser le Maine dicter ton rythme est un exercice d’humilité. J’essaie désormais de ne plus me mettre la pression pour réaliser de longues étapes quand ce n’est pas possible.
Suivez cette marque. Le sud du Maine a été plus compliqué que je ne le pensais.
Après plusieurs jours exigeants, la perspective d’une soirée en ville est un vrai soulagement. Mike avait tout préparé, y compris la réservation à l’hôtel. Je pouvais ainsi me poser sans réfléchir, un luxe appréciable quand l’esprit est fatigué.
Après avoir atteint la route vers 12h30, Mike m’attendait avec sa camionnette, boissons et en-cas. Nous avons échangé un moment sur la caisse, puis sommes partis pour la ville. La chambre, située à côté de la laverie, m’a permis de me détendre. Mike a sorti son coffre rempli de ravitaillement : repas déshydratés, cafés, chocolats chauds, électrolytes, snacks, bonbons, tout ce que l’on peut imaginer. Faire ses provisions sans quitter sa chambre, c’est une expérience de luxe très appréciée.
Mike a ce qu’il faut ! Faire un ravitaillement depuis ma chambre d’hôtel, c’était incroyable.
J’ai choisi mes repas pour les jours à venir et Mike m’a même conseillé différentes étapes de 40 km environ pour ne pas me surmener. Il était agréable pour une fois de ne pas avoir à penser à tout. Après avoir mis à charger mes équipements, fait un peu de ménage, pris une bonne douche après les efforts humides et boueux du jour, j’ai fait la lessive. Mon dos me démangeait un peu sous l’effet de l’humidité, heureusement sans douleur excessive.
Le rêve du randonneur : multiples prises électriques et USB pour tout recharger d’un coup.
Le soir, Mike et moi sommes allés dîner dans un restaurant de steak et fruits de mer. Il m’a demandé quand j’avais mangé un steak pour la dernière fois, ce dont je ne me souvenais pas. La décision était prise. Ce fut un des meilleurs repas que j’aie pris depuis longtemps : un steak au poivre noir savoureux, accompagné de purée et légumes. Pour finir, j’ai cédé à la demande insistante de Mike de prendre un dessert, une crème brûlée dont je n’avais jamais goûté auparavant. Un vrai bonheur qui m’a laissé paisible et somnolent.
Un des meilleurs repas de ma vie.Je n’avais jamais essayé la crème brûlée, c’était délicieux.
De retour à la chambre, nous avons discuté un moment avant que Mike parte. J’avais beaucoup de travail vidéo et rédactionnel à rattraper, un bon défi compte tenu de ma fatigue. Travailler devant l’écran me donnait néanmoins rapidement sommeil, même sans être fatigué initialement.
J’ai avancé sur quelques billets et vidéos, mais il me faudra au moins une journée complète pour rattraper mon retard. Rester à jour tout au long de l’année est essentiel, car une fois en retard, il est très difficile de retrouver le rythme, surtout avec ce terrain ardue qui épuise. Je garde espoir de pouvoir me remettre au niveau dans les prochaines semaines.
En Résumé
Partir tôt permet de gérer un terrain difficile, mais ne garantit pas de belles performances.
Les montées abruptes du Maine obligent à une préparation mentale plus qu’à la simple endurance.
Rencontrer des animaux sauvages rares, comme le martre, reste un privilège réservé aux observateurs attentifs.
Il faut savoir lâcher prise face à la nature, surtout lorsque le Maine décide du rythme.
Un ravitaillement complet livré en chambre, ça change la vie — à croire que les Trail Angels sont les véritables chefs d’orchestre de l’aventure.
Et oui, un bon steak après l’effort, ça réconcilie avec tout.
Entre la rudesse des sentiers et la générosité des rencontres, la randonnée est un mélange de défis et de plaisirs simples. Ce qui me fascine, c’est cette capacité du trek à nous faire réévaluer ce que « contrôle » veut dire — sur le terrain comme dans la vie. Vous croyez maîtriser votre calendrier ? Détrompez-vous, c’est la montagne qui commande. Alors, je vous invite à réfléchir : ne vaut-il pas mieux apprendre à suivre le rythme de la nature, plutôt que d’épuiser ses forces à lui dicter la cadence ? Allez, en avant pour la prochaine étape ! Moi, je suis déjà prêt à repartir, et vous ?
Ce qui rend une « tramily » si fascinante, c’est qu’elle évolue sans cesse.
Dans mon précédent récit, je m’inquiétais de perdre mon groupe, qu’ils allaient trop vite. Aujourd’hui, c’est moi qui suis devant eux. On dirait un jeu de cache-cache perpétuel.
De Bland à Pearisburg
Avec Fresh, Holiday, et Swamply, nous avons quitté Bland pour rejoindre Pearisburg.
La pluie et les orages nous ont accompagnés, mais nous avons évité le pire. Après une averse, les fleurs de rhododendrons jonchaient le sentier, lui donnant une allure presque féerique.
Un jour de pluie, nous avons rencontré un randonneur allemand, Mash, qui deviendra bientôt un membre de notre « tramily ».
WhiteWolf, l’Inattendu
En chemin vers un point de départ pour Pearisburg, alors que nous envisagions de faire du stop, nous avons croisé WhiteWolf, un randonneur rencontré à Standing Bear.
Après quelques échanges, il nous a proposé de nous conduire en ville. Je suis monté à l’avant de son véhicule tandis que les autres prenaient place à l’arrière.
Le Temps et le Lieu
Cinq minutes après notre départ, WhiteWolf s’est arrêté pour expliquer qu’il s’était trompé de route. Il m’a raconté comment, lors d’une randonnée dans les Smokies, il avait erré deux heures à côté du sentier sans même s’en rendre compte, avant de devoir rebrousser chemin.
Il m’a confié croire que le sentier le conduit là où il doit être, au moment où il en a besoin. Quelques minutes plus tard, il réalisait qu’il n’était même pas au bon point de départ quand nous l’avons rencontré.
Cette anecdote m’a interpellé : lui qui se trompe de route juste avant de nous croiser, nous aidant à notre tour ; une belle preuve que le sentier pourvoit à ses marcheurs.
Les Ajustements de la Tramily
Après Pearisburg, la dynamique a changé. Nous avons appris que Chewy, Ranger, et Dandelion devaient prendre une pause, certains blessés. Ce soir-là, Mash a retrouvé notre groupe et décidé de rester.
Le lendemain, un engoulevent est venu nous chanter sa ritournelle nocturne. Aucun de nous n’a vraiment dormi cette nuit-là. Ce chant, entêtant, nous a accompagnés tous les soirs pendant une semaine, jusqu’à ce qu’il se fasse rare. Étrangement, il nous manque maintenant.
Choix et Séparations
Face à un choix entre une étape de 12 ou 18 miles, Holiday et Swamply ont préféré le court et retardé le plus long pour plus tard. Personnellement, je préfère enchaîner un grand jour suivi d’un plus court.
Nous nous sommes donc séparés : Fresh et moi avons continué, retrouvant d’autres randonneurs. Surprise bienvenue, Ranger est apparu seul — Dandelion et Chewy avaient dû faire une pause forcée par leurs blessures.
La Triple Couronne Virginienne
Dragon’s Tooth
Avec Fresh, Ranger et Bushwack, nous avons affronté le premier des trois défis de Virginie : Dragon’s Tooth.
La journée fut longue et les ascensions raides. Tandis que mes compagnons grimpaient au sommet, je suis resté prudemment en bas.
La descente, plus escarpée encore, demandait concentration et patience. J’avais de l’optimisme, estimant que tomber descendrait vers notre but plutôt que de nous en éloigner… mais une pierre glissante m’a rappelé à l’ordre, avec une chute contrôlée heureusement sans conséquence.
Après cela, nous avons rejoint Catwba Grocery pour une pizza bien méritée avant d’installer le camp au parking d’un autre point de départ.
McAfee Knob
Le lendemain, cap vers le deuxième joyau de Virginie : McAfee Knob. Nous avons passé l’après-midi à contempler le paysage, à prendre des photos et à profiter d’une rare couverture téléphonique pour échanger nos clichés.
Nous avons passé la nuit dans un abri proche, surveillés par un garde après des signalements d’ours, que nous n’avons malheureusement pas vus.
Tinker Cliffs
Enfin, nous avons complété la Triple Couronne avec Tinker Cliffs. D’ici, McAfee Knob était visible à l’horizon. Après avoir profité de la vue, nous avons poursuivi vers Daleville et Troutville pour dîner.
Lors de ce passage à zéro, nous avons entassé Chewy, Ranger, Dandelion, Fresh, Mash — qui avait disparu depuis quelques jours — et moi-même dans une même chambre d’hôtel, un défi pour nos tempéraments introvertis.
Cap sur Lexington
Après Daleville, la randonnée s’est corsée. Dénivelé, humidité et chaleur rendaient l’effort difficile.
Certains, comme Chewy, ont dû abandonner temporairement à cause de la fatigue et des blessures. Mash aussi s’est arrêté pour récupérer.
Nous avons fait halte à Glasgow et dormi dans un abri de la ville. Fresh, Ranger et moi avons lutté mais réussi à terminer cette portion pendant que d’autres prenaient plus de repos pour réparer corps et esprit.
Nous nous sommes retrouvés à Lexington pour une nouvelle étape sans marche, tandis que Chewy et Mash restaient pour guérir. Les autres et moi avons repris la route en direction de Waynesboro, prêts à rejoindre ensemble le parc national de Shenandoah.
Mon Avis sur la Virginie pour l’instant
La Virginie du Sud m’a plu : des sentiers plus accessibles, une randonnée agréable.
La Triple Couronne offre des paysages spectaculaires et des défis intéressants.
En revanche, le tronçon de Daleville à Waynesboro a été éprouvant. La Virginie qui se dit plate s’avère en réalité : Formaidablement Longue et Ascendante, surtout Très pentue.
Chaleur, humidité, pluie permanente… Chaque jour, nous étions trempés. Mes vêtements portaient les traces de frottements, et mes pieds, saturés d’eau, ressemblaient à ceux d’un revenant à la fin de la journée, toujours humides au réveil.
Hike Your Own Hike (HYOH)
Fresh et moi restons fidèles à un principe strict : pas de transport d’équipement, pas de raccourcis officieux. Les autres membres, confrontés à blessures, contraintes de temps, soucis financiers ou santé, ont été plus flexibles.
Randonner à son propre rythme est essentiel dans une « tramily » où chaque imprévu peut bouleverser la dynamique.
En Résumé
La randonnée révèle souvent un ballet complexe entre solitude et lien social, où chaque rencontre semble calée sur un timing… presque mystique.
Le sentier ne pardonne pas les erreurs, mais sait transformer chaque maladresse en opportunité inattendue — la preuve par WhiteWolf et son détour providentiel.
Le rythme imposé par la nature, la météo, et la forme physique impose à chacun de jongler entre endurance et précaution, entre montée d’adrénaline et pauses salvatrices.
Enfin, la notion d’« être à sa place au bon moment » n’est pas qu’une belle formule poétique : elle est parfois la clé du succès sur le sentier.
Alors oui, l’aventure sur le sentier est à la fois exigeante et généreuse. Il faut savoir lâcher prise, s’adapter, parfois même rire de ses propres frayeurs — parce que c’est bien là que se joue la magie de la randonnée. Et vous savez quoi ? Moi, je trouve ça passionnant. Alors, prêts à chausser vos bottes et à découvrir votre propre chemin ? Parce qu’après tout, le sentier appartient à ceux qui osent le parcourir… à leur manière.
Ce matin, je n’étais pas pressé de terminer mes préparatifs. Tim devait cuisiner le petit-déjeuner vers 6h30, donc je ne commencerais pas trop tôt la journée. Mais j’avais hâte de goûter ce repas dont j’avais tant entendu parler. Aujourd’hui, j’espérais parcourir une grande distance, sans contrainte de temps. Une fois prêt, je me suis dirigé vers le bâtiment principal, où Tim m’attendait avec du café, du jus et des fruits sur la table.
J’ai dormi dans la cabane Gibraltar au Harrison Pierce Pond Fish Camp.
Au petit-déjeuner, Tim avait préparé une grande pile de pancakes garnis de pommes, framboises et autres fruits. C’était un vrai délice ! J’ai également mangé des œufs et des saucisses en terminant par mon café. C’était agréable de discuter ainsi avec Tim, un homme d’une grande gentillesse.
Un petit-déjeuner incroyable avec vue sur la rivière en contrebas du camp.Certains des meilleurs pancakes que j’ai jamais mangés !
Vers 7h30, il était temps de reprendre la route. La température allait avoisiner les 32°C et je visais environ 40 kilomètres. Le terrain ici est lent à parcourir, alors je ne pouvais qu’y aller au mieux. Dès que j’ai repris le sentier, j’ai réalisé que la journée serait rude : boue, rochers, même le terrain plat demandait beaucoup d’efforts. J’avais déjà fait l’Appalachian Trail, mais j’avais réellement occulté la difficulté du Maine.
Le Harrison Pierce spawn Fish Camp est un lieu où j’aimerais revenir. Un cadre paisible pour quelques jours à écrire.
Pour beaucoup, le New Hampshire est l’étape la plus dure du sentier Appalachian. Certes, ses montées abruptes et exposées sont redoutables. Mais, à mon sens, le sud du Maine offre un terrain encore plus accidenté. Les kilomètres qui me restent ici sur la Côte Est ne seront pas une promenade de santé, mais je suis impatient de boucler cette étape.
Ce matin, j’ai franchi de nombreux petits ponts au travers de zones marécageuses envahies par la végétation.
La première moitié de la journée comportait peu de dénivelé, une partie relativement simple du parcours. Mais même le « facile » ici reste exigeant.
Pendant ma marche, j’ai écouté un podcast un peu sombre : “Trail of the Lost” d’Andrea Lankford. Ce récit est triste, mais passionnant. Il relate l’histoire de trois personnes disparues sur le Pacific Crest Trail. J’en avais entendu parler, mais pas en détail. L’auteure explore ces disparitions en s’entretenant avec les familles. J’ai fini par écouter tout le livre dans la journée.
En début d’après-midi, je suis passé à côté d’un magnifique lac. Un endroit idéal pour une baignade avec cette chaleur.
En fin de journée, j’allais entamer l’ascension des Bigelows, une montée rude et assez exposée, mais offrant des vues spectaculaires. Juste avant la montée, j’ai croisé quelques randonneurs dans les deux sens. L’un d’entre eux, venu tout droit de Géorgie, marchait pieds nus. Je l’avais déjà entendu évoquer, alors nous avons échangé un moment, fascinant.
Le sentier n’est pas toujours simple : le terrain technique du sud du Maine et du New Hampshire surprend beaucoup.
J’ai aussi retrouvé les deux personnes qui m’avaient donné un lift la veille, heureux de revoir leur visage familier. En traversant une route, je suis tombé sur « Won’t Get Up Will », une dame adorable que j’ai déjà croisée plusieurs fois cette année. Elle était avec un autre randonneur nommé Shark. Nous avons discuté un moment avant que je reprenne mon chemin. Peu de temps devant moi, il fallait que je franchisse les Bigelows avant la nuit.
La montée s’effectue parfois par des marches de rochers.
Je me suis arrêté à une source pour remplir mes réserves d’eau. Je n’ai jamais autant bu qu’aujourd’hui, remplissant ma gourde toutes les heures. Cette chaleur est intense. Il fallait maintenant escalader en plein après-midi, entrecoupé de quelques sources rares, notamment au sommet des Bigelows, où je planterais la tente.
Premières vues des Bigelows au début de l’ascension. Le sentier aime bien vous faire deviner la destination, juste pour vous taquiner.
La montée a été longue et rude, mais je me sentais fort. Pourtant, dès la première mile, une averse s’est abattue. Fort heureusement, habitué à l’Est des États-Unis, j’avais senti le coup venir. J’ai déployé mon parapluie et me suis arrêté. La pluie a duré cinq minutes avant de s’arrêter aussi vite qu’elle était venue. L’humidité s’est adoucie, la température est redevenue agréable. Surprise, les rochers n’étaient pas plus glissants. J’ai continué, profitant pleinement du beau temps au sommet.
Un randonneur nordbound m’a confirmé que la vue d’en haut était exceptionnelle. Je me sentais chanceux, car ici dans le Maine, le brouillard peut masquer le paysage à tout moment. Peu à peu, j’ai dépassé la limite des arbres et la vue se faisait infinie, avec un ciel presque sans nuage et la lumière déclinante du jour. Ce moment sur les Bigelows était un grand réconfort, après tant de kilomètres pénibles. Je sais que cette portion du sentier sera l’une des plus éprouvantes, mentalement et physiquement, de toute cette année.
La vue depuis le sommet des Bigelows.
Le coucher du soleil approchant, je me suis mis en route pour redescendre au col où je camperais. Sur le chemin, je me suis souvenu d’une construction en pierres au sommet : un abri en cas de mauvais temps, sans toit mais qui protège du vent.
Escalader les blocs a été une belle fin de journée. Heureusement, la pluie fut de courte durée.
La descente était courte mais raide, plus difficile qu’à la montée sur ce terrain rocheux. En chemin, j’ai rempli ma gourde à une source d’eau fraîche bien appréciée, avant de planter ma tente. J’avais prévu un bivouac près d’une cabane de gardien ou garde-feu. J’imaginais trouver d’autres randonneurs, mais j’étais seul sur place.
Descente vers le col pour la nuit.
Une fois installé, les moustiques m’ont vite fait regagner la tente. En préparant le dîner, j’ai découvert que mon réchaud ne fonctionnait plus, sans serrer correctement la cartouche de gaz. Peut-être un problème mécanique ou une cartouche défectueuse, mais le résultat était le même : impossible d’allumer mon feu. J’avais plusieurs repas chauds, du chocolat et du café inutilisables. Quelle déception.
J’aime quand le sentier descend près d’un lac ou étang, pour ensuite grimper afin d’en avoir une vue aérienne.
C’était frustrant de devoir me contenter d’en-cas pour me sustenter. J’ai fait avec ce que j’avais, mangeant tout ce que je pouvais. Très fatigué, je n’ai pas veillé longtemps. Malgré mes efforts pour écrire ou monter des vidéos, la fatigue a eu le dernier mot. Mes journées sont de plus en plus longues, et je sens que ça va être la norme jusqu’à la fin de cette aventure sur l’Appalachian Trail. Après un moment sous la tente, c’était l’heure de se reposer. Demain, une autre étape longue m’attend dans le sud du Maine.
En Résumé
Le charme discret d’un petit-déjeuner copieux et fruité, qui semble bien mettre en jambes pour affronter les kilomètres difficiles.
Le Maine, cette éternelle énigme du sentier Appalachian : technique et lent, là où même le « plat » se fait éprouvant.
Les rencontres improbables, du randonneur pieds nus à la dame fidèle, offrent un petit supplément d’âme à l’effort solitaire.
Parfois, la météo aime jouer sa partition improvisée, arrosant à souhait mais sans vraiment gâcher la fête.
La technique, la patience et la résilience, indispensables pour suivre ce sentier capricieux qui ne fait pas dans la facilité.
Un réchaud capricieux, une épreuve symbolique : même quand tout semble prêt, le hasard s’invite et la débrouille devient reine.
Au final, loin d’être une simple randonnée, ce parcours dans le sud du Maine est une belle métaphore : rien ne se gagne sans effort, mais la récompense – une vue à couper le souffle, le partage avec des inconnus, la sensation d’avancer contre vents et marées – vaut bien quelques ampoules et galères. Moi, j’y reviens toujours avec énergie, curieux de voir quelles surprises le sentier me réserve au tournant. Alors, vous vous lancez ?
Les Irlandais semblent croire que l’air marin et les promenades font partie intégrante du bonheur national.
La météo capricieuse, véritable bête noire de nos escapades, semble surtout agacer la jeunesse qui rêve d’un soleil garanti.
Le manque d’infrastructures ou de transports publics est un obstacle aussi crédible qu’un panneau “Si, si, ça marche”.
Après le confinement, on a décidé de chérir la nature, ou tout simplement de profiter des jardins, histoire de ne pas perdre la main.
Malgré quelques hésitations, il reste que le dehors reste une valeur sûre, que ce soit pour la santé ou le simple plaisir d’être au grand air.
En somme, il semble que l’Irlande, incorrigible amoureuse de ses côtes et de ses parkings verts, ne lâche pas prise face à la tentation de l’extérieur. Mais, en dehors de cet amour universel, ne devrions-nous pas nous demander si cette passion est réellement sincère ou simplement dictée par l’air du temps? Après tout, la météo ne tombera-t-elle pas toujours pour notre plus grand malheur ou bonheur? La pratique régulière d’activités en nature pourrait-elle survivre à la prochaine tempête ou à la prochaine vague de grisaille? Moi, je suis convaincu qu’il y a là matière à réflexion : l’activité en plein air doit devenir une habitude, non une simple mode passagère. Qu’en pensez-vous, Point Sud est une plateforme qui pousse à la réflexion, alors à nous de continuer à questionner notre rapport à la nature, aujourd’hui aussi vital qu’indispensable. Il ne faut pas simplement voir cette tendance comme un simple trait de saison, mais comme un appel à repenser notre manière d’habiter notre environnement, pour mieux l’aimer et le préserver. Ni plus ni moins, c’est une question de survie collective que nous ne pouvons pas continuer à éluder. ”
Une journée sans grande difficulté, à part un pointure malmenée qui a résisté à l’étape.
Les rencontres : des figures de passage, comme cette accompagnante ou ce chien tout relax, qui donnent du relief à la routine du marcheur.
Le bon vieux rituel : entre deux étapes, un peu de couture, quelques sodas rafraîchissants, et le plaisir de voir un chat paresseux qui pourrait aussi bien être un doudou.
Les petits moments de convivialité, avec le son d’un cowbell pour signaler l’arrivée de nouveaux campeurs, ajoutant une touche festive à une journée classique.
La difficulté de rester connecté dans une zone où la Wi-Fi est aussi capricieuse qu’un troupeau de moutons récalcitrants.
Ce récit, en apparence simple, nous pousse à réfléchir : dans ce parcours, c’est peut-être la capacité à apprécier ces petites choses – rencontres, imprévus, moments de calme – qui compense la dureté de l’épreuve. Et si l’essentiel n’était pas la destination, mais la manière dont on savoure chaque étape, même celles marquées par des blessures ou des imprévus? J’ai l’intuition que, quelque part, c’est cette philosophie qui pourrait transformer une simple rando en une expérience vraiment enrichissante. Alors, je me demande : et si on arrêtait de toujours vouloir atteindre le sommet, pour plutôt apprendre à apprécier la vue sur le chemin?»
Nous sommes à peine à une semaine et demie du début officiel de l’été — comment profitez-vous de cette saison ? L’équipe de Backpacker, média reconnu pour son expertise, a déjà exploré Arches National Park et le lac Hanging au Colorado, parcouru la Nouvelle-Angleterre et l’île Catalina, et cherché à échapper à la chaleur sur le lac Colchuck dans l’État de Washington. Ce mois-ci, nous mettons à l’honneur le matériel qui nous a accompagnés dans ces aventures. Du spray à la caféine ultra-compact aux batteries externes légères, en passant par deux modèles de chaussures de randonnée très différents, voici notre sélection de juin 2025.
Allday Energy Spray
Prix : 36 $ pour un lot de 8 chez Allday
La caféine reste ma seule addiction chimique, et pour les journées en pleine nature où je me lève tôt, elle est un allié apprécié. Après avoir testé l’ensemble des solutions — café instantané ou Red Bull dans mes sacs de trail — j’ai découvert que les sprays énergétiques Allday, taille lipstick, sont à la fois les plus légers et pratiques. Deux pulvérisations de ce spray au goût acidulé apportent 64 mg de caféine, soit l’équivalent d’un espresso. Leur format minuscule (3 g) contient environ 12 doses, ce qui correspond à la dose quotidienne recommandée pour une personne en bonne santé. Ce spray ne remplacera pas mon café matinal, mais il trouve parfaitement sa place dans mon sac comme coup de fouet sans poids superflu. —Adam Roy, Rédacteur en chef
Chaussures Saucony (Photo : Courtesy)
Saucony Xodus Ultra 4
Prix : 170 $ chez REI
J’ai toujours un faible pour les chaussures de trail Saucony, tant pour le confort qu’elles offrent à mes pieds que pour leur adhérence rassurante sur les sentiers instables — leur modèle Peregrine 13 ST m’avait déjà séduite l’an dernier. La dernière née, la Xodus Ultra 4, est devenue mon choix numéro un pour les randonnées et les trail runs grâce à son amorti souple et dynamique. Après avoir souffert de périostites ce printemps, il me fallait une chaussure plus protectrice pour mes tibias, ce que ce modèle excelle à faire grâce à une mousse PWRRUN PB bien épaisse. Les crampons de 4 mm sont un peu moins prononcés que sur d’autres Saucony, ce qui signifie un peu moins d’adhérence sur sentiers meubles, mais une meilleure confiance sur terrains rocheux. Lors d’une récente balade dans le Fiery Furnace à Arches National Park, j’ai pu grimper et descendre des rochers glissants sans difficulté. —Zoe Gates, Rédactrice senior
Photo : Courtesy
Bottes Blundstone Original High Top
Prix : 200 $ chez REI
Je lorgnais sur les Blundstone depuis des années avant de céder enfin. Bien qu’elles ne remplacent pas mes chaussures de randonnée dédiées, ces bottes s’avèrent parfaites lorsque je voyage et souhaite glisser une randonnée sans changer de chaussures. Elles m’accompagnent dans toutes mes escapades quotidiennes, du café du coin aux balades dans le quartier. Mais c’est surtout sur un trek impromptu près de Leavenworth, dans l’État de Washington, que j’ai vraiment apprécié leur robustesse. Sans équipement ni chaussures adaptées, j’étais hésitante, mais ces bottes ont tenu bon durant six heures de marche, avec plus de 600 mètres de dénivelé et de nombreux passages boueux. Elles sont désormais mes alliées pour combiner ville et nature harmonieusement. —Teaghan Skulszki, Médias sociaux
Photo : Courtesy
Nitecore Carbo 10000
Prix : 65 $ sur Amazon
J’ai la réputation d’être peu tendre avec mon matériel de randonnée. Ma précédente batterie externe a littéralement rendu l’âme lorsque j’ai posé mon sac sur un rocher, en pleine expédition de deux semaines dans le New Hampshire. La Carbo 10000 est différente : dotée d’un boîtier monocoque en fibre de carbone, elle résiste bien mieux aux chocs et écrasements. Je l’ai testée sans ménagement, en la laissant tomber au fond de mon sac plusieurs fois, sans la moindre trace. En plus d’être durable, elle est aussi étonnamment légère (160 g environ) et compacte, à peine plus grande qu’un ancien iPod Nano. Ses ports USB-A et USB-C permettent de charger deux appareils simultanément et la recharge pass-through est un atout de taille pour les randonneurs longs parcours, qui peuvent ainsi recharger leurs appareils en marchant. —Benjamin Tepler, Rédacteur senior équipement
Janji Endurance Trail Tee
Prix : 51 $ (en ce moment 25% de réduction) chez Janji
Avec l’hiver qui s’efface, j’ai cherché un t-shirt manches courtes qui protège davantage. Souvent, les modèles féminins ont des manches très courtes, laissant la peau exposée au soleil, tandis que les coupes masculines peuvent faire robe. La solution ? Le Janji Endurance Trail Tee. Sa coupe est courte sans être moulante, laissant respirer la peau durant les efforts, comme lors de ma randonnée sous le soleil sur le Trans Catalina Trail. Le t-shirt est aussi conçu pour les porteurs de sac à dos, avec des panneaux renforcés aux zones de frottement. Certifié UPF 50+, il assure une bonne protection solaire tout en restant léger et respirant. Cerise sur le gâteau, il est actuellement en promotion. —Emma Veidt, Rédactrice associée
En Résumé
La caféine peut désormais se doser en spray : un nouveau format pratique pour les lève-tôt en randonnée.
Le choix des chaussures dépend plus du terrain que de la marque : un crampon plus ou moins profond change tout.
Les bottes urbaines ne sont pas qu’un objet de mode, elles peuvent aussi s’avérer de solides compagnes de trail improvisé.
La robustesse combinée à la légèreté, voilà la recette gagnante d’une batterie externe pour randonneur exigeant (ou maladroit).
Le t-shirt de trail idéal pourrait bien être celui pensé pour éviter les coups de soleil et les frottements du sac tout en restant confortable.
Bref, ces découvertes nous rappellent que la perfection en équipement n’existe pas vraiment, mais l’adaptabilité et la simplicité peuvent révolutionner nos sorties. Moi, je dis que chaque accessoire a sa petite magie, et je suis prêt à tester encore plus d’astuces pour que l’aventure soit non seulement plus facile, mais aussi plus enthousiasmante. Et vous, prêts à repenser votre sac avant la prochaine escapade ?
Le dimanche 19 mars 1972 semblait être une journée idéale pour gravir le mont Fuji. Une météo clémente, des températures douces, des vents calmes… mais les prévisions annonçaient l’arrivée d’une dépression.
Cette année-là, le lundi suivant correspondait à la fête nationale de l’équinoxe de printemps. À une époque où le samedi n’était qu’une demi-journée de travail, un lundi férié offrait aux randonneurs un long week-end de trois jours, parfait pour un trek avec nuit en montagne.
Parmi les randonneurs ce 19 mars, neuf membres d’un club d’alpinisme de Shizuoka, qui s’entraînaient sur le flanc sud-est du Fuji en vue d’une expédition himalayenne. Sur la montagne, un groupe de 18 personnes de Shimizu était aussi présent : sept d’entre eux avaient entrepris l’ascension jusqu’au sommet, tandis que les 11 autres avaient installé leurs tentes près de la cinquième station.
Ce qui démarra comme une journée ordinaire sur ce pic emblématique du Japon allait bientôt tourner au cauchemar.
Si le matin était clair, les conditions se dégradèrent rapidement. Quand l’équipe de Shizuoka termina sa séance d’entraînement, le brouillard s’était installé et les vents soufflaient fort. La pluie se changea en neige fondue. Le lendemain, les neuf alpinistes décidèrent d’annuler l’ascension et de redescendre face à la tempête violente. Seuls deux réussirent à regagner les pieds de la montagne pour appeler à l’aide.
Quant aux 11 membres restants de Shimizu, ensevelis sous la neige, ils trouvèrent refuge dans un refuge. Après une accalmie des vents, ils entreprirent la descente en formant un groupe de 12 avec un alpiniste solitaire. Sept s’effondrèrent victimes d’hypothermie, cinq furent emportés par des avalanches. Un seul survécut, rampant hors de la neige jusqu’au poste de police de Gotemba.
Le mardi 21 mars, une force de recherche de 500 personnes fut mobilisée : équipes de secours policières, associations de montagne locales, rangers des Forces d’autodéfense japonaises. Malgré les intempéries, cinq personnes furent sauvées et un corps retrouvé. D’autres groupes, notamment de Tokyo et Kyoto, avaient passé la nuit dans des refuges et descendu la montagne sans encombre, tout comme les sept grimpeurs du groupe Shimizu arrivés au sommet.
Au final, ce sont 18 décès confirmés et six disparus, vraisemblablement ensevelis sous les avalanches, faisant de cet événement la pire catastrophe civile d’alpinisme dans l’histoire du Japon.
Ce drame a profondément marqué la manière dont la sécurité en montagne est abordée dans un pays où 70% du territoire est montagneux. Suite à cet accident, les autorités locales ont compris l’urgence de former des équipes de secours spécialisées et de sensibiliser le public aux risques liés à la randonnée en haute altitude.
« La mort de 24 personnes sur le mont Fuji a conduit à la création de notre équipe de secours en montagne », explique Katsunori Masuda, officier de la police préfectorale de Shizuoka.
Onze policiers triés sur le volet, expérimentés en alpinisme et résistants physiquement et mentalement, furent recrutés, et en novembre 1972, la section spécialisée de secours en montagne vit le jour.
« Aujourd’hui, elle compte 28 membres », précise Masuda. « Ce sont pour la plupart des policiers ordinaires volontaires, qui suivent quatre entraînements annuels, entre autres sessions. » Ces équipes sont réparties au siège préfectoral de police de Shizuoka ainsi qu’aux commissariats de Susono, Gotemba et Fujinomiya — les principaux points d’accès au mont Fuji — ainsi qu’à la station de Shizuoka Chuo pour les Alpes du Sud.
« Les statistiques annuelles montrent que le nombre d’accidents de montagne est revenu aux niveaux d’avant la pandémie », ajoute-t-il. « Et comme la majorité des grimpeurs viennent pendant la saison d’ascension officielle, c’est à ce moment-là que se produisent le plus d’incidents. »
Faut-il instaurer un droit d’entrée ?
Le mont Fuji, qui s’étend sur les préfectures de Shizuoka et Yamanashi, offre quatre itinéraires principaux. Le sentier Yoshida côté Yamanashi ouvre le 1er juillet, tandis que les routes Fujinomiya, Gotemba et Subashiri côté Shizuoka ouvrent le 10 juillet. La saison régulière s’étire jusqu’au 10 septembre environ.
Symbole national célèbre pour sa forme conique parfaite et objet de vénération depuis toujours, le mont Fuji attire plus de 200 000 visiteurs chaque saison. La majorité emprunte la voie Yoshida, la plus accessible aux débutants.
Si l’on déconseille la montée en dehors de cette fenêtre officielle à cause des conditions difficiles, de nombreux alpinistes osent néanmoins le défi toute l’année, avec parfois des conséquences graves.
En 2024, la préfecture de Shizuoka a recensé 113 incidents de détresse en montagne. Bien que le total ait légèrement diminué par rapport à 2023, le nombre de morts et disparus a doublé, atteignant 20. Le mont Fuji concentre plus de la moitié des incidents.
« Selon la situation, nous envoyons généralement une équipe de neuf ou dix secouristes », affirme Masuda.
En avril dernier, par exemple, un étudiant chinois vivant au Japon a été secouru sur le Fuji après y être retourné chercher son téléphone oublié, alors qu’il avait déjà été évacué en hélicoptère quatre jours plus tôt.
Face à ces opérations de sauvetage hors saison, la préfecture de Yamanashi envisage d’instaurer une facturation des hélicoptères de secours. Habituellement gratuits, ces vols sont très coûteux et exposent les équipes de secours à des risques importants.
« Avec le smartphone, on a désormais l’impression que certains appellent les secours aussi facilement qu’un taxi », déplore Shigeru Horiuchi, maire de Fujiyoshida. « Introduire des frais vise à rappeler que la montagne n’est pas un lieu à prendre à la légère. »
Certaines préfectures l’ont déjà adopté : Saitama, dès 2018, facture environ 8 000 yens (55 €) tous les cinq minutes pour les sauvetages en hélicoptère, essentiellement le prix du carburant. Avec un temps moyen d’opération d’environ une heure, la note peut grimper à plus d’un million de yens (6 900 €).
Pour préparer l’ouverture officielle de la saison côté Yamanashi, une nouvelle barrière métallique permanente a été installée à la cinquième station du sentier Yoshida. Coût : 15 millions de yens. Cette porte se ferme chaque jour de 14h à 3h du matin, deux heures plus tôt que l’année dernière, afin d’empêcher les départs tardifs, souvent source de problèmes.
« Les personnes revenant sont autorisées à passer et la sécurité est assurée 24h/24 », précise Daisuke Watanabe, responsable du tourisme montagne à Yamanashi. « Ceux qui ont réservé une nuit en refuge peuvent aussi passer après 14h. » Le but : décourager l’« ascension éclair » consistant à gravir la montagne de nuit pour voir le lever du soleil, ce qui est très risqué.
Le droit d’accès a été porté à 4 000 yens par personne, destiné à financer la sécurité et la préservation de l’environnement, avec un plafond de 4 000 visiteurs par jour. Les rangers locaux disposent aussi désormais du pouvoir de refuser l’accès aux grimpeurs mal équipés.
« Nous appliquerons strictement cette politique », avertit le gouverneur Kotaro Nagasaki.
Mieux sécuriser les ascensions
Au fil des décennies, le secours en montagne au Japon s’est amélioré grâce à une meilleure organisation, des équipements adaptés et une sensibilisation accrue. Certaines préfectures, comme Toyama, Gifu et Nagano, disposent d’unités spécialisées en conditions alpines, avec formation au secours en cordée et en hélicoptère, souvent en collaboration avec les associations de guides locaux.
Les avancées numériques facilitent aussi la vie des randonneurs. Des applications mobiles comme Yamap ou Yamareco permettent de soumettre des plans d’ascension, partager sa position GPS en temps réel et suivre son parcours.
Seulement, les accidents restent fréquents, notamment chez les quarantenaires et plus, qui se mettent à l’alpinisme pour le loisir et la forme.
En 2024, 2 946 incidents de détresse montagneuse ont été rapportés à l’échelle nationale, soit 180 de moins qu’en 2023. Pourtant, sur des sites prisés tels que le Fuji et le mont Takao, les interventions ont respectivement augmenté de 60% et 50%.
Près de 80% des accidentés ont plus de 40 ans, et la moitié dépassent les 60 ans. Parmi les morts et disparus, plus de 90% ont plus de 40 ans, et près de deux tiers plus de 60 ans. Les visiteurs étrangers comptent aussi pour une part grandissante des incidents.
Kazue Oshiro, médecin montagne spécialiste et fondatrice d’une association dédiée à la médecine de montagne, explique que nombre de randonneurs ne souffrent pas de blessures complexes mais d’une fatigue extrême, un problème croissant lié à l’essor du trekking chez les débutants et les seniors.
Elle passe une partie de l’été dans un centre médical situé à 3 250 mètres d’altitude, à la huitième station, où l’altitude cause souvent malaises et mal d’altitude.
« Le changement climatique joue certainement un rôle, mais c’est surtout l’augmentation des randonneurs mal préparés ou trop fatigués qui pose problème », souligne-t-elle. « Ces situations mobilisent beaucoup de ressources humaines et matérielles. »
Tomikazu Murakami, ancien commandant de l’équipe de secours alpine de la police d’Hokkaido et membre de son association, rappelle que la prise en charge de l’hypothermie, première cause de décès en montagne dans sa région, a beaucoup progressé grâce à de meilleures techniques et équipements.
« Autrefois, les victimes encore vivantes au moment du secours dégringolaient rapidement et mouraient peu après », relate-t-il.
Parmi ses contributions, Murakami a développé un abri léger et compact — le DK Shelter — ainsi qu’un gilet de sauvetage adapté aux malades d’hypothermie, commercialisés via l’association.
Murakami souligne également le piège des montagnes touristiques, comme le mont Asahi à Hokkaido avec son téléphérique, ou le Fuji.
« Leur accessibilité donne une fausse impression de sécurité, avec des refuges et des infrastructures. Mais dès que la météo change, il devient facile de s’égarer ou de se retrouver en danger sur la descente. »
Conseil dernier : « N’attendez pas d’être complètement bloqué pour appeler à l’aide. Faites-le dès que possible, et entretemps, économisez votre énergie et votre équipement pour survivre. Ensuite, les équipes feront tout pour vous secourir. »
En Résumé
En montagne, les prévisions météo ne sont jamais de simples suggestions, surtout au mont Fuji.
Le drame de 1972 a chamboulé la politique de secours japonaise, avec la création d’équipes spécialisées — preuve que parfois, il faut payer le prix fort pour apprendre.
Les randonneurs d’aujourd’hui, protégés par smartphones et apps GPS, semblent parfois croire que la montagne est moins dangereuse qu’elle ne l’est en réalité.
Les autorités commencent à facturer les secours héliportés pour responsabiliser les aventuriers — une idée qui fait grincer les dents, mais qui pourrait calmer les ardeurs des imprudents.
Le Fuji est un symbole national, mais aussi un terrain piégeux, où la popularité ne rime pas forcément avec sécurité.
Enfin, les accidents concernent principalement les quarantenaires et plus, ce qui nous rappelle que la prudence ne s’apprend pas avec l’âge… ou du moins pas assez.
Alors, que penser de tout cela ? À ceux qui rêvent de gravir ce géant de pierre — et ils sont nombreux — rappelons qu’une montagne, même emblématique, n’est pas un simple lieu de promenade. Le mythe Fuji se heurte à la réalité climatique et humaine. Et si l’on veut continuer à profiter de l’aventure, il va falloir apprendre à conjuguer passion, préparation et respect des règles. Sans quoi, le prochain récit tragique ne sera qu’une mauvaise répétition.
Nichée au cœur de l’Oregon central, au pied des majestueuses montagnes Cascade, la ville de Sisters séduit par sa beauté naturelle exceptionnelle, ses innombrables possibilités d’aventures en plein air, et son charme authentique. On y découvre comment les sommets montagnards, veillant en silence juste derrière le centre-ville, créent une atmosphère à la fois apaisante et majestueuse. Ce qui attire d’abord l’oreille, c’est le bruissement du vent dans les pins, puis vient le plaisir des yeux avec ses œuvres artistiques locales, ses musiques vivantes, et les maisons ornées de quilts colorés qui jalonnent les rues. Avec ses quelque 3 000 habitants, selon World Population Review, Sisters est loin d’être une grande métropole, mais son esprit est, lui, immense. Ici, la créativité côtoie la bienveillance au quotidien, et le visiteur est accueilli avec une chaleur qui rappelle celle d’un chez-soi retrouvé.
Un passé qui résonne encore
La rue principale de Sisters, Oregon. Crédit photo : Esteban Martinena Guerrer / Shutterstock.com.
Bien que modeste, Sisters a toujours eu un grand cœur, comme en témoigne son histoire. Ce territoire fut longtemps un carrefour grâce aux sentiers amérindiens qui traversaient les montagnes en direction des Warm Springs. Lorsque les colons s’y sont installés au XIXe siècle, selon la mairie locale, ils n’ont pas simplement érigé des habitations, mais bâti une véritable communauté. Les débuts de la ville se situent autour de Camp Polk, un poste militaire temporaire qui céda rapidement la place à des fermes, des postes de commerce, et une volonté croissante d’établir un lieu à la fois beau et porteur de sens.
Un bâtiment historique à Sisters, Oregon. Crédit photo : Frank Schulenburg via Wikimedia Commons.
Au début du XXe siècle, la ville s’installe à son emplacement actuel et adopte le nom « Sisters », en référence aux Trois Sœurs, des sommets emblématiques qui veillent sur la vallée. Pendant des décennies, la communauté a vécu au rythme de la coupe du bois. Ses habitants se levaient tôt et travaillaient dur, s’entraidant dans les bons comme dans les mauvais moments.
Lorsque les scieries ont fermé dans les années 1960, les habitants n’ont pas baissé les bras. Animés par leur détermination et leur générosité, ils ont su préserver le charme de leur ville, non pas simplement pour attirer les touristes, mais parce que cet héritage raconte leur histoire.
Une communauté soudée
Défilé de rodéo à Sisters, Oregon. Crédit photo : Oregon Department of Transportation via Wikimedia Commons.
Pour saisir l’essence même de Sisters, rien ne vaut une visite en juillet lors du Sisters Outdoor Quilt Show, le plus grand festival de quilts en plein air au monde, qui attire plus de 10 000 visiteurs chaque année. Pendant une journée, la ville se transforme en une immense galerie colorée où plus de 1 300 quilts sont suspendus aux balcons, clôtures et porches. Au-delà de l’exposition, ce sont de véritables ateliers animés par des maîtres artisans qui mettent à l’honneur ce savoir-faire d’exception.
Magnifiques quilts exposés lors du Sisters Outdoor Quilt Show.
Mais le festival n’est pas qu’une simple exposition de quilts. Il incarne la vie de la communauté, avec des centaines de bénévoles se levant avant l’aube pour installer les œuvres, des musiciens locaux animant les rues, et surtout des artistes venus de tout le pays pour partager leur passion. La fête est joyeuse, presque magique, et profondément authentique, un pilier de ce qui fait l’identité de Sisters.
Cette dynamique communautaire coexiste avec le Sisters Folk Festival en septembre, un rendez-vous musical qui agit toute l’année dans les écoles grâce à l’Americana Project. Ce programme innovant ne se contente pas d’enseigner la musique aux enfants; il les invite à écrire leurs propres chansons, créer leurs instruments, et être guidés par des artistes professionnels. Une belle manière d’installer la création au cœur de la vie locale.
La nature au centre de tout
Entourée d’une nature sauvage et préservée, Sisters ne fait pas que cohabiter avec son environnement, elle le célèbre et invite chacun à en faire partie. Qu’il s’agisse de randonner jusqu’au Whychus Creek Overlook pour admirer le lever du soleil, de parcourir à vélo les pistes sinueuses de Peterson Ridge, ou de pagayer sur le calme lac Suttle, la nature est toujours accessible à quelques minutes seulement.
Pour ceux qui souhaitent approfondir cette connexion, le Sisters Parks & Recreation District propose des ateliers et activités variées, allant du disc golf aux randonnées guidées, pour tous les âges. Des associations comme Sisters Trails Alliance veillent à ce que les sentiers restent accessibles, entretenus et ouverts au public.
Balade à cheval près de Black Butte Ranch, Sisters, Oregon. Crédit photo : Bob Pool / Shutterstock.com.
Pour les amateurs de tranquillité, la forêt nationale des Deschutes, toute proche, invite à des randonnées en sac à dos. Le parc d’État de Smith Rock, quant à lui, est un haut lieu de l’escalade en Amérique du Nord, attirant grimpeurs de tous niveaux. Mais la nature ne se résume pas aux exploitations sportives : Black Butte Ranch, situé à la périphérie de la ville, offre aux familles des parcours cyclables, des promenades à cheval, des golfs, ainsi que des panoramas à couper le souffle.
Un parc paisible à Sisters, Oregon. Crédit photo : Victoria Ditkovsky / Shutterstock.com.
Mais la beauté de Sisters réside aussi dans ses parcs urbains, tels que Fir Street Park où l’on peut profiter de l’air frais tout en assistent à des concerts ou en regardant les enfants s’amuser au splash pad. À quelques rues de là, Barclay Park offre un refuge paisible, avec ses bancs ombragés et ses œuvres d’art nichées entre les arbres, idéal pour un moment de détente.
Le ruisseau Whychus près de Sisters, Oregon, en automne.
Pour ceux qui campent ou cherchent simplement un moment de calme au bord de l’eau, Creekside Park, situé le long du ruisseau Whychus près du terrain de camping, se présente comme un coin paisible et vert, une petite échappée sans quitter la ville. Village Green Park, quant à lui, est le lieu des grandes rencontres communautaires, où se tiennent foires et marchés artisanaux.
Sisters, Oregon : petite ville au grand cœur
Sisters, Oregon, est un lieu qui vous attire et vous invite à rester. Le silence des arbres à Barclay Park, les saluts amicaux des voisins sur les sentiers, les rires des enfants au splash pad de Fir Street Park témoignent de la chaleur humaine qui anime ce coin de l’Oregon. Le tumulte discret d’une fête de quartier au Village Green Park ou la sérénité qui vous enveloppe au bord de Whychus Creek révèlent une communauté soudée et passionnée. Ici, chaque quilt exposé ou chaque note jouée raconte une histoire de dévouement et d’amour du beau. De son côté artistique à ses paysages grandioses, sans oublier ses habitants, Sisters n’est certes pas une métropole, mais le souvenir qu’elle laisse est durable.
En Résumé
Sisters joue à cache-cache entre intimité rurale et dynamisme culturel : un peu comme si un village miniature aimait se déguiser en capitale des quilts et de la musique folk.
La communauté semble avoir trouvé le manuel parfait pour conjuguer histoire, nature et art sans que cela vire au cliché touristique.
Les habitants, en véritables gardiens des traditions, n’hésitent pas à retrousser leurs manches quand l’économie ou le moral font grise mine.
Les parcs et espaces verts ne sont pas seulement là pour la décoration, ils sont de vrais lieux de vie, de rencontre et d’échange.
Il y a ce petit je-ne-sais-quoi d’Amérique authentique qui donne envie d’y poser son sac, ne serait-ce que pour une simple balade au coucher du soleil.
Alors, si je vous disais qu’au-delà du folklore et des quilts se cache un modèle d’équilibre entre tradition et innovation, entre nature et culture, peut-être pourrions-nous réfléchir à ce que cela signifie pour nos propres villes ? N’est-ce pas là un précieux exemple d’harmonie locale à chérir, voire à imiter ? J’en suis convaincu, et vous invite à ouvrir les yeux et le cœur à cette dynamique, ici même, ou ailleurs.
Le Mont Lemmon est un véritable paradis pour les randonneurs. Grâce à ses températures plus fraîches et ses plus de 1 600 kilomètres de sentiers dans la forêt nationale de Coronado, cette montagne offre une multitude d’options de randonnée, de VTT et de balades à la journée, même au cœur de l’été arizonien.
La randonnée peut parfois sembler intimidante, mais connaître à l’avance ce qui vous attend sur le sentier facilite grandement les choses. Heureusement, nous avons déjà fait le travail pour vous !
Que vous soyez nouveau à Tucson, débutant en randonnée, ou simplement à la recherche de nouvelles idées, voici un guide simplifié présentant quatre des meilleurs sentiers du Mont Lemmon pour profiter pleinement de la nature cet été.
Avant de partir, notez que l’accès à la forêt nationale de Coronado est soumis à une taxe de 8 $ par véhicule dans les zones de loisirs et aux points de départ des sentiers.
Sentier Meadow (Prairie)
Vue panoramique depuis le sentier Meadow sur la chaîne des Catalinas et le bassin de Tucson.
C’est probablement le sentier le plus célèbre et fréquenté du Mont Lemmon, et pour cause ! Situé dans la zone de loisirs près du sommet, il s’agit d’une boucle courte et facile, idéale pour les familles avec jeunes enfants, les débutants ou ceux qui souhaitent simplement profiter du paysage sans trop d’efforts.
Le sentier serpente à travers une forêt de pins couverte de fougères, offrant des vues remarquables sur la chaîne de montagnes et la vallée en contrebas. Vous pouvez simplement atteindre le point de vue avant de revenir, ou prolonger votre balade en empruntant un parcours en boucle de 2,9 km qui comprend environ 120 mètres de dénivelé.
Pour les plus expérimentés, ce sentier se connecte à d’autres parcours qui explorent davantage le haut des Catalinas, offrant encore plus de défis et de vues.
Sentiers Marshall Gulch et Aspen
Promenade au cœur des pins ponderosa le long du sentier Aspen.
Si vous souhaitez fuir la chaleur et trouver un peu d’ombre, Marshall Gulch est l’endroit parfait avec son aire de pique-nique ombragée et ses sentiers couverts d’arbres.
Le sentier suit le lit d’un ruisseau sur un peu plus d’un mile à travers une forêt composée de pins, de sapins et de peupliers, et permet d’observer fleurs sauvages et animaux. Pour un itinéraire plus complet, une boucle de 6 km mêle les sentiers Marshall Gulch et Aspen et offre des panoramas à couper le souffle au sommet de Marshall Peak, en traversant des bosquets de peupliers et de chênes, ainsi que des zones touchées par des incendies antérieurs.
Ces sentiers se connectent également à d’autres circuits, pour les randonneurs cherchant à prolonger leur aventure, jusqu’au sommet du Mont Lemmon lui-même.
Pour accéder à cette zone, suivre la Catalina Highway jusqu’à Summerhaven, puis continuer sur North Sabino Canyon Park sur environ un mile jusqu’au parking.
Sentier Butterfly (Papillon)
Le sentier Butterfly, ombragé par de hauts pins ponderosa.
Ce sentier d’environ 9 km, de difficulté moyenne à élevée, porte bien son nom : il est fréquenté par de nombreux papillons et mites butinant les fleurs sauvages le long de la crête.
Le parcours longe le versant nord de la montagne avec des vues splendides sur les crêtes environnantes et la vallée. Après une descente à travers la forêt de pins et les fougères, le sentier remonte ensuite vers le Mont Bigelow. En chemin, vous pourrez admirer la cascade Novio Falls ainsi qu’un site historique d’écrasement d’un avion de chasse F-86.
Le départ se fait au niveau du « Upper Butterfly Trailhead », juste avant Soldiers Camp Road sur la Catalina Highway, et se termine au parking de Growing Pains, près du Palisades Visitor Center. Cette randonnée étant linéaire, il est conseillé de venir avec un compagnon et deux voitures.
Enfin, n’oubliez pas les règles de base pour profiter sereinement de votre randonnée : adaptez vos choix à votre condition physique, emportez suffisamment d’eau, vérifiez la météo (car les orages arrivent vite), et habillez-vous en conséquence, la température au sommet pouvant être jusqu’à 25 degrés plus fraîche qu’en vallée. Et surtout, prenez plaisir à votre balade !
En Résumé
Le Mont Lemmon propose une diversité de sentiers adaptés aussi bien aux familles qu’aux randonneurs chevronnés.
Un petit budget est à prévoir avec la taxe journalière pour le stationnement, histoire que la nature reste préservée.
Les panoramas sur la chaîne des Catalinas et la vallée de Tucson sont un bon prétexte pour sortir de la canicule estivale.
On retrouve une belle déconnexion dans les forêts de pins, les prairies de fleurs sauvages, et au bord des ruisseaux, loin du tumulte urbain.
Les itinéraires varient de la promenade détente à la randonnée sportive, selon votre envie de sueur et de grand air.
Un conseil : la météo peut changer sans prévenir, attention à ne pas finir trempés ou frigorifiés sur les crêtes !
Au final, le Mont Lemmon, c’est l’appel à la nature brute à portée de main, où chacun peut choisir son rythme et son aventure. Et vous, prêt(e) à ranger votre téléphone au fond du sac et à vous perdre dans les pins ? Parce que moi, franchement, ça me démange de chausser mes bottes et de partir à la découverte. Alors, qui me suit ?
Au détour d’un sentier montagneux sinueux, par une matinée où l’air est si frais et sec que chaque souffle semble laborieux dès qu’il quitte le diaphragme, je me rends compte qu’un burger et quelques bières la veille ne sont pas la meilleure préparation pour parcourir près de 70 kilomètres sur le sentier de randonnée le plus célèbre d’Amérique du Sud.
« Rien en Patagonie n’est plat », avertit mon guide Patrick Smith — bien que son nom sonne anglo-saxon, c’est un authentique Chilien. « Même les endroits plats en Patagonie ne sont pas plats. »
Quant au temps, réputé pour être sauvage et venteux, au cœur de l’une des dernières grandes étendues glacées de la planète ? « La seule chose dont je suis certain en Patagonie, c’est que je ne suis jamais certain du temps qu’il fera », me confie Smith.
Ce jour-là, le vent souffle, mais pas encore à la « mode Patagonie ». Assez fort pour m’arracher mon chapeau, mais Smith me raconte qu’un Irlandais a été littéralement emporté hors du sentier. « Et l’été dernier, j’ai attrapé une Brésilienne dans les airs et je l’ai plaquée au sol, comme un rugbyman », ajoute-t-il avec un sourire malicieux.
C’est mon premier jour complet sur le sentier en W, dans le Parc national Torres del Paine au Chili. Considéré comme l’une des plus belles randonnées au monde, ce parcours de cinq jours et 74 kilomètres traverse vallées, glaciers, lacs de montagne et sommets parmi les plus élevés de la Patagonie méridionale.
Traditionnellement, cette aventure se destine aux randonneurs aguerris : ils campent, dorment dans des refuges sommaires et se lèvent à l’aube pour un petit-déjeuner typique de cornflakes et œufs brouillés. Mais j’opte pour une formule différente.
La société d’aventure Guided By Nature, en collaboration avec le groupe australien Tasmanian Walking Company, vient de lancer une randonnée guidée de sept jours et six nuits en version luxe. Elle permet à un public plus large de profiter de ce défi exceptionnel en quasi-totalité, tout en revenant chaque nuit à des hébergements boutique, où sont servis des repas gastronomiques en trois services accompagnés de vins chiliens soigneusement choisis.
« Ce n’est pas parce que nos œufs brouillés sont plus moelleux que les sentiers sont plus courts », plaisantent mes guides Patrick Smith et Juan Ignacio Rios Villablanca, ce dernier portant assurément un vrai nom patagonien. Ils nous annoncent des étapes quotidiennes moyennes de 16 kilomètres, entre sept et dix heures de marche.
Le sentier en W peut se parcourir dans les deux sens. Notre itinéraire, de l’est vers l’ouest, place la section la plus escarpée au début, quand les jambes sont encore fraîches.
Je m’attaque ainsi à un parcours de 22 kilomètres, avec un dénivelé de 800 mètres, pour atteindre la base des Torres del Paine, trois pics granitiques emblématiques sculptés par les glaciers et l’érosion au fil des millions d’années, qui culminent à près de 3 000 mètres.
Cette partie du sentier est la plus fréquentée, surtout en été lorsque 250 000 randonneurs visitent le parc entre décembre et mars. Nos randonnées guidées par Guided By Nature ont lieu en novembre et en avril, période où le parc est beaucoup plus déserté.
Au bord d’une piste poussiéreuse, je croise des guanacos, proches cousins des lamas, broutant avec prudence. Proies potentielles des pumas, ces derniers sont pourtant rarement aperçus, même dans cette région qui détient la plus forte densité au monde de ces félins furtifs. « Si vous voyez un puma, c’est qu’il vous a déjà repéré dix fois », glisse notre guide.
Mais à peine cinq minutes après avoir démarré, trois pumas traversent le sentier en pleine chasse d’une harde de lièvres européens. Villablanca sourit en secouant la tête : « À partir d’ici, c’est de la descente », plaisante-t-il. Erreur : la montée est si rude que mes muscles s’étirent dans leurs derniers retranchements.
Franchissant des ponts suspendus au-dessus de rivières limpides, traversant des forêts de hêtres, je croise cavaliers et marcheurs. L’effort est récompensé par la vue spectaculaire sur le lac émeraude et les Torres del Paine, majestueuses aiguilles aux teintes rougeâtres, comparées par la première exploratrice à « des aiguilles de Cléopâtre ».
La descente, bien plus ardue, sollicite d’autres muscles, souvent méconnus jusqu’alors, et me fait boiter franchement à la fin du parcours.
Après une nuit sous tente sur le Kilimandjaro ou des sanitaires sommaires en Himalaya, il est appréciable de retrouver ici un van qui me conduit à un lodge privé, avec vue sur un lac calme et un feu de cheminée. Une bouteille de Carmenère chilien semble m’attendre, suivie d’un repas raffiné à base de crevettes grillées, d’agneau local et d’une glace au calafate.
Par la fenêtre, le massif enneigé de Paine se détache sous un ciel étoilé et je m’endors sous une couette en duvet, sans culpabiliser d’avoir adopté un rythme plus confortable.
Adieu chef Valeska, adieu draps en coton. Aujourd’hui, je prends place dans un dortoir collectif, retrouvant les joies de la promiscuité. Le vent, souvent hurlant ici, est étonnamment absent par ce beau matin d’avril. À bord d’un catamaran, je traverse le lac Pehoe, à la surface miroitante comme un miroir.
Nous longeons le versant ouest du W en direction du glacier Grey, dernière étape du parcours pour ceux allant d’est en ouest. Plus courte, la randonnée permet une pause nécessaire.
Je me réjouis d’un sentier plat à regarder les montagnes étinceler au soleil, mais aussitôt la pente se redresse pour atteindre une crête étroite dominant le lac et le glacier Grey, partie intégrante du champ de glace patagonien, deuxième plus grand champ de glace hors pôles.
Au refuge Grey, une bâtisse modeste accueillant 60 randonneurs, je me repose face à la chaîne de montagnes, tandis que mon corps récupère de l’effort intense des jours précédents.
Le dîner, un buffet sobre de pâtes et de poulet grillé, s’accompagne du spectacle d’un coucher de soleil lilas sur la montagne. La nuit partagée en dortoir rappelle les batailles pour trouver le sommeil face aux ronflements ou aux déplacements nocturnes des voisins. Un goût de jeunesse retrouvée… ou presque.
Le lendemain, embarquant sur un zodiac, je m’approche des icebergs bleutés du glacier Grey, chaussé de crampons et armé d’un piolet pour arpenter la glace millénaire et ses lagunes turquoise. Une expérience incroyable, ponctuée par la découverte de grottes et cavités creusées par la fonte ininterrompue de ces géants glacés.
L’érosion révèle parfois des trésors cachés : en 2022, des paléontologues ont mis au jour des fossiles d’ichtyosaures datant de 90 à 245 millions d’années dans le parc.
Après l’émerveillement, place à la détente sur une plage de sable gris avant d’embarquer à nouveau pour rejoindre notre van. Douche chaude garantie, sans tongs.
Nous revenons vers le cœur du W, progressant cette fois vers l’est pour visiter la Vallée Française. Le vent est presque inexistant ce qui donne une atmosphère presque irréelle au paysage.
J’envahis mes compagnons de randonnée de cris d’admiration, parfois même inarticulés : « Phwoar ! ».
Cette vallée en forme de cirque est entourée de falaises de 2 kilomètres de haut, à l’ouest, tandis que la face orientale évoque la plus grande cathédrale naturelle de la planète.
Des ponts suspendus étroits franchissent les eaux cristallines du Rio del Francès, tandis que des arbres en feu illuminent la forêt d’un rouge vif semblant véritablement s’embraser.
Si la Patagonie dégage une impression de paix infinie, elle n’est pas silencieuse : l’eau jaillit, les oiseaux chantent, et parfois le tambourinage du pivert magellanique résonne au coeur des arbres.
Le sentier est plus plat ici, ce qui provoque chez certains une sorte de transcendance psychologique – mélange d’épuisement et d’extase, comme ce randonneur américain grinçant mais jovial qui se déclare dans « la zone ».
La montée finale longe un jardin japonais fantasmé, au-dessus des rapides du Rio del Français, avec des glaciers suspendus en nappes délicates, comme un glaçage qui dégouline d’un gâteau frais.
Jours 6 à 7 : pas de douleur, pas de plaisir
Aventure partagée lors de la randonnée guidée Guided By Nature en Patagonie
La dernière soirée est longue et conviviale, une ultime occasion de tisser des liens avant de vous rendre, le lendemain, à vos logements séparés. J’ai parcouru 68 kilomètres, 30 heures de marche au total, entre montées abruptes et descentes périlleuses.
Mes jambes protestent, mon gros orteil droit enflé n’en a cure. À mon retour, un ami me demande pourquoi je n’ai pas campé comme tous les autres, pour « vraiment » vivre cette expérience. Il me décrit les galères d’une expédition avec son père septuagénaire : tente presque emportée par la tempête, chaussures tombées en miettes dès le deuxième jour, diarrhées dues à l’eau non traitée.
Je lui réponds avec un sourire : « Peut-être que tu viens de répondre à ta propre question. »
En Résumé
La Patagonie ne laisse pas de place à la platitude, que ce soit dans son relief ou sa météo.
Les sentiers les plus célèbres ne sont pas forcément réservés aux randonneurs extrêmes, surtout quand s’y ajoute le confort d’hébergements soignés et de repas gastronomiques.
Les pumas ne sont pas tendres, mais préfèrent rester invisibles… à moins que vous soyez particulièrement chanceux (ou en mauvais timing).
Partager un dortoir, c’est redécouvrir les rudiments du vivre-ensemble en pleine nature, avec ses joies et ses frissons.
Marcher plusieurs heures chaque jour sur des terrains variés procure un mélange d’épuisement et d’euphorie difficile à décrire – mais parfaitement visible sur les visages.
Alors voilà, pourquoi je pense que l’on peut aimer la Patagonie – et la randonnée – même sans souffrir à outrance. Le luxe n’exclut pas l’effort, il le sublime. Et franchement, qui a dit que l’extrême devait nécessairement rimer avec misère ? J’attends vos expériences, vos envies d’aventure et, pourquoi pas, vos réserves sur cette façon un peu décomplexée de vivre la grande nature. Allez, bougez-vous, la montagne patagonienne n’attend pas !
Randonnée rim-to-rim au Grand Canyon : une aventure familiale inspirante
Irvin Fink Jr., 67 ans, vient de terminer sa seconde traversée rim-to-rim du Grand Canyon, accompagné de son fils par alliance Jo Benjamin et de ses petits-fils Levi, 12 ans, et Caleb, 15 ans. Cette étape marque une belle aventure familiale, née d’une inspiration intergénérationnelle.
Irvin Fink Jr. lors de sa deuxième randonnée rim-to-rim au Grand Canyon, entouré de sa famille. Crédit photo : Courtesy photo
Tout a commencé il y a deux ans, lorsque Irvin Fink Jr. et sa sœur Ellen Hull ont rendu hommage à leur père, Irvin Sr., en partant à la conquête du Grand Canyon. Ce dernier prenait plaisir, chaque dimanche, à une petite randonnée sur Ice Mountain, au-dessus de Tyrone, avec une boîte de haricots à la main.
La première expédition, réalisée en septembre 2023, fut éprouvante et marquée par une chaleur intense. Irvin pensait alors qu’il s’agissait d’une expérience unique, mais l’enthousiasme partagé à son retour a motivé son petit-fils Levi à lui demander de repartir, une demande qui s’est concrétisée cette année.
« Il me faudrait une bonne raison pour y retourner une troisième fois », plaisante Irvin Jr., de retour de cette nouvelle randonnée.
La préparation : un travail sérieux
Seuls 1 % des visiteurs du Grand Canyon tentent la traversée rim-to-rim chaque année, selon le National Park Service. Ce parcours de 34 kilomètres est réputé difficile et nécessite un entraînement rigoureux, ainsi qu’un permis obtenu souvent des mois à l’avance.
Le groupe en pleine randonnée, sur un sentier exigeant du Grand Canyon. Crédit photo : Courtesy photo
Pour se préparer, Irvin Jr. a dû reprendre sa discipline, malgré des années sans faire de « devoirs ». La famille a commencé à s’entraîner dès le début du printemps local, affrontant parfois la pluie sur les montagnes autour de Tyrone. Les petits-fils, déjà sportifs grâce à leur participation aux équipes de basketball scolaires, avaient un avantage physique notable.
Un passage chez le médecin était également nécessaire, pour s’assurer qu’aucun malheur ne viendrait interrompre l’aventure. Pendant plusieurs semaines, ils ont emporté dans leurs sacs des indispensables : pansements spéciaux, filtres à eau, nourriture lyophilisée et barres énergétiques.
Au cœur de la nature sauvage d’Arizona
Le départ a été donné dès 5 heures du matin, le 7 juin, sur le sentier de South Kaibab, profitant des températures douces du matin. Mais en quelques heures, la chaleur torride s’est faite sentir, avec des températures atteignant plus de 38 degrés Celsius, rendant la progression difficile.
Le campement de Cottonwood, situé aux abords d’un ruisseau, leur a offert un répit bienvenu. Levi en a profité pour se rafraîchir dans les eaux du Bright Angel Creek. La famille a découvert, éblouie, les paysages désertiques, les nuances changeantes des rochers et la force de la rivière Colorado gonflée par les pluies récentes.
Caleb se souvient avec émotion de Ribbon Falls, cette cascade unique où l’on peut se tenir derrière le rideau d’eau. Surprise inattendue : la rencontre avec un scorpion sur la casquette de Jo Benjamin, rapidement dégagé avant tout incident.
Outre cet imprévu, le canyon foisonne d’une faune discrète mais présente, entre écureuils, lézards et même un cerf mulet.
L’appel de l’aventure
Cette randonnée, qui s’étire sur des terrains variés et des altitudes fluctuantes entre 2 400 et 2 400 mètres, reste une expérience que peu osent entreprendre. Le défi aussi bien physique que mental se conjugue à la splendeur des lieux.
À peine rentrés, les jeunes randonneurs sont déjà prêts à partager leur exploit et la magie ressentie, avec leurs camarades à la rentrée des classes. Levi insiste sur le fait que, malgré les photos, le grand canyon est beaucoup plus impressionnant en vrai.
Si Irvin Jr. n’a pas de projet immédiat pour une nouvelle expédition, Jo Benjamin songe déjà à accueillir la nouvelle génération de randonneurs dans la famille. « Ce fut l’une des expériences les plus difficiles, mais aussi les plus amusantes de ma vie », confie-t-il.
Sur le sentier, la faune locale s’est laissée apercevoir : lézards, écureuils, scorpion et cerf mulet. Crédit photo : Courtesy photo
En Résumé
Si l’idée part d’un hommage familial simple, elle se transforme vite en une épopée physique et mentale. Ne surtout pas sous-estimer la rigueur pour préparer un tel défi.
Il faut savoir que le Grand Canyon impose son rythme et sa difficulté : les paysages rouges ne suffisent pas à rafraîchir le marcheur sous un soleil de plomb.
Les enfants, souvent poussés par l’enthousiasme ou l’exemple familial, deviennent parfois les véritables moteurs de ces aventures. Qui aurait cru qu’un gosse de 12 ans relancerait l’expédition ?
Finalement, plus qu’une simple randonnée, c’est un rite de passage, un moment suspendu qui forge des souvenirs communs et insoupçonnés.
Je ne peux m’empêcher de penser à ces instants précieux où la nature nous rappelle à notre condition tout en nous poussant à repousser nos limites. Alors, la prochaine fois que vous verrez un Grand Canyon photographié, souvenez-vous que derrière chaque cliché, il y a une histoire d’effort, d’émotion et peut-être une famille un peu folle qui marche ensemble. Qui est prêt à chausser ses bottines ?
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N’attendez pas pour profiter de ces offres limitées, certaines références étant en quantité restreinte.
En Résumé
Choisir son équipement peut vite devenir un casse-tête financier, mais une bonne promo rend l’aventure plus accessible.
Les indispensables tels que la tente, le sac de couchage ou la veste imperméable sont pourtant faciles à envisager sous forme de packs tout prêts.
Être léger n’est pas incompatible avec le confort, comme le montre la popularité croissante d’accessoires comme le fauteuil de camp léger.
Un communicateur satellite et un filtre à eau ne sont pas des gadgets, mais bien des alliés essentiels pour la sécurité et la santé.
Enfin, se nourrir correctement avec des repas déshydratés bien conçus peut transformer une expédition banale en une véritable expérience gustative.
Alors que tout semble aller vers plus de légèreté et de technologie, je me demande : jusqu’où sommes-nous prêts à alléger notre sac sans renoncer à l’essentiel ? Et surtout, les promos telles que celles proposées par REI ne seraient-elles pas finalement la meilleure invitation à sortir, à marcher et même à rêver un peu plus grand ? Allez, enfilez vos chaussures, je vous entraîne dehors !
Alors que la côte Est des États-Unis était frappée par une vague de chaleur, une randonneuse sur le plus haut sommet de la Nouvelle-Angleterre luttait pour sa vie dans des conditions glaciales et venteuses. Caroline Wilson, 55 ans, originaire d’Austin au Texas, a dû être secourue après avoir développé une hypothermie sur le mont Washington, dans les White Mountains du New Hampshire, vendredi dernier.
Son mari a appelé les secours vers 17 heures, alerté par l’incapacité de Caroline à bouger ou à communiquer, alors qu’elle se trouvait sur le sentier Gulfside, à environ un mile au nord des voies du Cog Railway.
À leur arrivée, les sauveteurs ont trouvé Caroline inconsciente, souffrant d’une hypothermie sévère. L’agent de la conservation Rachael Stocker a précisé que la randonneuse portait des vêtements en coton comme couche de base, un choix peu adapté pour la montagne, surtout dans des conditions pluvieuses intermittentes et météo changeante, le coton absorbant la transpiration. Au sommet du mont Washington, la température tournait autour de -7 °C, avec des vents atteignant 190 km/h et une visibilité réduite par un épais brouillard.
Le Cog Railway s’est avéré crucial pour le sauvetage, transportant l’équipe de secours jusqu’à proximité du sommet et leur évitant une ascension éprouvante de trois miles. Ils ont dû néanmoins parcourir à pied un mile sur une arête exposée culminant à plus de 1 500 mètres pour atteindre Caroline. La première équipe est arrivée vers 19 heures, suivie d’une seconde une heure plus tard. Les secouristes ont stabilisé la randonneuse dans un abri temporaire avant de la transporter jusqu’au train puis à une ambulance au pied de la montagne. Caroline a ensuite été hospitalisée pour des soins complémentaires.
En Résumé
Un contraste saisissant : une vague de chaleur sur la côte Est et, simultanément, des conditions hivernales destructrices au sommet d’une montagne.
Le choix vestimentaire a parfois un goût amer : le coton, souvent matière de confort en ville, se révèle un piège mortel en milieu hostile.
Le rôle des infrastructures locales, comme le Cog Railway, est vital pour permettre des sauvetages efficaces en terrain difficile.
La montagne reste imprévisible, même sous un ciel menaçant et un vent violent; la préparation et la vigilance sont les meilleures assurances.
Il est fascinant de constater à quel point nos technologies et savoir-faire peuvent s’allier pour sauver une vie dans des conditions extrêmes. Pourtant, l’épisode rappelle avec force que la nature ne s’accommode guère de l’improvisation. Et si, face à ces défis, nous repensions notre rapport à l’aventure, entre respect des éléments et dépassement de soi ? Ou bien continuerons-nous à croire que l’expérience suffit, jusqu’à ce que la montagne nous rappelle brutalement à l’ordre ? Moi, je parie sur un réveil salutaire, la montagne a encore beaucoup à nous apprendre.
Pour certains, tout ce qui touche au matériel de randonnée n’a que peu d’intérêt, mais d’autres en sont absolument passionnés. Vous savez dans quel camp vous vous situez et agissez en conséquence. Pour les curieux qui veulent une liste détaillée, je partage la mienne sur Lighterpack.
La plupart des randonneurs ajustent leur équipement dès la moitié du parcours. Ce n’est pas seulement une question de regrets ou d’équipements défaillants, mais aussi de météo estivale qui évolue. Les nuits sont désormais trop chaudes pour les couettes initiales, tandis que les doudounes et polaires, déjà emportées, ne sont plus adaptées. La pluie froide et ventée de Géorgie a cédé la place à une humidité moite en Pennsylvanie, nécessitant des vêtements de pluie adaptés.
Je possède deux systèmes de couchage : un pour des températures autour de -6°C, et un autre conçu pour les étés de l’Ouest des États-Unis. Jeff a envoyé mon matériel d’été à Waynesboro, mais avec des résultats mitigés. Mon matelas d’été a rapidement subi des fuites d’air (probablement la raison de son arrêt de production) et a dû être remplacé. Therm-a-Rest a honoré la garantie, mais avec un délai qui a compliqué mes nuits. J’ai reçu le remplaçant chez moi puis acheté un autre matelas à Harper’s Ferry. Ma couette légère était meilleure, mais toujours trop chaude. Plutôt que d’opter pour un sac de couchage 10°C peu utile ici, je me suis mise à dormir sous ma veste de pluie — un choix curieux, mais gratuit, et je la porte rarement. J’ai aussi remplacé mon haut de pyjama à manches longues et capuche par un simple t-shirt, bien plus pratique. J’ai renvoyé ma polaire, erreur que je corrige en la ramenant avec moi, et compte expédier la doudoune. Cette dernière fait un merveilleux oreiller, mais n’a aucune utilité en été. Avec ma veste imperméable, je pourrais même m’en passer.
Mon premier « home sweet home » était une tente achetée en cours de Continental Divide Trail et qui a accompagné la fin du Pacific Crest Trail. Un randonneur avisé aurait laissé ce poids au dépôt et investi dans une nouvelle tente. Mais j’ai préféré céder à la nostalgie, incapable de quitter ce refuge familier. Le problème avec les tentes en Dyneema Composite Fabric (DCF) est leur excellente légèreté, mais aussi leur fragilité. Les déchirures apparaissent soudainement, transformant l’abri en passoire. Heureusement, Zpacks a livré rapidement un nouveau modèle : un petit triangle pesant seulement 311 grammes.
Passer à une tente individuelle demande de l’adaptation. Impossible d’abandonner le matériel partout à l’intérieur, tout doit être ordonné au millimètre. J’avais oublié que souvent mes affaires seraient trempées. Ne souhaitant pas laisser mes chaussures ou mes sangles à portée d’animaux curieux, j’utilise désormais mon sac à dos suspendu à un bâton de marche qui supporte la tente. Ça marche bien… pour l’instant. Je suis consciente qu’un soir de tempête, je vais probablement tout voir s’effondrer.
Les autres modifications sont de petits ajustements : retour à mes shorts Brooks à séchage rapide, renouvellement de chaussettes (notamment des modèles en nylon pour les journées chaudes et pluvieuses), remplacement de mon chargeur cassé par un autre modèle, et une lampe frontale qui refuse obstinément de se recharger.
J’ai encore un dernier tour dans mon sac pour les moments difficiles, peut-être lors de la traversée des White Mountains. J’envisage d’expédier plusieurs « luxes » pour alléger mon sac : mes sandales, casquette, sac de rangement, coussin de sol, poncho et Buff. Je pourrais aussi remplacer ma veste de pluie par un modèle plus léger, quitte à sacrifier un peu de protection. Et évidemment, je me délesterais de mes chaussettes en trop grand nombre. Ce mode « minimaliste monastique » ne me plairait que pendant les rares heures hors rando, mais ce serait peut-être ce qui me permettrait de continuer.
Au final, nous sommes tous ici, à pousser notre boule, aussi insignifiante soit-elle, vers l’avant.
En Résumé
Le choix du matériel évolue au fil de la randonnée, au gré de la météo autant que des envies ou déceptions.
Le sentimental peut parfois l’emporter sur la raison dans la gestion de l’équipement, avec son lot de surprises — souvent désagréables.
Légèreté et résistance ne font pas toujours bon ménage, surtout avec certains tissus ultra-modernes.
Se trimbaler deux systèmes de couchage, ça peut paraître excessif, mais ça évite bien des nuits blanches.
La discipline nécessaire pour tenir dans un espace réduit comme une tente individuelle demande un dosage d’organisation et de sacrifice.
En toute honnêteté, gérer ce sac à dos, c’est un peu comme jouer à Tetris avec ses propres limites. Ce chemin est autant une aventure matérielle qu’intérieure. Et moi, entre deux ajustements techniques, je me dis que finalement, ce n’est pas tant le poids du sac qui compte, mais celui qu’on accepte de porter sur nos épaules, entre doutes et rêves. Allons-y, continuons d’avancer, car c’est en marchant qu’on apprend à se délester.
La nuit dernière, mon sommeil a été plutôt agité, un phénomène qui commence à se répéter dans les refuges. Depuis l’incident avec une souris, mon cerveau reste en état d’alerte maximale chaque fois que je m’installe. Quelques ronflements m’ont traversé les oreilles, et les bouchons n’ont guère aidé. Puis, une odeur désagréable—manifestement un dîner mal digéré—s’est répandue dans le refuge.
Ce lac magnifique, on ne s’en lasse pas
Je me suis réveillé à 6h30 avec l’alarme, me sentant assez mal, et j’ai décidé de rester à moitié éveillé jusqu’à 7h. Le temps de me préparer, j’ai mangé la dernière part de pizza d’hier et suis parti vers les sanitaires. De retour, je me suis laissé distraire en copiant Barefoot dans sa routine d’étirements, un domaine où j’avoue un certain laisser-aller. Après avoir fini de ranger, j’ai décidé de prendre un en-cas sucré, accompagné de deux sachets de café et des indispensables du petit-déjeuner.
J’ai rencontré Fire Marshall, que je n’avais pas vu depuis le début de la traversée en Caroline du Nord. Il avait dormi dehors la veille, profitant de l’air et du paysage. Nous avons comparé nos rencontres sur le sentier. Il n’a pas croisé Islan, ce qui m’a laissé me demander où celui-ci pouvait bien se trouver.
Il était déjà 8h, j’ai donc savouré un café glacé au soleil. Le honey bun, très sucré, m’a un peu dérouté ; je remarque de plus en plus que les aliments trop sucrés ne me plaisent plus, sans doute parce que j’ai accumulé plus de nourriture industrielle que d’habitude. Ironie du sort, les encas les plus légers sont aussi ceux qui contiennent le plus de calories. Il me faudrait davantage d’options végétariennes savoureuses et caloriques.
Après avoir tout replié, j’ai lavé ma casserole aux toilettes. En sortant, un randonneur m’a reconnu comme un « thru hiker » et m’a parlé de son camion rempli de fournitures de randonnée et d’un excellent café. Ancien de la longue voie jusqu’au Delaware Water Gap en 2021, il a dû interrompre pour une blessure. Je l’ai remercié, café pris et sac sur le dos, mais j’ai préféré continuer ma route.
Le barrage imposant que le sentier traverse
Les deux premiers miles en route vers le départ du sentier des Smokies furent une promenade facile offrant de magnifiques vues sur le lac. J’ai rejoint Fire Marshal et marché avec lui jusqu’au barrage, où il s’est arrêté pour quelques photos. Le point d’entrée vers les Smokies était encore un peu en retrait, il nous fallait finir la route avant d’arriver au véritable sentier.
Un jalon excitant à franchir !
Au moment de déposer mon permis dans la boîte, j’ai fouillé mes poches de la ceinture hanches, persuadé de l’avoir là, mais il avait disparu. J’espérais que ce n’était pas un problème, surtout que je disposais de l’autre moitié en cas de contrôle.
Les deux premiers miles affichaient un dénivelé de près de 1600 pieds (environ 490 mètres), mais je me sentais en forme et ai avancé au rythme le plus rapide possible. Surpris, j’ai dépassé Bearbait qui était parti au moins une heure avant moi, expliquant que son genou le ralentissait. Une heure après, deux miles étaient déjà derrière moi – du jamais vu sur une montée ! Je n’avais jamais gardé un tel rythme, souvent bloqué à un mile à l’heure. Voir mes progrès ainsi était revigorant.
Peu après, j’ai bifurqué vers la tour de guet où Barefoot et Cyborg m’attendaient. Ils ont été surpris de ma rapidité, et Cyborg s’est mis en tête de me trouver un surnom de randonnée. La montée vers la tour valait le détour : les vues sur le lac, les collines et montagnes alentours faisaient partie des plus beaux panoramas que j’aie vus.
Une longue ascension, mais la vue en vaut la peine !
Après une petite collation, j’ai repris la route, voulant garder mon élan. J’ai écouté un podcast pour rythmer ma marche. La partie la plus escarpée avait été franchie, mais il restait encore de nombreuses montées dans la journée.
Le reste de la journée fut un composé de petites montées et descentes, nettement plus faciles après l’effort du matin. À mi-parcours, j’ai recroisé Fire Marshal, accompagné d’un Ridgerunner qui lui a demandé son permis. Apparemment, Fire Marshal n’en avait pas, et le Ridgerunner, plutôt sympathique, lui a établi un permis sur place.
Ce petit insecte a fait une pause sur mon sac
Je suis arrivé au premier refuge vers 15h30 pour un déjeuner tardif. Un groupe de randonneurs en sections, rencontrés précédemment à Fontana Shelter, y passaient la nuit. Tous retraités ou presque, ils profitent de ces escapades dès qu’ils le peuvent. J’ai été surpris par l’heure à laquelle je suis arrivé et par mon état physique. J’avais volontairement réduit mon objectif quotidien, anticipant la difficulté des Smokies, mais on dirait bien que mes jambes de randonneur sont enfin réveillées.
J’ai décidé de poursuivre jusqu’au refuge suivant, à seulement trois miles. Peu après le départ, un petit renard roux a traversé rapidement le sentier, un éclair furtif mais fascinant à voir. La marche s’est bien passée, à un bon rythme. J’ai atteint ce second refuge vers 17h30, où plusieurs groupes venus pour le week-end discutaient pendant que je rangeais mes affaires.
Saurez-vous trouver ce fruit au look étrange ?
J’ai appelé ma sœur pour discuter un moment avant de préparer mon repas et me mettre en place dans le refuge. J’espérais que, parce que c’était le week-end, de nombreux randonneurs viendraient et que je serais autorisé à dormir sous tente, ce qui est mon choix préféré. Mais à mesure que la soirée avançait et que la moitié du refuge restait vide, j’ai compris que peu de personnes se présenteraient.
Dans les Smokies, la règle veut que les randonneurs classiques réservent à l’avance leur place en refuge et dorment obligatoirement à l’intérieur. Les thru-hikers doivent aussi dormir en refuge, sauf si l’espace manque. Même si un thru-hiker arrive avant un randonneur avec réservation, il doit céder sa place à ce dernier. Étant donné que je dors mieux sous tente, j’espérais vraiment que le refuge soit plein. Ce ne fut pas le cas, et j’ai été seul sur le lit du bas dans ce refuge à deux étages. Une petite souris est venue me saluer avant que je ne m’endorme rapidement, enfin épuisé par ma journée.
Voici les montagnes que je devrai gravir dans les jours à venir
En Résumé
Le sommeil en refuge s’avère souvent un défi—entre ronflements, visiteurs inattendus et odeurs gênantes, le repos est parfois illusoire.
La progression physique peut surprendre : il suffit parfois d’un cap passé pour sentir ses performances s’améliorer.
L’obsession pour les encas légers mais caloriques pousse à repenser ses choix alimentaires, un dilemme en soi.
Les règles strictes des Smokies imposent une discipline particulière, notamment sur le couchage, aux randonneurs de longue distance.
La nature, imprévisible et sublime, gratifie les efforts avec spectacles et rencontres furtives, comme celle du petit renard roux.
Alors voilà, cette journée illustre bien le mélange subtil de beauté, d’effort et de contraintes qu’impose la grande randonnée. Si la technologie nous accompagne parfois, rien ne remplace encore l’intensité brute du sentier et ses rencontres humaines ou animales. Je me demande toujours jusqu’où ce mélange d’adaptation et de volonté peut nous mener. En tant que randonneur mais aussi en tant que journaliste passionné, je vous invite à réfléchir et partager votre propre expérience : qu’est-ce qui, pour vous, fait toute la saveur d’une aventure sur le terrain ? Moi, c’est ce mélange d’imprévu et de dépassement qui me captive et m’appelle à repartir, encore et encore !
Ce matin, je me suis réveillé vers 3 heures, bercé par le bruit de la pluie. La météo prévoyait une averse vers 2 heures du matin, mais finalement, elle n’est survenue qu’une heure plus tard, pour une durée d’environ une heure. Heureusement, j’avais mon parapluie. Ici, les insectes sont plutôt agressifs, alors j’ai choisi de garder mes vêtements coupe-vent et anti-pluie toute la matinée.
J’ai préparé un café bien chaud, puis j’ai rapidement fait mon sac. Je suis parti avant 5h30, avec environ 12 à 13 kilomètres à parcourir avant d’arriver sur une route plus fréquentée, voire simplement asphaltée. Jusqu’à là, je devais marcher principalement sur une piste de terre, silencieuse mais peu engageante. Étonnamment, ce matin, je sentais la raideur dans mes muscles, alors que la veille, à l’arrivée au camp, je me sentais en pleine forme. Il m’a fallu un bon moment pour me remettre en route confortablement.
Les insectes étaient véritablement insupportables. J’ai donc enfilé toutes mes couches et ma moustiquaire pour quelques heures. Cela devenait vite étouffant, mais impossible de faire autrement : dès que je m’arrêtais, j’étais aussitôt envahi. Alors que je longeais la piste, j’ai aperçu au loin un animal avancer vers moi sur la route. Après quelques minutes, j’ai compris que c’était un ours. C’est le premier de l’année que je vois, alors que j’en ai croisé des dizaines au cours de mes précédentes randonnées. Ironie du sort, je ne suis même pas sur les sentiers du « Triple Couronne » en ce moment.
J’ai appelé l’ours, en lui demandant poliment de s’éloigner, et il a filé dans les bois sans hésiter. Voilà un bon exemple pour ceux qui craignent les ours : ils ressemblent en quelque sorte à de gros chiens, et un cri suffit généralement à les faire fuir. Peu après, j’ai remarqué une énorme tortue qui se promenait sur le bord de la route, loin de la rivière — un comportement assez inhabituel.
Un peu plus tard, une voiture est passée. Le conducteur, aimable, m’a dit qu’il habitait non loin, mais qu’il ne passait pas la nuit dehors. Cette rencontre m’a paru un peu étrange, car personne d’autre n’était passé plus tôt, et je ne savais pas d’où il venait. Nous avons parlé un moment, puis il a continué sa route. Moi, j’étais bientôt arrivé sur la route principale.
Ma route m’a finalement mené à quitter la piste forestière pour du bitume, passant devant quelques maisons et me livrant un peu plus de diversité visuelle. Le principal avantage : les insectes avaient disparu. Je suais à grosses gouttes, mais je ne voulais pas enlever ma tenue de protection tant que les moustiques étaient là. Une fois sur le bitume, j’ai pu marcher plus confortablement, en traversant un petit village, puis en direction d’une ville plus grande. Dans cette étape, il n’y avait rien à part des maisons, mais quelques stations-service m’attendaient un peu plus loin.
Grâce à un réseau téléphonique enfin accessible, j’ai pu faire un peu de planification. La ville d’Island Falls se trouvait à environ 40 kilomètres de là. Pas d’hôtel, mais deux logements Airbnb dans une ancienne salle d’opéra historique réaménagée, avec restaurants et une épicerie. À part Island Falls, il n’y avait que de vastes terres agricoles amish et des habitations, sans une seule autre offre d’hébergement. J’avais donc pris la décision d’attendre un peu avant de réserver, sachant que deux locations étaient disponibles à cette adresse.
En avançant, je suis arrivé dans un autre petit village où j’ai profité d’une station-service pour me ravitailler. Très heureux de pouvoir enfin manger chaud, je voulais stocker un maximum de calories, notamment pour la suite de ma marche qui me réservait encore 22 kilomètres, la moitié de la journée. J’ai passé commande dans un restaurant local, et l’hôte Airbnb s’est révélé disponible et sympathique, m’expliquant le fonctionnement de la boîte à clés et les commerces proches.
J’ai commandé un sandwich chaud, des frites et deux milkshakes, et acheté divers rafraîchissements avant de repartir. Le corps particulièrement endolori, j’ai ressenti une fatigue inhabituelle, surtout aux pieds et aux hanches, ce qui m’a semblé paradoxal après une journée facile la veille, où j’avais même gravi le mont Katahdin sans difficulté. Il semble que le repos prolongé ait laissé quelques traces sur ma forme physique.
J’ai maintenu un rythme modéré, sans chercher à accélérer ni ralentir exagérément, tout en admirant, entre deux pas, les attelages hippomobiles amish qui traversaient la route. C’est toujours surprenant de voir ces images dignes d’une autre époque au cœur du Maine. Entre deux pauses, j’ai pris le temps de répondre à mes messages et de parler plus d’une heure avec mon père, un échange qui m’a remonté le moral. Malgré les hauts et les bas liés à ma condition physique, j’essaie de garder les détails les plus pénibles pour moi.
Un peu plus tard, les douleurs aux fessiers et aux hanches se sont accentuées, au point de devoir faire des massages et étirements pour soulager les tensions. Marcher sur la route, aussi confortable que ça puisse sembler, n’est pas idéal pour mon corps. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment le choix avec cette section et les possibilités limitées de camping ou d’arrêt. J’ai donc choisi de dormir dans la salle d’opéra transformée en logement, une petite merveille qui m’a offert un grand confort après près de trois semaines sans douche ni repas chaud.
Après avoir déposé mes affaires, j’ai fait sécher ma tente, rechargé mes équipements, puis arpenté les rues à la recherche de nourriture. J’ai fait le plein de délicieuses calories et récupéré mon repas à emporter, dont un burger, une poutine et une salade. De retour dans ma chambre, j’ai profité d’une douche et d’un bain chaud, savourant ma poutine confortablement installé. Un luxe plus que mérité après ces journées éprouvantes. Le soir venu, j’ai retiré mes bandes de kinesio, me sentant soudainement très douloureux, comme si tout mon corps se déjouait. Je suis parvenu à me calmer grâce à des étirements et de l’ibuprofène, mais la perspective des 40 kilomètres à venir n’est pas des plus rassurantes.
Je sais que je peux ralentir ou prendre un jour de repos si nécessaire, mais Island Falls est un lieu peu accessible, et je souhaite vraiment atteindre la frontière dans les temps. J’espère que demain, ma condition physique s’améliorera et me permettra de poursuivre cette aventure avec le même enthousiasme qu’à ses débuts.
En Résumé
La pluie ne respecte jamais les horaires annoncés, mais au moins, parapluie à portée de main, faut pas être trop exigeant.
Les moustiques peuvent transformer une simple promenade en randonnée extrême, mieux vaut s’équiper comme un aventurier malgré la chaleur.
Un ours qui vous déloge d’un cri, c’est un peu le chien sauvage de la nature ; pas de panique, il n’a pas l’envie de vous jouer les méchants.
Marcher sur des routes pavées est un vrai répit pour les insectes, mais vos pieds et vos hanches ne remercient pas nécessairement.
La rencontre avec les communautés amish ajoute un charme décalé, mais rappelle la frontière entre deux mondes bien différents.
L’arrêt dans un petit village donne une pause bienvenue : douche, nourriture chaude, recharge du matériel – un luxe plus que rare sur ces sentiers.
Le corps suit son propre agenda, oscillant entre jours de grâce et moments de douleur, jamais très logique mais toujours honnête avec lui-même.
Finalement, cette étape illustre bien les paradoxes de la randonnée longue distance : entre la nature brute et les touches de civilisation, entre l’inconfort et les petits plaisirs venus réconforter. J’ai hâte de retrouver le sentier, pouvoir écouter mon corps sans contraintes, et continuer à écrire cette histoire pas toujours linéaire. Chaque pas est une découverte, et chaque étape, un rappel que l’aventure, ce n’est pas qu’une destination, c’est un état d’esprit. Alors, prêt à marcher cette frontière avec moi ?
Le réveil sonne entre 5h et 5h30 comme d’habitude. Après avoir profité des derniers instants au confort de notre auberge, nous nous levons lentement. Un peu d’organisation m’attend, mais d’abord un café s’impose pour me donner de l’énergie. Ce café vient d’un torréfacteur local, et croyez-moi, ce n’est pas du soluble qui peine à se dissoudre dans de l’eau froide. On touche ici à la véritable qualité, un petit plaisir rêvé enfin réalisé.
Le petit déjeuner proposé est un véritable festin continental : pain maison à la banane et au fromage à la crème, pain au levain fait maison, bagels. J’ai pris un bagel toasté « tout garnis » avec un œuf dur et du fromage à la crème, suivi d’un yaourt aux myrtilles. Sur les conseils de notre hôtesse Jenna, j’ai embarqué un sandwich beurre de cacahuète/confiture ainsi qu’une tranche de banana bread pour la route.
Après avoir rassemblé nos affaires, nous nous mettons d’accord avec un autre randonneur, Rocket, pour un retour en navette vers le sentier. Canaan, l’aubergiste, nous emmène dans sa toute nouvelle Toyota Tundra. Au parking où nous avions quitté le sentier la veille, nous prenons congé de lui, et il repart.
Bourbon Batman et le Campement de Crocker Cirque
Juste quand nous sommes prêts à repartir, un SUV blanc s’arrête. Son conducteur, Bourbon Batman, est le chef de la police locale et un « ange du sentier ». Plus tard dans la saison, quand le flux de randonneurs augmente, il distribue souvent boissons fraîches et bières. Ce matin à 8h, nous ne sommes pas encore concernés.
Nous laissons Rocket remonter vers le nord (NOBO) et amorçons notre montée vers notre premier sommet de plus de 1 200 mètres de la journée. Les jours qui suivent une pause en ville me sont toujours un peu lourds, mais le progrès est au rendez-vous. Avant le déjeuner, nous touchons les pics nord et sud de Crocker et nous arrêtons pour un encas avant la descente.
Le déjeuner se fait au campement de Crocker Cirque où nous croisons d’autres randonneurs montant vers le nord. Nous sommes apparemment les premiers à descendre vers le sud (SOBO) qu’ils croisent ; au moins quatre nous devancent, mais ils n’ont visiblement pas eu l’occasion de se rencontrer. Le reste de la journée trace le profil du Maine et nous mène vers le New Hampshire. Nous pouvons dire que nous sommes officiellement en Maine du Sud. Les pentes raides et les descentes sont éprouvantes, mais restent gérables. La difficulté ne fera que s’intensifier.
200 Miles Atteints !
Ce jour marque notre 200e mile. Notre rythme n’a rien d’impressionnant, mais il correspond bien aux défis qui nous attendent. Après l’installation de la tente au refuge de Spaulding Mountain, quelques NOBOs arrivent également pour passer la nuit. Notre solitude en camping touche à sa fin.
Parmi eux, deux viennent de Rangeley, une des prochaines villes où nous ferons notre ravitaillement. Une autre, surnommée Bubble Wrap, originaire de Nouvelle-Zélande, est sur le point d’achever son Triple Crown, le parcours combiné des sentiers Pacific Crest, Continental Divide et Appalachian Trail. Elle profite d’un congé sabbatique de deux ans – situation peu imaginable dans les entreprises américaines – et parcourt le monde en quête d’aventures incroyables et inspirantes.
Demain, une étape oscillant entre 16 et 27 km, selon notre forme. Bonne nouvelle, mes genoux supportent bien les descentes, un progrès notable ! Peut-être que mes jambes s’habituent enfin au sentier.
En Résumé
Le confort d’un bon café local peut transformer une matinée laborieuse en une montée d’énergie bienvenue.
Une pause avec un vrai petit-déjeuner continental vaut mieux qu’un snack bâclé, pour le moral et les jambes.
Les rencontres avec des personnages comme Bourbon Batman donnent un supplément d’âme à la randonnée, preuve qu’un sport solitaire peut aussi être rempli d’humanité.
Le passage dans le Maine du Sud annonce une intensification progressive du dénivelé, mais rien d’insurmontable à ce stade.
Côté rythme, la gestion prudente des distances donne une bonne idée de la discipline nécessaire, loin de la course effrénée.
Le partage du campement après une longue série de nuits en solitaire invite à la convivialité, même pour des âmes aguerries.
Au final, ce récit de trek ne manque pas d’évoquer les contrastes qui pimentent une aventure en pleine nature : efforts et plaisirs, solitude et rencontres. Moi, j’y vois surtout l’appel à garder l’œil ouvert et le pied léger, tout en restant curieux de ces échanges inattendus. Après tout, la montagne ne se conquiert pas seule — c’est avec les autres et un bon café qu’elle se savoure le mieux. Et vous, êtes-vous prêts à chausser vos bottes pour votre propre exploration ?
Des secouristes ont utilisé le train à crémaillère du Mont Washington pour atteindre une randonneuse texane en difficulté.
Le train à crémaillère du Mont Washington.
Une randonneuse victime d’hypothermie a été secourue vendredi dans les White Mountains, près du Mont Washington, alors que des vents violents et des températures glaciales rendaient l’intervention risquée, annonce le département de la pêche et de la faune du New Hampshire.
Le sauvetage s’est déroulé sur le sentier Gulfside, à environ un mile au nord des rails du train à crémaillère du Mont Washington, entre les sommets du Mont Washington et du Mont Jefferson. Vers 17 heures, les équipes de secours ont reçu un appel d’urgence du mari de la randonneuse affirmant qu’elle ne pouvait ni bouger ni communiquer. La victime a été identifiée comme Caroline Wilson, une Texane de 55 ans originaire d’Austin.
Les secouristes ont contacté le personnel du train à crémaillère, qui a permis de monter rapidement en altitude, évitant ainsi une randonnée de plus de trois miles sous la pluie et le vent sur le sentier Jewell. Malgré ce gain de temps, les sauveteurs ont dû parcourir à pied plus d’un mile dans des conditions extrêmes jusqu’à atteindre la randonneuse.
La première équipe est montée à bord du train à 19 heures, suivie d’une seconde à 20 heures. Après avoir rejoint Caroline Wilson, la première équipe a installé un abri temporaire pour la réchauffer. Une fois la deuxième équipe arrivée, la randonneuse a été placée sur une civière et ramenée vers le point de départ.
Wilson a finalement été transférée à une ambulance au pied de la montagne, puis conduite vers le centre médical régional de Littleton pour recevoir les soins nécessaires.
Les conditions météo étaient particulièrement difficiles vendredi. La vitesse du vent a atteint jusqu’à 190 km/h, tandis que les températures au sommet ont chuté autour de -7 °C. De nombreux appels ont rapporté des cas d’hypothermie dans toute la chaîne de montagnes Presidential Range. Le personnel du parc d’État du Mont Washington, celui de la route automobile du Mont Washington, les équipes du Appalachian Mountain Club ainsi que plusieurs bénévoles se sont mobilisés pour venir en aide aux personnes en détresse.
Le département de la pêche et de la faune a salué dans un communiqué l’engagement des équipes Androscoggin Valley Search and Rescue, Pemigewassett Valley Search and Rescue, Mountain Rescue Services et du personnel du train à crémaillère.
“La météo était loin d’être clémente et les conditions pouvaient mettre la vie en danger, mais chaque groupe a répondu présent, affrontant un environnement peu hospitalier pour sauver la vie de cette randonneuse,” ont déclaré les autorités.
En Résumé
Utiliser un train à crémaillère pour un sauvetage en montagne, c’est un peu le luxe que la nature et la technologie offrent parfois à ceux qui sont en danger.
Parfois, il vaut mieux déléguer la marche à pied quand la météo se déchaîne, surtout quand il s’agit de plus de trois miles dans la boue et le vent.
Les sauveteurs ont changé leur routine habituelle pour s’adapter, histoire de ne pas transformer une opération de secours en expédition extrême.
Le Mont Washington, avec ses vents à plus de 190 km/h, rappelle que la montagne ne fait jamais de cadeau, même aux amateurs comme aux pros.
La solidarité entre les équipes spécialisées et les bénévoles agit comme un filet de sécurité indispensable dans ces décors hostiles.
Face à ces éléments, on pourrait presque dire que la montagne trouve toujours un moyen de nous tester — et l’homme, souvent, de se réinventer pour répondre à l’appel. Chez Point Sud, on s’interroge : comment préparer au mieux ces interventions demain, quand le climat et l’affluence ne cessent d’évoluer ? Rester sur ses gardes tout en innovant semble être la clé pour sauver des vies. Et vous, qu’en pensez-vous ? Prêts à prendre le train pour l’aventure, ou plutôt à garder les pieds bien ancrés au sol ?
Les autorités du parc du Mont Rinjani ont indiqué, dans un message publié sur les réseaux sociaux, que les secouristes avaient entendu samedi les appels à l’aide de Mme Marins. À ce moment-là, elle était en sécurité, bien que manifestement en état de choc.
Des images capturées par des drones ainsi que des vidéos filmées par des randonneurs, largement relayées par les médias brésiliens, montraient également qu’elle était vivante samedi. On la voyait assise et se déplaçant sur un terrain grisâtre, bien en dessous du sentier de randonnée.
Cependant, plus tard dans la journée, les sauveteurs n’ont pas réussi à la localiser après avoir descendu 300 mètres vers l’endroit où ils pensaient qu’elle se trouvait, et leurs appels sont restés sans réponse.
Dimanche matin, de nouvelles images de drone ont révélé qu’elle n’était plus à son emplacement initial, ont précisé les responsables du parc qui ont souligné que le brouillard épais compliquait les opérations de secours et limitait l’usage d’un drone thermique.
Lundi, les secours ont pu retrouver Mme Marins, apparemment tombée encore plus bas, mais ont dû interrompre leur intervention en raison des conditions climatiques difficiles, selon la famille.
« Les sauveteurs avaient progressé de seulement 250 mètres vers le bas, il leur restait 350 mètres pour atteindre Juliana, mais ils ont fait demi-tour », ont indiqué les proches sur leurs réseaux sociaux.
La famille a également dénoncé que le parc restait ouvert et que d’autres touristes poursuivaient cette même randonnée, alors que Juliana se trouvait en situation critique : « Elle a besoin d’aide ! Nous ignorons son état de santé ! Elle est sans eau, ni nourriture, ni vêtements chauds depuis trois jours ! »
Interrogée à ce sujet, l’ambassade du Brésil a précisé qu’elle restait en contact avec les autorités indonésiennes et avait dépêché deux agents pour suivre de près les opérations de secours.
Lors d’entretiens avec la chaîne brésilienne Globo, deux membres du groupe de Mme Marins ont qualifié la randonnée de difficile, l’un décrivant l’ascension comme « vraiment éprouvante » et « glaciale ». Un autre a expliqué que l’accident s’était produit alors que Juliana marchait à l’arrière du groupe, escortée par un guide. « C’était très tôt, avant le lever du soleil, dans des conditions de visibilité réduite, avec seulement une simple lampe frontale pour éclairer un terrain glissant et compliqué », a-t-il raconté.
Satyawan Pudyatmoko, responsable du ministère indonésien des Forêts, a rappelé lundi que la priorité absolue lors d’une randonnée était la sécurité des grimpeurs.
Le Mont Rinjani, deuxième plus haut volcan d’Indonésie avec ses 3 700 mètres, est une destination prisée des touristes mais aussi un lieu où des accidents tragiques surviennent régulièrement. En 2022, un Portugais avait perdu la vie après une chute, et en mai dernier un randonneur malaisien est décédé dans des circonstances similaires.
En Résumé
Une randonnée difficile peut rapidement tourner au cauchemar, surtout quand la météo s’en mêle et que le terrain est glissant.
Le calme des vidéos de drone contraste cruellement avec la gravité de la situation vécue par Juliana Marins.
La communication entre autorités et famille semble essentielle, mais parfois les opérations de secours butent contre des conditions naturelles implacables.
On pourrait se demander s’il est raisonnable de laisser le parc ouvert alors qu’une personne est clairement en danger à proximité.
Les incidents répétitifs sur ce volcan rappellent qu’un lieu touristique ne rime pas forcément avec sécurité absolue.
Alors voilà, le Mont Rinjani nous enseigne à quel point la nature reste imprévisible et sans concession, même pour les aventuriers aguerris. La soif d’exploration ne doit jamais faire oublier la prudence élémentaire. Personnellement, cela m’interpelle : jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans cette quête du sensationnel, parfois au détriment du bon sens ? Ce débat est ouvert, et il mérite qu’on y réfléchisse sérieusement, car la montagne, contrairement à l’opinion populaire, ne plaisante pas.
Après avoir quitté Harper’s Ferry, nous étions fatigués et surchauffés, alors nous n’avons parcouru que 6 miles pour atteindre un abri exceptionnel, avec un étage et un sol stratifié ! Avec Sleepy et Cookie, le couple hollandais que nous côtoyons beaucoup ces jours-ci, nous avons décidé d’y passer la nuit. C’était la première fois depuis plus d’un mois que nous dormions dans un abri, par crainte du norovirus. Nous nous sentons un peu plus en sécurité désormais, même si la prudence reste de mise jusqu’au Maine. De plus, il semble que cette peur soit partagée : on voit beaucoup plus de randonneurs se laver les mains.
Traversée du pont en quittant Harper’s FerryHoly moly, nous avons encore un long chemin à parcourir
Le lendemain, c’était l’anniversaire de Strider ! Notre tradition veut que l’on fasse de grandes distances ce jour-là : j’avais marché 28 miles pour mon anniversaire, cette fois il fallait faire encore plus. Nous étions prêts à 6h30, dans une atmosphère lourde et moite. Les kilomètres se succédaient sans difficulté, notre moral au beau fixe et excités de voir jusqu’où nos jambes pourraient nous porter avant la tombée de la nuit. Le temps était parfait, ni trop chaud, avec une brise d’été qui dissipait l’humidité du matin.
Traversée de monuments historiques dans le Maryland
Pas de randonneurs de longue distance aperçus ce jour-là, seulement des promeneurs d’un jour. Notre groupe, les Shenny, s’est un peu dispersé, chacun prenant des pauses à des moments différents, classique sur le sentier des Appalaches. Mon amie, habituée de ce sentier, m’a dit que seulement 400 départs étaient très bas pour Harper’s Ferry début juin — nous étions les numéros 417 et 418. C’est agréable de voir une foule équilibrée, ni trop sociable ni trop envahissante. Après une pause déjeuner au 18e mile, nous avons décidé de pousser jusqu’à la ligne Mason-Dixon, à 17 miles plus loin : fou, mais rien ne vaut une douche chaude et une bonne pizza après ça !
Traversée de l’I70 ! Moment important pour nous, ColoradoiensAnnapolis Rocks — un ami a pris une photo pour les tampons AT, on devait voir ça par nous-mêmes. Superbe !
Je dois avouer mon hypocrisie : nous avions critiqué certains amis qui tentaient le célèbre « défi des quatre États » en parcourant plus de 40 miles de Virginie à Pennsylvanie, en passant par le Maryland et la Virginie-Occidentale. Je leur avais conseillé de ne pas se presser dans le Maryland, si beau et accueillant. Et pourtant, nous voilà en train d’avancer à grande vitesse à travers le Maryland. Cela dit, nous avons pris le temps de nous arrêter pour en apprendre davantage sur les champs de bataille historiques et de nous reposer plus que je ne le pensais. La force des jambes de randonneur, c’est de pouvoir marcher plus longuement et plus vite.
Le sentier commence à se faire plus caillouteux
Au final, nous avons parcouru 35,4 miles sur le sentier, 39 sur Strava avec les détours à Annapolis Rocks et dans les champs de bataille. J’étais presque en train de sautiller en arrivant à la ligne Mason-Dixon, fiers de nous, impatients de dormir dans un vrai lit. Mes jambes étaient fatiguées, mais notre joie immense. Soolah est venue nous chercher vers 20h30 pour nous amener chez elle, dans sa charmante petite maison digne d’un conte de fées en ville. Pizza et douche chaude au programme, avant de tomber de sommeil dès la tête posée sur l’oreiller.
Chez Soolah, un endroit vraiment féériquePeut-être la meilleure pizza de ma vieMe voilà enfin dans le Nord ! Appa-lay-chain !
Le défi du demi-gallon de glace
Au départ, je n’avais même pas l’intention de me lancer dans le challenge du demi-gallon de glace. Mais Energizer, triple couronné et légende des Appalaches actuellement sur le sentier avec son fils, m’a convaincue : « Tu n’as pas à finir, il faut juste essayer. » Chez les randonneurs, les paroles d’un triple couronné sont presque sacrées, alors je me suis renseignée. Le demi-gallon est une véritable institution sur le sentier, tout comme la photo devant le panneau de mi-parcours à Harper’s Ferry — des traditions vieilles de plus de 50 ans. Maintenant, je fais partie intégrante de ces rites et dois honorer le sentier pour revendiquer pleinement le titre de « randonneur trash ».
Des randonneurs en 1983 pendant le défi du demi-gallonDécouverte au musée… imaginer le sentier dans les années 30 ou 40 est sidérant
Autant vous dire que je ne me suis pas contentée de me préparer psychologiquement, j’ai aussi motivé tous les randonneurs autour de nous. Après être arrivés au magasin qui vendait la glace et avoir posé nos sacs à l’auberge, j’étais impatiente de m’allonger une fois le challenge accompli. Quelle surprise de découvrir que certains mangeaient non seulement un bac, mais aussi un pot d’un demi-litre supplémentaire — soit un vrai demi-gallon de glace. Là, j’avoue, ça change la donne !
Pleine d’espoir et d’enthousiasme au départ
Nous avons attendu Sleepy et Cookie, puis nous nous sommes lancés. J’étais affamée, pensant que ce serait « facile ». Mes parfums : cookie dough pour le bac, cerise noire pour le pot. Des vétérans comme Fuji et Just Ray nous donnaient leurs conseils : « Laissez fondre un peu, mais pas complètement. » Pendant vingt minutes, c’était comme vivre un rêve d’enfance — manger de la glace pour le dîner en toute légitimité !
Mais au bout d’une vingtaine de minutes, aux trois quarts du bac, je commençais à trembler de froid et à douter. C’est probablement là que j’aurais dû abandonner. Mais Strider, confiant, a fini son pot en 54 minutes — déconcertant pour nous. Just Ray, lui, a claqué le défi en 10 minutes, sans laisser fondre une goutte.
Un ado de 15 ans a commencé le challenge avec ses parents, mais il a abandonné au bout d’un tiers, nous traitant de « littéralement fous ». Il n’avait pas tort, surtout que je me sentais vraiment mal. Mon pot avait fondu et je pouvais juste le boire en tétant un peu. Je me suis dit : « Tant pis, autant aller jusqu’au bout. » J’ai terminé sous les applaudissements, puis me suis affalée, dégoûtée mais fière. Dix minutes plus tard, après un passage au petit coin pour tout rendre, j’ai retrouvé la pêche !
À ce moment-là, je regrettais mes choix
Sleepy, encouragé par mon retour en forme, a fini son défi lui aussi. Sa motivation ? Me voir vomir, c’est la meilleure raison jamais entendue ! En récompense, j’ai reçu une petite cuillère en bois gravée « Half Gallon Club » et une photo sur le mur des finishers. J’étais plutôt fière, surtout en constatant que seules trois autres femmes ont réussi à terminer cette année.
Tout ça pour une cuillère en bois et une photo sur le mur. Vraiment ? Oui, vraiment.
Lequel est le plus difficile ?
Alors que nous dégustions nos pizzas, Fuji a lancé une réflexion intrigante, selon lui le défi du demi-gallon est une métaphore du sentier des Appalaches : éprouvant, douloureux, mais qu’on doit traverser parce qu’au fond, on le sait. Le sentier, nous dit-on souvent, se divise en trois phases : physique, mentale puis spirituelle. Après avoir bien avancé dans la partie mentale, je commence à comprendre.
Le quotidien répétitif, l’absence d’êtres chers pendant l’été, le FOMO (fear of missing out) à voir les proches profiter, la tristesse de rater la remise des diplômes de ma sœur… la vie continue quand nous marchons. C’était un pari que j’avais accepté.
Mais cette expérience du défi glace m’a appris une chose simple : je peux affronter l’inconfort et aller jusqu’au bout quand ma volonté domine. Je me suis aussi rendu compte qu’il est bien plus difficile de manger un demi-gallon de glace que de marcher 35 miles en une journée.
Déjà à mi-parcours !
En Résumé
Prendre son temps à Harper’s Ferry peut valoir le coup, sauf si vous avez une pizza et une douche chaudes en vue.
Les traditions du sentier sont un savant mélange d’histoire, de rites un peu fous et d’esprit de groupe — de vraies institutions qu’il faut respecter si on veut être « randonneur trash ».
Le moral et la tête jouent un rôle aussi vital que les jambes, surtout quand la répétition vous fait chanter la même rengaine dans la tête.
Le défi du demi-gallon, marathon gustatif, est une leçon en endurance — un peu plus surprenant que les pas sur le sentier.
Rester motivé quand on est loin de sa famille et de ses amis demande souvent plus d’énergie que toutes les montées réunies.
Alors voilà, marcher ne se résume pas qu’à mettre un pied devant l’autre, c’est aussi apprendre à gérer ses limites, s’adapter et parfois avaler un demi-gallon de glace, même quand on regrette au bout de vingt minutes. Si tout cela nous rend plus forts, plus malins, plus vivants, alors je vous le dis : continuons à marcher, à goûter à tout, à rire de nous-mêmes et à pousser nos propres limites. Qui sait ce que le sentier nous réserve encore ? Moi, je suis prête à en découdre, et vous ?
Parcours : Appalachian Trail (km 2 279 – 2 302) & Canopus Lake Beach (2 km)
Total parcouru jusqu’ici : 5 419 km de marche, 160 km en pagaie
Météo : ciel couvert, températures entre 15 et 24 °C, pluie en fin de journée au camp, agréable malgré tout
Altitude : de 101 à 388 mètres
De Graymoor Spiritual Life Center à l’abri RPH
Aujourd’hui, j’ai ressenti une petite baisse d’énergie comparée aux jours passés. Contrairement aux massifs imposants du Bear Mountain ou du Harriman State Park, le paysage s’est fait plus intime, enveloppé d’une forêt où mousses, fougères et roches jalonnent le sentier ombragé. Par endroits, la végétation dense avait presque envahi le chemin, tandis qu’à d’autres moments, la lumière filtrait à travers un fourré plus clairsemé, un environnement dans lequel je me sens davantage à mon aise.
Un élément insolite a aussi retenu mon attention : des murs de pierres alignés en plein milieu de la forêt. Leur origine reste mystérieuse – sans doute d’anciennes limites foncières –, mais il est intriguant de voir le sentier les traverser ou longer leur tracé rectiligne.
La région de New York regorge de formations rocheuses impressionnantes : plateaux, falaises lisses, blocs fracturés. Ces détails naturels attirent plus mon regard que la simple verdure environnante. À l’approche du Fahnestock State Park vers midi, j’ai retrouvé ces décors rocheux qui donnent du caractère au parcours.
Quelques observations du jour :
Les moustiques sont encore bien présents, particulièrement en début de journée. Heureusement, un peu de spray anti-insectes suffit à limiter leur assaut.
Les tiques, quant à elles, se multiplient. Un compagnon de route a dénombré 31 tiques retirées en une seule journée. Pour ma part, la vigilance est de mise : je m’arrête souvent lors des montées pour vérifier mes jambes en détail, notamment après les passages encombrés ou herbeux.
Mes orteils sont entièrement guéris, ce qui me rassure pour la suite du périple.
J’ai croisé quelques autres grands randonneurs, certains connus avant mon escapade à New York, d’autres rencontrés récemment.
Pause au lac Canopus
Arrivé près du lac Canopus, la route NY Route 301 m’a accueilli, indiquant l’entrée floue vers Fahnestock State Park. Une incursion sur un sentier secondaire m’a mené vers la plage et une petite buvette annoncée en bordure d’eau. Même si le magasin était fermé, deux randonneurs croisés au pique-nique, Dorian et Timex, ont raconté que des sanitaires avec douches étaient accessibles. Curieux, j’ai décidé d’en profiter pour une pause douche bien méritée.
Dans un geste plutôt inattendu, un employé du parc a temporairement rouvert le magasin pour que quelques randonneurs et moi puissions prendre une boisson rafraîchissante – une sorte de « soda sous la douche » inattendu mais bienvenu avant de repartir.
Changement et décisions importantes
Quelques kilomètres plus loin lors d’une filtration d’eau à un ruisseau, j’ai reçu un appel attendu : les résultats de mes analyses sanguines. Depuis plusieurs années, je lutte contre une anémie ferriprive et les chiffres sont cette fois alarmants : mon taux d’hémoglobine est à 6,6 g/dL, le plus bas jamais enregistré. La recommandation médicale est claire : je dois me rendre immédiatement aux urgences pour une transfusion sanguine, suivie de perfusions de fer.
Cela signifie une pause forcée dans mon périple. Malgré mon enthousiasme retrouvé après le détour par New York, j’avais envisagé cette possibilité, mais avec plus de marge pour continuer un peu plus avant de trouver une sortie facile. Malheureusement, la situation ne me laisse pas ce luxe.
Au refuge Ralph’s Peak (RPH Shelter), j’ai pu réfléchir à la suite. L’endroit, propre et abrité, a accueilli quelques compagnons de route et permis de contacter ma famille pour décider du retour à la maison, privilégiant la sécurité et le soutien familial. Les trajets organisés, j’ambitionne de rejoindre le Michigan et le cocon familial pour me soigner.
Après cinq mois et demi de randonnée ininterrompue depuis le 1er janvier, me voilà devant une croisée des chemins, mêlant apaisement et résignation. Je partagerai les suites de cette aventure, promise à un nouveau chapitre, dès que possible.
En Résumé
Il semble que la beauté sauvage prenne bien des formes : parfois imposante, parfois discrète, toujours captivante.
Moustiques et tiques ne sont pas prêts de nous lâcher, attention à leur stratégie d’invasion.
La santé rappelle régulièrement qu’on n’est pas que des corps de randonneurs, malgré la passion.
Il paraît que les murs de pierres dans la forêt ont plus d’histoire à raconter que certains romans – dommage qu’ils gardent le silence.
Un « soda sous la douche » : nouveauté locale recommandée pour une pause rafraîchissante et pleine de surprises.
Et si l’on réfléchissait un instant à ce que signifie vraiment « poursuivre son chemin » ? Parfois, savoir s’arrêter, écouter son corps et changer de cap, c’est aussi vivre une aventure, une rencontre avec soi-même et ses limites. Loin d’être un échec, c’est peut-être la plus grande marche que l’on puisse accomplir. Alors, prêts à recharger vos batteries avant de repartir plus forts ? Moi, je dis : que l’aventure continue, sous toutes ses formes, et que l’inattendu reste notre meilleur compagnon !
Au kilomètre 704,9 à Daleville en Virginie, mon pied commence enfin à se réveiller. J’imagine presque qu’une randonnée pourrait ne plus faire mal. Reste à gérer mes chaussures, qui font partie du problème : elles sont percées. Ces dernières semaines, j’ai même pu gratter mes orteils sans les enlever.
J’ai testé toutes les options disponibles chez les spécialistes locaux, mais aucune ne m’a vraiment convaincu.
Le choix des chaussures
Nous avons tous deux des pieds compliqués à chausser. L’année dernière, nous avons passé des centaines d’heures à chercher la chaussure idéale pour L’Historien. Il est désormais confortable et satisfait de son choix.
Nous avons commencé par notre magasin de sport local qui a soigneusement examiné et mesuré nos pieds. Nous avons essayé bottes, modèles intermédiaires, chaussures de trail et de randonnée.
Notre médecin nous a orientés vers un podologue. La kinésithérapie a révélé que L’Historien avait une jambe plus courte que l’autre. Ensemble, podologie et kiné ont corrigé ce problème de longueur. Le chiropracteur est également intervenu, et voilà : cinquante ans de douleurs dorsales nettement soulagées, sans miracles mais avec sérieux.
En raison de multiples anciennes blessures à la cheville, L’Historien porte désormais des bottes pour la randonnée et des chaussures de trail au quotidien. Un confort retrouvé.
Quant à moi, mes pieds sont larges, mais fins, avec un voûte plantaire haute et des talons étroits. Je souffre aussi d’éperons calcanéens et d’arthrite. Aucune chaussure ne me va parfaitement.
Je veux continuer à randonner. J’ai commandé en ligne une paire en promotion, livrable sous 48 heures. C’est une marque que j’ai déjà portée, avec des avis mitigés. Si je peux faire 150 kilomètres avec, j’éviterai de prendre une décision définitive pour l’instant.
L’attente des chaussures
En attendant la livraison, nous avons planifié nos trois prochaines semaines de marche et préparé nos colis de ravitaillement par la poste.
Chaque trois semaines, nous recevons un gros paquet de la maison, que nous répartissons ensuite en plusieurs colis plus petits. Cette étape se précise de plus en plus. Pour ce segment, il y aura trois ravitaillements de quatre jours et un autre de huit jours.
Envoyer les colis
Une fois nos colis bien emballés et étiquetés, il fallait les acheminer jusqu’au bureau UPS.
Dans le hall de l’hôtel, nous avons croisé deux randonneuses expérimentées, dans une tranche d’âge plus avancée. Elles ont débuté leurs sections de randonnée en Pennsylvanie dès 1975. Comme moi, elles approchent de la fin de leur périple. Elles avaient une voiture. Trois femmes, trois générations, unies par l’Appalachian Trail depuis 1975, ont vite trouvé un moyen d’expédier cinq colis sans encombre.
Colis envoyés, nouvelles chaussures reçues. Demain, nous reprenons la route.
En Résumé
Des pieds capricieux rongent souvent plus le moral que la chaussure elle-même.
Le corps n’est jamais une machine parfaite, ajuster ses asymétries demande du temps et un réseau de spécialistes qui se complètent.
L’organisation logistique, notamment avec les colis de ravitaillement, tient parfois plus d’un jeu de patience et de débrouillardise que d’un simple envoi postal.
La transmission entre générations de randonneurs prouve qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre et s’entraider sur le chemin.
Et si finalement, la clé pour marcher loin résidait autant dans la préparation soigneuse que dans la capacité à s’adapter ? J’ai envie de croire que chaque pas est un pas d’avance non seulement sur la douleur, mais aussi sur soi-même. Alors, prêts à chausser les bottes et à repartir à l’aventure ? Moi, en tout cas, je le sens, ça va suivre !
Ce matin, en ouvrant les yeux, je n’avais aucune envie de partir. C’était un mélange d’émotions. Même après deux semaines passées ici, je me sentais étrangement pressé de reprendre la route. La veille, j’étais arrivé tard, sans beaucoup de temps pour organiser mes affaires. Ce matin, il fallait que je fasse mes bagages, que je refasse mes provisions, que je calcule la distance jusqu’à ma prochaine cache alimentaire, tout en gardant un œil sur la météo.
Il sera intéressant d’observer comment les journées à venir évolueront avant mon ascension finale. La météo ne facilite pas les choses : plusieurs jours consécutifs s’annoncent pluvieux. Impossible donc de simplement éviter la pluie ou de prendre un jour de pause entre deux étapes. Si j’étais en pleine forme, je pousserais quelques grosses journées pour rejoindre le sommet dès lundi, quand la météo s’annonce la plus clémente. Mais actuellement, je ne peux pas envisager de faire plus de 30 miles par jour. Cette option est donc exclue.
Je ne peux qu’espérer que mardi ou mercredi seront assez clairs pour attaquer l’ascension du mont Katahdin en toute sécurité. Idéalement, je voudrais arriver tôt pour pouvoir soit faire le sommet dès le premier jour, soit camper sur place et attendre une éclaircie le lendemain. Je me fiche des vues spectaculaires ou de grimper sous la pluie, un peu de froid ne me dérange pas non plus. Mais, comme dans les White Mountains, le mont Katahdin est redoutable. Pluie, grésil, vent : dans ces conditions, être au sommet peut rapidement devenir très dangereux. Après avoir tant attendu pour revenir sur le sentier, ce serait la dernière chose que je souhaite.
À un niveau beaucoup moins important, j’étais tellement fatigué hier soir, pris par la planification, que je n’ai pas avancé sur la rédaction de mon journal ni sur mes vidéos. J’ai plusieurs jours de retard. Ce matin, la tentation de prendre une journée de repos était forte. Mon corps est un peu endolori, mais rien de grave. Après avoir fait environ 15 miles hier sur un terrain ardu, je suis plutôt surpris de mon état. Je me sens prêt à repartir, mais tout ce que j’avais à faire me pesait, rendant le départ difficile.
Finalement, je suis allé prendre mon petit-déjeuner, délicieux au passage. J’ai parlé brièvement avec Hippie Chick de mes doutes, et elle m’a conseillé de commencer doucement la journée, tout en continuant à avancer. Elle m’a suggéré de rester sur place la matinée pour régler mes affaires, puis de repartir plus tard pour accomplir quelques miles et m’installer sur le sentier pour la nuit. Son conseil était excellent, même si une petite voix en moi espérait qu’elle m’encourage à rester. Ce n’était clairement pas la meilleure décision. Chaque mile parcouru aujourd’hui me rapproche du moment où je pourrai tenter l’ascension dans de meilleures conditions.
Après le petit-déjeuner, j’ai débarrassé mon lit, plié mes affaires pour la dernière fois ici. C’est toujours triste de partir, même quand on est impatient de reprendre la route. Je me suis vraiment senti bienvenu et à l’aise ici. Hippie Chick, Poet, leur famille et tout le personnel ont été d’une incroyable gentillesse. Je ne me suis jamais senti décalé, et l’ambiance était chaleureuse et apaisante. C’était l’endroit parfait pour me reposer et récupérer, et un lieu où j’aurai plaisir à revenir.
Je reviendrai bientôt à Monson, après avoir atteint la frontière canadienne, pour reprendre le sentier vers le sud. Il me reste à parcourir la section entre Monson et la fin des présidentielles dans les White Mountains. Ce n’est pas une distance énorme, mais pas négligeable non plus. En début de saison, j’avais prévu de boucler cette partie en deux semaines et demi, mais finalement, j’ai passé presque autant de temps à récupérer qu’à marcher.
Une fois mes affaires rangées, je suis descendu, ai laissé mon sac au hostel, puis suis allé faire quelques emplettes de dernière minute dans une boutique d’équipement. J’y ai aussi organisé une nouvelle cache alimentaire à Joe Mary Road, à 45 miles de mon point de départ. Ça ne paraît pas bien loin, mais après ma pause, il serait sage de reprendre doucement. Je dois donc estimer mes capacités et le temps nécessaire pour atteindre cet endroit. Un peu de marche aujourd’hui me faciliterait la suite, même si la météo annoncée pour mardi est moins favorable que celle de mercredi. Il est probable donc que mon ascension ait lieu mercredi, sauf à fournir un effort conséquent pour anticiper.
À la boutique, j’ai également réglé ma note après plus de deux semaines. Un “Trail Angel” nommé Mike, qui m’a même rejoint pour déjeuner il y a quelque temps, m’a beaucoup aidé durant ce séjour. Il m’avait contacté dès février pour me soutenir et s’est soucié de mon hitch à cause d’une tempête sur la côte Est. Il a aussi veillé à payer une partie de mon hébergement ici. Je lui en suis infiniment reconnaissant, surtout vu la durée de mon séjour. De toute façon, rester au hostel a été largement plus économique qu’un hôtel, et certainement plus avantageux que de repartir chez moi puis revenir sur le sentier.
Mentalement, je ne pouvais pas quitter le sentier. Pour beaucoup, rentrer chez soi aurait été plus logique, financièrement et émotionnellement. Mais pour moi, m’éloigner trop aurait signifié avouer la défaite ou renoncer officiellement à ma randonnée. Loger dans ce lieu, entouré de randonneurs, du sentier et de la communauté, m’a permis de sentir que je faisais simplement une pause. Dès que je serai remis, je pourrai repartir d’un pas décidé, comme si je n’étais jamais parti. Théoriquement, les deux options auraient abouti au même résultat, mais rester proche du sentier a été vital pour garder le moral.
Après avoir fait mes provisions, j’ai attendu de pouvoir discuter avec Poet ou Hippie Chick pour finaliser l’emplacement de ma cache. Heureusement, je devrais avoir du réseau sur certains points élevés du parcours, ce qui facilitera les ajustements de dernière minute.
Avant de partir, j’ai observé Poet qui aidait deux randonneurs à alléger leurs sacs. L’un pesait 50 livres et il a réussi à lui faire éliminer plus de 20 livres d’équipements inutiles, souvent entraîné par la peur ou l’inexpérience – un classique lors d’une première longue randonnée. L’autre avait 43 livres et a pu se délester de plus de 10 livres. Je suis sûr que leur dos s’en est trouvé soulagé.
Avant de quitter la ville, j’ai fait un dernier stop à la petite épicerie pour un sandwich et quelques achats. Puis j’ai dit au revoir à tout le monde et Poet m’a ramené au début du sentier. Ce séjour à Shaws a été formidable. Selon mes projets pour l’année prochaine, j’aimerais revenir travailler ici, être utile au lieu de rester statique deux semaines. Ces quinze jours resteront gravés dans ma mémoire. La douleur et la patience qu’ils ont exigées étaient grandes, mais pouvoir guérir dans un endroit aussi bienveillant a été un vrai privilège.
Depuis l’un des premiers points élevés de la journée, une vue spectaculaire sur un lac au loin.
Poet m’a quitté en me récitant un de ses haïkus emblématiques, puis je suis reparti en forêt, officiellement remis sur le sentier, sans allègement ni courte étape. Direction la “hundred mile wilderness” et le mont Katahdin. Bien qu’il reste quelques routes pour assurer une sécurité en cas d’urgence, je n’ai pas l’intention de sortir du sentier avant d’avoir passé la frontière canadienne, à environ 170 miles d’ici. Je serai sans doute dehors pour les sept prochains jours. Heureusement, j’ai gardé un chargeur supplémentaire, précieux pour cette longue section sans aucun point de recharge. Le réseau sera rare, seul un bref passage m’en offrira peut-être l’opportunité.
Ascension d’une montée raide et rocheuse.
Je suis reparti sur le sentier vers 13 h en direction du Katahdin, ravi de rejoindre enfin le Canada et de cocher cet objectif. Certes, le sentier des Appalaches ne sera pas terminé, mais avancer dans un sens ou dans l’autre est déjà une victoire. Mon objectif du jour : parcourir 11 à 12 miles, avec un abri à environ 5-6 miles et un autre proche des 12 miles. Même avec un rythme lent, je devrais arriver avant la tombée de la nuit. Un déplacement un peu plus long aujourd’hui faciliterait ma journée et mon approche de la cache alimentaire demain.
Quelle chance d’être sur le sentier aujourd’hui, par un temps parfait sous un ciel bleu azur.
La journée a commencé par une montée assez raide que j’ai plutôt appréciée. La dénivelée ne me gêne pas vraiment, et mon corps semble le tolérer aussi. Le sentier était parfois rocailleux et exposé, mais j’ai aimé cette variété. J’étais content de voir que je tenais un bon rythme, proche de 2 mph. Quelques passages techniques ralentissaient l’allure, et la douleur fluctuait, parfois plus intense, ce qui me poussait à ralentir.
Le chemin montait et descendait vers plusieurs points élevés. À un moment, en émergeant des arbres, une vue incroyable s’est imposée. Il faisait beau, le ciel était dégagé. Je suis monté jusqu’à une tour de guet que je me rappelais bien depuis mon passage en 2023, juste avant qu’il ne se mette à pleuvoir. Ensuite, nous nous sommes emmitouflés pour descendre vers l’abri suivant, situé près d’un lac, où heureusement j’ai découvert qu’il était déjà complet. Cette fois, je n’avais pas l’intention de m’arrêter, je suis donc passé sans m’attarder, me réservant environ huit miles avant le camp pour la soirée.
Un autre point élevé marqué par une tour de guet.
J’ai vérifié l’heure, mon rythme, et estimé une arrivée vers 20 h au camp. Le coucher du soleil est tardif en ce moment, il ferait encore clair. En marchant, j’ai croisé une randonneuse allant vers le sud, “Don’t Get Up Will”, rencontrée auparavant dans le Massachusetts. Quelle surprise agréable ! Nous avons pris une photo, discuté brièvement, puis chacun a repris sa route.
Le sentier passe vraiment à côté d’une épave d’avion ancienne, ce qui est assez impressionnant !
Elle m’a informé que l’abri vers lequel je me dirigeais était déjà occupé par au moins un randonneur et m’a prévenu que bien que le terrain ne soit pas excessivement difficile, la progression ne serait pas rapide. Je me rappelais avoir fait ce tronçon entier sous une pluie battante, campé à ce même abri puis parcouru près de 30 miles sous la pluie le lendemain. Si j’avais pu le faire dans ces conditions, je devrais être bien mieux aujourd’hui.
Heureusement, il n’a pas plu depuis plusieurs jours et le sentier ne présentait pas trop de boue, malgré quelques souvenirs de terrains difficiles. Le parcours était bien rocailleux et racineux, avec des sections techniques ralentissant l’allure, mais l’état de forme était bon. À mi-parcours, je me sentais même mieux que lors de la première moitié de la journée. Je constate que des changements inattendus de pente m’aident à dénouer les tensions, sans que ce soit forcément en montée ou en descente, juste une alternance irrégulière.
Incroyable qu’un avion ait pu s’écraser dans une zone aussi dense de forêt.
En chemin, mes pensées retournaient souvent à Shaws et au temps passé là-bas. Un pincement s’est fait sentir à l’idée de ne plus “vivre” dans ce lieu. J’y ai passé d’excellents moments ces deux dernières semaines. Comme je le pensais, une fois parti, le désir d’avoir un peu plus de repos se fait sentir, ainsi que la nostalgie d’avoir passé ces instants sans assez les savourer. Mais sur le moment, l’envie d’avancer était trop forte. Je me sens vraiment chanceux d’avoir partagé tout cela avec des personnes aussi incroyables.
Quelques-unes de mes photos préférées et souvenirs de mon séjour à Shaws !
Des personnes qui rendent difficile le départ, même quand on part pour faire ce qu’on aime le plus, c’est précieux. Quelle chance d’avoir rencontré des gens si gentils, accueillants et drôles. C’est tellement fort que, malgré la hâte de repartir, quitter brise le cœur. Je garderai cette expérience à Shaws précieusement, et j’ai hâte de clôturer cette étape de mon périple pour revenir y faire un saut.
Un bon dîner avec l’équipe au hostel plus tôt dans la semaine.
La soirée s’est poursuivie avec des montées et descentes raides, dans la section Chairback de la “hundred mile wilderness”. Cette partie débute par une montée longue qui vous élève sur un plateau, suivi de nombreuses alternances de montées et descentes. Ce soir, je dormirai au camp Chairback Gap, au sud du mont Chairback, dans une zone bien nichée entre deux ascensions.
Petit-déjeuner il y a quelques jours entouré de randonneurs sudbound.
Plus je marchais, plus je me surprenais à me sentir bien. Même en ne faisant qu’une douzaine de miles aujourd’hui, je me sentais mieux qu’à ce même point hier, alors que je portais tout mon équipement et ma nourriture. Si la reprise avait aggravé mon état, ça se serait manifesté, non ? Allez savoir.
À environ un mile et demi du camp, je me suis arrêté pour remplir ma gourde : la source était en contrebas, bien trop bas pour aller la chercher une fois arrivé au camp. Mieux valait avancer avec un peu d’eau en plus, d’autant que le lendemain m’attend une source assez tôt. Pas besoin de monter chargé.
Dernier effort imminent : une montée finale dans le secteur Chairback. J’ai croisé de superbes endroits pour camper, même si la plupart se situaient avant la source d’eau. Les insectes ont été plutôt discrets toute la journée, j’étais presque optimiste quant à la possibilité de dormir au refuge ce soir — une surprise agréable, puisque je ne pensais pas en voir un seul dans le Maine.
Après l’ascension finale, une jolie descente m’a conduit au refuge. Le temps avait filé plus vite que prévu et mon corps restait solide et alerte. En arrivant, surprise : un randonneur sudbound est arrivé en sens inverse, en même temps. Il y avait déjà deux autres personnes dans le refuge, tous allant vers le sud, et il restait assez de place pour quatre.
Vue depuis un autre point élevé bien dégagé.
Je me suis installé et ai discuté avec deux d’entre eux. Un autre semblait épuisé et n’a presque pas parlé, ce qui se comprend, leur randonnée ne fait que commencer. Les deux autres avaient déjà fait un thru-hike, donc connaissaient les rouages et semblaient en forme. C’était un plaisir d’échanger sur les différents sentiers de la “triple couronne”. Tous deux avaient aussi parcouru le PCT ; l’un avait même fait le CDT l’année dernière !
Dans l’esprit du sentier, ce dernier hiker, surnommé Taco, et moi avons partagé nos histoires sur le CDT pendant une bonne heure, avant de réaliser que nous nous étions rencontrés l’année précédente sur ce même sentier. Lors de cette aventure, j’avais suivi plusieurs sentiers secondaires autour de la Gros Ventre Wilderness, Teton Crest Trail et Wind River High Route, croisant à peine d’autres randonneurs. Je devine que c’est cette accumulation de rencontres et d’expériences si riches et diverses qui rend ces retrouvailles aussi inattendues qu’amusantes.
On a veillé tard à échanger, tandis que je prépare mon dîner. Ce soir, le bol pizza pepperoni Mountain House, l’une de leurs nouveautés, s’est révélé incroyable. 100 % convaincu, je compte en tester les autres saveurs. Ces repas prêts à l’emploi sont devenus essentiels depuis le début de ma randonnée, et c’est toujours excitant de découvrir une nouveauté.
Lorsque la fatigue s’est fait sentir, tout le monde s’est mis au lit, emmitouflé dans ses quilts. J’ai fait ma nouvelle routine d’étirements et de rééducation, un peu plus simple à faire sur un lit que sur un matelas de sol, mais ça a fonctionné. L’épuisement m’a ensuite rapidement emporté, ne me permettant que de débuter un peu de travail vidéo avant d’éteindre la lumière. J’ai une montagne de rédaction à rattraper, j’attendrai donc un moment calme pour dicter et éditer tout ça. Heureusement, après Katahdin, j’aurai de la marche sur route, un environnement parfait pour écrire.
En Résumé
Le départ d’un lieu où l’on s’est senti accueilli est plus difficile qu’on imagine, même quand on souhaite ardemment reprendre la route.
La météo impose souvent des choix stratégiques compliqués sur les grands itinéraires, et il faut parfois composer plus avec l’inattendu qu’avec un plan strict.
Le moral est un ingrédient essentiel, souvent aussi important que la forme physique, dans la réussite d’une longue randonnée.
La communauté sur le sentier ne se limite pas aux kilomètres parcourus, elle s’infiltre dans le quotidien, les échanges et devient un soutien indispensable.
Les moments de repos dans des environnements chaleureux préparent mieux la suite que de longues coupures loin du terrain de jeu.
Il faut savoir s’alléger pour avancer plus vite — et parfois un peu d’humilité est ce qu’il y a de mieux pour remettre son sac à dos à niveau.
Au fond, ce récit nous rappelle à quel point l’aventure est aussi une histoire de rencontres humaines et d’adaptations permanentes. Revenir dans la nature, repartir sur le sentier, jongler avec les aléas du climat et de la forme physique, tout cela forge un mental qui se nourrit de chaque pas, chaque halte, chaque regard échangé. Alors oui, on a parfois envie de ne pas bouger, de rester, de se protéger. Mais il faut pousser cette porte, dans le doute, parfois dans l’ironie de nos hésitations, pour sentir à nouveau le souffle du vent sur le visage et le rythme de la vie sur le sentier. Moi, ça me donne envie de chausser mes bottes, et vous ?
Alors que 99 % des participants terminent le marathon de Pittsburgh, le Rachel Carson Trail Challenge affiche un taux d’arrivée moyen bien plus modeste, autour de 75 %.
Ce 21 juin marquera la 28e édition de cette épreuve annuelle qui met à l’épreuve l’endurance physique et mentale de plus de 1 000 randonneurs sur trois parcours distincts.
Le défi complet consiste en une randonnée de 37 miles (environ 60 km) sur le Rachel Carson Trail, démarrant à 5h30 dans le parc Harrison Hills. Le parcours intermédiaire, appelé Homestead Challenge, s’étend sur 19 miles et débute à 10 heures au lycée de Springdale. Enfin, le plus court, le Friends & Family Challenge, est une promenade de 7 miles qui part à midi de Hartwood Acres.
Il n’y a pas de vainqueurs à proprement parler, seulement des conquérants — tous doivent boucler la randonnée avant le coucher du soleil dans le parc North, soit un délai maximum de 15 heures pour le parcours complet.
Reste à comprendre pourquoi autant de personnes se lancent dans une épreuve aussi exigeante ?
« Je n’en sais rien », confie Jim Crist, 71 ans, originaire de Hampton, bénévole aux stations de ravitaillement et fidèle du défi complet depuis sa création en 1996. « Peut-être que les mots de John F. Kennedy résonnent dans leur tête. Je crois que nous ne faisons pas le Rachel Carson parce que c’est facile, mais parce que c’est dur. Ceux qui terminent ont vraiment une raison d’être fiers. »
La sécurité reste la priorité, d’autant que le taux de finisseurs avait chuté à moins de 50 % l’an dernier, en raison des conditions météorologiques. Cette année, la météo ne s’annonce guère plus clémente : le terrain sera boueux et le thermomètre devrait grimper jusqu’à 35 °C samedi après-midi.
« Nous insistons pour que chacun reste bien hydraté, à base d’eau et de Gatorade, et qu’il soit à l’écoute de son corps. Si quelqu’un ne se sent pas bien, il faut envisager d’arrêter. Des équipes de soutien accompagneront les participants pour les ramener au point d’arrivée ou à un véhicule climatisé », explique Steve Mentzer, directeur de l’événement.
Quatre stations de ravitaillement jalonneront le parcours complet, deux seront mises en place pour le défi Homestead, et une station spécifique servira ceux du Friends & Family Challenge, permettant de se réapprovisionner.
« Cette année, nous allons réussir, surtout parce que nous avons bien préparé les ravitaillements — glace, boissons, et une vigilance accrue aux stations pour garantir la sécurité des participants », ajoute Jim Crist.
En Résumé
Le Rachel Carson Trail Challenge n’est clairement pas une balade de santé : il s’adresse à ceux qui aiment se frotter à leurs limites, plutôt qu’à ceux qui recherchent une promenade du dimanche.
Avec des températures élevées et un terrain boueux, l’édition de cette année promet de tester sérieusement la résistance des participants, qui devront bien s’hydrater sous peine de devoir abandonner.
L’esprit de la randonnée dépasse la compétition classique : il s’agit surtout d’un défi personnel, où l’essentiel n’est pas de gagner, mais de terminer.
Jim Crist, figure emblématique de l’événement, rappelle que la fierté vient de l’effort accompli, non du temps réalisé. Un discours qui a visiblement su inspirer plusieurs générations.
Finalement, au-delà des kilomètres et du dénivelé, cette épreuve est une belle invitation à se recentrer sur soi-même – un rappel salutaire que certaines expériences méritent plus que jamais d’être vécues dans la difficulté. Chez Point Sud, on trouve ça plutôt revigorant. Et vous, seriez-vous prêt à relever un défi qui vous pousse réellement dans vos retranchements ? Moi, je dis : allons-y, avec courage et un peu de folie !
Vous préparez une escapade en camping, randonnée ou escalade ? Il est possible de s’équiper tout en soutenant une boutique locale. Mountain to Sound Outfitters, nichée dans le quartier du Triangle à West Seattle, a récemment élargi son offre pour répondre aux besoins des aventuriers.
Fini les trajets hors de la péninsule pour dénicher du matériel adapté aux forêts, sommets et plages de la région. La boutique propose désormais une large gamme d’équipements dédiés au camping, à la randonnée et à l’alpinisme. Tentes, sacs de couchage, réchauds, popotes et sacs à dos sont disponibles à la vente ou à la location. Parmi les marques de référence, vous retrouverez Osprey, Big Agnes, Therm-a-Rest, Petzl et Platypus, gages de qualité pour vos sorties en pleine nature.
Pour les grimpeurs, la boutique propose aussi harnais, mousquetons, piolets et crampons afin d’affronter les terrains glaciaires de la région. Les cordes devraient bientôt compléter cet assortiment indispensable. Mountain to Sound Outfitters comprend bien que tout le monde ne peut pas stocker un équipement complet, surtout en appartement, c’est pourquoi la location est une option pratique et économique pour profiter d’un week-end d’aventure sans s’encombrer.
Ce magasin situé à l’angle de la 36e Avenue et d’Alaska est également une référence locale pour les passionnés de kayak, paddle, ski et snowboard. L’équipe invite les visiteurs et les novices à faire un tour chez eux pour découvrir l’offre et profiter des conseils personnalisés.
Par ailleurs, Mountain to Sound Outfitters organise prochainement des événements tels que les « Dog Days » et les « Demo Days » : des occasions parfaites pour tester kayaks et paddleboards. Restez attentifs à leurs prochaines annonces afin de ne rien manquer.
La boutique est ouverte du lundi au samedi de 10 h à 18 h, et le dimanche de 10 h à 17 h, prête à accompagner les habitants de West Seattle dans leurs aventures en plein air.
En Résumé
Un véritable atout pour les habitants de West Seattle qui souhaitent s’équiper localement pour leurs activités outdoor.
Un large choix d’équipements à la vente comme à la location, pratique pour ceux qui manquent d’espace ou préfèrent tester avant d’acheter.
Une offre qui ne se limite pas à la randonnée et au camping, mais qui s’étend aussi aux sports nautiques et d’hiver.
Des événements ludiques pour découvrir les produits sans pression, avec l’occasion de sortir du canapé.
Au final, avoir une boutique aussi bien fournie à proximité, c’est un peu comme une station-service pour aventurier : indispensable et rassurant. En tant que passionné, je me demande comment cela influencera nos week-ends et si cette tendance à “tout louer” ne va pas finir par transformer le plaisir de s’équiper en une simple transaction. Mais au fond, l’essentiel reste le contact avec la nature, et pour cela, un bon sac à dos local reste irremplaçable. Qu’en pensez-vous ? Prêts à chausser vos bottes ou à pagayer à la première occasion ? Voilà matière à réflexion et, surtout, à action !
Le parapluie de randonnée, allié inattendu contre le soleil et la pluie
Avant de partir pour Haleakalā, j’avais pris soin d’emporter tout le nécessaire pour me protéger du soleil : chapeau, lunettes de soleil, tee-shirt à protection UPF et crème solaire. Pourtant, lors de ma balade, j’ai rapidement constaté que mon parapluie offrait une ombre bien plus large et profonde que n’importe quel chapeau. En couvrant mes épaules, mes bras et le haut de mon corps, je me sentais beaucoup moins exposé au soleil et nettement plus frais. Je pouvais même découvrir ma tête, profitant ainsi de l’effet rafraîchissant du vent.
La toile argentée et réfléchissante du parapluie de randonnée offre une ombre généreuse et repousse efficacement les rayons UV.
Ce jour-là, j’ai parcouru près de 10 kilomètres en portant mon parapluie. Il était si léger que je ne sentais presque pas son poids. Pour libérer mes mains ou utiliser mes bâtons de randonnée, je pouvais l’attacher à mon sac grâce à une pince que j’avais achetée séparément, même si régler l’angle du parapluie demandait un peu d’habitude.
Contrairement à certains modèles, les parapluies Gossamer Gear et Six Moons possèdent une double couche argentée et noire, ce qui leur permet de bloquer les rayons UV de manière particulièrement efficace. La couche supérieure, argentée grâce à la présence d’aluminium, réfléchit les rayons venant d’en haut. La couche inférieure noire est tout aussi importante puisqu’elle absorbe les UV réfléchis par le sol. Une leçon a été retenue de l’expérience de Ron Moak qui, en traversant le désert rouge du Wyoming avec un chapeau conique en matériau isolant argenté mais sans doublure noire, s’était brûlé sévèrement.
Lors de tests comparatifs effectués pour un guide consacré aux meilleurs parapluies, la combinaison argentée et noire s’est révélée la plus performante face aux UV. Pour être juste, les parapluies noirs bloquent aussi la majorité des rayons ultraviolets.
Il n’est jamais facile de ranger ces parapluies longs, surtout sans perdre un peu de classe.
Pour ma part, j’apprécie le côté élégant que confère le tissu argenté. Et je suis plus que reconnaissant pour l’ombre supérieure qu’il m’a procurée lors de mes randonnées dans le cratère, ainsi que pendant de nombreuses sorties ultérieures.
Bien sûr, mon parapluie de randonnée ne m’a pas seulement protégé du soleil. Une fois installé avec mon compagnon de randonnée dans le cratère, nous avons essuyé une averse. Nous nous en sommes servis pour nous abriter pendant la préparation des repas puis pour bloquer la pluie battante qui s’infiltrait sous notre bâche.
Depuis, je ne pars plus en trek sans lui. En deux ans, les modèles Gossamer Gear et Six Moons m’ont défendu d’un orage de grêle dans les Sierras, ainsi que des fortes chaleurs lors de retours à Haleakalā. Il m’accompagne aussi dans la vie de tous les jours, que ce soit pour des balades ou comme parasol improvisé lors de compétitions d’athlétisme.
Aussi étrange que cela puisse sembler de voir quelqu’un brandir un parapluie sur un sentier de montagne — et même si j’aime me confronter aux éléments — ce compagnon m’a sauvé de plusieurs situations d’inconfort intense. J’ai même remarqué des regards envieux de randonneurs cuits par le soleil et trempés par la pluie.
Sans doute un peu trop spécifique pour un usage quotidien, mais si vous envisagez une randonnée en été, surtout sous un soleil ardent, je vous recommande chaudement d’emmener un parapluie. C’est peut-être l’accessoire qu’il vous manquait.
En Résumé
Porter un parapluie de randonnée peut sembler bizarre, mais c’est loin d’être inutile.
La combinaison tissu argenté et noir offre une meilleure protection UV qu’un simple chapeau.
Un parapluie léger ne gêne pas la marche, surtout s’il peut s’accrocher au sac.
Il protège aussi bien du soleil que de la pluie, voire même de la grêle surprise.
Si vous voulez éviter d’être ce randonneur rouge et en sueur, peut-être est-il temps d’adopter ce drôle d’équipement.
Alors, prêt à embrasser la politesse d’ombrage offerte par le parapluie sur les sentiers ? Moi, je dis oui. Mettons fin aux idées reçues et aux regards suspicieux : en piste, le respect du confort est une question de style et d’intelligence. Et vous, pourquoi rester bronzé comme une écrevisse quand on peut marcher à l’ombre ?
Le sauvetage récent de deux randonneurs sur la montagne Unnecessary, près de Vancouver, illustre les risques potentiels liés à une confiance aveugle dans l’intelligence artificielle lors d’aventures en pleine nature. Ces promeneurs se sont retrouvés en situation critique après avoir suivi des indications fournies par ChatGPT, démontrant ainsi les limites des technologies dans des environnements sauvages.
Les péripéties technologiques sur les sentiers canadiens
Au printemps 2025, deux randonneurs peu préparés se sont retrouvés en danger en s’appuyant exclusivement sur ChatGPT et Google Maps pour tracer leur itinéraire sur Unnecessary Mountain. Munis seulement de baskets plates, ils ignoraient que les sommets autour de Vancouver restent enneigés bien après l’hiver. Leur méprise technologique a rendu nécessaire l’intervention des secours locaux.
Brent Calkin, chef des secours à Lions Bay, a expliqué comment son équipe est intervenue : « Nous avons gravi la montagne avec des chaussures adaptées pour eux. Après avoir demandé leur pointure, nous avons apporté des bottes et des bâtons de ski. » Ce sauvetage met en lumière un problème croissant : la confiance excessive de certains randonneurs dans les outils d’IA intégrés aux applications populaires, souvent sans en comprendre les limites.
Calkin alerte aussi sur la surcharge d’informations : « Avec la quantité d’informations disponibles en ligne, il est très facile de se sentir noyé. » Ce cas n’est pas isolé ; les secours en montagne en Angleterre et au Pays de Galles rapportent une augmentation des interventions liées à la désinformation véhiculée par les réseaux sociaux et les applications de navigation.
Les jeunes randonneurs, en particulier, sont souvent attirés par des lieux à la mode sur les réseaux sociaux, sans préparation adéquate ou informations fiables. Ce cocktail d’influence sociale et d’orientations générées par l’IA peut s’avérer périlleux sur des sentiers exigeants.
Les limites de l’intelligence artificielle pour la navigation en plein air
Stephen Hui, auteur du guide « 105 Hikes », a testé les recommandations de ChatGPT et a relevé des failles inquiétantes. Si l’IA s’en sort plutôt bien pour des itinéraires populaires et fréquentés, elle devient dangereusement imprécise dès qu’il s’agit de sentiers moins connus ou de connaissances spécifiques au milieu montagnard.
Un point crucial est l’incapacité actuelle des systèmes d’IA à fournir des mises à jour en temps réel sur les conditions des sentiers ou la météo – informations vitales pour éviter les situations d’urgence. Hui rappelle : « La saison est primordiale en Colombie-Britannique. Les vues les plus belles sont au sommet, accessibles seulement de juillet à octobre. En hiver, certains tentent encore l’ascension sans réaliser qu’il neige. »
La qualité des réponses dépend aussi de la précision des questions posées, ce qui peut poser problème aux novices qui ignorent quelles informations demander pour être vraiment préparés. Sans poser les bonnes questions sur la sécurité, l’équipement nécessaire ou les dangers saisonniers, ils risquent des conseils incomplets et dangereux.
La technologie peut provoquer une illusion de sécurité en milieu naturel. Beaucoup pensent à tort que, puisque leurs smartphones fonctionnent parfaitement en ville, ils seront tout aussi fiables sur des sentiers isolés, un manque de discernement qui nie les complexités de la navigation en montagne.
L’expertise humaine face à l’intelligence artificielle
Cette opération de secours canadienne confirme que la technologie ne peut remplacer l’expérience humaine et la connaissance locale pour les activités de plein air. Brent Calkin préconise de se rapprocher des groupes de randonneurs locaux sur des plateformes d’échanges plutôt que de se fier uniquement à l’IA. Ces communautés partagent des conseils basés sur des expériences récentes et des conditions actualisées, ce que les systèmes automatisés ne peuvent offrir.
Les associations locales possèdent un avantage majeur : elles comprennent le contexte. Elles savent décoder les questions des novices et leur fournir des informations qu’ils n’auraient pas pensé à demander, comme les dangers spécifiques à certains sentiers ou les réalités saisonnières souvent ignorées par les visiteurs extérieurs.
Les failles de la technologie dépassent les applications de randonnée. Par exemple, des outils comme WhatsApp peuvent aussi susciter un excès de confiance, induisant des risques de sécurité sans que les usagers ne mesurent vraiment les limites.
La meilleure stratégie reste une combinaison d’outils numériques avec l’expertise humaine : cartes digitales et recommandations IA sont utiles, mais ne sauraient remplacer les conseils des guides locaux, des agents des parcs ou des randonneurs expérimentés qui suivent l’évolution des sentiers et de la météo.
Pratiques de sécurité pour les randonneurs modernes
L’incident sur Unnecessary Mountain rappelle l’importance des règles de sécurité en pleine nature. Un équipement adapté est indispensable : chaussures de randonnée avec une bonne semelle, vêtements adaptés aux conditions, outils de navigation fiables, eau et matériel d’urgence doivent toujours composer le bagage du randonneur.
Toute préparation passe par la consultation de plusieurs sources. Les sites officiels des parcs, les rapports d’activité récents, les prévisions météorologiques et les guides rédigés par des experts fournissent des informations bien plus sûres que les seuls conseils générés par l’IA. Cette approche multi-source permet de repérer les dangers éventuels qui échappent à une simple requête algorithmique.
Il est aussi essentiel de bien comprendre les variations saisonnières, qui transforment le profil des sentiers au fil de l’année. Ce qui est une balade facile en été peut devenir une expédition technique en hiver, nécessitant compétences et équipements spécifiques.
L’affaire vancouvéroise illustre bien que les outils d’IA comme ChatGPT peuvent apporter un certain confort, mais doivent rester des compléments à la sagesse traditionnelle des randonneurs. La montagne impose toujours respect et préparation, avec une conscience aigüe des limites de la technologie face à un environnement imprévisible où la moindre erreur peut devenir fatale.
En Résumé
Se fier uniquement à une IA pour organiser sa randonnée, c’est un peu comme demander à son GPS de cuisiner un soufflé : pratique, mais risqué.
Les chaussures de rando ne s’achètent pas en ligne sur un coup de tête, surtout pas des baskets plates pour une montagne encore enneigée.
Internet bruissant de conseils, on peut vite se noyer dans un flot d’infos sans nuance, surtout quand la météo et la nature ne prévoient aucune pause.
Les réseaux sociaux donnent envie d’aller voir des sentiers « tendance », mais ils oublient souvent de mentionner l’état des lieux réel, les surprises peuvant être glaciales.
L’intelligence artificielle s’avère utile, mais reste une apprentie sans expérience ; mieux vaut écouter le vieux randonneur du coin que le robot du net.
Se préparer, c’est consulter cartes, rapports, spécialistes et même le druide local si possible, parce que la nature ne plaisante pas.
Personnellement, cette mésaventure me rappelle à quel point la simplicité, le bon sens et la préparation restent nos meilleurs alliés face à la technologie, aussi séduisante soit-elle. La nature ne se laisse pas dompter par un clic ou un algorithme, elle exige respect et vigilance, à nous d’en tirer les enseignements – pendant que l’IA continuera son apprentissage, nous, on chausse nos bottes et on ouvre grand les yeux !
Ayant arpenté de nombreux sentiers dans le comté de San Diego — plus de 80 randonnées pour cette chronique hebdomadaire au fil des années — je me réjouis toujours de découvrir un parcours encore inconnu. Cela témoigne à la fois de la richesse des sentiers de la région et de ce qui reste à explorer. Cette semaine, j’ai parcouru East Shepherd Canyon à Tierrasanta, un aller-retour d’environ 3,8 kilomètres à travers ce canyon apaisant. Une promenade facile, rapidement achevée, mais qui donne envie de revenir, que ce soit pour une autre balade ou une séance de course à pied. Ce chemin alterne entre zones ombragées, notamment sous des eucalyptus, et espaces ensoleillés, tout en restant étonnamment calme malgré la proximité des routes et quartiers résidentiels.
Ce canyon est chargé d’histoire : il s’étend sur l’ancien emplacement du Camp Elliott, un centre d’entraînement pour les Marines, puis pour d’autres forces armées, inauguré à la fin des années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce camp a également servi de lieu de formation pour les Navajo Code Talkers, ces Marines navajos qui communiquaient via leur langue indigène pour transmettre des messages secrets.
Le point de départ situé sur Via Valarta à Tierrasanta.
La promenade invite à la réflexion, entre nature et mémoire historique. On peut débuter la randonnée depuis deux points : Via Valarta, au nord-est de Clairmont Mesa Boulevard, ou Santo Road, au sud d’Antigua Boulevard. N’ayant pas de parking officiel près du sentier Via Valarta, je me suis garé dans un quartier voisin sur Collegio Drive avant de rejoindre à pied le point de départ, clairement indiqué par une vaste pancarte d’accueil.
Lentement, le sentier descend dans le canyon, ombragé par de hauts eucalyptus. La pente est un peu raide au début, ce qui justifie des chaussures adhérentes, même si la majeure partie du chemin reste plane.
Le sentier dans East Shepherd Canyon, ombragé par des eucalyptus offrant une agréable fraîcheur.
Sur la route, quelques intersections mènent à d’autres sentiers qui grimpent sur les flancs du canyon, mais il faut rester sur le chemin principal qui tourne vers l’ouest. Ces embranchements sont de simples accès au canyon sous différents angles.
À environ 800 mètres, les arbres laissent place au soleil et l’on atteint la Dishwasher Pond, une petite mare signalée. Ce jour-là, elle était quasiment à sec, invitant à un court passage. Plusieurs bancs jalonnent le parcours, parfaits pour une pause contemplative.
Après environ un kilomètre, le souffle du soleil s’atténue grâce à un ponton en bois qui traverse un point d’eau ombragé. La balade se poursuit encore sur 500 mètres environ avant de déboucher sur Santo Road. Il ne reste plus qu’à reprendre le chemin en sens inverse.
En Résumé
San Diego recèle une multitude de sentiers discrets qui ne demandent qu’à être explorés, ce qui nous rappelle que l’aventure est souvent à deux pas, ou dans un détour inattendu.
La facilité du parcours n’exclut pas un certain respect pour l’équipement : penser à de bonnes chaussures évitera la glissade sur les pentes initiales du canyon.
La nature offre ses contrastes entre ombre et lumière, reflets d’une randonnée qui mêle plaisir et découverte.
L’histoire militaire, souvent méconnue dans ces espaces naturels, ajoute une dimension particulière à ces promenades, presque un pas virtuel dans le passé.
Disposer de bancs sur le chemin ? Une vraie bénédiction pour les contemplatifs ou les flâneurs ponctuellement fatigués.
Au fond, cette balade dans East Shepherd Canyon illustre bien combien l’exploration locale peut être surprenante et riche de sens. On pourrait presque croire qu’il suffit de lever le nez de son smartphone pour s’immerger dans un petit coin de paix, loin du tumulte urbain mais pourtant tout proche. Je vous invite à chausser vos baskets et à redécouvrir ce qui se cache sous nos fenêtres, parce qu’après tout, ce n’est peut-être pas la nature qui s’éloigne de nous, mais plutôt nous qui oublions de la voir. Rallumons la curiosité avec énergie, lançons-nous, et débattons de ce qu’il reste à explorer – ou à reconsidérer – dans nos environnements quotidiens.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai enfin dormi profondément ! La nuit dernière, les températures sont montées à environ 48°F (environ 9°C), ce qui m’a permis, malgré une nuit tardive, de me réveiller plutôt en forme. J’ai même pu dormir jusqu’à 7h30, un vrai luxe. Enfin, presque, car vers 5 heures du matin, un cerf s’est pris les pattes dans une des cordes de ma tente. Quelqu’un a dû le faire sursauter, car il a filé dans les bois… juste là où je campais. Mais ce n’est pas grave, le confort thermique a finalement eu raison de ce petit incident nocturne.
Au réveil, j’ai rapidement plié mon camp, juste au moment où de petites gouttes commençaient à tomber sur la toile de ma tente. De la sortie du sac de couchage à partir, il m’a fallu 25 minutes. Je me demande toujours si cette fameuse ligne lue dans un guide “pack and go en 10 minutes sans matériel” est sérieuse. À mon avis, plier le tapis de sol, l’oreiller et la tente prend toujours un peu de temps.
Ma première étape de la journée est Big Meadows Wayside, à moins d’un demi-mile du sentier. Le temps était maussade avec quelques gouttes, mais sans pluie soutenue, donc je n’ai pas enfilé ma veste imperméable, ce qui m’a laissé un peu humide. Une fois dans les toilettes, j’ai été très reconnaissant qu’on ait décidé de chauffer la pièce à plein régime. N’ayant pas chargé mon téléphone la veille, j’ai pu profiter des prises disponibles dans le coin restaurant de l’aire de repos. J’ai commandé un bol de petit déjeuner au saucisson et un café, savourant la chaleur et le confort pendant que mes appareils se rechargeaient.
Alors que j’étais là, la radio d’un membre des secours s’est mise à sonner de manière urgente. Elle s’est immédiatement mise en action. J’ai été surpris de voir qu’il y avait besoin d’aide si tôt dans la matinée, mais certains randonneurs étaient partis tard la veille, donc peut-être les conséquences.
J’ai rapidement pris un paquet de ramen, un sandwich et renouvelé mes réserves de barres énergétiques et de Pop Tarts. La météo annonçait une tempête conséquente qui durerait trois jours, j’ai donc décidé de modifier mes plans. J’ai appelé le Bed & Breakfast Mountain Home pour réserver un lit pour le lendemain, ce qui me faisait un jour de marche de 27 miles au lieu de 25, pas un grand changement finalement.
Après avoir rempli ma gourde, j’ai repris la route. Il est étonnant de voir un camping aussi proche du sentier, même si, en pratique, le “camping sauvage” se résume souvent à planter sa tente à quelques mètres du chemin et prétendre faire attention. Mais il y a quand même une vraie différence entre plusieurs tentes regroupées et les grandes installations de camping-car à deux pas du sentier.
Il n’est pas étonnant que le camping soit complet, aujourd’hui c’est le Memorial Day, un week-end très fréquenté par les randonneurs. Il faut redoubler de vigilance, y compris sur les endroits pour se soulager. L’étiquette habituelle du sentier semblait en baisse : déchets abandonnés, musique à fond, chiens non tenus en laisse… Le pire moment a été de voir une Subaru garée juste sur le sentier, ce qui est pour le moins gênant.
Cependant, c’est une bonne chose que tant de personnes aient l’occasion d’explorer la nature. Je trouve que nous devrions davantage intégrer ces apprentissages sur le respect de l’environnement et les bonnes pratiques en plein air dans notre système scolaire. Pour ma part, j’ai eu la chance d’apprendre grâce à des amis et des ressources en ligne, mais la plupart ne se donneront pas cette peine avant de s’aventurer dehors.
Je me sentais plutôt lourd aujourd’hui. Je pense que j’ai exagéré avec le café : environ 1 litre en partant de Big Meadows, et paradoxalement, cela m’a rendu plus somnolent. En passant devant de vastes étendues rocheuses, tout ce que je voulais, c’était m’allonger. Peut-être aussi que la déshydratation liée aux sodas d’hier n’aidait pas.
Un moment cocasse : en voulant boire de l’eau, je me suis penché et j’ai aperçu un joli mille-pattes ! Il y avait une source bien meilleure à quelques mètres, mais je suis content que le sentier m’oblige parfois à ralentir et à profiter du spectacle, même sous un ciel gris.
Vers 13h30, je suis enfin arrivé au Skyland Resort pour un ravitaillement. J’y ai retrouvé Sailor, croisée la veille. Elle m’a raconté qu’elle avait fait de l’auto-stop depuis ici jusqu’à Neropalooza, tout comme moi. Contrairement à moi qui avais plutôt été épargné, elle a pris une sacrée drache plus au sud. Incroyable comme, à moins de 50 kilomètres, le temps peut être si différent.
J’ai pris un sandwich au poulet et une soupe avant de repartir, en essayant de compenser ma fatigue avec des électrolytes. La suite : Stony Man Mountain, une randonnée très populaire. D’ailleurs, certains ont demandé qu’on cesse d’appeler les randonneurs d’une journée des “Muggles”, un clin d’œil au monde de Harry Potter.
Le sommet de Stony Man valait le détour. Là, j’ai eu la surprise de croiser un ancien collègue de Boston, reconnaissable à son équipement de la société pour laquelle je travaillais autrefois. Il était venu passer le week-end ici. Une drôle de coïncidence, un bref retour à la vie citadine.
Cinq minutes plus tard, j’ai rencontré des grimpeurs en pleine préparation d’une voie d’escalade de difficulté modérée. Ils ont été étonnés d’apprendre ce qu’était le “thru-hiking”. C’était un vendredi chargé, et si je n’avais pas été aussi fatigué, j’aurais demandé à me joindre à eux. Mais trop de sucre, pas assez d’eau, le moral n’y était pas.
Le reste de la journée, j’ai avancé doucement. Le terrain, avec son relief modéré mais ses nombreux rochers, rend la progression ardue. Ce n’est pas encore la rudesse de la Pennsylvanie, mais difficile de courir en descente même avec la technique des jambes fléchies. Je pense aussi que le fait d’avoir beaucoup mangé en ville a peut-être coupé mon énergie sur le sentier, où j’avais moins d’apports. D’autres randonneurs trouvent aussi les rochers redoutables.
Sailor m’a rejoint au niveau des aires de pique-nique du Pinnacle, où nous avons échangé sur nos expériences. Elle m’a expliqué avoir rencontré Sticks ‘n Stones, que j’ai croisé la veille, sur le Pacific Crest Trail l’an dernier. Ils ne s’étaient plus reparlés jusqu’à hier ! Elle a ensuite pris de l’avance tandis que je me régénérais avec des tortillas, du beurre de cacahuète et du miel. Manifestement, les calories comptent. Demain, après Elkwallow, il faudra vraiment que je me ravitaille sérieusement, car mes réserves fondent comme neige au soleil. Le passage au Walmart de Waynesboro m’a sauvé jusqu’ici.
Je suis arrivé au refuge Pass Mountain vers 19h30. Pas d’autres « thru-hikers » à proximité, mais un couple de cerfs habitués aux lieux faisait son apparition, ce qui m’a attristé un peu. L’un d’eux a la fâcheuse habitude de lécher le sel sur les toilettes, une scène peu ragoutante.
Dans le refuge, j’ai rencontré des randonneurs sur une section courte qui ont habilement évité le week-end Memorial Day. Red et Latefoot, qui en étaient à leurs premières sorties ensemble, et Leonidas avec Stumblina, en pleine randonnée section depuis dix ans. Cela donne une belle idée de la diversité des profils sur ces sentiers !
Je me suis installé pour la nuit dans le refuge, en sachant que demain sera une étape longue de 27 miles. Ce qui veut dire un lever tôt. Ah, la vie de randonneur… J’espère que “Late Start” (mon surnom ?), va réussir à bien dormir !
En Résumé
Une nuit fraiche mais confortable peut faire des miracles, jusqu’à ce qu’un cerf en vadrouille bouleverse la quiétude.
Le mythe du “pliez et partez en 10 minutes” est sans doute né dans l’esprit de quelqu’un qui oublie que les tapis et tentes ne se roulent pas tout seuls.
Rester au sec est un luxe, et quand ce n’est pas possible, les refuges chauffés sont un vrai petit paradis.
Le comportement des randonneurs lors des longs week-ends peut laisser à désirer, rappelant qu’il y a toujours une marge de progrès question respect.
La nature a le chic pour nous ralentir et offrir des instants inattendus, comme ce mille-pattes qui casse le rythme.
La diversité des profils sur les sentiers est fascinante : du randonneur débutant au vétéran de dix ans, en passant par les grimpeurs locaux.
La gestion de l’alimentation et de la fatigue est une jonglerie quotidienne où il est facile de déraper.
Ce qui me fascine toujours, c’est cette dualité entre la solitude profonde offerte par la nature et les rencontres qui viennent pimenter le voyage, parfois de la façon la plus inattendue. À Point Sud, on aime croire que chacun de ces pas est aussi une leçon d’humilité face à l’immensité sauvage, et une invitation à repenser notre rapport à l’environnement. Au fond, c’est peut-être cela que nous cherchons tous, non ? Une aventure qui nous questionne, qui nous secoue, et qui nous fait vibrer. Alors, vous venez quand vous chaussez vos bottes pour la prochaine ?
Voyager en solo peut déjà sembler intimidant, sans compter le casse-tête de savoir quoi emporter.
On peine souvent à différencier l’essentiel du superflu, ce qui peut entraîner à la fois un excès de bagages, des achats inutiles ou, pire, l’oubli d’objets indispensables.
Pour éviter ces désagréments, il est judicieux de préparer une liste précise, distinguant clairement les indispensables des options, afin de voyager léger et serein.
Des voyageuses aguerries ont partagé leurs indispensables pratiques, confortables et sécurisants, allant des accessoires aux vêtements, en passant par les sacs et gadgets digitaux.
Parmi elles, Jemma (@jemmastravels sur TikTok) recommande vivement les mini mousquetons de voyage, idéaux pour accrocher maillots mouillés ou chaussures malodorantes à l’extérieur du sac à dos, évitant ainsi les mauvaises odeurs dans les affaires.
Kayli (@kayli.kiing) conseille quant à elle d’investir dans des pochettes pour savons solides, qui permettent de laisser sécher ces derniers facilement sans les retrouver tout ramollis.
Voici 14 indispensables que chaque voyageuse solo devrait glisser dans son sac pour la prochaine aventure :
Jemma recommande les mousquetons de voyage.Emma met en avant les cubes de rangement compressibles.Kayli conseille d’investir dans des pochettes pour savons solides.
Sifflet de sécurité She’s Birdie : Ce petit appareil, aussi élégant qu’utile, émet une alarme de 130 dB et une lumière stroboscopique pour vous protéger lors de vos sorties nocturnes ou déplacements quotidiens.
Bouteille filtrante Simond : Pour boire en toute sécurité, elle élimine 99,99 % des bactéries et protozoaires, est légère, pliable et facile à remplir.
Bottes de randonnée imperméables Quechua : Offrant un excellent maintien et une adhérence parfaite, elles sont pensées pour les sentiers humides et les terrains accidentés.
Cubes de rangement compressibles Toifucos : Un set ingénieux pour organiser vos affaires, séparant vêtements sales, chaussures et accessoires tout en économisant de la place.
Sac à dos Bag Smart : Compact, équipé d’un compartiment sécurisé pour ordinateur jusqu’à 15,6″, et approuvé comme bagage cabine, il combine organisation et praticité.
Adaptateur universel de voyage : Petit mais complet, il permet de charger vos appareils dans plus de 150 pays grâce à ses multiples prises et ports USB.
Dude Wipes : Lingettes sans parfum, biodégradables et efficaces pour rester fraîche, nettoyer des surfaces douteuses ou pallier l’absence de papier toilette.
Pochette de cou Eagle Creek : Sous vos vêtements, ce porte-monnaie discret garde vos papiers, cartes et argent en sécurité et au sec, même sous forte chaleur.
Power bank OHOVIV : Avec une capacité de 12 000 mAh, il recharge plusieurs appareils simultanément, indispensable pour des journées sans prise électrique.
Sac à dos antivol Pacsafe GO : Fabriqué avec des matériaux résistants aux coupures, verrouillable et doté d’un compartiment anti-RFID, il protège efficacement vos biens personnels.
Mousquetons miniatures : Légers et colorés, parfaits pour suspendre vêtements ou clés à l’extérieur du sac, très prisés par les voyageuses itinérantes.
Probiotiques Optibac Travel : Conçus pour réduire les troubles digestifs liés aux changements de climat et d’alimentation, un allié santé précieux lors de longs voyages.
Boîtier étanche Matador FlatPak pour savons solides : Léger et pratique, il conserve vos savons ou shampoings secs même lorsqu’ils sont rangés hermétiquement.
Filtre de douche Tubo : Élimine jusqu’à 99 % du chlore, métaux lourds et bactéries, il protège peau et cheveux tout en étant facile à installer sur la plupart des pommeaux.
En Résumé
Fenêtre ouverte sur l’art de voyager léger : chaque objet sélectionné est à la fois simple et efficace, mais n’oublions pas que même la meilleure liste ne remplacera jamais le bon sens.
La sécurité et le confort figurent clairement en tête, preuve que voyager seule n’est pas synonyme d’inconscience.
On remarquera que la technologie et les petits gadgets ont su trouver leur place aux côtés de classiques indémodables comme les bonnes chaussures.
Un sac bien organisé avec des astuces aussi simples que les cubes de rangement compressibles peut transformer un voyage en aventure beaucoup plus fluide.
Le souci du bien-être, aussi bien physique (probiotiques, filtre à eau) que psychologique (appareils de sécurité), souligne une tendance à penser globalement son voyage.
Vous savez quoi ? Voyager en solo, ce n’est pas juste partir avec un sac à dos, c’est un art qui s’apprend au fil des kilomètres et des expériences. Chacun apprend à composer sa panoplie — entre ce qu’on rêve d’emporter et ce que l’on finit vraiment par utiliser. L’essentiel ? Garder l’esprit ouvert, apprendre à s’adapter, et pourquoi pas, tirer parti de ces petits coups de pouce logistiques présentés ici pour voyager plus léger, plus sûr, et surtout, mieux vivre chaque instant ! Alors, prêts à faire vos valises ?
De nombreuses études médicales confirment les bienfaits du plein air sur notre santé physique et mentale : il favorise la production de vitamine D, réduit le stress et la fatigue, améliore le sommeil, et demeure la meilleure médecine gratuite à notre portée.
Cependant, cette popularité croissante des activités en extérieur entraîne aussi quelques conséquences moins agréables : augmentation du trafic, accumulation de déchets, nuisance sonore, pollution des cours d’eau, troubles pour la végétation, la faune, le bétail et même pour les autres visiteurs.
En Irlande, l’association à but non lucratif Leave No Trace Ireland s’engage à promouvoir une pratique responsable des loisirs de plein air à travers la sensibilisation, la recherche et des partenariats. Ses principes sont largement reconnus dans les secteurs du tourisme, de la conservation et des activités extérieures.
Dans le cadre de sa campagne nationale “Love This Place 2025”, lancée cette année, l’organisation appelle chacun à préserver les paysages naturels irlandais afin que tous puissent continuer à en profiter de manière respectueuse, surtout avec l’arrivée de la saison estivale.
Cette initiative, désormais parrainée par plusieurs institutions majeures — parmi lesquelles le Département du développement rural et communautaire, l’Office des travaux publics, Coillte, Sport Ireland, Waterways Ireland et divers conseils locaux — a pour objectif commun de sensibiliser à la protection de l’environnement lors des activités de plein air.
Alors que de plus en plus de personnes cherchent à renouer avec la nature, que ce soit par la randonnée, la baignade, la promenade avec leur chien ou la découverte des espaces sauvages, le message simple mais essentiel de la campagne reste : « Si vous aimez cet endroit, ne laissez aucune trace. »
En pleine nature, il est conseillé de se tenir aux sentiers balisés afin de ne pas endommager les habitats ni déranger la faune, visible ou invisible. Il faut impérativement rapporter ses déchets, éviter de nourrir les animaux sauvages, et observer la faune à distance. Les propriétaires de chiens sont invités à garder leurs animaux tenus en laisse, notamment à proximité des animaux d’élevage et de la faune locale, et à nettoyer après eux.
Profiter de la nature est un privilège qui exige de sérieux devoirs envers l’environnement qui nous entoure.
En Résumé
Le plein air a des effets plus positifs que votre dernier smoothie vitaminé, mais gare aux excès qui transforment la promenade en parcours du combattant écologique.
Plus on est nombreux à envahir les sentiers, plus la nature doit se défendre contre le bruit, les déchets et les catastrophes à petits pas.
Des initiatives comme « Love This Place 2025 » s’appuient sur un joli panel d’acteurs institutionnels, histoire de donner un cadre sérieux à ces bonnes résolutions pour nos espaces verts.
Rappel pour les amateurs de ballades avec leur chien : ce n’est pas un buffet à volonté pour la faune sauvage, ni une piste de danse où tout le monde fait ce qu’il veut.
Respecter les règles n’est pas un caprice d’écologiste, c’est le minimum syndical pour que la nature continue à nous rendre pleins de services, tout en nous offrant son spectacle.
Alors, pourquoi ne pas profiter de ces recommandations pour redécouvrir nos paysages avec un brin d’humour et beaucoup de respect ? Je dis ça, je dis rien, mais si nous voulons que les prochaines générations jouent encore à cache-cache dans la forêt, il est temps de passer du rôle de simple visiteur à celui de gardien vigilant. Allez, tous à nos bonnes actions responsables, la planète nous regarde !
La West Coast Wilderness Trail de Nouvelle-Zélande est un paradoxe en soi : un territoire sauvage, mais accessible. Quitte à sonner contradictoire, c’est pourtant précisément ce que l’on ressent sur place.
Ce sentier de gravier doucement vallonné, situé dans la région la moins peuplée du pays, est non seulement adapté aux cyclistes débutants, mais également apprécié par des personnes aux capacités physiques variées.
Natalie Gauld, 58 ans, diagnostiquée d’une maladie du neurone moteur en 2022, a pédalé plusieurs fois sur la West Coast Wilderness Trail et a contribué à la guide d’accessibilité du parcours. « Cela me donne un sentiment de compétence », confiait-elle au téléphone avant mon voyage. « J’aime sa solitude. »
Natalie Gauld et Matt Rees-George sur la promenade en bois au lac Mahinapua. Photographie : Jason Blair
Ce parcours de 133 kilomètres, reliant Ross à Greymouth (ou inversement), est l’une des 23 “Ngā Haerenga Great Rides” de Nouvelle-Zélande. Il s’étend sur la côte Ouest, une bande étroite de 600 km coincée entre les Alpes du Sud glacées et la mer de Tasman bordée de palmiers. Cette région abrite des écosystèmes étonnamment voisins : des pentes glacées et des rivières glaciaires côtoient des forêts tropicales humides et des plages de galets.
Mon mari Paul et moi-même privilégions souvent les découvertes à vélo, sous toutes leurs formes – longues ou courtes, difficiles ou tranquilles. Nous ne sommes cependant pas très fans de trimbaler nos affaires ni de planifier les haltes repas ou nuits. Nous avons donc opté pour un séjour de cinq jours accompagné par l’agence Adventure South NZ, qui s’est chargée des aspects logistiques et a organisé les pauses-collations et quelques courtes randonnées dans des lieux emblématiques de la West Coast.
Un pont fermé a raccourci notre départ de 15 km, que nous avons effectué sous une pluie battante à la sortie de Hokitika. « Un vrai accueil de la West Coast », plaisantait notre guide, Tereza Unzeitigova. Mais la pluie n’a plus pesé dès que nous sommes entrés dans l’abri touffu d’une forêt nationale tapissée de mousse. La West Coast est la seule région de Nouvelle-Zélande à posséder d’importants restes de forêts pluviales de basse altitude, où poussent d’immenses podocarpes ancestraux datant de l’ère de Gondwana.
La passerelle traverse les zones humides du lac Mahinapua, accompagnée d’une ambiance sonore incroyable : oies sauvages, canards, spatules royales, bellbirds, tūī, kererū et coucous s’entremêlaient le long du trajet. Un retour au bord de mer nous a ramenés à notre hébergement à Hokitika, bouclant les 20 premiers kilomètres.
Rob et Col Pieper accueillent les cyclistes du groupe Adventure South NZ. Photographie : Tracey Croke
« Les habitants de la côte – les “Coasters” – doivent être autonomes, car nous sommes géographiquement isolés », expliquait Rob Pieper, hôte d’Adventure South NZ. Il nous a servi un dîner “de la prairie à l’assiette” avec soupe de courgettes, goulash de bœuf biologique et dal végétarien accompagné de riz, dans leur maison architecturale déconnectée du réseau. « En cas de séisme, nous pourrions être seuls pendant des mois. »
Rob et sa femme Col cuisinent pour les cyclistes du voyage. Ce couple charmant originaire des Pays-Bas gère aussi une petite ferme côtière située à Ruatapu, dans un habitat rare dédié au héron blanc. Avec un agenda bien rempli, ils se partagent accompagnement, soins, restauration et même la conduite du bus scolaire.
Tracey Croke pédalant le long du canal d’irrigation de Kaniere. Photographie : Paul Croke
Après une nuit réparatrice à l’hôtel Beachfront d’Hokitika, nous avons survolé la forêt native lors d’une promenade en hauteur, avant de poursuivre à vélo sur un sentier étroit accompagnant les eaux chantantes du canal d’irrigation de Kaniere. Avant le départ, Natalie Gauld m’avait confié que son vélo à assistance électrique peut désormais emprunter ce parcours grâce à l’élargissement des passages étroits.
Après un déjeuner fait maison dans une bergerie reconvertie avec Rob et Col, nous avons longé les rivages du lac Kaniere, puis randonner dans l’étonnante gorge d’Hokitika. Ses eaux glaciaires transportent le précieux pounamu, ou jade vert, des montagnes jusqu’à la mer.
Les jeunes médecins Nikhil Patel, 36 ans, et Anvi Butala, 31 ans, ont choisi cette piste pour la diversité des expériences offertes, le tout sur un itinéraire assez court. Pour se préparer, Anvi s’est exercée chez elle en montant dix fois une colline en une seule séance, ce qui l’a aidée à grimper sur le 400 m d’ascension ensoleillé lors du troisième jour.
Nikhil Patel et Anvi Butala à la gorge d’Hokitika. Photographie : Tracey Croke
Au sommet, le plateau fantomatique de Cowboy’s Paradise dévoilait une collection de bâtiments en ruines, séparés par une large route poussiéreuse. La descente forestière vers Kumara s’est révélée ludique, rapide et fluide. Ce soir-là, nous avons dormi au Theatre Royal, le dernier hôtel entièrement restauré des anciens chercheurs d’or, avec ses planchers qui grincent et ses chambres aux noms espiègles comme « King Dick ».
Le dernier jour, la cime glacée d’Aoraki/Mont Cook s’est dessinée derrière des plages désertes parsemées de bois flotté, où se trouvent les plus petits manchots du monde, les manchots bleus. Le vent violent qui soufflait sur le port de Greymouth compliquait la tenue du vélo. Cela n’a toutefois pas découragé Litza Reed, 53 ans, venue de Perth, qui avait loué un vélo hybride et envisageait d’acheter un VTT dès son retour.
Vue depuis la West Coast Treetop Walk, un parcours et un café accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Photographie : Tracey Croke
Notre parcours s’est terminé, mais la découverte continuait : les Pancake Rocks et leurs geysers d’eau, âgés de 30 millions d’années, la tranquille promenade dans le parc national de Paparoa, ou encore un dernier coup de pédale de 20 km pour fractionner notre retour en van à travers les Alpes vers Christchurch.
Notre seule remarque sur la West Coast Wilderness Trail : on en aurait voulu davantage. Heureusement, la Nouvelle-Zélande offre 22 autres parcours Great Rides à explorer.
En Résumé
La West Coast Wilderness Trail combine un cadre sauvage et un accès aisé, souvent rare dans les grands espaces.
Adaptée aux débutants comme aux cyclistes avec diverses capacités physiques, avec même un vélo à assistance électrique pour pallier les difficultés.
La nature y est une surprenante alliance de glaciers, forêts tropicales et plages, offrant des paysages variés sans quitter sa selle.
Le soutien logistique local simplifie grandement le voyage, car personne n’a envie de jouer à l’organisateur de voyage amateur en vacances.
Une collection d’hôtes passionnés contribue au charme et à l’atmosphère accueillante de la région, agrémentant le séjour de rencontres mémorables.
Alors, pourquoi ne pas repenser nos idées sur l’aventure ? Loin d’être une expédition éreintante ou exclusive, le vrai « sauvage » peut très bien être celui qu’on va chercher en restant confortablement sur une selle avec quelques services bien pensés. Moi, je dis que la nature a tout à gagner à se mettre à la portée de tous, et que la vraie audace, c’est peut-être d’oser simplement pédaler vers l’inconnu, guidés mais libres, prêts à découvrir le mystère et la magie d’un territoire où l’accessibilité rime enfin avec authenticité.
ST. GEORGE — La ville de St. George, riche d’innombrables sites archéologiques, engage une nouvelle initiative pour préserver son patrimoine culturel. Grâce à une subvention accordée par l’État, les autorités locales œuvrent à la protection d’un secteur particulièrement précieux, afin que ces traces du passé perdurent pour des millénaires.
Mark Goble, architecte paysagiste pour la ville, a soumis au Comité consultatif pour la conservation de l’habitat du comté de Washington un projet relatif au sentier des falaises de Diagonal Street. Ce sentier serpente à travers des terrains municipaux ainsi que la réserve désertique de Red Cliffs, créée dans les années 1990 sous la vigilance attentive de ce comité aux compétences reconnues.
Accessible au sommet de la 400 West, ce parcours est jalonné de pétroglyphes – gravures anciennes dans la roche – et de pictogrammes, des peintures rupestres qui révèlent l’histoire des premiers habitants de la région.
Malheureusement, certaines de ces œuvres sont situées dans une zone prisée par les grimpeurs. « Des personnes marchent directement sur les pétroglyphes et les touchent pendant leur ascension, sans savoir qu’ils endommagent des vestiges précieux », explique Mark Goble.
La volonté des équipes locales est désormais de sensibiliser et de mettre en place des protections pour garantir la pérennité de ces trésors, témoins invisibles du passé.
En Résumé
La richesse archéologique de St. George est une véritable mémoire sculptée dans la roche, qu’il serait dommage de gratter malencontreusement.
L’intervention publique, soutenue par un financement d’État, souligne l’importance de préserver ces sites qui racontent des histoires millénaires.
Le mélange des pratiques modernes, comme l’escalade, et des vestiges anciens crée un défi inattendu pour la conservation.
On pourrait presque se demander si les grimpeurs ont signé un pacte avec le temps, ou s’ils redécouvrent ces œuvres comme s’ils étaient les premiers visiteurs.
Au-delà des barrières physiques, une sensibilisation plus large semble nécessaire pour que le public devienne gardien de ce patrimoine, plutôt qu’un simple visiteur.
De mon côté, ce projet évoque un paradoxe fascinant : comment avancer dans nos loisirs tout en respectant les traces immuables laissées par nos ancêtres ? Je vois dans cette démarche une invitation à repenser notre relation à l’espace naturel et culturel, à conjuguer plaisir et préservation, et, plus largement, à imaginer un futur où l’homme et son passé cohabitent avec intelligence. À nous de jouer pour que demain soit à la hauteur de ce que le passé a su construire.