Heure dorée dans les Dolomites italiennes
Après un long périple depuis le Royaume-Uni, arriver à l’Alpe di Siusi au moment de l’heure dorée relevait presque du rêve. Les agriculteurs fauchaient le foin sur les plus hauts alpages d’Europe, encadrés par les pics déchiquetés des Dolomites baignés d’une douce lumière du soir. Nous recommandons l’Hôtel Schmung, une adresse familiale où la cuisine du nord de l’Italie se savoure pleinement, avec un accès direct à des sentiers panoramiques. Les refuges le long des parcours offrent des étapes parfaites pour un déjeuner. La quiétude des lieux, les panoramas à couper le souffle et la liberté d’explorer à pied sans voiture en font un pied-à-terre idéal dans les Dolomites.
Repas avec vue dans l’est de la France
Les Vosges en Alsace proposent des balades assez douces avec un balisage au top, visible sur les cartes IGN, équivalent français des célèbres cartes britanniques d’exploration. La randonnée se fait entre forêts de pins et pâturages ouverts, ponctuée de vues grandioses. Si beaucoup de Britanniques se cantonnent aux vallées et villages pittoresques, il est à ne pas manquer le charme des fermes auberges disséminées sur les collines. On y partage souvent la table avec des locaux et visiteurs allemands ou français. La plupart des plats sont issus des productions locales. Par exemple, à Glasborn-Linge, à Soultzeren, un déjeuner copieux en quatre services ne coûte que 27 €.
Sentiers d’ânes vers le plus haut sommet de Corse
Un trajet en train spectaculaire entre Bastia et le village montagnard de Ponte Leccia ouvre la porte au plus haut sommet de l’île, le Mont Cinto (2 706 m). L’approche se fait via la sauvage gorge d’Asco. Un réseau de sentiers nommés « chemins d’ânes » offre des panoramas saisissants, des vasques naturelles dans la rivière et des terres oubliées, comme l’ancien village abandonné de Sepula. Quelques campings isolés se nichent au fond de la gorge. À mi-hauteur se trouve une station de ski où se connecte le mythique GR20, la randonnée la plus exigeante de Corse. Le printemps tardif reste la saison idéale pour profiter de la région.
Un chalet parfait dans le Montenegro céleste
Une semaine divine dans le village paisible de Gornja Brezna, situé à 1 000 mètres d’altitude au Montenegro et entouré de montagnes. La rivière turquoise de Piva forme un canyon à explorer. Les journées étaient chaudes, les nuits fraîches. Balades en vélo un peu rouillé, cafés à l’Etno village, rencontres canines locales, promenades aux herbes sauvages et courses effrénées à poil dans les bouleaux complétaient nos sorties. Plus longues excursions vers le parc national de Durmitor étaient aussi au programme. Notre hébergement, le chalet Brezan Lug de Nikola, isolé en forêt privée, offrait spa, barbecue, feu de camp et tout le confort moderne.
Camping en haute altitude dans le nord de l’Albanie
Une expérience magique dans les montagnes du nord de l’Albanie. Depuis Shkodër, nous avons rejoint le parc national de la vallée de Valbona après deux nuits sur place et une traversée en bateau du lac Koman. Sur place, camping autorisé sur le terrain de l’hôtel Rilindja, où le propriétaire nous a prodigué une foule de conseils de randonnée. Plusieurs treks somptueux s’offraient à nous, dont une boucle de trois jours jusqu’à Çerem. Les deux premiers jours, personne en vue hormis quelques bergers et quelques vipères évitées avec précaution, avant d’atteindre un sentier plus fréquenté où nous avons croisé quelques marcheurs. Les points de vue à couper le souffle, l’accueil chaleureux et les prix abordables rendaient l’expérience incomparable.
Refuges montagnards sur le King’s Trail en Suède
Les montagnes et glaciers autour du refuge de Nallo, au nord-ouest de la Suède, m’ont tant séduit l’an dernier que je compte y revenir en juillet pour un séjour plus long. Ce refuge se situe à environ sept miles du célèbre Kungsleden (le King’s Trail) qui traverse la Laponie. Pas de réseau mobile ni de ravitaillement, donc prévoir ses provisions – disponibles aux points de départ ou autres refuges du parcours. À Nallo, on trouve un refuge accueillant avec hôte (32 € la couchette) et surtout un vrai havre de paix.
Une balade à travers le système solaire en Suisse
Une promenade fascinante de 6,5 km qui nous fait traverser le système solaire à taille réelle commence au gigantesque cadran solaire près de l’Observatoire François-Xavier Bagnoud à Tignousa, dans le Val d’Anniviers. En s’éloignant, on découvre les planètes à travers des sculptures métalliques, des panneaux informatifs et même une piste audio manuelle. Chaque planète apparaît à une distance et une taille proportionnelles au Soleil – Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter s’enchaînent rapidement sur une montée douce. Vingt minutes plus tard, Saturne, avec ses anneaux argentés, domine une vue spectaculaire sur la vallée et le Rhône à un kilomètre en contrebas. Uranus invite à une baignade rafraîchissante en ruisseau de montagne, prélude à une ascension plus raide d’une demi-heure vers Neptune, où un déjeuner en terrasse du XIXe siècle, au Weisshorn, offre un panorama alpin splendide à 2 300 mètres.
Fleurs rares dans les Apennins italiens
J’ai exploré le parc national de la Maiella, dans les Abruzzes, à deux heures seulement à l’est de Rome, refuge du ours brun marsicain, du chamois d’Abruzzes et des loups, tandis que les vautours fauves planent au-dessus. La végétation résistante à la sécheresse et les vallées abruptes cachent des grottes autrefois habitées par des ermites – un souvenir fascinant de ces modes de vie retirés. Une profusion botanique s’offre au randonneur, avec des espèces rares telles que l’edelweiss des Apennins, la gentiane, l’aster alpin et le dryas, relique glaciaire. À travers ces sentiers anciens et pentes rocheuses, la vue s’étend jusqu’à la mer Adriatique.
Montagne « risquée » en Allemagne
Plutôt que d’affronter le Zugspitze, sommet allemand le plus haut (2 962 m), souvent bondé et onéreux, nous avons choisi, lors d’une visite estivale à Garmisch-Partenkirchen, de prendre le téléphérique du mont Wank (1 780 m). Là, la douceur des prairies alpines, la vue splendide sur la vallée et la tranquillité nous attendaient. Il faut absolument savourer une bière fraîche sur la terrasse ensoleillée du restaurant Sonnenalm. Pour les plus vaillants, un sentier bien balisé permet de descendre à pied en ville ou, plus simplement, de reprendre le Wankbahn.
Conseil gagnant : suivre le courant dans la Sierra Nevada espagnole
Marcher le long des acequias dans les Alpujarras, sur le versant sud de la Sierra Nevada, à la suite de ces canaux d’irrigation vieux de 1 200 ans, construits par les Maures, alors que les sommets enneigés culminent près de 3 500 mètres. L’Acequia Baja, depuis la piste forestière au-dessus de Capileira, serpente vers la vallée de Poqueira, située au pied des trois plus hauts sommets d’Espagne continentale, tandis que des aigles bottés tournoient dans les courants ascendants. Par temps clair, on aperçoit même la Méditerranée et les montagnes du Rif au Maroc. Malgré l’altitude, cette promenade s’avère plutôt facile et agréable.
En Résumé
- Les Dolomites offrent un cadre à la fois mystique et accessible, idéal pour qui veut troquer la voiture contre les chaussures de randonnée.
- Les fermes auberges des Vosges mêlent le plaisir des papilles au charme authentique des villages d’Alsace.
- En Corse, les chemins d’ânes ont plus d’un secret, entre panoramas vertigineux et villages oubliés.
- Le Montenegro prouve qu’on peut allier déconnexion, confort moderne, et un brin de liberté chevillée au corps.
- L’Albanie réserve encore des expériences aussi vraies qu’isolées pour les randonneurs aventureux.
- En Suède et en Suisse, solitude et émerveillement s’entremêlent sur des sentiers peu fréquentés.
- Les fleurs rares des Apennins ou les « acequias » andalouses racontent des histoires de la nature et de la culture millénaires, avec la touche d’exotisme qu’on aime.
- En Allemagne, il semble que choisir l’option « mont Wank » plutôt que la Zugspitze, plutôt fréquentée, ait du charme. Un peu moins risqué, mais tout aussi savoureux…
Finalement, ces escapades alpines, corsées parfois, douces souvent, nous rappellent qu’en montagne, chaque sentier est un fragment d’histoire, chaque sommet, une nouvelle perspective. Et si pour une fois, on laissait le bitume derrière nous, pour aller retrouver ce goût un brin nostalgique de la nature, et la douce récompense des panoramas gravés dans nos mémoires ? Je dis oui, et vous ?



































