Glucides, Café et Retour sur les Sentiers !
Le réveil sonne entre 5h et 5h30 comme d’habitude. Après avoir profité des derniers instants au confort de notre auberge, nous nous levons lentement. Un peu d’organisation m’attend, mais d’abord un café s’impose pour me donner de l’énergie. Ce café vient d’un torréfacteur local, et croyez-moi, ce n’est pas du soluble qui peine à se dissoudre dans de l’eau froide. On touche ici à la véritable qualité, un petit plaisir rêvé enfin réalisé.

Le petit déjeuner proposé est un véritable festin continental : pain maison à la banane et au fromage à la crème, pain au levain fait maison, bagels. J’ai pris un bagel toasté « tout garnis » avec un œuf dur et du fromage à la crème, suivi d’un yaourt aux myrtilles. Sur les conseils de notre hôtesse Jenna, j’ai embarqué un sandwich beurre de cacahuète/confiture ainsi qu’une tranche de banana bread pour la route.
Après avoir rassemblé nos affaires, nous nous mettons d’accord avec un autre randonneur, Rocket, pour un retour en navette vers le sentier. Canaan, l’aubergiste, nous emmène dans sa toute nouvelle Toyota Tundra. Au parking où nous avions quitté le sentier la veille, nous prenons congé de lui, et il repart.
Bourbon Batman et le Campement de Crocker Cirque
Juste quand nous sommes prêts à repartir, un SUV blanc s’arrête. Son conducteur, Bourbon Batman, est le chef de la police locale et un « ange du sentier ». Plus tard dans la saison, quand le flux de randonneurs augmente, il distribue souvent boissons fraîches et bières. Ce matin à 8h, nous ne sommes pas encore concernés.

Nous laissons Rocket remonter vers le nord (NOBO) et amorçons notre montée vers notre premier sommet de plus de 1 200 mètres de la journée. Les jours qui suivent une pause en ville me sont toujours un peu lourds, mais le progrès est au rendez-vous. Avant le déjeuner, nous touchons les pics nord et sud de Crocker et nous arrêtons pour un encas avant la descente.
Le déjeuner se fait au campement de Crocker Cirque où nous croisons d’autres randonneurs montant vers le nord. Nous sommes apparemment les premiers à descendre vers le sud (SOBO) qu’ils croisent ; au moins quatre nous devancent, mais ils n’ont visiblement pas eu l’occasion de se rencontrer. Le reste de la journée trace le profil du Maine et nous mène vers le New Hampshire. Nous pouvons dire que nous sommes officiellement en Maine du Sud. Les pentes raides et les descentes sont éprouvantes, mais restent gérables. La difficulté ne fera que s’intensifier.

200 Miles Atteints !
Ce jour marque notre 200e mile. Notre rythme n’a rien d’impressionnant, mais il correspond bien aux défis qui nous attendent. Après l’installation de la tente au refuge de Spaulding Mountain, quelques NOBOs arrivent également pour passer la nuit. Notre solitude en camping touche à sa fin.

Parmi eux, deux viennent de Rangeley, une des prochaines villes où nous ferons notre ravitaillement. Une autre, surnommée Bubble Wrap, originaire de Nouvelle-Zélande, est sur le point d’achever son Triple Crown, le parcours combiné des sentiers Pacific Crest, Continental Divide et Appalachian Trail. Elle profite d’un congé sabbatique de deux ans – situation peu imaginable dans les entreprises américaines – et parcourt le monde en quête d’aventures incroyables et inspirantes.
Demain, une étape oscillant entre 16 et 27 km, selon notre forme. Bonne nouvelle, mes genoux supportent bien les descentes, un progrès notable ! Peut-être que mes jambes s’habituent enfin au sentier.
En Résumé
- Le confort d’un bon café local peut transformer une matinée laborieuse en une montée d’énergie bienvenue.
- Une pause avec un vrai petit-déjeuner continental vaut mieux qu’un snack bâclé, pour le moral et les jambes.
- Les rencontres avec des personnages comme Bourbon Batman donnent un supplément d’âme à la randonnée, preuve qu’un sport solitaire peut aussi être rempli d’humanité.
- Le passage dans le Maine du Sud annonce une intensification progressive du dénivelé, mais rien d’insurmontable à ce stade.
- Côté rythme, la gestion prudente des distances donne une bonne idée de la discipline nécessaire, loin de la course effrénée.
- Le partage du campement après une longue série de nuits en solitaire invite à la convivialité, même pour des âmes aguerries.
Au final, ce récit de trek ne manque pas d’évoquer les contrastes qui pimentent une aventure en pleine nature : efforts et plaisirs, solitude et rencontres. Moi, j’y vois surtout l’appel à garder l’œil ouvert et le pied léger, tout en restant curieux de ces échanges inattendus. Après tout, la montagne ne se conquiert pas seule — c’est avec les autres et un bon café qu’elle se savoure le mieux. Et vous, êtes-vous prêts à chausser vos bottes pour votre propre exploration ?

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