Au kilomètre 704,9 à Daleville en Virginie, mon pied commence enfin à se réveiller. J’imagine presque qu’une randonnée pourrait ne plus faire mal. Reste à gérer mes chaussures, qui font partie du problème : elles sont percées. Ces dernières semaines, j’ai même pu gratter mes orteils sans les enlever.
J’ai testé toutes les options disponibles chez les spécialistes locaux, mais aucune ne m’a vraiment convaincu.
Le choix des chaussures
Nous avons tous deux des pieds compliqués à chausser. L’année dernière, nous avons passé des centaines d’heures à chercher la chaussure idéale pour L’Historien. Il est désormais confortable et satisfait de son choix.
Nous avons commencé par notre magasin de sport local qui a soigneusement examiné et mesuré nos pieds. Nous avons essayé bottes, modèles intermédiaires, chaussures de trail et de randonnée.
Notre médecin nous a orientés vers un podologue. La kinésithérapie a révélé que L’Historien avait une jambe plus courte que l’autre. Ensemble, podologie et kiné ont corrigé ce problème de longueur. Le chiropracteur est également intervenu, et voilà : cinquante ans de douleurs dorsales nettement soulagées, sans miracles mais avec sérieux.
En raison de multiples anciennes blessures à la cheville, L’Historien porte désormais des bottes pour la randonnée et des chaussures de trail au quotidien. Un confort retrouvé.
Quant à moi, mes pieds sont larges, mais fins, avec un voûte plantaire haute et des talons étroits. Je souffre aussi d’éperons calcanéens et d’arthrite. Aucune chaussure ne me va parfaitement.
Je veux continuer à randonner. J’ai commandé en ligne une paire en promotion, livrable sous 48 heures. C’est une marque que j’ai déjà portée, avec des avis mitigés. Si je peux faire 150 kilomètres avec, j’éviterai de prendre une décision définitive pour l’instant.
L’attente des chaussures
En attendant la livraison, nous avons planifié nos trois prochaines semaines de marche et préparé nos colis de ravitaillement par la poste.
Chaque trois semaines, nous recevons un gros paquet de la maison, que nous répartissons ensuite en plusieurs colis plus petits. Cette étape se précise de plus en plus. Pour ce segment, il y aura trois ravitaillements de quatre jours et un autre de huit jours.
Envoyer les colis
Une fois nos colis bien emballés et étiquetés, il fallait les acheminer jusqu’au bureau UPS.
Dans le hall de l’hôtel, nous avons croisé deux randonneuses expérimentées, dans une tranche d’âge plus avancée. Elles ont débuté leurs sections de randonnée en Pennsylvanie dès 1975. Comme moi, elles approchent de la fin de leur périple. Elles avaient une voiture. Trois femmes, trois générations, unies par l’Appalachian Trail depuis 1975, ont vite trouvé un moyen d’expédier cinq colis sans encombre.
Colis envoyés, nouvelles chaussures reçues. Demain, nous reprenons la route.

En Résumé
- Des pieds capricieux rongent souvent plus le moral que la chaussure elle-même.
- Le corps n’est jamais une machine parfaite, ajuster ses asymétries demande du temps et un réseau de spécialistes qui se complètent.
- L’organisation logistique, notamment avec les colis de ravitaillement, tient parfois plus d’un jeu de patience et de débrouillardise que d’un simple envoi postal.
- La transmission entre générations de randonneurs prouve qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre et s’entraider sur le chemin.
Et si finalement, la clé pour marcher loin résidait autant dans la préparation soigneuse que dans la capacité à s’adapter ? J’ai envie de croire que chaque pas est un pas d’avance non seulement sur la douleur, mais aussi sur soi-même. Alors, prêts à chausser les bottes et à repartir à l’aventure ? Moi, en tout cas, je le sens, ça va suivre !

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