Ayant arpenté de nombreux sentiers dans le comté de San Diego — plus de 80 randonnées pour cette chronique hebdomadaire au fil des années — je me réjouis toujours de découvrir un parcours encore inconnu. Cela témoigne à la fois de la richesse des sentiers de la région et de ce qui reste à explorer. Cette semaine, j’ai parcouru East Shepherd Canyon à Tierrasanta, un aller-retour d’environ 3,8 kilomètres à travers ce canyon apaisant. Une promenade facile, rapidement achevée, mais qui donne envie de revenir, que ce soit pour une autre balade ou une séance de course à pied. Ce chemin alterne entre zones ombragées, notamment sous des eucalyptus, et espaces ensoleillés, tout en restant étonnamment calme malgré la proximité des routes et quartiers résidentiels.
Ce canyon est chargé d’histoire : il s’étend sur l’ancien emplacement du Camp Elliott, un centre d’entraînement pour les Marines, puis pour d’autres forces armées, inauguré à la fin des années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce camp a également servi de lieu de formation pour les Navajo Code Talkers, ces Marines navajos qui communiquaient via leur langue indigène pour transmettre des messages secrets.

La promenade invite à la réflexion, entre nature et mémoire historique. On peut débuter la randonnée depuis deux points : Via Valarta, au nord-est de Clairmont Mesa Boulevard, ou Santo Road, au sud d’Antigua Boulevard. N’ayant pas de parking officiel près du sentier Via Valarta, je me suis garé dans un quartier voisin sur Collegio Drive avant de rejoindre à pied le point de départ, clairement indiqué par une vaste pancarte d’accueil.
Lentement, le sentier descend dans le canyon, ombragé par de hauts eucalyptus. La pente est un peu raide au début, ce qui justifie des chaussures adhérentes, même si la majeure partie du chemin reste plane.

Sur la route, quelques intersections mènent à d’autres sentiers qui grimpent sur les flancs du canyon, mais il faut rester sur le chemin principal qui tourne vers l’ouest. Ces embranchements sont de simples accès au canyon sous différents angles.
À environ 800 mètres, les arbres laissent place au soleil et l’on atteint la Dishwasher Pond, une petite mare signalée. Ce jour-là, elle était quasiment à sec, invitant à un court passage. Plusieurs bancs jalonnent le parcours, parfaits pour une pause contemplative.
Après environ un kilomètre, le souffle du soleil s’atténue grâce à un ponton en bois qui traverse un point d’eau ombragé. La balade se poursuit encore sur 500 mètres environ avant de déboucher sur Santo Road. Il ne reste plus qu’à reprendre le chemin en sens inverse.
En Résumé
- San Diego recèle une multitude de sentiers discrets qui ne demandent qu’à être explorés, ce qui nous rappelle que l’aventure est souvent à deux pas, ou dans un détour inattendu.
- La facilité du parcours n’exclut pas un certain respect pour l’équipement : penser à de bonnes chaussures évitera la glissade sur les pentes initiales du canyon.
- La nature offre ses contrastes entre ombre et lumière, reflets d’une randonnée qui mêle plaisir et découverte.
- L’histoire militaire, souvent méconnue dans ces espaces naturels, ajoute une dimension particulière à ces promenades, presque un pas virtuel dans le passé.
- Disposer de bancs sur le chemin ? Une vraie bénédiction pour les contemplatifs ou les flâneurs ponctuellement fatigués.
Au fond, cette balade dans East Shepherd Canyon illustre bien combien l’exploration locale peut être surprenante et riche de sens. On pourrait presque croire qu’il suffit de lever le nez de son smartphone pour s’immerger dans un petit coin de paix, loin du tumulte urbain mais pourtant tout proche. Je vous invite à chausser vos baskets et à redécouvrir ce qui se cache sous nos fenêtres, parce qu’après tout, ce n’est peut-être pas la nature qui s’éloigne de nous, mais plutôt nous qui oublions de la voir. Rallumons la curiosité avec énergie, lançons-nous, et débattons de ce qu’il reste à explorer – ou à reconsidérer – dans nos environnements quotidiens.

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