Alors que la côte Est des États-Unis était frappée par une vague de chaleur, une randonneuse sur le plus haut sommet de la Nouvelle-Angleterre luttait pour sa vie dans des conditions glaciales et venteuses. Caroline Wilson, 55 ans, originaire d’Austin au Texas, a dû être secourue après avoir développé une hypothermie sur le mont Washington, dans les White Mountains du New Hampshire, vendredi dernier.
Son mari a appelé les secours vers 17 heures, alerté par l’incapacité de Caroline à bouger ou à communiquer, alors qu’elle se trouvait sur le sentier Gulfside, à environ un mile au nord des voies du Cog Railway.
À leur arrivée, les sauveteurs ont trouvé Caroline inconsciente, souffrant d’une hypothermie sévère. L’agent de la conservation Rachael Stocker a précisé que la randonneuse portait des vêtements en coton comme couche de base, un choix peu adapté pour la montagne, surtout dans des conditions pluvieuses intermittentes et météo changeante, le coton absorbant la transpiration. Au sommet du mont Washington, la température tournait autour de -7 °C, avec des vents atteignant 190 km/h et une visibilité réduite par un épais brouillard.
Le Cog Railway s’est avéré crucial pour le sauvetage, transportant l’équipe de secours jusqu’à proximité du sommet et leur évitant une ascension éprouvante de trois miles. Ils ont dû néanmoins parcourir à pied un mile sur une arête exposée culminant à plus de 1 500 mètres pour atteindre Caroline. La première équipe est arrivée vers 19 heures, suivie d’une seconde une heure plus tard. Les secouristes ont stabilisé la randonneuse dans un abri temporaire avant de la transporter jusqu’au train puis à une ambulance au pied de la montagne. Caroline a ensuite été hospitalisée pour des soins complémentaires.
En Résumé
Un contraste saisissant : une vague de chaleur sur la côte Est et, simultanément, des conditions hivernales destructrices au sommet d’une montagne.
Le choix vestimentaire a parfois un goût amer : le coton, souvent matière de confort en ville, se révèle un piège mortel en milieu hostile.
Le rôle des infrastructures locales, comme le Cog Railway, est vital pour permettre des sauvetages efficaces en terrain difficile.
La montagne reste imprévisible, même sous un ciel menaçant et un vent violent; la préparation et la vigilance sont les meilleures assurances.
Il est fascinant de constater à quel point nos technologies et savoir-faire peuvent s’allier pour sauver une vie dans des conditions extrêmes. Pourtant, l’épisode rappelle avec force que la nature ne s’accommode guère de l’improvisation. Et si, face à ces défis, nous repensions notre rapport à l’aventure, entre respect des éléments et dépassement de soi ? Ou bien continuerons-nous à croire que l’expérience suffit, jusqu’à ce que la montagne nous rappelle brutalement à l’ordre ? Moi, je parie sur un réveil salutaire, la montagne a encore beaucoup à nous apprendre.
Pour certains, tout ce qui touche au matériel de randonnée n’a que peu d’intérêt, mais d’autres en sont absolument passionnés. Vous savez dans quel camp vous vous situez et agissez en conséquence. Pour les curieux qui veulent une liste détaillée, je partage la mienne sur Lighterpack.
La plupart des randonneurs ajustent leur équipement dès la moitié du parcours. Ce n’est pas seulement une question de regrets ou d’équipements défaillants, mais aussi de météo estivale qui évolue. Les nuits sont désormais trop chaudes pour les couettes initiales, tandis que les doudounes et polaires, déjà emportées, ne sont plus adaptées. La pluie froide et ventée de Géorgie a cédé la place à une humidité moite en Pennsylvanie, nécessitant des vêtements de pluie adaptés.
Je possède deux systèmes de couchage : un pour des températures autour de -6°C, et un autre conçu pour les étés de l’Ouest des États-Unis. Jeff a envoyé mon matériel d’été à Waynesboro, mais avec des résultats mitigés. Mon matelas d’été a rapidement subi des fuites d’air (probablement la raison de son arrêt de production) et a dû être remplacé. Therm-a-Rest a honoré la garantie, mais avec un délai qui a compliqué mes nuits. J’ai reçu le remplaçant chez moi puis acheté un autre matelas à Harper’s Ferry. Ma couette légère était meilleure, mais toujours trop chaude. Plutôt que d’opter pour un sac de couchage 10°C peu utile ici, je me suis mise à dormir sous ma veste de pluie — un choix curieux, mais gratuit, et je la porte rarement. J’ai aussi remplacé mon haut de pyjama à manches longues et capuche par un simple t-shirt, bien plus pratique. J’ai renvoyé ma polaire, erreur que je corrige en la ramenant avec moi, et compte expédier la doudoune. Cette dernière fait un merveilleux oreiller, mais n’a aucune utilité en été. Avec ma veste imperméable, je pourrais même m’en passer.
Mon premier « home sweet home » était une tente achetée en cours de Continental Divide Trail et qui a accompagné la fin du Pacific Crest Trail. Un randonneur avisé aurait laissé ce poids au dépôt et investi dans une nouvelle tente. Mais j’ai préféré céder à la nostalgie, incapable de quitter ce refuge familier. Le problème avec les tentes en Dyneema Composite Fabric (DCF) est leur excellente légèreté, mais aussi leur fragilité. Les déchirures apparaissent soudainement, transformant l’abri en passoire. Heureusement, Zpacks a livré rapidement un nouveau modèle : un petit triangle pesant seulement 311 grammes.
Passer à une tente individuelle demande de l’adaptation. Impossible d’abandonner le matériel partout à l’intérieur, tout doit être ordonné au millimètre. J’avais oublié que souvent mes affaires seraient trempées. Ne souhaitant pas laisser mes chaussures ou mes sangles à portée d’animaux curieux, j’utilise désormais mon sac à dos suspendu à un bâton de marche qui supporte la tente. Ça marche bien… pour l’instant. Je suis consciente qu’un soir de tempête, je vais probablement tout voir s’effondrer.
Les autres modifications sont de petits ajustements : retour à mes shorts Brooks à séchage rapide, renouvellement de chaussettes (notamment des modèles en nylon pour les journées chaudes et pluvieuses), remplacement de mon chargeur cassé par un autre modèle, et une lampe frontale qui refuse obstinément de se recharger.
J’ai encore un dernier tour dans mon sac pour les moments difficiles, peut-être lors de la traversée des White Mountains. J’envisage d’expédier plusieurs « luxes » pour alléger mon sac : mes sandales, casquette, sac de rangement, coussin de sol, poncho et Buff. Je pourrais aussi remplacer ma veste de pluie par un modèle plus léger, quitte à sacrifier un peu de protection. Et évidemment, je me délesterais de mes chaussettes en trop grand nombre. Ce mode « minimaliste monastique » ne me plairait que pendant les rares heures hors rando, mais ce serait peut-être ce qui me permettrait de continuer.
Au final, nous sommes tous ici, à pousser notre boule, aussi insignifiante soit-elle, vers l’avant.
En Résumé
Le choix du matériel évolue au fil de la randonnée, au gré de la météo autant que des envies ou déceptions.
Le sentimental peut parfois l’emporter sur la raison dans la gestion de l’équipement, avec son lot de surprises — souvent désagréables.
Légèreté et résistance ne font pas toujours bon ménage, surtout avec certains tissus ultra-modernes.
Se trimbaler deux systèmes de couchage, ça peut paraître excessif, mais ça évite bien des nuits blanches.
La discipline nécessaire pour tenir dans un espace réduit comme une tente individuelle demande un dosage d’organisation et de sacrifice.
En toute honnêteté, gérer ce sac à dos, c’est un peu comme jouer à Tetris avec ses propres limites. Ce chemin est autant une aventure matérielle qu’intérieure. Et moi, entre deux ajustements techniques, je me dis que finalement, ce n’est pas tant le poids du sac qui compte, mais celui qu’on accepte de porter sur nos épaules, entre doutes et rêves. Allons-y, continuons d’avancer, car c’est en marchant qu’on apprend à se délester.
La nuit dernière, mon sommeil a été plutôt agité, un phénomène qui commence à se répéter dans les refuges. Depuis l’incident avec une souris, mon cerveau reste en état d’alerte maximale chaque fois que je m’installe. Quelques ronflements m’ont traversé les oreilles, et les bouchons n’ont guère aidé. Puis, une odeur désagréable—manifestement un dîner mal digéré—s’est répandue dans le refuge.
Ce lac magnifique, on ne s’en lasse pas
Je me suis réveillé à 6h30 avec l’alarme, me sentant assez mal, et j’ai décidé de rester à moitié éveillé jusqu’à 7h. Le temps de me préparer, j’ai mangé la dernière part de pizza d’hier et suis parti vers les sanitaires. De retour, je me suis laissé distraire en copiant Barefoot dans sa routine d’étirements, un domaine où j’avoue un certain laisser-aller. Après avoir fini de ranger, j’ai décidé de prendre un en-cas sucré, accompagné de deux sachets de café et des indispensables du petit-déjeuner.
J’ai rencontré Fire Marshall, que je n’avais pas vu depuis le début de la traversée en Caroline du Nord. Il avait dormi dehors la veille, profitant de l’air et du paysage. Nous avons comparé nos rencontres sur le sentier. Il n’a pas croisé Islan, ce qui m’a laissé me demander où celui-ci pouvait bien se trouver.
Il était déjà 8h, j’ai donc savouré un café glacé au soleil. Le honey bun, très sucré, m’a un peu dérouté ; je remarque de plus en plus que les aliments trop sucrés ne me plaisent plus, sans doute parce que j’ai accumulé plus de nourriture industrielle que d’habitude. Ironie du sort, les encas les plus légers sont aussi ceux qui contiennent le plus de calories. Il me faudrait davantage d’options végétariennes savoureuses et caloriques.
Après avoir tout replié, j’ai lavé ma casserole aux toilettes. En sortant, un randonneur m’a reconnu comme un « thru hiker » et m’a parlé de son camion rempli de fournitures de randonnée et d’un excellent café. Ancien de la longue voie jusqu’au Delaware Water Gap en 2021, il a dû interrompre pour une blessure. Je l’ai remercié, café pris et sac sur le dos, mais j’ai préféré continuer ma route.
Le barrage imposant que le sentier traverse
Les deux premiers miles en route vers le départ du sentier des Smokies furent une promenade facile offrant de magnifiques vues sur le lac. J’ai rejoint Fire Marshal et marché avec lui jusqu’au barrage, où il s’est arrêté pour quelques photos. Le point d’entrée vers les Smokies était encore un peu en retrait, il nous fallait finir la route avant d’arriver au véritable sentier.
Un jalon excitant à franchir !
Au moment de déposer mon permis dans la boîte, j’ai fouillé mes poches de la ceinture hanches, persuadé de l’avoir là, mais il avait disparu. J’espérais que ce n’était pas un problème, surtout que je disposais de l’autre moitié en cas de contrôle.
Les deux premiers miles affichaient un dénivelé de près de 1600 pieds (environ 490 mètres), mais je me sentais en forme et ai avancé au rythme le plus rapide possible. Surpris, j’ai dépassé Bearbait qui était parti au moins une heure avant moi, expliquant que son genou le ralentissait. Une heure après, deux miles étaient déjà derrière moi – du jamais vu sur une montée ! Je n’avais jamais gardé un tel rythme, souvent bloqué à un mile à l’heure. Voir mes progrès ainsi était revigorant.
Peu après, j’ai bifurqué vers la tour de guet où Barefoot et Cyborg m’attendaient. Ils ont été surpris de ma rapidité, et Cyborg s’est mis en tête de me trouver un surnom de randonnée. La montée vers la tour valait le détour : les vues sur le lac, les collines et montagnes alentours faisaient partie des plus beaux panoramas que j’aie vus.
Une longue ascension, mais la vue en vaut la peine !
Après une petite collation, j’ai repris la route, voulant garder mon élan. J’ai écouté un podcast pour rythmer ma marche. La partie la plus escarpée avait été franchie, mais il restait encore de nombreuses montées dans la journée.
Le reste de la journée fut un composé de petites montées et descentes, nettement plus faciles après l’effort du matin. À mi-parcours, j’ai recroisé Fire Marshal, accompagné d’un Ridgerunner qui lui a demandé son permis. Apparemment, Fire Marshal n’en avait pas, et le Ridgerunner, plutôt sympathique, lui a établi un permis sur place.
Ce petit insecte a fait une pause sur mon sac
Je suis arrivé au premier refuge vers 15h30 pour un déjeuner tardif. Un groupe de randonneurs en sections, rencontrés précédemment à Fontana Shelter, y passaient la nuit. Tous retraités ou presque, ils profitent de ces escapades dès qu’ils le peuvent. J’ai été surpris par l’heure à laquelle je suis arrivé et par mon état physique. J’avais volontairement réduit mon objectif quotidien, anticipant la difficulté des Smokies, mais on dirait bien que mes jambes de randonneur sont enfin réveillées.
J’ai décidé de poursuivre jusqu’au refuge suivant, à seulement trois miles. Peu après le départ, un petit renard roux a traversé rapidement le sentier, un éclair furtif mais fascinant à voir. La marche s’est bien passée, à un bon rythme. J’ai atteint ce second refuge vers 17h30, où plusieurs groupes venus pour le week-end discutaient pendant que je rangeais mes affaires.
Saurez-vous trouver ce fruit au look étrange ?
J’ai appelé ma sœur pour discuter un moment avant de préparer mon repas et me mettre en place dans le refuge. J’espérais que, parce que c’était le week-end, de nombreux randonneurs viendraient et que je serais autorisé à dormir sous tente, ce qui est mon choix préféré. Mais à mesure que la soirée avançait et que la moitié du refuge restait vide, j’ai compris que peu de personnes se présenteraient.
Dans les Smokies, la règle veut que les randonneurs classiques réservent à l’avance leur place en refuge et dorment obligatoirement à l’intérieur. Les thru-hikers doivent aussi dormir en refuge, sauf si l’espace manque. Même si un thru-hiker arrive avant un randonneur avec réservation, il doit céder sa place à ce dernier. Étant donné que je dors mieux sous tente, j’espérais vraiment que le refuge soit plein. Ce ne fut pas le cas, et j’ai été seul sur le lit du bas dans ce refuge à deux étages. Une petite souris est venue me saluer avant que je ne m’endorme rapidement, enfin épuisé par ma journée.
Voici les montagnes que je devrai gravir dans les jours à venir
En Résumé
Le sommeil en refuge s’avère souvent un défi—entre ronflements, visiteurs inattendus et odeurs gênantes, le repos est parfois illusoire.
La progression physique peut surprendre : il suffit parfois d’un cap passé pour sentir ses performances s’améliorer.
L’obsession pour les encas légers mais caloriques pousse à repenser ses choix alimentaires, un dilemme en soi.
Les règles strictes des Smokies imposent une discipline particulière, notamment sur le couchage, aux randonneurs de longue distance.
La nature, imprévisible et sublime, gratifie les efforts avec spectacles et rencontres furtives, comme celle du petit renard roux.
Alors voilà, cette journée illustre bien le mélange subtil de beauté, d’effort et de contraintes qu’impose la grande randonnée. Si la technologie nous accompagne parfois, rien ne remplace encore l’intensité brute du sentier et ses rencontres humaines ou animales. Je me demande toujours jusqu’où ce mélange d’adaptation et de volonté peut nous mener. En tant que randonneur mais aussi en tant que journaliste passionné, je vous invite à réfléchir et partager votre propre expérience : qu’est-ce qui, pour vous, fait toute la saveur d’une aventure sur le terrain ? Moi, c’est ce mélange d’imprévu et de dépassement qui me captive et m’appelle à repartir, encore et encore !
Ce matin, je me suis réveillé vers 3 heures, bercé par le bruit de la pluie. La météo prévoyait une averse vers 2 heures du matin, mais finalement, elle n’est survenue qu’une heure plus tard, pour une durée d’environ une heure. Heureusement, j’avais mon parapluie. Ici, les insectes sont plutôt agressifs, alors j’ai choisi de garder mes vêtements coupe-vent et anti-pluie toute la matinée.
J’ai préparé un café bien chaud, puis j’ai rapidement fait mon sac. Je suis parti avant 5h30, avec environ 12 à 13 kilomètres à parcourir avant d’arriver sur une route plus fréquentée, voire simplement asphaltée. Jusqu’à là, je devais marcher principalement sur une piste de terre, silencieuse mais peu engageante. Étonnamment, ce matin, je sentais la raideur dans mes muscles, alors que la veille, à l’arrivée au camp, je me sentais en pleine forme. Il m’a fallu un bon moment pour me remettre en route confortablement.
Les insectes étaient véritablement insupportables. J’ai donc enfilé toutes mes couches et ma moustiquaire pour quelques heures. Cela devenait vite étouffant, mais impossible de faire autrement : dès que je m’arrêtais, j’étais aussitôt envahi. Alors que je longeais la piste, j’ai aperçu au loin un animal avancer vers moi sur la route. Après quelques minutes, j’ai compris que c’était un ours. C’est le premier de l’année que je vois, alors que j’en ai croisé des dizaines au cours de mes précédentes randonnées. Ironie du sort, je ne suis même pas sur les sentiers du « Triple Couronne » en ce moment.
J’ai appelé l’ours, en lui demandant poliment de s’éloigner, et il a filé dans les bois sans hésiter. Voilà un bon exemple pour ceux qui craignent les ours : ils ressemblent en quelque sorte à de gros chiens, et un cri suffit généralement à les faire fuir. Peu après, j’ai remarqué une énorme tortue qui se promenait sur le bord de la route, loin de la rivière — un comportement assez inhabituel.
Un peu plus tard, une voiture est passée. Le conducteur, aimable, m’a dit qu’il habitait non loin, mais qu’il ne passait pas la nuit dehors. Cette rencontre m’a paru un peu étrange, car personne d’autre n’était passé plus tôt, et je ne savais pas d’où il venait. Nous avons parlé un moment, puis il a continué sa route. Moi, j’étais bientôt arrivé sur la route principale.
Ma route m’a finalement mené à quitter la piste forestière pour du bitume, passant devant quelques maisons et me livrant un peu plus de diversité visuelle. Le principal avantage : les insectes avaient disparu. Je suais à grosses gouttes, mais je ne voulais pas enlever ma tenue de protection tant que les moustiques étaient là. Une fois sur le bitume, j’ai pu marcher plus confortablement, en traversant un petit village, puis en direction d’une ville plus grande. Dans cette étape, il n’y avait rien à part des maisons, mais quelques stations-service m’attendaient un peu plus loin.
Grâce à un réseau téléphonique enfin accessible, j’ai pu faire un peu de planification. La ville d’Island Falls se trouvait à environ 40 kilomètres de là. Pas d’hôtel, mais deux logements Airbnb dans une ancienne salle d’opéra historique réaménagée, avec restaurants et une épicerie. À part Island Falls, il n’y avait que de vastes terres agricoles amish et des habitations, sans une seule autre offre d’hébergement. J’avais donc pris la décision d’attendre un peu avant de réserver, sachant que deux locations étaient disponibles à cette adresse.
En avançant, je suis arrivé dans un autre petit village où j’ai profité d’une station-service pour me ravitailler. Très heureux de pouvoir enfin manger chaud, je voulais stocker un maximum de calories, notamment pour la suite de ma marche qui me réservait encore 22 kilomètres, la moitié de la journée. J’ai passé commande dans un restaurant local, et l’hôte Airbnb s’est révélé disponible et sympathique, m’expliquant le fonctionnement de la boîte à clés et les commerces proches.
J’ai commandé un sandwich chaud, des frites et deux milkshakes, et acheté divers rafraîchissements avant de repartir. Le corps particulièrement endolori, j’ai ressenti une fatigue inhabituelle, surtout aux pieds et aux hanches, ce qui m’a semblé paradoxal après une journée facile la veille, où j’avais même gravi le mont Katahdin sans difficulté. Il semble que le repos prolongé ait laissé quelques traces sur ma forme physique.
J’ai maintenu un rythme modéré, sans chercher à accélérer ni ralentir exagérément, tout en admirant, entre deux pas, les attelages hippomobiles amish qui traversaient la route. C’est toujours surprenant de voir ces images dignes d’une autre époque au cœur du Maine. Entre deux pauses, j’ai pris le temps de répondre à mes messages et de parler plus d’une heure avec mon père, un échange qui m’a remonté le moral. Malgré les hauts et les bas liés à ma condition physique, j’essaie de garder les détails les plus pénibles pour moi.
Un peu plus tard, les douleurs aux fessiers et aux hanches se sont accentuées, au point de devoir faire des massages et étirements pour soulager les tensions. Marcher sur la route, aussi confortable que ça puisse sembler, n’est pas idéal pour mon corps. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment le choix avec cette section et les possibilités limitées de camping ou d’arrêt. J’ai donc choisi de dormir dans la salle d’opéra transformée en logement, une petite merveille qui m’a offert un grand confort après près de trois semaines sans douche ni repas chaud.
Après avoir déposé mes affaires, j’ai fait sécher ma tente, rechargé mes équipements, puis arpenté les rues à la recherche de nourriture. J’ai fait le plein de délicieuses calories et récupéré mon repas à emporter, dont un burger, une poutine et une salade. De retour dans ma chambre, j’ai profité d’une douche et d’un bain chaud, savourant ma poutine confortablement installé. Un luxe plus que mérité après ces journées éprouvantes. Le soir venu, j’ai retiré mes bandes de kinesio, me sentant soudainement très douloureux, comme si tout mon corps se déjouait. Je suis parvenu à me calmer grâce à des étirements et de l’ibuprofène, mais la perspective des 40 kilomètres à venir n’est pas des plus rassurantes.
Je sais que je peux ralentir ou prendre un jour de repos si nécessaire, mais Island Falls est un lieu peu accessible, et je souhaite vraiment atteindre la frontière dans les temps. J’espère que demain, ma condition physique s’améliorera et me permettra de poursuivre cette aventure avec le même enthousiasme qu’à ses débuts.
En Résumé
La pluie ne respecte jamais les horaires annoncés, mais au moins, parapluie à portée de main, faut pas être trop exigeant.
Les moustiques peuvent transformer une simple promenade en randonnée extrême, mieux vaut s’équiper comme un aventurier malgré la chaleur.
Un ours qui vous déloge d’un cri, c’est un peu le chien sauvage de la nature ; pas de panique, il n’a pas l’envie de vous jouer les méchants.
Marcher sur des routes pavées est un vrai répit pour les insectes, mais vos pieds et vos hanches ne remercient pas nécessairement.
La rencontre avec les communautés amish ajoute un charme décalé, mais rappelle la frontière entre deux mondes bien différents.
L’arrêt dans un petit village donne une pause bienvenue : douche, nourriture chaude, recharge du matériel – un luxe plus que rare sur ces sentiers.
Le corps suit son propre agenda, oscillant entre jours de grâce et moments de douleur, jamais très logique mais toujours honnête avec lui-même.
Finalement, cette étape illustre bien les paradoxes de la randonnée longue distance : entre la nature brute et les touches de civilisation, entre l’inconfort et les petits plaisirs venus réconforter. J’ai hâte de retrouver le sentier, pouvoir écouter mon corps sans contraintes, et continuer à écrire cette histoire pas toujours linéaire. Chaque pas est une découverte, et chaque étape, un rappel que l’aventure, ce n’est pas qu’une destination, c’est un état d’esprit. Alors, prêt à marcher cette frontière avec moi ?
Le réveil sonne entre 5h et 5h30 comme d’habitude. Après avoir profité des derniers instants au confort de notre auberge, nous nous levons lentement. Un peu d’organisation m’attend, mais d’abord un café s’impose pour me donner de l’énergie. Ce café vient d’un torréfacteur local, et croyez-moi, ce n’est pas du soluble qui peine à se dissoudre dans de l’eau froide. On touche ici à la véritable qualité, un petit plaisir rêvé enfin réalisé.
Le petit déjeuner proposé est un véritable festin continental : pain maison à la banane et au fromage à la crème, pain au levain fait maison, bagels. J’ai pris un bagel toasté « tout garnis » avec un œuf dur et du fromage à la crème, suivi d’un yaourt aux myrtilles. Sur les conseils de notre hôtesse Jenna, j’ai embarqué un sandwich beurre de cacahuète/confiture ainsi qu’une tranche de banana bread pour la route.
Après avoir rassemblé nos affaires, nous nous mettons d’accord avec un autre randonneur, Rocket, pour un retour en navette vers le sentier. Canaan, l’aubergiste, nous emmène dans sa toute nouvelle Toyota Tundra. Au parking où nous avions quitté le sentier la veille, nous prenons congé de lui, et il repart.
Bourbon Batman et le Campement de Crocker Cirque
Juste quand nous sommes prêts à repartir, un SUV blanc s’arrête. Son conducteur, Bourbon Batman, est le chef de la police locale et un « ange du sentier ». Plus tard dans la saison, quand le flux de randonneurs augmente, il distribue souvent boissons fraîches et bières. Ce matin à 8h, nous ne sommes pas encore concernés.
Nous laissons Rocket remonter vers le nord (NOBO) et amorçons notre montée vers notre premier sommet de plus de 1 200 mètres de la journée. Les jours qui suivent une pause en ville me sont toujours un peu lourds, mais le progrès est au rendez-vous. Avant le déjeuner, nous touchons les pics nord et sud de Crocker et nous arrêtons pour un encas avant la descente.
Le déjeuner se fait au campement de Crocker Cirque où nous croisons d’autres randonneurs montant vers le nord. Nous sommes apparemment les premiers à descendre vers le sud (SOBO) qu’ils croisent ; au moins quatre nous devancent, mais ils n’ont visiblement pas eu l’occasion de se rencontrer. Le reste de la journée trace le profil du Maine et nous mène vers le New Hampshire. Nous pouvons dire que nous sommes officiellement en Maine du Sud. Les pentes raides et les descentes sont éprouvantes, mais restent gérables. La difficulté ne fera que s’intensifier.
200 Miles Atteints !
Ce jour marque notre 200e mile. Notre rythme n’a rien d’impressionnant, mais il correspond bien aux défis qui nous attendent. Après l’installation de la tente au refuge de Spaulding Mountain, quelques NOBOs arrivent également pour passer la nuit. Notre solitude en camping touche à sa fin.
Parmi eux, deux viennent de Rangeley, une des prochaines villes où nous ferons notre ravitaillement. Une autre, surnommée Bubble Wrap, originaire de Nouvelle-Zélande, est sur le point d’achever son Triple Crown, le parcours combiné des sentiers Pacific Crest, Continental Divide et Appalachian Trail. Elle profite d’un congé sabbatique de deux ans – situation peu imaginable dans les entreprises américaines – et parcourt le monde en quête d’aventures incroyables et inspirantes.
Demain, une étape oscillant entre 16 et 27 km, selon notre forme. Bonne nouvelle, mes genoux supportent bien les descentes, un progrès notable ! Peut-être que mes jambes s’habituent enfin au sentier.
En Résumé
Le confort d’un bon café local peut transformer une matinée laborieuse en une montée d’énergie bienvenue.
Une pause avec un vrai petit-déjeuner continental vaut mieux qu’un snack bâclé, pour le moral et les jambes.
Les rencontres avec des personnages comme Bourbon Batman donnent un supplément d’âme à la randonnée, preuve qu’un sport solitaire peut aussi être rempli d’humanité.
Le passage dans le Maine du Sud annonce une intensification progressive du dénivelé, mais rien d’insurmontable à ce stade.
Côté rythme, la gestion prudente des distances donne une bonne idée de la discipline nécessaire, loin de la course effrénée.
Le partage du campement après une longue série de nuits en solitaire invite à la convivialité, même pour des âmes aguerries.
Au final, ce récit de trek ne manque pas d’évoquer les contrastes qui pimentent une aventure en pleine nature : efforts et plaisirs, solitude et rencontres. Moi, j’y vois surtout l’appel à garder l’œil ouvert et le pied léger, tout en restant curieux de ces échanges inattendus. Après tout, la montagne ne se conquiert pas seule — c’est avec les autres et un bon café qu’elle se savoure le mieux. Et vous, êtes-vous prêts à chausser vos bottes pour votre propre exploration ?
Des secouristes ont utilisé le train à crémaillère du Mont Washington pour atteindre une randonneuse texane en difficulté.
Le train à crémaillère du Mont Washington.
Une randonneuse victime d’hypothermie a été secourue vendredi dans les White Mountains, près du Mont Washington, alors que des vents violents et des températures glaciales rendaient l’intervention risquée, annonce le département de la pêche et de la faune du New Hampshire.
Le sauvetage s’est déroulé sur le sentier Gulfside, à environ un mile au nord des rails du train à crémaillère du Mont Washington, entre les sommets du Mont Washington et du Mont Jefferson. Vers 17 heures, les équipes de secours ont reçu un appel d’urgence du mari de la randonneuse affirmant qu’elle ne pouvait ni bouger ni communiquer. La victime a été identifiée comme Caroline Wilson, une Texane de 55 ans originaire d’Austin.
Les secouristes ont contacté le personnel du train à crémaillère, qui a permis de monter rapidement en altitude, évitant ainsi une randonnée de plus de trois miles sous la pluie et le vent sur le sentier Jewell. Malgré ce gain de temps, les sauveteurs ont dû parcourir à pied plus d’un mile dans des conditions extrêmes jusqu’à atteindre la randonneuse.
La première équipe est montée à bord du train à 19 heures, suivie d’une seconde à 20 heures. Après avoir rejoint Caroline Wilson, la première équipe a installé un abri temporaire pour la réchauffer. Une fois la deuxième équipe arrivée, la randonneuse a été placée sur une civière et ramenée vers le point de départ.
Wilson a finalement été transférée à une ambulance au pied de la montagne, puis conduite vers le centre médical régional de Littleton pour recevoir les soins nécessaires.
Les conditions météo étaient particulièrement difficiles vendredi. La vitesse du vent a atteint jusqu’à 190 km/h, tandis que les températures au sommet ont chuté autour de -7 °C. De nombreux appels ont rapporté des cas d’hypothermie dans toute la chaîne de montagnes Presidential Range. Le personnel du parc d’État du Mont Washington, celui de la route automobile du Mont Washington, les équipes du Appalachian Mountain Club ainsi que plusieurs bénévoles se sont mobilisés pour venir en aide aux personnes en détresse.
Le département de la pêche et de la faune a salué dans un communiqué l’engagement des équipes Androscoggin Valley Search and Rescue, Pemigewassett Valley Search and Rescue, Mountain Rescue Services et du personnel du train à crémaillère.
“La météo était loin d’être clémente et les conditions pouvaient mettre la vie en danger, mais chaque groupe a répondu présent, affrontant un environnement peu hospitalier pour sauver la vie de cette randonneuse,” ont déclaré les autorités.
En Résumé
Utiliser un train à crémaillère pour un sauvetage en montagne, c’est un peu le luxe que la nature et la technologie offrent parfois à ceux qui sont en danger.
Parfois, il vaut mieux déléguer la marche à pied quand la météo se déchaîne, surtout quand il s’agit de plus de trois miles dans la boue et le vent.
Les sauveteurs ont changé leur routine habituelle pour s’adapter, histoire de ne pas transformer une opération de secours en expédition extrême.
Le Mont Washington, avec ses vents à plus de 190 km/h, rappelle que la montagne ne fait jamais de cadeau, même aux amateurs comme aux pros.
La solidarité entre les équipes spécialisées et les bénévoles agit comme un filet de sécurité indispensable dans ces décors hostiles.
Face à ces éléments, on pourrait presque dire que la montagne trouve toujours un moyen de nous tester — et l’homme, souvent, de se réinventer pour répondre à l’appel. Chez Point Sud, on s’interroge : comment préparer au mieux ces interventions demain, quand le climat et l’affluence ne cessent d’évoluer ? Rester sur ses gardes tout en innovant semble être la clé pour sauver des vies. Et vous, qu’en pensez-vous ? Prêts à prendre le train pour l’aventure, ou plutôt à garder les pieds bien ancrés au sol ?
Les autorités du parc du Mont Rinjani ont indiqué, dans un message publié sur les réseaux sociaux, que les secouristes avaient entendu samedi les appels à l’aide de Mme Marins. À ce moment-là, elle était en sécurité, bien que manifestement en état de choc.
Des images capturées par des drones ainsi que des vidéos filmées par des randonneurs, largement relayées par les médias brésiliens, montraient également qu’elle était vivante samedi. On la voyait assise et se déplaçant sur un terrain grisâtre, bien en dessous du sentier de randonnée.
Cependant, plus tard dans la journée, les sauveteurs n’ont pas réussi à la localiser après avoir descendu 300 mètres vers l’endroit où ils pensaient qu’elle se trouvait, et leurs appels sont restés sans réponse.
Dimanche matin, de nouvelles images de drone ont révélé qu’elle n’était plus à son emplacement initial, ont précisé les responsables du parc qui ont souligné que le brouillard épais compliquait les opérations de secours et limitait l’usage d’un drone thermique.
Lundi, les secours ont pu retrouver Mme Marins, apparemment tombée encore plus bas, mais ont dû interrompre leur intervention en raison des conditions climatiques difficiles, selon la famille.
« Les sauveteurs avaient progressé de seulement 250 mètres vers le bas, il leur restait 350 mètres pour atteindre Juliana, mais ils ont fait demi-tour », ont indiqué les proches sur leurs réseaux sociaux.
La famille a également dénoncé que le parc restait ouvert et que d’autres touristes poursuivaient cette même randonnée, alors que Juliana se trouvait en situation critique : « Elle a besoin d’aide ! Nous ignorons son état de santé ! Elle est sans eau, ni nourriture, ni vêtements chauds depuis trois jours ! »
Interrogée à ce sujet, l’ambassade du Brésil a précisé qu’elle restait en contact avec les autorités indonésiennes et avait dépêché deux agents pour suivre de près les opérations de secours.
Lors d’entretiens avec la chaîne brésilienne Globo, deux membres du groupe de Mme Marins ont qualifié la randonnée de difficile, l’un décrivant l’ascension comme « vraiment éprouvante » et « glaciale ». Un autre a expliqué que l’accident s’était produit alors que Juliana marchait à l’arrière du groupe, escortée par un guide. « C’était très tôt, avant le lever du soleil, dans des conditions de visibilité réduite, avec seulement une simple lampe frontale pour éclairer un terrain glissant et compliqué », a-t-il raconté.
Satyawan Pudyatmoko, responsable du ministère indonésien des Forêts, a rappelé lundi que la priorité absolue lors d’une randonnée était la sécurité des grimpeurs.
Le Mont Rinjani, deuxième plus haut volcan d’Indonésie avec ses 3 700 mètres, est une destination prisée des touristes mais aussi un lieu où des accidents tragiques surviennent régulièrement. En 2022, un Portugais avait perdu la vie après une chute, et en mai dernier un randonneur malaisien est décédé dans des circonstances similaires.
En Résumé
Une randonnée difficile peut rapidement tourner au cauchemar, surtout quand la météo s’en mêle et que le terrain est glissant.
Le calme des vidéos de drone contraste cruellement avec la gravité de la situation vécue par Juliana Marins.
La communication entre autorités et famille semble essentielle, mais parfois les opérations de secours butent contre des conditions naturelles implacables.
On pourrait se demander s’il est raisonnable de laisser le parc ouvert alors qu’une personne est clairement en danger à proximité.
Les incidents répétitifs sur ce volcan rappellent qu’un lieu touristique ne rime pas forcément avec sécurité absolue.
Alors voilà, le Mont Rinjani nous enseigne à quel point la nature reste imprévisible et sans concession, même pour les aventuriers aguerris. La soif d’exploration ne doit jamais faire oublier la prudence élémentaire. Personnellement, cela m’interpelle : jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans cette quête du sensationnel, parfois au détriment du bon sens ? Ce débat est ouvert, et il mérite qu’on y réfléchisse sérieusement, car la montagne, contrairement à l’opinion populaire, ne plaisante pas.
Après avoir quitté Harper’s Ferry, nous étions fatigués et surchauffés, alors nous n’avons parcouru que 6 miles pour atteindre un abri exceptionnel, avec un étage et un sol stratifié ! Avec Sleepy et Cookie, le couple hollandais que nous côtoyons beaucoup ces jours-ci, nous avons décidé d’y passer la nuit. C’était la première fois depuis plus d’un mois que nous dormions dans un abri, par crainte du norovirus. Nous nous sentons un peu plus en sécurité désormais, même si la prudence reste de mise jusqu’au Maine. De plus, il semble que cette peur soit partagée : on voit beaucoup plus de randonneurs se laver les mains.
Traversée du pont en quittant Harper’s FerryHoly moly, nous avons encore un long chemin à parcourir
Le lendemain, c’était l’anniversaire de Strider ! Notre tradition veut que l’on fasse de grandes distances ce jour-là : j’avais marché 28 miles pour mon anniversaire, cette fois il fallait faire encore plus. Nous étions prêts à 6h30, dans une atmosphère lourde et moite. Les kilomètres se succédaient sans difficulté, notre moral au beau fixe et excités de voir jusqu’où nos jambes pourraient nous porter avant la tombée de la nuit. Le temps était parfait, ni trop chaud, avec une brise d’été qui dissipait l’humidité du matin.
Traversée de monuments historiques dans le Maryland
Pas de randonneurs de longue distance aperçus ce jour-là, seulement des promeneurs d’un jour. Notre groupe, les Shenny, s’est un peu dispersé, chacun prenant des pauses à des moments différents, classique sur le sentier des Appalaches. Mon amie, habituée de ce sentier, m’a dit que seulement 400 départs étaient très bas pour Harper’s Ferry début juin — nous étions les numéros 417 et 418. C’est agréable de voir une foule équilibrée, ni trop sociable ni trop envahissante. Après une pause déjeuner au 18e mile, nous avons décidé de pousser jusqu’à la ligne Mason-Dixon, à 17 miles plus loin : fou, mais rien ne vaut une douche chaude et une bonne pizza après ça !
Traversée de l’I70 ! Moment important pour nous, ColoradoiensAnnapolis Rocks — un ami a pris une photo pour les tampons AT, on devait voir ça par nous-mêmes. Superbe !
Je dois avouer mon hypocrisie : nous avions critiqué certains amis qui tentaient le célèbre « défi des quatre États » en parcourant plus de 40 miles de Virginie à Pennsylvanie, en passant par le Maryland et la Virginie-Occidentale. Je leur avais conseillé de ne pas se presser dans le Maryland, si beau et accueillant. Et pourtant, nous voilà en train d’avancer à grande vitesse à travers le Maryland. Cela dit, nous avons pris le temps de nous arrêter pour en apprendre davantage sur les champs de bataille historiques et de nous reposer plus que je ne le pensais. La force des jambes de randonneur, c’est de pouvoir marcher plus longuement et plus vite.
Le sentier commence à se faire plus caillouteux
Au final, nous avons parcouru 35,4 miles sur le sentier, 39 sur Strava avec les détours à Annapolis Rocks et dans les champs de bataille. J’étais presque en train de sautiller en arrivant à la ligne Mason-Dixon, fiers de nous, impatients de dormir dans un vrai lit. Mes jambes étaient fatiguées, mais notre joie immense. Soolah est venue nous chercher vers 20h30 pour nous amener chez elle, dans sa charmante petite maison digne d’un conte de fées en ville. Pizza et douche chaude au programme, avant de tomber de sommeil dès la tête posée sur l’oreiller.
Chez Soolah, un endroit vraiment féériquePeut-être la meilleure pizza de ma vieMe voilà enfin dans le Nord ! Appa-lay-chain !
Le défi du demi-gallon de glace
Au départ, je n’avais même pas l’intention de me lancer dans le challenge du demi-gallon de glace. Mais Energizer, triple couronné et légende des Appalaches actuellement sur le sentier avec son fils, m’a convaincue : « Tu n’as pas à finir, il faut juste essayer. » Chez les randonneurs, les paroles d’un triple couronné sont presque sacrées, alors je me suis renseignée. Le demi-gallon est une véritable institution sur le sentier, tout comme la photo devant le panneau de mi-parcours à Harper’s Ferry — des traditions vieilles de plus de 50 ans. Maintenant, je fais partie intégrante de ces rites et dois honorer le sentier pour revendiquer pleinement le titre de « randonneur trash ».
Des randonneurs en 1983 pendant le défi du demi-gallonDécouverte au musée… imaginer le sentier dans les années 30 ou 40 est sidérant
Autant vous dire que je ne me suis pas contentée de me préparer psychologiquement, j’ai aussi motivé tous les randonneurs autour de nous. Après être arrivés au magasin qui vendait la glace et avoir posé nos sacs à l’auberge, j’étais impatiente de m’allonger une fois le challenge accompli. Quelle surprise de découvrir que certains mangeaient non seulement un bac, mais aussi un pot d’un demi-litre supplémentaire — soit un vrai demi-gallon de glace. Là, j’avoue, ça change la donne !
Pleine d’espoir et d’enthousiasme au départ
Nous avons attendu Sleepy et Cookie, puis nous nous sommes lancés. J’étais affamée, pensant que ce serait « facile ». Mes parfums : cookie dough pour le bac, cerise noire pour le pot. Des vétérans comme Fuji et Just Ray nous donnaient leurs conseils : « Laissez fondre un peu, mais pas complètement. » Pendant vingt minutes, c’était comme vivre un rêve d’enfance — manger de la glace pour le dîner en toute légitimité !
Mais au bout d’une vingtaine de minutes, aux trois quarts du bac, je commençais à trembler de froid et à douter. C’est probablement là que j’aurais dû abandonner. Mais Strider, confiant, a fini son pot en 54 minutes — déconcertant pour nous. Just Ray, lui, a claqué le défi en 10 minutes, sans laisser fondre une goutte.
Un ado de 15 ans a commencé le challenge avec ses parents, mais il a abandonné au bout d’un tiers, nous traitant de « littéralement fous ». Il n’avait pas tort, surtout que je me sentais vraiment mal. Mon pot avait fondu et je pouvais juste le boire en tétant un peu. Je me suis dit : « Tant pis, autant aller jusqu’au bout. » J’ai terminé sous les applaudissements, puis me suis affalée, dégoûtée mais fière. Dix minutes plus tard, après un passage au petit coin pour tout rendre, j’ai retrouvé la pêche !
À ce moment-là, je regrettais mes choix
Sleepy, encouragé par mon retour en forme, a fini son défi lui aussi. Sa motivation ? Me voir vomir, c’est la meilleure raison jamais entendue ! En récompense, j’ai reçu une petite cuillère en bois gravée « Half Gallon Club » et une photo sur le mur des finishers. J’étais plutôt fière, surtout en constatant que seules trois autres femmes ont réussi à terminer cette année.
Tout ça pour une cuillère en bois et une photo sur le mur. Vraiment ? Oui, vraiment.
Lequel est le plus difficile ?
Alors que nous dégustions nos pizzas, Fuji a lancé une réflexion intrigante, selon lui le défi du demi-gallon est une métaphore du sentier des Appalaches : éprouvant, douloureux, mais qu’on doit traverser parce qu’au fond, on le sait. Le sentier, nous dit-on souvent, se divise en trois phases : physique, mentale puis spirituelle. Après avoir bien avancé dans la partie mentale, je commence à comprendre.
Le quotidien répétitif, l’absence d’êtres chers pendant l’été, le FOMO (fear of missing out) à voir les proches profiter, la tristesse de rater la remise des diplômes de ma sœur… la vie continue quand nous marchons. C’était un pari que j’avais accepté.
Mais cette expérience du défi glace m’a appris une chose simple : je peux affronter l’inconfort et aller jusqu’au bout quand ma volonté domine. Je me suis aussi rendu compte qu’il est bien plus difficile de manger un demi-gallon de glace que de marcher 35 miles en une journée.
Déjà à mi-parcours !
En Résumé
Prendre son temps à Harper’s Ferry peut valoir le coup, sauf si vous avez une pizza et une douche chaudes en vue.
Les traditions du sentier sont un savant mélange d’histoire, de rites un peu fous et d’esprit de groupe — de vraies institutions qu’il faut respecter si on veut être « randonneur trash ».
Le moral et la tête jouent un rôle aussi vital que les jambes, surtout quand la répétition vous fait chanter la même rengaine dans la tête.
Le défi du demi-gallon, marathon gustatif, est une leçon en endurance — un peu plus surprenant que les pas sur le sentier.
Rester motivé quand on est loin de sa famille et de ses amis demande souvent plus d’énergie que toutes les montées réunies.
Alors voilà, marcher ne se résume pas qu’à mettre un pied devant l’autre, c’est aussi apprendre à gérer ses limites, s’adapter et parfois avaler un demi-gallon de glace, même quand on regrette au bout de vingt minutes. Si tout cela nous rend plus forts, plus malins, plus vivants, alors je vous le dis : continuons à marcher, à goûter à tout, à rire de nous-mêmes et à pousser nos propres limites. Qui sait ce que le sentier nous réserve encore ? Moi, je suis prête à en découdre, et vous ?
Parcours : Appalachian Trail (km 2 279 – 2 302) & Canopus Lake Beach (2 km)
Total parcouru jusqu’ici : 5 419 km de marche, 160 km en pagaie
Météo : ciel couvert, températures entre 15 et 24 °C, pluie en fin de journée au camp, agréable malgré tout
Altitude : de 101 à 388 mètres
De Graymoor Spiritual Life Center à l’abri RPH
Aujourd’hui, j’ai ressenti une petite baisse d’énergie comparée aux jours passés. Contrairement aux massifs imposants du Bear Mountain ou du Harriman State Park, le paysage s’est fait plus intime, enveloppé d’une forêt où mousses, fougères et roches jalonnent le sentier ombragé. Par endroits, la végétation dense avait presque envahi le chemin, tandis qu’à d’autres moments, la lumière filtrait à travers un fourré plus clairsemé, un environnement dans lequel je me sens davantage à mon aise.
Un élément insolite a aussi retenu mon attention : des murs de pierres alignés en plein milieu de la forêt. Leur origine reste mystérieuse – sans doute d’anciennes limites foncières –, mais il est intriguant de voir le sentier les traverser ou longer leur tracé rectiligne.
La région de New York regorge de formations rocheuses impressionnantes : plateaux, falaises lisses, blocs fracturés. Ces détails naturels attirent plus mon regard que la simple verdure environnante. À l’approche du Fahnestock State Park vers midi, j’ai retrouvé ces décors rocheux qui donnent du caractère au parcours.
Quelques observations du jour :
Les moustiques sont encore bien présents, particulièrement en début de journée. Heureusement, un peu de spray anti-insectes suffit à limiter leur assaut.
Les tiques, quant à elles, se multiplient. Un compagnon de route a dénombré 31 tiques retirées en une seule journée. Pour ma part, la vigilance est de mise : je m’arrête souvent lors des montées pour vérifier mes jambes en détail, notamment après les passages encombrés ou herbeux.
Mes orteils sont entièrement guéris, ce qui me rassure pour la suite du périple.
J’ai croisé quelques autres grands randonneurs, certains connus avant mon escapade à New York, d’autres rencontrés récemment.
Pause au lac Canopus
Arrivé près du lac Canopus, la route NY Route 301 m’a accueilli, indiquant l’entrée floue vers Fahnestock State Park. Une incursion sur un sentier secondaire m’a mené vers la plage et une petite buvette annoncée en bordure d’eau. Même si le magasin était fermé, deux randonneurs croisés au pique-nique, Dorian et Timex, ont raconté que des sanitaires avec douches étaient accessibles. Curieux, j’ai décidé d’en profiter pour une pause douche bien méritée.
Dans un geste plutôt inattendu, un employé du parc a temporairement rouvert le magasin pour que quelques randonneurs et moi puissions prendre une boisson rafraîchissante – une sorte de « soda sous la douche » inattendu mais bienvenu avant de repartir.
Changement et décisions importantes
Quelques kilomètres plus loin lors d’une filtration d’eau à un ruisseau, j’ai reçu un appel attendu : les résultats de mes analyses sanguines. Depuis plusieurs années, je lutte contre une anémie ferriprive et les chiffres sont cette fois alarmants : mon taux d’hémoglobine est à 6,6 g/dL, le plus bas jamais enregistré. La recommandation médicale est claire : je dois me rendre immédiatement aux urgences pour une transfusion sanguine, suivie de perfusions de fer.
Cela signifie une pause forcée dans mon périple. Malgré mon enthousiasme retrouvé après le détour par New York, j’avais envisagé cette possibilité, mais avec plus de marge pour continuer un peu plus avant de trouver une sortie facile. Malheureusement, la situation ne me laisse pas ce luxe.
Au refuge Ralph’s Peak (RPH Shelter), j’ai pu réfléchir à la suite. L’endroit, propre et abrité, a accueilli quelques compagnons de route et permis de contacter ma famille pour décider du retour à la maison, privilégiant la sécurité et le soutien familial. Les trajets organisés, j’ambitionne de rejoindre le Michigan et le cocon familial pour me soigner.
Après cinq mois et demi de randonnée ininterrompue depuis le 1er janvier, me voilà devant une croisée des chemins, mêlant apaisement et résignation. Je partagerai les suites de cette aventure, promise à un nouveau chapitre, dès que possible.
En Résumé
Il semble que la beauté sauvage prenne bien des formes : parfois imposante, parfois discrète, toujours captivante.
Moustiques et tiques ne sont pas prêts de nous lâcher, attention à leur stratégie d’invasion.
La santé rappelle régulièrement qu’on n’est pas que des corps de randonneurs, malgré la passion.
Il paraît que les murs de pierres dans la forêt ont plus d’histoire à raconter que certains romans – dommage qu’ils gardent le silence.
Un « soda sous la douche » : nouveauté locale recommandée pour une pause rafraîchissante et pleine de surprises.
Et si l’on réfléchissait un instant à ce que signifie vraiment « poursuivre son chemin » ? Parfois, savoir s’arrêter, écouter son corps et changer de cap, c’est aussi vivre une aventure, une rencontre avec soi-même et ses limites. Loin d’être un échec, c’est peut-être la plus grande marche que l’on puisse accomplir. Alors, prêts à recharger vos batteries avant de repartir plus forts ? Moi, je dis : que l’aventure continue, sous toutes ses formes, et que l’inattendu reste notre meilleur compagnon !
Au kilomètre 704,9 à Daleville en Virginie, mon pied commence enfin à se réveiller. J’imagine presque qu’une randonnée pourrait ne plus faire mal. Reste à gérer mes chaussures, qui font partie du problème : elles sont percées. Ces dernières semaines, j’ai même pu gratter mes orteils sans les enlever.
J’ai testé toutes les options disponibles chez les spécialistes locaux, mais aucune ne m’a vraiment convaincu.
Le choix des chaussures
Nous avons tous deux des pieds compliqués à chausser. L’année dernière, nous avons passé des centaines d’heures à chercher la chaussure idéale pour L’Historien. Il est désormais confortable et satisfait de son choix.
Nous avons commencé par notre magasin de sport local qui a soigneusement examiné et mesuré nos pieds. Nous avons essayé bottes, modèles intermédiaires, chaussures de trail et de randonnée.
Notre médecin nous a orientés vers un podologue. La kinésithérapie a révélé que L’Historien avait une jambe plus courte que l’autre. Ensemble, podologie et kiné ont corrigé ce problème de longueur. Le chiropracteur est également intervenu, et voilà : cinquante ans de douleurs dorsales nettement soulagées, sans miracles mais avec sérieux.
En raison de multiples anciennes blessures à la cheville, L’Historien porte désormais des bottes pour la randonnée et des chaussures de trail au quotidien. Un confort retrouvé.
Quant à moi, mes pieds sont larges, mais fins, avec un voûte plantaire haute et des talons étroits. Je souffre aussi d’éperons calcanéens et d’arthrite. Aucune chaussure ne me va parfaitement.
Je veux continuer à randonner. J’ai commandé en ligne une paire en promotion, livrable sous 48 heures. C’est une marque que j’ai déjà portée, avec des avis mitigés. Si je peux faire 150 kilomètres avec, j’éviterai de prendre une décision définitive pour l’instant.
L’attente des chaussures
En attendant la livraison, nous avons planifié nos trois prochaines semaines de marche et préparé nos colis de ravitaillement par la poste.
Chaque trois semaines, nous recevons un gros paquet de la maison, que nous répartissons ensuite en plusieurs colis plus petits. Cette étape se précise de plus en plus. Pour ce segment, il y aura trois ravitaillements de quatre jours et un autre de huit jours.
Envoyer les colis
Une fois nos colis bien emballés et étiquetés, il fallait les acheminer jusqu’au bureau UPS.
Dans le hall de l’hôtel, nous avons croisé deux randonneuses expérimentées, dans une tranche d’âge plus avancée. Elles ont débuté leurs sections de randonnée en Pennsylvanie dès 1975. Comme moi, elles approchent de la fin de leur périple. Elles avaient une voiture. Trois femmes, trois générations, unies par l’Appalachian Trail depuis 1975, ont vite trouvé un moyen d’expédier cinq colis sans encombre.
Colis envoyés, nouvelles chaussures reçues. Demain, nous reprenons la route.
En Résumé
Des pieds capricieux rongent souvent plus le moral que la chaussure elle-même.
Le corps n’est jamais une machine parfaite, ajuster ses asymétries demande du temps et un réseau de spécialistes qui se complètent.
L’organisation logistique, notamment avec les colis de ravitaillement, tient parfois plus d’un jeu de patience et de débrouillardise que d’un simple envoi postal.
La transmission entre générations de randonneurs prouve qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre et s’entraider sur le chemin.
Et si finalement, la clé pour marcher loin résidait autant dans la préparation soigneuse que dans la capacité à s’adapter ? J’ai envie de croire que chaque pas est un pas d’avance non seulement sur la douleur, mais aussi sur soi-même. Alors, prêts à chausser les bottes et à repartir à l’aventure ? Moi, en tout cas, je le sens, ça va suivre !
Ce matin, en ouvrant les yeux, je n’avais aucune envie de partir. C’était un mélange d’émotions. Même après deux semaines passées ici, je me sentais étrangement pressé de reprendre la route. La veille, j’étais arrivé tard, sans beaucoup de temps pour organiser mes affaires. Ce matin, il fallait que je fasse mes bagages, que je refasse mes provisions, que je calcule la distance jusqu’à ma prochaine cache alimentaire, tout en gardant un œil sur la météo.
Il sera intéressant d’observer comment les journées à venir évolueront avant mon ascension finale. La météo ne facilite pas les choses : plusieurs jours consécutifs s’annoncent pluvieux. Impossible donc de simplement éviter la pluie ou de prendre un jour de pause entre deux étapes. Si j’étais en pleine forme, je pousserais quelques grosses journées pour rejoindre le sommet dès lundi, quand la météo s’annonce la plus clémente. Mais actuellement, je ne peux pas envisager de faire plus de 30 miles par jour. Cette option est donc exclue.
Je ne peux qu’espérer que mardi ou mercredi seront assez clairs pour attaquer l’ascension du mont Katahdin en toute sécurité. Idéalement, je voudrais arriver tôt pour pouvoir soit faire le sommet dès le premier jour, soit camper sur place et attendre une éclaircie le lendemain. Je me fiche des vues spectaculaires ou de grimper sous la pluie, un peu de froid ne me dérange pas non plus. Mais, comme dans les White Mountains, le mont Katahdin est redoutable. Pluie, grésil, vent : dans ces conditions, être au sommet peut rapidement devenir très dangereux. Après avoir tant attendu pour revenir sur le sentier, ce serait la dernière chose que je souhaite.
À un niveau beaucoup moins important, j’étais tellement fatigué hier soir, pris par la planification, que je n’ai pas avancé sur la rédaction de mon journal ni sur mes vidéos. J’ai plusieurs jours de retard. Ce matin, la tentation de prendre une journée de repos était forte. Mon corps est un peu endolori, mais rien de grave. Après avoir fait environ 15 miles hier sur un terrain ardu, je suis plutôt surpris de mon état. Je me sens prêt à repartir, mais tout ce que j’avais à faire me pesait, rendant le départ difficile.
Finalement, je suis allé prendre mon petit-déjeuner, délicieux au passage. J’ai parlé brièvement avec Hippie Chick de mes doutes, et elle m’a conseillé de commencer doucement la journée, tout en continuant à avancer. Elle m’a suggéré de rester sur place la matinée pour régler mes affaires, puis de repartir plus tard pour accomplir quelques miles et m’installer sur le sentier pour la nuit. Son conseil était excellent, même si une petite voix en moi espérait qu’elle m’encourage à rester. Ce n’était clairement pas la meilleure décision. Chaque mile parcouru aujourd’hui me rapproche du moment où je pourrai tenter l’ascension dans de meilleures conditions.
Après le petit-déjeuner, j’ai débarrassé mon lit, plié mes affaires pour la dernière fois ici. C’est toujours triste de partir, même quand on est impatient de reprendre la route. Je me suis vraiment senti bienvenu et à l’aise ici. Hippie Chick, Poet, leur famille et tout le personnel ont été d’une incroyable gentillesse. Je ne me suis jamais senti décalé, et l’ambiance était chaleureuse et apaisante. C’était l’endroit parfait pour me reposer et récupérer, et un lieu où j’aurai plaisir à revenir.
Je reviendrai bientôt à Monson, après avoir atteint la frontière canadienne, pour reprendre le sentier vers le sud. Il me reste à parcourir la section entre Monson et la fin des présidentielles dans les White Mountains. Ce n’est pas une distance énorme, mais pas négligeable non plus. En début de saison, j’avais prévu de boucler cette partie en deux semaines et demi, mais finalement, j’ai passé presque autant de temps à récupérer qu’à marcher.
Une fois mes affaires rangées, je suis descendu, ai laissé mon sac au hostel, puis suis allé faire quelques emplettes de dernière minute dans une boutique d’équipement. J’y ai aussi organisé une nouvelle cache alimentaire à Joe Mary Road, à 45 miles de mon point de départ. Ça ne paraît pas bien loin, mais après ma pause, il serait sage de reprendre doucement. Je dois donc estimer mes capacités et le temps nécessaire pour atteindre cet endroit. Un peu de marche aujourd’hui me faciliterait la suite, même si la météo annoncée pour mardi est moins favorable que celle de mercredi. Il est probable donc que mon ascension ait lieu mercredi, sauf à fournir un effort conséquent pour anticiper.
À la boutique, j’ai également réglé ma note après plus de deux semaines. Un “Trail Angel” nommé Mike, qui m’a même rejoint pour déjeuner il y a quelque temps, m’a beaucoup aidé durant ce séjour. Il m’avait contacté dès février pour me soutenir et s’est soucié de mon hitch à cause d’une tempête sur la côte Est. Il a aussi veillé à payer une partie de mon hébergement ici. Je lui en suis infiniment reconnaissant, surtout vu la durée de mon séjour. De toute façon, rester au hostel a été largement plus économique qu’un hôtel, et certainement plus avantageux que de repartir chez moi puis revenir sur le sentier.
Mentalement, je ne pouvais pas quitter le sentier. Pour beaucoup, rentrer chez soi aurait été plus logique, financièrement et émotionnellement. Mais pour moi, m’éloigner trop aurait signifié avouer la défaite ou renoncer officiellement à ma randonnée. Loger dans ce lieu, entouré de randonneurs, du sentier et de la communauté, m’a permis de sentir que je faisais simplement une pause. Dès que je serai remis, je pourrai repartir d’un pas décidé, comme si je n’étais jamais parti. Théoriquement, les deux options auraient abouti au même résultat, mais rester proche du sentier a été vital pour garder le moral.
Après avoir fait mes provisions, j’ai attendu de pouvoir discuter avec Poet ou Hippie Chick pour finaliser l’emplacement de ma cache. Heureusement, je devrais avoir du réseau sur certains points élevés du parcours, ce qui facilitera les ajustements de dernière minute.
Avant de partir, j’ai observé Poet qui aidait deux randonneurs à alléger leurs sacs. L’un pesait 50 livres et il a réussi à lui faire éliminer plus de 20 livres d’équipements inutiles, souvent entraîné par la peur ou l’inexpérience – un classique lors d’une première longue randonnée. L’autre avait 43 livres et a pu se délester de plus de 10 livres. Je suis sûr que leur dos s’en est trouvé soulagé.
Avant de quitter la ville, j’ai fait un dernier stop à la petite épicerie pour un sandwich et quelques achats. Puis j’ai dit au revoir à tout le monde et Poet m’a ramené au début du sentier. Ce séjour à Shaws a été formidable. Selon mes projets pour l’année prochaine, j’aimerais revenir travailler ici, être utile au lieu de rester statique deux semaines. Ces quinze jours resteront gravés dans ma mémoire. La douleur et la patience qu’ils ont exigées étaient grandes, mais pouvoir guérir dans un endroit aussi bienveillant a été un vrai privilège.
Depuis l’un des premiers points élevés de la journée, une vue spectaculaire sur un lac au loin.
Poet m’a quitté en me récitant un de ses haïkus emblématiques, puis je suis reparti en forêt, officiellement remis sur le sentier, sans allègement ni courte étape. Direction la “hundred mile wilderness” et le mont Katahdin. Bien qu’il reste quelques routes pour assurer une sécurité en cas d’urgence, je n’ai pas l’intention de sortir du sentier avant d’avoir passé la frontière canadienne, à environ 170 miles d’ici. Je serai sans doute dehors pour les sept prochains jours. Heureusement, j’ai gardé un chargeur supplémentaire, précieux pour cette longue section sans aucun point de recharge. Le réseau sera rare, seul un bref passage m’en offrira peut-être l’opportunité.
Ascension d’une montée raide et rocheuse.
Je suis reparti sur le sentier vers 13 h en direction du Katahdin, ravi de rejoindre enfin le Canada et de cocher cet objectif. Certes, le sentier des Appalaches ne sera pas terminé, mais avancer dans un sens ou dans l’autre est déjà une victoire. Mon objectif du jour : parcourir 11 à 12 miles, avec un abri à environ 5-6 miles et un autre proche des 12 miles. Même avec un rythme lent, je devrais arriver avant la tombée de la nuit. Un déplacement un peu plus long aujourd’hui faciliterait ma journée et mon approche de la cache alimentaire demain.
Quelle chance d’être sur le sentier aujourd’hui, par un temps parfait sous un ciel bleu azur.
La journée a commencé par une montée assez raide que j’ai plutôt appréciée. La dénivelée ne me gêne pas vraiment, et mon corps semble le tolérer aussi. Le sentier était parfois rocailleux et exposé, mais j’ai aimé cette variété. J’étais content de voir que je tenais un bon rythme, proche de 2 mph. Quelques passages techniques ralentissaient l’allure, et la douleur fluctuait, parfois plus intense, ce qui me poussait à ralentir.
Le chemin montait et descendait vers plusieurs points élevés. À un moment, en émergeant des arbres, une vue incroyable s’est imposée. Il faisait beau, le ciel était dégagé. Je suis monté jusqu’à une tour de guet que je me rappelais bien depuis mon passage en 2023, juste avant qu’il ne se mette à pleuvoir. Ensuite, nous nous sommes emmitouflés pour descendre vers l’abri suivant, situé près d’un lac, où heureusement j’ai découvert qu’il était déjà complet. Cette fois, je n’avais pas l’intention de m’arrêter, je suis donc passé sans m’attarder, me réservant environ huit miles avant le camp pour la soirée.
Un autre point élevé marqué par une tour de guet.
J’ai vérifié l’heure, mon rythme, et estimé une arrivée vers 20 h au camp. Le coucher du soleil est tardif en ce moment, il ferait encore clair. En marchant, j’ai croisé une randonneuse allant vers le sud, “Don’t Get Up Will”, rencontrée auparavant dans le Massachusetts. Quelle surprise agréable ! Nous avons pris une photo, discuté brièvement, puis chacun a repris sa route.
Le sentier passe vraiment à côté d’une épave d’avion ancienne, ce qui est assez impressionnant !
Elle m’a informé que l’abri vers lequel je me dirigeais était déjà occupé par au moins un randonneur et m’a prévenu que bien que le terrain ne soit pas excessivement difficile, la progression ne serait pas rapide. Je me rappelais avoir fait ce tronçon entier sous une pluie battante, campé à ce même abri puis parcouru près de 30 miles sous la pluie le lendemain. Si j’avais pu le faire dans ces conditions, je devrais être bien mieux aujourd’hui.
Heureusement, il n’a pas plu depuis plusieurs jours et le sentier ne présentait pas trop de boue, malgré quelques souvenirs de terrains difficiles. Le parcours était bien rocailleux et racineux, avec des sections techniques ralentissant l’allure, mais l’état de forme était bon. À mi-parcours, je me sentais même mieux que lors de la première moitié de la journée. Je constate que des changements inattendus de pente m’aident à dénouer les tensions, sans que ce soit forcément en montée ou en descente, juste une alternance irrégulière.
Incroyable qu’un avion ait pu s’écraser dans une zone aussi dense de forêt.
En chemin, mes pensées retournaient souvent à Shaws et au temps passé là-bas. Un pincement s’est fait sentir à l’idée de ne plus “vivre” dans ce lieu. J’y ai passé d’excellents moments ces deux dernières semaines. Comme je le pensais, une fois parti, le désir d’avoir un peu plus de repos se fait sentir, ainsi que la nostalgie d’avoir passé ces instants sans assez les savourer. Mais sur le moment, l’envie d’avancer était trop forte. Je me sens vraiment chanceux d’avoir partagé tout cela avec des personnes aussi incroyables.
Quelques-unes de mes photos préférées et souvenirs de mon séjour à Shaws !
Des personnes qui rendent difficile le départ, même quand on part pour faire ce qu’on aime le plus, c’est précieux. Quelle chance d’avoir rencontré des gens si gentils, accueillants et drôles. C’est tellement fort que, malgré la hâte de repartir, quitter brise le cœur. Je garderai cette expérience à Shaws précieusement, et j’ai hâte de clôturer cette étape de mon périple pour revenir y faire un saut.
Un bon dîner avec l’équipe au hostel plus tôt dans la semaine.
La soirée s’est poursuivie avec des montées et descentes raides, dans la section Chairback de la “hundred mile wilderness”. Cette partie débute par une montée longue qui vous élève sur un plateau, suivi de nombreuses alternances de montées et descentes. Ce soir, je dormirai au camp Chairback Gap, au sud du mont Chairback, dans une zone bien nichée entre deux ascensions.
Petit-déjeuner il y a quelques jours entouré de randonneurs sudbound.
Plus je marchais, plus je me surprenais à me sentir bien. Même en ne faisant qu’une douzaine de miles aujourd’hui, je me sentais mieux qu’à ce même point hier, alors que je portais tout mon équipement et ma nourriture. Si la reprise avait aggravé mon état, ça se serait manifesté, non ? Allez savoir.
À environ un mile et demi du camp, je me suis arrêté pour remplir ma gourde : la source était en contrebas, bien trop bas pour aller la chercher une fois arrivé au camp. Mieux valait avancer avec un peu d’eau en plus, d’autant que le lendemain m’attend une source assez tôt. Pas besoin de monter chargé.
Dernier effort imminent : une montée finale dans le secteur Chairback. J’ai croisé de superbes endroits pour camper, même si la plupart se situaient avant la source d’eau. Les insectes ont été plutôt discrets toute la journée, j’étais presque optimiste quant à la possibilité de dormir au refuge ce soir — une surprise agréable, puisque je ne pensais pas en voir un seul dans le Maine.
Après l’ascension finale, une jolie descente m’a conduit au refuge. Le temps avait filé plus vite que prévu et mon corps restait solide et alerte. En arrivant, surprise : un randonneur sudbound est arrivé en sens inverse, en même temps. Il y avait déjà deux autres personnes dans le refuge, tous allant vers le sud, et il restait assez de place pour quatre.
Vue depuis un autre point élevé bien dégagé.
Je me suis installé et ai discuté avec deux d’entre eux. Un autre semblait épuisé et n’a presque pas parlé, ce qui se comprend, leur randonnée ne fait que commencer. Les deux autres avaient déjà fait un thru-hike, donc connaissaient les rouages et semblaient en forme. C’était un plaisir d’échanger sur les différents sentiers de la “triple couronne”. Tous deux avaient aussi parcouru le PCT ; l’un avait même fait le CDT l’année dernière !
Dans l’esprit du sentier, ce dernier hiker, surnommé Taco, et moi avons partagé nos histoires sur le CDT pendant une bonne heure, avant de réaliser que nous nous étions rencontrés l’année précédente sur ce même sentier. Lors de cette aventure, j’avais suivi plusieurs sentiers secondaires autour de la Gros Ventre Wilderness, Teton Crest Trail et Wind River High Route, croisant à peine d’autres randonneurs. Je devine que c’est cette accumulation de rencontres et d’expériences si riches et diverses qui rend ces retrouvailles aussi inattendues qu’amusantes.
On a veillé tard à échanger, tandis que je prépare mon dîner. Ce soir, le bol pizza pepperoni Mountain House, l’une de leurs nouveautés, s’est révélé incroyable. 100 % convaincu, je compte en tester les autres saveurs. Ces repas prêts à l’emploi sont devenus essentiels depuis le début de ma randonnée, et c’est toujours excitant de découvrir une nouveauté.
Lorsque la fatigue s’est fait sentir, tout le monde s’est mis au lit, emmitouflé dans ses quilts. J’ai fait ma nouvelle routine d’étirements et de rééducation, un peu plus simple à faire sur un lit que sur un matelas de sol, mais ça a fonctionné. L’épuisement m’a ensuite rapidement emporté, ne me permettant que de débuter un peu de travail vidéo avant d’éteindre la lumière. J’ai une montagne de rédaction à rattraper, j’attendrai donc un moment calme pour dicter et éditer tout ça. Heureusement, après Katahdin, j’aurai de la marche sur route, un environnement parfait pour écrire.
En Résumé
Le départ d’un lieu où l’on s’est senti accueilli est plus difficile qu’on imagine, même quand on souhaite ardemment reprendre la route.
La météo impose souvent des choix stratégiques compliqués sur les grands itinéraires, et il faut parfois composer plus avec l’inattendu qu’avec un plan strict.
Le moral est un ingrédient essentiel, souvent aussi important que la forme physique, dans la réussite d’une longue randonnée.
La communauté sur le sentier ne se limite pas aux kilomètres parcourus, elle s’infiltre dans le quotidien, les échanges et devient un soutien indispensable.
Les moments de repos dans des environnements chaleureux préparent mieux la suite que de longues coupures loin du terrain de jeu.
Il faut savoir s’alléger pour avancer plus vite — et parfois un peu d’humilité est ce qu’il y a de mieux pour remettre son sac à dos à niveau.
Au fond, ce récit nous rappelle à quel point l’aventure est aussi une histoire de rencontres humaines et d’adaptations permanentes. Revenir dans la nature, repartir sur le sentier, jongler avec les aléas du climat et de la forme physique, tout cela forge un mental qui se nourrit de chaque pas, chaque halte, chaque regard échangé. Alors oui, on a parfois envie de ne pas bouger, de rester, de se protéger. Mais il faut pousser cette porte, dans le doute, parfois dans l’ironie de nos hésitations, pour sentir à nouveau le souffle du vent sur le visage et le rythme de la vie sur le sentier. Moi, ça me donne envie de chausser mes bottes, et vous ?
Alors que 99 % des participants terminent le marathon de Pittsburgh, le Rachel Carson Trail Challenge affiche un taux d’arrivée moyen bien plus modeste, autour de 75 %.
Ce 21 juin marquera la 28e édition de cette épreuve annuelle qui met à l’épreuve l’endurance physique et mentale de plus de 1 000 randonneurs sur trois parcours distincts.
Le défi complet consiste en une randonnée de 37 miles (environ 60 km) sur le Rachel Carson Trail, démarrant à 5h30 dans le parc Harrison Hills. Le parcours intermédiaire, appelé Homestead Challenge, s’étend sur 19 miles et débute à 10 heures au lycée de Springdale. Enfin, le plus court, le Friends & Family Challenge, est une promenade de 7 miles qui part à midi de Hartwood Acres.
Il n’y a pas de vainqueurs à proprement parler, seulement des conquérants — tous doivent boucler la randonnée avant le coucher du soleil dans le parc North, soit un délai maximum de 15 heures pour le parcours complet.
Reste à comprendre pourquoi autant de personnes se lancent dans une épreuve aussi exigeante ?
« Je n’en sais rien », confie Jim Crist, 71 ans, originaire de Hampton, bénévole aux stations de ravitaillement et fidèle du défi complet depuis sa création en 1996. « Peut-être que les mots de John F. Kennedy résonnent dans leur tête. Je crois que nous ne faisons pas le Rachel Carson parce que c’est facile, mais parce que c’est dur. Ceux qui terminent ont vraiment une raison d’être fiers. »
La sécurité reste la priorité, d’autant que le taux de finisseurs avait chuté à moins de 50 % l’an dernier, en raison des conditions météorologiques. Cette année, la météo ne s’annonce guère plus clémente : le terrain sera boueux et le thermomètre devrait grimper jusqu’à 35 °C samedi après-midi.
« Nous insistons pour que chacun reste bien hydraté, à base d’eau et de Gatorade, et qu’il soit à l’écoute de son corps. Si quelqu’un ne se sent pas bien, il faut envisager d’arrêter. Des équipes de soutien accompagneront les participants pour les ramener au point d’arrivée ou à un véhicule climatisé », explique Steve Mentzer, directeur de l’événement.
Quatre stations de ravitaillement jalonneront le parcours complet, deux seront mises en place pour le défi Homestead, et une station spécifique servira ceux du Friends & Family Challenge, permettant de se réapprovisionner.
« Cette année, nous allons réussir, surtout parce que nous avons bien préparé les ravitaillements — glace, boissons, et une vigilance accrue aux stations pour garantir la sécurité des participants », ajoute Jim Crist.
En Résumé
Le Rachel Carson Trail Challenge n’est clairement pas une balade de santé : il s’adresse à ceux qui aiment se frotter à leurs limites, plutôt qu’à ceux qui recherchent une promenade du dimanche.
Avec des températures élevées et un terrain boueux, l’édition de cette année promet de tester sérieusement la résistance des participants, qui devront bien s’hydrater sous peine de devoir abandonner.
L’esprit de la randonnée dépasse la compétition classique : il s’agit surtout d’un défi personnel, où l’essentiel n’est pas de gagner, mais de terminer.
Jim Crist, figure emblématique de l’événement, rappelle que la fierté vient de l’effort accompli, non du temps réalisé. Un discours qui a visiblement su inspirer plusieurs générations.
Finalement, au-delà des kilomètres et du dénivelé, cette épreuve est une belle invitation à se recentrer sur soi-même – un rappel salutaire que certaines expériences méritent plus que jamais d’être vécues dans la difficulté. Chez Point Sud, on trouve ça plutôt revigorant. Et vous, seriez-vous prêt à relever un défi qui vous pousse réellement dans vos retranchements ? Moi, je dis : allons-y, avec courage et un peu de folie !
Vous préparez une escapade en camping, randonnée ou escalade ? Il est possible de s’équiper tout en soutenant une boutique locale. Mountain to Sound Outfitters, nichée dans le quartier du Triangle à West Seattle, a récemment élargi son offre pour répondre aux besoins des aventuriers.
Fini les trajets hors de la péninsule pour dénicher du matériel adapté aux forêts, sommets et plages de la région. La boutique propose désormais une large gamme d’équipements dédiés au camping, à la randonnée et à l’alpinisme. Tentes, sacs de couchage, réchauds, popotes et sacs à dos sont disponibles à la vente ou à la location. Parmi les marques de référence, vous retrouverez Osprey, Big Agnes, Therm-a-Rest, Petzl et Platypus, gages de qualité pour vos sorties en pleine nature.
Pour les grimpeurs, la boutique propose aussi harnais, mousquetons, piolets et crampons afin d’affronter les terrains glaciaires de la région. Les cordes devraient bientôt compléter cet assortiment indispensable. Mountain to Sound Outfitters comprend bien que tout le monde ne peut pas stocker un équipement complet, surtout en appartement, c’est pourquoi la location est une option pratique et économique pour profiter d’un week-end d’aventure sans s’encombrer.
Ce magasin situé à l’angle de la 36e Avenue et d’Alaska est également une référence locale pour les passionnés de kayak, paddle, ski et snowboard. L’équipe invite les visiteurs et les novices à faire un tour chez eux pour découvrir l’offre et profiter des conseils personnalisés.
Par ailleurs, Mountain to Sound Outfitters organise prochainement des événements tels que les « Dog Days » et les « Demo Days » : des occasions parfaites pour tester kayaks et paddleboards. Restez attentifs à leurs prochaines annonces afin de ne rien manquer.
La boutique est ouverte du lundi au samedi de 10 h à 18 h, et le dimanche de 10 h à 17 h, prête à accompagner les habitants de West Seattle dans leurs aventures en plein air.
En Résumé
Un véritable atout pour les habitants de West Seattle qui souhaitent s’équiper localement pour leurs activités outdoor.
Un large choix d’équipements à la vente comme à la location, pratique pour ceux qui manquent d’espace ou préfèrent tester avant d’acheter.
Une offre qui ne se limite pas à la randonnée et au camping, mais qui s’étend aussi aux sports nautiques et d’hiver.
Des événements ludiques pour découvrir les produits sans pression, avec l’occasion de sortir du canapé.
Au final, avoir une boutique aussi bien fournie à proximité, c’est un peu comme une station-service pour aventurier : indispensable et rassurant. En tant que passionné, je me demande comment cela influencera nos week-ends et si cette tendance à “tout louer” ne va pas finir par transformer le plaisir de s’équiper en une simple transaction. Mais au fond, l’essentiel reste le contact avec la nature, et pour cela, un bon sac à dos local reste irremplaçable. Qu’en pensez-vous ? Prêts à chausser vos bottes ou à pagayer à la première occasion ? Voilà matière à réflexion et, surtout, à action !
Le parapluie de randonnée, allié inattendu contre le soleil et la pluie
Avant de partir pour Haleakalā, j’avais pris soin d’emporter tout le nécessaire pour me protéger du soleil : chapeau, lunettes de soleil, tee-shirt à protection UPF et crème solaire. Pourtant, lors de ma balade, j’ai rapidement constaté que mon parapluie offrait une ombre bien plus large et profonde que n’importe quel chapeau. En couvrant mes épaules, mes bras et le haut de mon corps, je me sentais beaucoup moins exposé au soleil et nettement plus frais. Je pouvais même découvrir ma tête, profitant ainsi de l’effet rafraîchissant du vent.
La toile argentée et réfléchissante du parapluie de randonnée offre une ombre généreuse et repousse efficacement les rayons UV.
Ce jour-là, j’ai parcouru près de 10 kilomètres en portant mon parapluie. Il était si léger que je ne sentais presque pas son poids. Pour libérer mes mains ou utiliser mes bâtons de randonnée, je pouvais l’attacher à mon sac grâce à une pince que j’avais achetée séparément, même si régler l’angle du parapluie demandait un peu d’habitude.
Contrairement à certains modèles, les parapluies Gossamer Gear et Six Moons possèdent une double couche argentée et noire, ce qui leur permet de bloquer les rayons UV de manière particulièrement efficace. La couche supérieure, argentée grâce à la présence d’aluminium, réfléchit les rayons venant d’en haut. La couche inférieure noire est tout aussi importante puisqu’elle absorbe les UV réfléchis par le sol. Une leçon a été retenue de l’expérience de Ron Moak qui, en traversant le désert rouge du Wyoming avec un chapeau conique en matériau isolant argenté mais sans doublure noire, s’était brûlé sévèrement.
Lors de tests comparatifs effectués pour un guide consacré aux meilleurs parapluies, la combinaison argentée et noire s’est révélée la plus performante face aux UV. Pour être juste, les parapluies noirs bloquent aussi la majorité des rayons ultraviolets.
Il n’est jamais facile de ranger ces parapluies longs, surtout sans perdre un peu de classe.
Pour ma part, j’apprécie le côté élégant que confère le tissu argenté. Et je suis plus que reconnaissant pour l’ombre supérieure qu’il m’a procurée lors de mes randonnées dans le cratère, ainsi que pendant de nombreuses sorties ultérieures.
Bien sûr, mon parapluie de randonnée ne m’a pas seulement protégé du soleil. Une fois installé avec mon compagnon de randonnée dans le cratère, nous avons essuyé une averse. Nous nous en sommes servis pour nous abriter pendant la préparation des repas puis pour bloquer la pluie battante qui s’infiltrait sous notre bâche.
Depuis, je ne pars plus en trek sans lui. En deux ans, les modèles Gossamer Gear et Six Moons m’ont défendu d’un orage de grêle dans les Sierras, ainsi que des fortes chaleurs lors de retours à Haleakalā. Il m’accompagne aussi dans la vie de tous les jours, que ce soit pour des balades ou comme parasol improvisé lors de compétitions d’athlétisme.
Aussi étrange que cela puisse sembler de voir quelqu’un brandir un parapluie sur un sentier de montagne — et même si j’aime me confronter aux éléments — ce compagnon m’a sauvé de plusieurs situations d’inconfort intense. J’ai même remarqué des regards envieux de randonneurs cuits par le soleil et trempés par la pluie.
Sans doute un peu trop spécifique pour un usage quotidien, mais si vous envisagez une randonnée en été, surtout sous un soleil ardent, je vous recommande chaudement d’emmener un parapluie. C’est peut-être l’accessoire qu’il vous manquait.
En Résumé
Porter un parapluie de randonnée peut sembler bizarre, mais c’est loin d’être inutile.
La combinaison tissu argenté et noir offre une meilleure protection UV qu’un simple chapeau.
Un parapluie léger ne gêne pas la marche, surtout s’il peut s’accrocher au sac.
Il protège aussi bien du soleil que de la pluie, voire même de la grêle surprise.
Si vous voulez éviter d’être ce randonneur rouge et en sueur, peut-être est-il temps d’adopter ce drôle d’équipement.
Alors, prêt à embrasser la politesse d’ombrage offerte par le parapluie sur les sentiers ? Moi, je dis oui. Mettons fin aux idées reçues et aux regards suspicieux : en piste, le respect du confort est une question de style et d’intelligence. Et vous, pourquoi rester bronzé comme une écrevisse quand on peut marcher à l’ombre ?
Le sauvetage récent de deux randonneurs sur la montagne Unnecessary, près de Vancouver, illustre les risques potentiels liés à une confiance aveugle dans l’intelligence artificielle lors d’aventures en pleine nature. Ces promeneurs se sont retrouvés en situation critique après avoir suivi des indications fournies par ChatGPT, démontrant ainsi les limites des technologies dans des environnements sauvages.
Les péripéties technologiques sur les sentiers canadiens
Au printemps 2025, deux randonneurs peu préparés se sont retrouvés en danger en s’appuyant exclusivement sur ChatGPT et Google Maps pour tracer leur itinéraire sur Unnecessary Mountain. Munis seulement de baskets plates, ils ignoraient que les sommets autour de Vancouver restent enneigés bien après l’hiver. Leur méprise technologique a rendu nécessaire l’intervention des secours locaux.
Brent Calkin, chef des secours à Lions Bay, a expliqué comment son équipe est intervenue : « Nous avons gravi la montagne avec des chaussures adaptées pour eux. Après avoir demandé leur pointure, nous avons apporté des bottes et des bâtons de ski. » Ce sauvetage met en lumière un problème croissant : la confiance excessive de certains randonneurs dans les outils d’IA intégrés aux applications populaires, souvent sans en comprendre les limites.
Calkin alerte aussi sur la surcharge d’informations : « Avec la quantité d’informations disponibles en ligne, il est très facile de se sentir noyé. » Ce cas n’est pas isolé ; les secours en montagne en Angleterre et au Pays de Galles rapportent une augmentation des interventions liées à la désinformation véhiculée par les réseaux sociaux et les applications de navigation.
Les jeunes randonneurs, en particulier, sont souvent attirés par des lieux à la mode sur les réseaux sociaux, sans préparation adéquate ou informations fiables. Ce cocktail d’influence sociale et d’orientations générées par l’IA peut s’avérer périlleux sur des sentiers exigeants.
Les limites de l’intelligence artificielle pour la navigation en plein air
Stephen Hui, auteur du guide « 105 Hikes », a testé les recommandations de ChatGPT et a relevé des failles inquiétantes. Si l’IA s’en sort plutôt bien pour des itinéraires populaires et fréquentés, elle devient dangereusement imprécise dès qu’il s’agit de sentiers moins connus ou de connaissances spécifiques au milieu montagnard.
Un point crucial est l’incapacité actuelle des systèmes d’IA à fournir des mises à jour en temps réel sur les conditions des sentiers ou la météo – informations vitales pour éviter les situations d’urgence. Hui rappelle : « La saison est primordiale en Colombie-Britannique. Les vues les plus belles sont au sommet, accessibles seulement de juillet à octobre. En hiver, certains tentent encore l’ascension sans réaliser qu’il neige. »
La qualité des réponses dépend aussi de la précision des questions posées, ce qui peut poser problème aux novices qui ignorent quelles informations demander pour être vraiment préparés. Sans poser les bonnes questions sur la sécurité, l’équipement nécessaire ou les dangers saisonniers, ils risquent des conseils incomplets et dangereux.
La technologie peut provoquer une illusion de sécurité en milieu naturel. Beaucoup pensent à tort que, puisque leurs smartphones fonctionnent parfaitement en ville, ils seront tout aussi fiables sur des sentiers isolés, un manque de discernement qui nie les complexités de la navigation en montagne.
L’expertise humaine face à l’intelligence artificielle
Cette opération de secours canadienne confirme que la technologie ne peut remplacer l’expérience humaine et la connaissance locale pour les activités de plein air. Brent Calkin préconise de se rapprocher des groupes de randonneurs locaux sur des plateformes d’échanges plutôt que de se fier uniquement à l’IA. Ces communautés partagent des conseils basés sur des expériences récentes et des conditions actualisées, ce que les systèmes automatisés ne peuvent offrir.
Les associations locales possèdent un avantage majeur : elles comprennent le contexte. Elles savent décoder les questions des novices et leur fournir des informations qu’ils n’auraient pas pensé à demander, comme les dangers spécifiques à certains sentiers ou les réalités saisonnières souvent ignorées par les visiteurs extérieurs.
Les failles de la technologie dépassent les applications de randonnée. Par exemple, des outils comme WhatsApp peuvent aussi susciter un excès de confiance, induisant des risques de sécurité sans que les usagers ne mesurent vraiment les limites.
La meilleure stratégie reste une combinaison d’outils numériques avec l’expertise humaine : cartes digitales et recommandations IA sont utiles, mais ne sauraient remplacer les conseils des guides locaux, des agents des parcs ou des randonneurs expérimentés qui suivent l’évolution des sentiers et de la météo.
Pratiques de sécurité pour les randonneurs modernes
L’incident sur Unnecessary Mountain rappelle l’importance des règles de sécurité en pleine nature. Un équipement adapté est indispensable : chaussures de randonnée avec une bonne semelle, vêtements adaptés aux conditions, outils de navigation fiables, eau et matériel d’urgence doivent toujours composer le bagage du randonneur.
Toute préparation passe par la consultation de plusieurs sources. Les sites officiels des parcs, les rapports d’activité récents, les prévisions météorologiques et les guides rédigés par des experts fournissent des informations bien plus sûres que les seuls conseils générés par l’IA. Cette approche multi-source permet de repérer les dangers éventuels qui échappent à une simple requête algorithmique.
Il est aussi essentiel de bien comprendre les variations saisonnières, qui transforment le profil des sentiers au fil de l’année. Ce qui est une balade facile en été peut devenir une expédition technique en hiver, nécessitant compétences et équipements spécifiques.
L’affaire vancouvéroise illustre bien que les outils d’IA comme ChatGPT peuvent apporter un certain confort, mais doivent rester des compléments à la sagesse traditionnelle des randonneurs. La montagne impose toujours respect et préparation, avec une conscience aigüe des limites de la technologie face à un environnement imprévisible où la moindre erreur peut devenir fatale.
En Résumé
Se fier uniquement à une IA pour organiser sa randonnée, c’est un peu comme demander à son GPS de cuisiner un soufflé : pratique, mais risqué.
Les chaussures de rando ne s’achètent pas en ligne sur un coup de tête, surtout pas des baskets plates pour une montagne encore enneigée.
Internet bruissant de conseils, on peut vite se noyer dans un flot d’infos sans nuance, surtout quand la météo et la nature ne prévoient aucune pause.
Les réseaux sociaux donnent envie d’aller voir des sentiers « tendance », mais ils oublient souvent de mentionner l’état des lieux réel, les surprises peuvant être glaciales.
L’intelligence artificielle s’avère utile, mais reste une apprentie sans expérience ; mieux vaut écouter le vieux randonneur du coin que le robot du net.
Se préparer, c’est consulter cartes, rapports, spécialistes et même le druide local si possible, parce que la nature ne plaisante pas.
Personnellement, cette mésaventure me rappelle à quel point la simplicité, le bon sens et la préparation restent nos meilleurs alliés face à la technologie, aussi séduisante soit-elle. La nature ne se laisse pas dompter par un clic ou un algorithme, elle exige respect et vigilance, à nous d’en tirer les enseignements – pendant que l’IA continuera son apprentissage, nous, on chausse nos bottes et on ouvre grand les yeux !
Ayant arpenté de nombreux sentiers dans le comté de San Diego — plus de 80 randonnées pour cette chronique hebdomadaire au fil des années — je me réjouis toujours de découvrir un parcours encore inconnu. Cela témoigne à la fois de la richesse des sentiers de la région et de ce qui reste à explorer. Cette semaine, j’ai parcouru East Shepherd Canyon à Tierrasanta, un aller-retour d’environ 3,8 kilomètres à travers ce canyon apaisant. Une promenade facile, rapidement achevée, mais qui donne envie de revenir, que ce soit pour une autre balade ou une séance de course à pied. Ce chemin alterne entre zones ombragées, notamment sous des eucalyptus, et espaces ensoleillés, tout en restant étonnamment calme malgré la proximité des routes et quartiers résidentiels.
Ce canyon est chargé d’histoire : il s’étend sur l’ancien emplacement du Camp Elliott, un centre d’entraînement pour les Marines, puis pour d’autres forces armées, inauguré à la fin des années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce camp a également servi de lieu de formation pour les Navajo Code Talkers, ces Marines navajos qui communiquaient via leur langue indigène pour transmettre des messages secrets.
Le point de départ situé sur Via Valarta à Tierrasanta.
La promenade invite à la réflexion, entre nature et mémoire historique. On peut débuter la randonnée depuis deux points : Via Valarta, au nord-est de Clairmont Mesa Boulevard, ou Santo Road, au sud d’Antigua Boulevard. N’ayant pas de parking officiel près du sentier Via Valarta, je me suis garé dans un quartier voisin sur Collegio Drive avant de rejoindre à pied le point de départ, clairement indiqué par une vaste pancarte d’accueil.
Lentement, le sentier descend dans le canyon, ombragé par de hauts eucalyptus. La pente est un peu raide au début, ce qui justifie des chaussures adhérentes, même si la majeure partie du chemin reste plane.
Le sentier dans East Shepherd Canyon, ombragé par des eucalyptus offrant une agréable fraîcheur.
Sur la route, quelques intersections mènent à d’autres sentiers qui grimpent sur les flancs du canyon, mais il faut rester sur le chemin principal qui tourne vers l’ouest. Ces embranchements sont de simples accès au canyon sous différents angles.
À environ 800 mètres, les arbres laissent place au soleil et l’on atteint la Dishwasher Pond, une petite mare signalée. Ce jour-là, elle était quasiment à sec, invitant à un court passage. Plusieurs bancs jalonnent le parcours, parfaits pour une pause contemplative.
Après environ un kilomètre, le souffle du soleil s’atténue grâce à un ponton en bois qui traverse un point d’eau ombragé. La balade se poursuit encore sur 500 mètres environ avant de déboucher sur Santo Road. Il ne reste plus qu’à reprendre le chemin en sens inverse.
En Résumé
San Diego recèle une multitude de sentiers discrets qui ne demandent qu’à être explorés, ce qui nous rappelle que l’aventure est souvent à deux pas, ou dans un détour inattendu.
La facilité du parcours n’exclut pas un certain respect pour l’équipement : penser à de bonnes chaussures évitera la glissade sur les pentes initiales du canyon.
La nature offre ses contrastes entre ombre et lumière, reflets d’une randonnée qui mêle plaisir et découverte.
L’histoire militaire, souvent méconnue dans ces espaces naturels, ajoute une dimension particulière à ces promenades, presque un pas virtuel dans le passé.
Disposer de bancs sur le chemin ? Une vraie bénédiction pour les contemplatifs ou les flâneurs ponctuellement fatigués.
Au fond, cette balade dans East Shepherd Canyon illustre bien combien l’exploration locale peut être surprenante et riche de sens. On pourrait presque croire qu’il suffit de lever le nez de son smartphone pour s’immerger dans un petit coin de paix, loin du tumulte urbain mais pourtant tout proche. Je vous invite à chausser vos baskets et à redécouvrir ce qui se cache sous nos fenêtres, parce qu’après tout, ce n’est peut-être pas la nature qui s’éloigne de nous, mais plutôt nous qui oublions de la voir. Rallumons la curiosité avec énergie, lançons-nous, et débattons de ce qu’il reste à explorer – ou à reconsidérer – dans nos environnements quotidiens.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai enfin dormi profondément ! La nuit dernière, les températures sont montées à environ 48°F (environ 9°C), ce qui m’a permis, malgré une nuit tardive, de me réveiller plutôt en forme. J’ai même pu dormir jusqu’à 7h30, un vrai luxe. Enfin, presque, car vers 5 heures du matin, un cerf s’est pris les pattes dans une des cordes de ma tente. Quelqu’un a dû le faire sursauter, car il a filé dans les bois… juste là où je campais. Mais ce n’est pas grave, le confort thermique a finalement eu raison de ce petit incident nocturne.
Au réveil, j’ai rapidement plié mon camp, juste au moment où de petites gouttes commençaient à tomber sur la toile de ma tente. De la sortie du sac de couchage à partir, il m’a fallu 25 minutes. Je me demande toujours si cette fameuse ligne lue dans un guide “pack and go en 10 minutes sans matériel” est sérieuse. À mon avis, plier le tapis de sol, l’oreiller et la tente prend toujours un peu de temps.
Ma première étape de la journée est Big Meadows Wayside, à moins d’un demi-mile du sentier. Le temps était maussade avec quelques gouttes, mais sans pluie soutenue, donc je n’ai pas enfilé ma veste imperméable, ce qui m’a laissé un peu humide. Une fois dans les toilettes, j’ai été très reconnaissant qu’on ait décidé de chauffer la pièce à plein régime. N’ayant pas chargé mon téléphone la veille, j’ai pu profiter des prises disponibles dans le coin restaurant de l’aire de repos. J’ai commandé un bol de petit déjeuner au saucisson et un café, savourant la chaleur et le confort pendant que mes appareils se rechargeaient.
Alors que j’étais là, la radio d’un membre des secours s’est mise à sonner de manière urgente. Elle s’est immédiatement mise en action. J’ai été surpris de voir qu’il y avait besoin d’aide si tôt dans la matinée, mais certains randonneurs étaient partis tard la veille, donc peut-être les conséquences.
J’ai rapidement pris un paquet de ramen, un sandwich et renouvelé mes réserves de barres énergétiques et de Pop Tarts. La météo annonçait une tempête conséquente qui durerait trois jours, j’ai donc décidé de modifier mes plans. J’ai appelé le Bed & Breakfast Mountain Home pour réserver un lit pour le lendemain, ce qui me faisait un jour de marche de 27 miles au lieu de 25, pas un grand changement finalement.
Après avoir rempli ma gourde, j’ai repris la route. Il est étonnant de voir un camping aussi proche du sentier, même si, en pratique, le “camping sauvage” se résume souvent à planter sa tente à quelques mètres du chemin et prétendre faire attention. Mais il y a quand même une vraie différence entre plusieurs tentes regroupées et les grandes installations de camping-car à deux pas du sentier.
Il n’est pas étonnant que le camping soit complet, aujourd’hui c’est le Memorial Day, un week-end très fréquenté par les randonneurs. Il faut redoubler de vigilance, y compris sur les endroits pour se soulager. L’étiquette habituelle du sentier semblait en baisse : déchets abandonnés, musique à fond, chiens non tenus en laisse… Le pire moment a été de voir une Subaru garée juste sur le sentier, ce qui est pour le moins gênant.
Cependant, c’est une bonne chose que tant de personnes aient l’occasion d’explorer la nature. Je trouve que nous devrions davantage intégrer ces apprentissages sur le respect de l’environnement et les bonnes pratiques en plein air dans notre système scolaire. Pour ma part, j’ai eu la chance d’apprendre grâce à des amis et des ressources en ligne, mais la plupart ne se donneront pas cette peine avant de s’aventurer dehors.
Je me sentais plutôt lourd aujourd’hui. Je pense que j’ai exagéré avec le café : environ 1 litre en partant de Big Meadows, et paradoxalement, cela m’a rendu plus somnolent. En passant devant de vastes étendues rocheuses, tout ce que je voulais, c’était m’allonger. Peut-être aussi que la déshydratation liée aux sodas d’hier n’aidait pas.
Un moment cocasse : en voulant boire de l’eau, je me suis penché et j’ai aperçu un joli mille-pattes ! Il y avait une source bien meilleure à quelques mètres, mais je suis content que le sentier m’oblige parfois à ralentir et à profiter du spectacle, même sous un ciel gris.
Vers 13h30, je suis enfin arrivé au Skyland Resort pour un ravitaillement. J’y ai retrouvé Sailor, croisée la veille. Elle m’a raconté qu’elle avait fait de l’auto-stop depuis ici jusqu’à Neropalooza, tout comme moi. Contrairement à moi qui avais plutôt été épargné, elle a pris une sacrée drache plus au sud. Incroyable comme, à moins de 50 kilomètres, le temps peut être si différent.
J’ai pris un sandwich au poulet et une soupe avant de repartir, en essayant de compenser ma fatigue avec des électrolytes. La suite : Stony Man Mountain, une randonnée très populaire. D’ailleurs, certains ont demandé qu’on cesse d’appeler les randonneurs d’une journée des “Muggles”, un clin d’œil au monde de Harry Potter.
Le sommet de Stony Man valait le détour. Là, j’ai eu la surprise de croiser un ancien collègue de Boston, reconnaissable à son équipement de la société pour laquelle je travaillais autrefois. Il était venu passer le week-end ici. Une drôle de coïncidence, un bref retour à la vie citadine.
Cinq minutes plus tard, j’ai rencontré des grimpeurs en pleine préparation d’une voie d’escalade de difficulté modérée. Ils ont été étonnés d’apprendre ce qu’était le “thru-hiking”. C’était un vendredi chargé, et si je n’avais pas été aussi fatigué, j’aurais demandé à me joindre à eux. Mais trop de sucre, pas assez d’eau, le moral n’y était pas.
Le reste de la journée, j’ai avancé doucement. Le terrain, avec son relief modéré mais ses nombreux rochers, rend la progression ardue. Ce n’est pas encore la rudesse de la Pennsylvanie, mais difficile de courir en descente même avec la technique des jambes fléchies. Je pense aussi que le fait d’avoir beaucoup mangé en ville a peut-être coupé mon énergie sur le sentier, où j’avais moins d’apports. D’autres randonneurs trouvent aussi les rochers redoutables.
Sailor m’a rejoint au niveau des aires de pique-nique du Pinnacle, où nous avons échangé sur nos expériences. Elle m’a expliqué avoir rencontré Sticks ‘n Stones, que j’ai croisé la veille, sur le Pacific Crest Trail l’an dernier. Ils ne s’étaient plus reparlés jusqu’à hier ! Elle a ensuite pris de l’avance tandis que je me régénérais avec des tortillas, du beurre de cacahuète et du miel. Manifestement, les calories comptent. Demain, après Elkwallow, il faudra vraiment que je me ravitaille sérieusement, car mes réserves fondent comme neige au soleil. Le passage au Walmart de Waynesboro m’a sauvé jusqu’ici.
Je suis arrivé au refuge Pass Mountain vers 19h30. Pas d’autres « thru-hikers » à proximité, mais un couple de cerfs habitués aux lieux faisait son apparition, ce qui m’a attristé un peu. L’un d’eux a la fâcheuse habitude de lécher le sel sur les toilettes, une scène peu ragoutante.
Dans le refuge, j’ai rencontré des randonneurs sur une section courte qui ont habilement évité le week-end Memorial Day. Red et Latefoot, qui en étaient à leurs premières sorties ensemble, et Leonidas avec Stumblina, en pleine randonnée section depuis dix ans. Cela donne une belle idée de la diversité des profils sur ces sentiers !
Je me suis installé pour la nuit dans le refuge, en sachant que demain sera une étape longue de 27 miles. Ce qui veut dire un lever tôt. Ah, la vie de randonneur… J’espère que “Late Start” (mon surnom ?), va réussir à bien dormir !
En Résumé
Une nuit fraiche mais confortable peut faire des miracles, jusqu’à ce qu’un cerf en vadrouille bouleverse la quiétude.
Le mythe du “pliez et partez en 10 minutes” est sans doute né dans l’esprit de quelqu’un qui oublie que les tapis et tentes ne se roulent pas tout seuls.
Rester au sec est un luxe, et quand ce n’est pas possible, les refuges chauffés sont un vrai petit paradis.
Le comportement des randonneurs lors des longs week-ends peut laisser à désirer, rappelant qu’il y a toujours une marge de progrès question respect.
La nature a le chic pour nous ralentir et offrir des instants inattendus, comme ce mille-pattes qui casse le rythme.
La diversité des profils sur les sentiers est fascinante : du randonneur débutant au vétéran de dix ans, en passant par les grimpeurs locaux.
La gestion de l’alimentation et de la fatigue est une jonglerie quotidienne où il est facile de déraper.
Ce qui me fascine toujours, c’est cette dualité entre la solitude profonde offerte par la nature et les rencontres qui viennent pimenter le voyage, parfois de la façon la plus inattendue. À Point Sud, on aime croire que chacun de ces pas est aussi une leçon d’humilité face à l’immensité sauvage, et une invitation à repenser notre rapport à l’environnement. Au fond, c’est peut-être cela que nous cherchons tous, non ? Une aventure qui nous questionne, qui nous secoue, et qui nous fait vibrer. Alors, vous venez quand vous chaussez vos bottes pour la prochaine ?
Voyager en solo peut déjà sembler intimidant, sans compter le casse-tête de savoir quoi emporter.
On peine souvent à différencier l’essentiel du superflu, ce qui peut entraîner à la fois un excès de bagages, des achats inutiles ou, pire, l’oubli d’objets indispensables.
Pour éviter ces désagréments, il est judicieux de préparer une liste précise, distinguant clairement les indispensables des options, afin de voyager léger et serein.
Des voyageuses aguerries ont partagé leurs indispensables pratiques, confortables et sécurisants, allant des accessoires aux vêtements, en passant par les sacs et gadgets digitaux.
Parmi elles, Jemma (@jemmastravels sur TikTok) recommande vivement les mini mousquetons de voyage, idéaux pour accrocher maillots mouillés ou chaussures malodorantes à l’extérieur du sac à dos, évitant ainsi les mauvaises odeurs dans les affaires.
Kayli (@kayli.kiing) conseille quant à elle d’investir dans des pochettes pour savons solides, qui permettent de laisser sécher ces derniers facilement sans les retrouver tout ramollis.
Voici 14 indispensables que chaque voyageuse solo devrait glisser dans son sac pour la prochaine aventure :
Jemma recommande les mousquetons de voyage.Emma met en avant les cubes de rangement compressibles.Kayli conseille d’investir dans des pochettes pour savons solides.
Sifflet de sécurité She’s Birdie : Ce petit appareil, aussi élégant qu’utile, émet une alarme de 130 dB et une lumière stroboscopique pour vous protéger lors de vos sorties nocturnes ou déplacements quotidiens.
Bouteille filtrante Simond : Pour boire en toute sécurité, elle élimine 99,99 % des bactéries et protozoaires, est légère, pliable et facile à remplir.
Bottes de randonnée imperméables Quechua : Offrant un excellent maintien et une adhérence parfaite, elles sont pensées pour les sentiers humides et les terrains accidentés.
Cubes de rangement compressibles Toifucos : Un set ingénieux pour organiser vos affaires, séparant vêtements sales, chaussures et accessoires tout en économisant de la place.
Sac à dos Bag Smart : Compact, équipé d’un compartiment sécurisé pour ordinateur jusqu’à 15,6″, et approuvé comme bagage cabine, il combine organisation et praticité.
Adaptateur universel de voyage : Petit mais complet, il permet de charger vos appareils dans plus de 150 pays grâce à ses multiples prises et ports USB.
Dude Wipes : Lingettes sans parfum, biodégradables et efficaces pour rester fraîche, nettoyer des surfaces douteuses ou pallier l’absence de papier toilette.
Pochette de cou Eagle Creek : Sous vos vêtements, ce porte-monnaie discret garde vos papiers, cartes et argent en sécurité et au sec, même sous forte chaleur.
Power bank OHOVIV : Avec une capacité de 12 000 mAh, il recharge plusieurs appareils simultanément, indispensable pour des journées sans prise électrique.
Sac à dos antivol Pacsafe GO : Fabriqué avec des matériaux résistants aux coupures, verrouillable et doté d’un compartiment anti-RFID, il protège efficacement vos biens personnels.
Mousquetons miniatures : Légers et colorés, parfaits pour suspendre vêtements ou clés à l’extérieur du sac, très prisés par les voyageuses itinérantes.
Probiotiques Optibac Travel : Conçus pour réduire les troubles digestifs liés aux changements de climat et d’alimentation, un allié santé précieux lors de longs voyages.
Boîtier étanche Matador FlatPak pour savons solides : Léger et pratique, il conserve vos savons ou shampoings secs même lorsqu’ils sont rangés hermétiquement.
Filtre de douche Tubo : Élimine jusqu’à 99 % du chlore, métaux lourds et bactéries, il protège peau et cheveux tout en étant facile à installer sur la plupart des pommeaux.
En Résumé
Fenêtre ouverte sur l’art de voyager léger : chaque objet sélectionné est à la fois simple et efficace, mais n’oublions pas que même la meilleure liste ne remplacera jamais le bon sens.
La sécurité et le confort figurent clairement en tête, preuve que voyager seule n’est pas synonyme d’inconscience.
On remarquera que la technologie et les petits gadgets ont su trouver leur place aux côtés de classiques indémodables comme les bonnes chaussures.
Un sac bien organisé avec des astuces aussi simples que les cubes de rangement compressibles peut transformer un voyage en aventure beaucoup plus fluide.
Le souci du bien-être, aussi bien physique (probiotiques, filtre à eau) que psychologique (appareils de sécurité), souligne une tendance à penser globalement son voyage.
Vous savez quoi ? Voyager en solo, ce n’est pas juste partir avec un sac à dos, c’est un art qui s’apprend au fil des kilomètres et des expériences. Chacun apprend à composer sa panoplie — entre ce qu’on rêve d’emporter et ce que l’on finit vraiment par utiliser. L’essentiel ? Garder l’esprit ouvert, apprendre à s’adapter, et pourquoi pas, tirer parti de ces petits coups de pouce logistiques présentés ici pour voyager plus léger, plus sûr, et surtout, mieux vivre chaque instant ! Alors, prêts à faire vos valises ?
De nombreuses études médicales confirment les bienfaits du plein air sur notre santé physique et mentale : il favorise la production de vitamine D, réduit le stress et la fatigue, améliore le sommeil, et demeure la meilleure médecine gratuite à notre portée.
Cependant, cette popularité croissante des activités en extérieur entraîne aussi quelques conséquences moins agréables : augmentation du trafic, accumulation de déchets, nuisance sonore, pollution des cours d’eau, troubles pour la végétation, la faune, le bétail et même pour les autres visiteurs.
En Irlande, l’association à but non lucratif Leave No Trace Ireland s’engage à promouvoir une pratique responsable des loisirs de plein air à travers la sensibilisation, la recherche et des partenariats. Ses principes sont largement reconnus dans les secteurs du tourisme, de la conservation et des activités extérieures.
Dans le cadre de sa campagne nationale “Love This Place 2025”, lancée cette année, l’organisation appelle chacun à préserver les paysages naturels irlandais afin que tous puissent continuer à en profiter de manière respectueuse, surtout avec l’arrivée de la saison estivale.
Cette initiative, désormais parrainée par plusieurs institutions majeures — parmi lesquelles le Département du développement rural et communautaire, l’Office des travaux publics, Coillte, Sport Ireland, Waterways Ireland et divers conseils locaux — a pour objectif commun de sensibiliser à la protection de l’environnement lors des activités de plein air.
Alors que de plus en plus de personnes cherchent à renouer avec la nature, que ce soit par la randonnée, la baignade, la promenade avec leur chien ou la découverte des espaces sauvages, le message simple mais essentiel de la campagne reste : « Si vous aimez cet endroit, ne laissez aucune trace. »
En pleine nature, il est conseillé de se tenir aux sentiers balisés afin de ne pas endommager les habitats ni déranger la faune, visible ou invisible. Il faut impérativement rapporter ses déchets, éviter de nourrir les animaux sauvages, et observer la faune à distance. Les propriétaires de chiens sont invités à garder leurs animaux tenus en laisse, notamment à proximité des animaux d’élevage et de la faune locale, et à nettoyer après eux.
Profiter de la nature est un privilège qui exige de sérieux devoirs envers l’environnement qui nous entoure.
En Résumé
Le plein air a des effets plus positifs que votre dernier smoothie vitaminé, mais gare aux excès qui transforment la promenade en parcours du combattant écologique.
Plus on est nombreux à envahir les sentiers, plus la nature doit se défendre contre le bruit, les déchets et les catastrophes à petits pas.
Des initiatives comme « Love This Place 2025 » s’appuient sur un joli panel d’acteurs institutionnels, histoire de donner un cadre sérieux à ces bonnes résolutions pour nos espaces verts.
Rappel pour les amateurs de ballades avec leur chien : ce n’est pas un buffet à volonté pour la faune sauvage, ni une piste de danse où tout le monde fait ce qu’il veut.
Respecter les règles n’est pas un caprice d’écologiste, c’est le minimum syndical pour que la nature continue à nous rendre pleins de services, tout en nous offrant son spectacle.
Alors, pourquoi ne pas profiter de ces recommandations pour redécouvrir nos paysages avec un brin d’humour et beaucoup de respect ? Je dis ça, je dis rien, mais si nous voulons que les prochaines générations jouent encore à cache-cache dans la forêt, il est temps de passer du rôle de simple visiteur à celui de gardien vigilant. Allez, tous à nos bonnes actions responsables, la planète nous regarde !
La West Coast Wilderness Trail de Nouvelle-Zélande est un paradoxe en soi : un territoire sauvage, mais accessible. Quitte à sonner contradictoire, c’est pourtant précisément ce que l’on ressent sur place.
Ce sentier de gravier doucement vallonné, situé dans la région la moins peuplée du pays, est non seulement adapté aux cyclistes débutants, mais également apprécié par des personnes aux capacités physiques variées.
Natalie Gauld, 58 ans, diagnostiquée d’une maladie du neurone moteur en 2022, a pédalé plusieurs fois sur la West Coast Wilderness Trail et a contribué à la guide d’accessibilité du parcours. « Cela me donne un sentiment de compétence », confiait-elle au téléphone avant mon voyage. « J’aime sa solitude. »
Natalie Gauld et Matt Rees-George sur la promenade en bois au lac Mahinapua. Photographie : Jason Blair
Ce parcours de 133 kilomètres, reliant Ross à Greymouth (ou inversement), est l’une des 23 “Ngā Haerenga Great Rides” de Nouvelle-Zélande. Il s’étend sur la côte Ouest, une bande étroite de 600 km coincée entre les Alpes du Sud glacées et la mer de Tasman bordée de palmiers. Cette région abrite des écosystèmes étonnamment voisins : des pentes glacées et des rivières glaciaires côtoient des forêts tropicales humides et des plages de galets.
Mon mari Paul et moi-même privilégions souvent les découvertes à vélo, sous toutes leurs formes – longues ou courtes, difficiles ou tranquilles. Nous ne sommes cependant pas très fans de trimbaler nos affaires ni de planifier les haltes repas ou nuits. Nous avons donc opté pour un séjour de cinq jours accompagné par l’agence Adventure South NZ, qui s’est chargée des aspects logistiques et a organisé les pauses-collations et quelques courtes randonnées dans des lieux emblématiques de la West Coast.
Un pont fermé a raccourci notre départ de 15 km, que nous avons effectué sous une pluie battante à la sortie de Hokitika. « Un vrai accueil de la West Coast », plaisantait notre guide, Tereza Unzeitigova. Mais la pluie n’a plus pesé dès que nous sommes entrés dans l’abri touffu d’une forêt nationale tapissée de mousse. La West Coast est la seule région de Nouvelle-Zélande à posséder d’importants restes de forêts pluviales de basse altitude, où poussent d’immenses podocarpes ancestraux datant de l’ère de Gondwana.
La passerelle traverse les zones humides du lac Mahinapua, accompagnée d’une ambiance sonore incroyable : oies sauvages, canards, spatules royales, bellbirds, tūī, kererū et coucous s’entremêlaient le long du trajet. Un retour au bord de mer nous a ramenés à notre hébergement à Hokitika, bouclant les 20 premiers kilomètres.
Rob et Col Pieper accueillent les cyclistes du groupe Adventure South NZ. Photographie : Tracey Croke
« Les habitants de la côte – les “Coasters” – doivent être autonomes, car nous sommes géographiquement isolés », expliquait Rob Pieper, hôte d’Adventure South NZ. Il nous a servi un dîner “de la prairie à l’assiette” avec soupe de courgettes, goulash de bœuf biologique et dal végétarien accompagné de riz, dans leur maison architecturale déconnectée du réseau. « En cas de séisme, nous pourrions être seuls pendant des mois. »
Rob et sa femme Col cuisinent pour les cyclistes du voyage. Ce couple charmant originaire des Pays-Bas gère aussi une petite ferme côtière située à Ruatapu, dans un habitat rare dédié au héron blanc. Avec un agenda bien rempli, ils se partagent accompagnement, soins, restauration et même la conduite du bus scolaire.
Tracey Croke pédalant le long du canal d’irrigation de Kaniere. Photographie : Paul Croke
Après une nuit réparatrice à l’hôtel Beachfront d’Hokitika, nous avons survolé la forêt native lors d’une promenade en hauteur, avant de poursuivre à vélo sur un sentier étroit accompagnant les eaux chantantes du canal d’irrigation de Kaniere. Avant le départ, Natalie Gauld m’avait confié que son vélo à assistance électrique peut désormais emprunter ce parcours grâce à l’élargissement des passages étroits.
Après un déjeuner fait maison dans une bergerie reconvertie avec Rob et Col, nous avons longé les rivages du lac Kaniere, puis randonner dans l’étonnante gorge d’Hokitika. Ses eaux glaciaires transportent le précieux pounamu, ou jade vert, des montagnes jusqu’à la mer.
Les jeunes médecins Nikhil Patel, 36 ans, et Anvi Butala, 31 ans, ont choisi cette piste pour la diversité des expériences offertes, le tout sur un itinéraire assez court. Pour se préparer, Anvi s’est exercée chez elle en montant dix fois une colline en une seule séance, ce qui l’a aidée à grimper sur le 400 m d’ascension ensoleillé lors du troisième jour.
Nikhil Patel et Anvi Butala à la gorge d’Hokitika. Photographie : Tracey Croke
Au sommet, le plateau fantomatique de Cowboy’s Paradise dévoilait une collection de bâtiments en ruines, séparés par une large route poussiéreuse. La descente forestière vers Kumara s’est révélée ludique, rapide et fluide. Ce soir-là, nous avons dormi au Theatre Royal, le dernier hôtel entièrement restauré des anciens chercheurs d’or, avec ses planchers qui grincent et ses chambres aux noms espiègles comme « King Dick ».
Le dernier jour, la cime glacée d’Aoraki/Mont Cook s’est dessinée derrière des plages désertes parsemées de bois flotté, où se trouvent les plus petits manchots du monde, les manchots bleus. Le vent violent qui soufflait sur le port de Greymouth compliquait la tenue du vélo. Cela n’a toutefois pas découragé Litza Reed, 53 ans, venue de Perth, qui avait loué un vélo hybride et envisageait d’acheter un VTT dès son retour.
Vue depuis la West Coast Treetop Walk, un parcours et un café accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Photographie : Tracey Croke
Notre parcours s’est terminé, mais la découverte continuait : les Pancake Rocks et leurs geysers d’eau, âgés de 30 millions d’années, la tranquille promenade dans le parc national de Paparoa, ou encore un dernier coup de pédale de 20 km pour fractionner notre retour en van à travers les Alpes vers Christchurch.
Notre seule remarque sur la West Coast Wilderness Trail : on en aurait voulu davantage. Heureusement, la Nouvelle-Zélande offre 22 autres parcours Great Rides à explorer.
En Résumé
La West Coast Wilderness Trail combine un cadre sauvage et un accès aisé, souvent rare dans les grands espaces.
Adaptée aux débutants comme aux cyclistes avec diverses capacités physiques, avec même un vélo à assistance électrique pour pallier les difficultés.
La nature y est une surprenante alliance de glaciers, forêts tropicales et plages, offrant des paysages variés sans quitter sa selle.
Le soutien logistique local simplifie grandement le voyage, car personne n’a envie de jouer à l’organisateur de voyage amateur en vacances.
Une collection d’hôtes passionnés contribue au charme et à l’atmosphère accueillante de la région, agrémentant le séjour de rencontres mémorables.
Alors, pourquoi ne pas repenser nos idées sur l’aventure ? Loin d’être une expédition éreintante ou exclusive, le vrai « sauvage » peut très bien être celui qu’on va chercher en restant confortablement sur une selle avec quelques services bien pensés. Moi, je dis que la nature a tout à gagner à se mettre à la portée de tous, et que la vraie audace, c’est peut-être d’oser simplement pédaler vers l’inconnu, guidés mais libres, prêts à découvrir le mystère et la magie d’un territoire où l’accessibilité rime enfin avec authenticité.
ST. GEORGE — La ville de St. George, riche d’innombrables sites archéologiques, engage une nouvelle initiative pour préserver son patrimoine culturel. Grâce à une subvention accordée par l’État, les autorités locales œuvrent à la protection d’un secteur particulièrement précieux, afin que ces traces du passé perdurent pour des millénaires.
Mark Goble, architecte paysagiste pour la ville, a soumis au Comité consultatif pour la conservation de l’habitat du comté de Washington un projet relatif au sentier des falaises de Diagonal Street. Ce sentier serpente à travers des terrains municipaux ainsi que la réserve désertique de Red Cliffs, créée dans les années 1990 sous la vigilance attentive de ce comité aux compétences reconnues.
Accessible au sommet de la 400 West, ce parcours est jalonné de pétroglyphes – gravures anciennes dans la roche – et de pictogrammes, des peintures rupestres qui révèlent l’histoire des premiers habitants de la région.
Malheureusement, certaines de ces œuvres sont situées dans une zone prisée par les grimpeurs. « Des personnes marchent directement sur les pétroglyphes et les touchent pendant leur ascension, sans savoir qu’ils endommagent des vestiges précieux », explique Mark Goble.
La volonté des équipes locales est désormais de sensibiliser et de mettre en place des protections pour garantir la pérennité de ces trésors, témoins invisibles du passé.
En Résumé
La richesse archéologique de St. George est une véritable mémoire sculptée dans la roche, qu’il serait dommage de gratter malencontreusement.
L’intervention publique, soutenue par un financement d’État, souligne l’importance de préserver ces sites qui racontent des histoires millénaires.
Le mélange des pratiques modernes, comme l’escalade, et des vestiges anciens crée un défi inattendu pour la conservation.
On pourrait presque se demander si les grimpeurs ont signé un pacte avec le temps, ou s’ils redécouvrent ces œuvres comme s’ils étaient les premiers visiteurs.
Au-delà des barrières physiques, une sensibilisation plus large semble nécessaire pour que le public devienne gardien de ce patrimoine, plutôt qu’un simple visiteur.
De mon côté, ce projet évoque un paradoxe fascinant : comment avancer dans nos loisirs tout en respectant les traces immuables laissées par nos ancêtres ? Je vois dans cette démarche une invitation à repenser notre relation à l’espace naturel et culturel, à conjuguer plaisir et préservation, et, plus largement, à imaginer un futur où l’homme et son passé cohabitent avec intelligence. À nous de jouer pour que demain soit à la hauteur de ce que le passé a su construire.
Après un long périple depuis le Royaume-Uni, arriver à l’Alpe di Siusi au moment de l’heure dorée relevait presque du rêve. Les agriculteurs fauchaient le foin sur les plus hauts alpages d’Europe, encadrés par les pics déchiquetés des Dolomites baignés d’une douce lumière du soir. Nous recommandons l’Hôtel Schmung, une adresse familiale où la cuisine du nord de l’Italie se savoure pleinement, avec un accès direct à des sentiers panoramiques. Les refuges le long des parcours offrent des étapes parfaites pour un déjeuner. La quiétude des lieux, les panoramas à couper le souffle et la liberté d’explorer à pied sans voiture en font un pied-à-terre idéal dans les Dolomites.
Repas avec vue dans l’est de la France
Les montagnes des Vosges en Alsace. Photo : Andrew Wilson/Alamy
Les Vosges en Alsace proposent des balades assez douces avec un balisage au top, visible sur les cartes IGN, équivalent français des célèbres cartes britanniques d’exploration. La randonnée se fait entre forêts de pins et pâturages ouverts, ponctuée de vues grandioses. Si beaucoup de Britanniques se cantonnent aux vallées et villages pittoresques, il est à ne pas manquer le charme des fermes auberges disséminées sur les collines. On y partage souvent la table avec des locaux et visiteurs allemands ou français. La plupart des plats sont issus des productions locales. Par exemple, à Glasborn-Linge, à Soultzeren, un déjeuner copieux en quatre services ne coûte que 27 €.
Sentiers d’ânes vers le plus haut sommet de Corse
Des grimpeurs progressent sur les crêtes rocheuses du Mont Cinto. Photo : Only France/Alamy
Un trajet en train spectaculaire entre Bastia et le village montagnard de Ponte Leccia ouvre la porte au plus haut sommet de l’île, le Mont Cinto (2 706 m). L’approche se fait via la sauvage gorge d’Asco. Un réseau de sentiers nommés « chemins d’ânes » offre des panoramas saisissants, des vasques naturelles dans la rivière et des terres oubliées, comme l’ancien village abandonné de Sepula. Quelques campings isolés se nichent au fond de la gorge. À mi-hauteur se trouve une station de ski où se connecte le mythique GR20, la randonnée la plus exigeante de Corse. Le printemps tardif reste la saison idéale pour profiter de la région.
Un chalet parfait dans le Montenegro céleste
Un sentier en montagne dans le parc national de Durmitor. Photo : Ljubomir Stalevic/Getty Images
Une semaine divine dans le village paisible de Gornja Brezna, situé à 1 000 mètres d’altitude au Montenegro et entouré de montagnes. La rivière turquoise de Piva forme un canyon à explorer. Les journées étaient chaudes, les nuits fraîches. Balades en vélo un peu rouillé, cafés à l’Etno village, rencontres canines locales, promenades aux herbes sauvages et courses effrénées à poil dans les bouleaux complétaient nos sorties. Plus longues excursions vers le parc national de Durmitor étaient aussi au programme. Notre hébergement, le chalet Brezan Lug de Nikola, isolé en forêt privée, offrait spa, barbecue, feu de camp et tout le confort moderne.
Camping en haute altitude dans le nord de l’Albanie
Notre guide Alex a emprunté un ferry sur le lac Koman. Photo : Hugh Mitton/Alamy
Une expérience magique dans les montagnes du nord de l’Albanie. Depuis Shkodër, nous avons rejoint le parc national de la vallée de Valbona après deux nuits sur place et une traversée en bateau du lac Koman. Sur place, camping autorisé sur le terrain de l’hôtel Rilindja, où le propriétaire nous a prodigué une foule de conseils de randonnée. Plusieurs treks somptueux s’offraient à nous, dont une boucle de trois jours jusqu’à Çerem. Les deux premiers jours, personne en vue hormis quelques bergers et quelques vipères évitées avec précaution, avant d’atteindre un sentier plus fréquenté où nous avons croisé quelques marcheurs. Les points de vue à couper le souffle, l’accueil chaleureux et les prix abordables rendaient l’expérience incomparable.
Refuges montagnards sur le King’s Trail en Suède
Les montagnes de Nallo. Photo : Alena Vishina/Alamy
Les montagnes et glaciers autour du refuge de Nallo, au nord-ouest de la Suède, m’ont tant séduit l’an dernier que je compte y revenir en juillet pour un séjour plus long. Ce refuge se situe à environ sept miles du célèbre Kungsleden (le King’s Trail) qui traverse la Laponie. Pas de réseau mobile ni de ravitaillement, donc prévoir ses provisions – disponibles aux points de départ ou autres refuges du parcours. À Nallo, on trouve un refuge accueillant avec hôte (32 € la couchette) et surtout un vrai havre de paix.
Une balade à travers le système solaire en Suisse
Le modèle de Saturne dans les Alpes suisses près de Tignousa. Photo : Bryan Conway
Une promenade fascinante de 6,5 km qui nous fait traverser le système solaire à taille réelle commence au gigantesque cadran solaire près de l’Observatoire François-Xavier Bagnoud à Tignousa, dans le Val d’Anniviers. En s’éloignant, on découvre les planètes à travers des sculptures métalliques, des panneaux informatifs et même une piste audio manuelle. Chaque planète apparaît à une distance et une taille proportionnelles au Soleil – Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter s’enchaînent rapidement sur une montée douce. Vingt minutes plus tard, Saturne, avec ses anneaux argentés, domine une vue spectaculaire sur la vallée et le Rhône à un kilomètre en contrebas. Uranus invite à une baignade rafraîchissante en ruisseau de montagne, prélude à une ascension plus raide d’une demi-heure vers Neptune, où un déjeuner en terrasse du XIXe siècle, au Weisshorn, offre un panorama alpin splendide à 2 300 mètres.
Fleurs rares dans les Apennins italiens
Asters alpins dans les Abruzzes. Photo : Nature Picture Library/Alamy
J’ai exploré le parc national de la Maiella, dans les Abruzzes, à deux heures seulement à l’est de Rome, refuge du ours brun marsicain, du chamois d’Abruzzes et des loups, tandis que les vautours fauves planent au-dessus. La végétation résistante à la sécheresse et les vallées abruptes cachent des grottes autrefois habitées par des ermites – un souvenir fascinant de ces modes de vie retirés. Une profusion botanique s’offre au randonneur, avec des espèces rares telles que l’edelweiss des Apennins, la gentiane, l’aster alpin et le dryas, relique glaciaire. À travers ces sentiers anciens et pentes rocheuses, la vue s’étend jusqu’à la mer Adriatique.
Montagne « risquée » en Allemagne
Plateforme d’observation sur le mont Wank. Photo : myLAM/Alamy
Plutôt que d’affronter le Zugspitze, sommet allemand le plus haut (2 962 m), souvent bondé et onéreux, nous avons choisi, lors d’une visite estivale à Garmisch-Partenkirchen, de prendre le téléphérique du mont Wank (1 780 m). Là, la douceur des prairies alpines, la vue splendide sur la vallée et la tranquillité nous attendaient. Il faut absolument savourer une bière fraîche sur la terrasse ensoleillée du restaurant Sonnenalm. Pour les plus vaillants, un sentier bien balisé permet de descendre à pied en ville ou, plus simplement, de reprendre le Wankbahn.
Conseil gagnant : suivre le courant dans la Sierra Nevada espagnole
Les acequias (canaux d’irrigation) des Alpujarras en Andalousie offrent de belles randonnées. Photo : geogphotos/Alamy
Marcher le long des acequias dans les Alpujarras, sur le versant sud de la Sierra Nevada, à la suite de ces canaux d’irrigation vieux de 1 200 ans, construits par les Maures, alors que les sommets enneigés culminent près de 3 500 mètres. L’Acequia Baja, depuis la piste forestière au-dessus de Capileira, serpente vers la vallée de Poqueira, située au pied des trois plus hauts sommets d’Espagne continentale, tandis que des aigles bottés tournoient dans les courants ascendants. Par temps clair, on aperçoit même la Méditerranée et les montagnes du Rif au Maroc. Malgré l’altitude, cette promenade s’avère plutôt facile et agréable.
En Résumé
Les Dolomites offrent un cadre à la fois mystique et accessible, idéal pour qui veut troquer la voiture contre les chaussures de randonnée.
Les fermes auberges des Vosges mêlent le plaisir des papilles au charme authentique des villages d’Alsace.
En Corse, les chemins d’ânes ont plus d’un secret, entre panoramas vertigineux et villages oubliés.
Le Montenegro prouve qu’on peut allier déconnexion, confort moderne, et un brin de liberté chevillée au corps.
L’Albanie réserve encore des expériences aussi vraies qu’isolées pour les randonneurs aventureux.
En Suède et en Suisse, solitude et émerveillement s’entremêlent sur des sentiers peu fréquentés.
Les fleurs rares des Apennins ou les « acequias » andalouses racontent des histoires de la nature et de la culture millénaires, avec la touche d’exotisme qu’on aime.
En Allemagne, il semble que choisir l’option « mont Wank » plutôt que la Zugspitze, plutôt fréquentée, ait du charme. Un peu moins risqué, mais tout aussi savoureux…
Finalement, ces escapades alpines, corsées parfois, douces souvent, nous rappellent qu’en montagne, chaque sentier est un fragment d’histoire, chaque sommet, une nouvelle perspective. Et si pour une fois, on laissait le bitume derrière nous, pour aller retrouver ce goût un brin nostalgique de la nature, et la douce récompense des panoramas gravés dans nos mémoires ? Je dis oui, et vous ?
Un élan têtu force la fermeture d’un sentier de randonnée très prisé dans les Adirondacks
La nature reprend parfois ses droits de manière inattendue. Dans la région des Adirondacks, dans l’État de New York, un sentier de randonnée populaire a récemment dû être fermé. La raison ? Un élan mâle, apparemment très territorial, a élu domicile au cœur du chemin, rendant la promenade trop risquée pour les visiteurs.
Les autorités en charge de la gestion des parcs, notamment le Département de l’Environnement de l’État de New York, ont pris cette décision pour prévenir tout incident. Malgré plusieurs tentatives pour inciter l’animal à quitter les lieux, l’élan persiste dans son comportement, s’installant durablement sur le sentier de Goodman Mountain, près de Tupper Lake.
Ce phénomène, loin d’être un simple fait divers, illustre la complexité des cohabitations entre humains et faune sauvage dans des zones naturelles protégées. L’animal, imposant et attachant, fascine autant qu’il inquiète, poussant les gestionnaires du parc à privilégier la sécurité des randonneurs.
En Résumé
Un élan mâle campe sur un sentier très fréquenté, rendant la randonnée impossible sans risque.
Malgré plusieurs tentatives d’intervention, l’animal reste inflexible, imposant sa présence.
La fermeture temporaire du sentier vise surtout à éviter les rencontres potentiellement dangereuses.
Ce cas souligne les défis de la gestion des espaces naturels où la faune reprend ses droits.
Au-delà de cet épisode, on pourrait s’interroger sur la place que nous voulons vraiment laisser à la nature dans nos loisirs. Quand un élan décide de squatter un sentier, est-ce un signe que les humains envahissent trop ces espaces, ou simplement un rappel que la nature a ses propres règles ? Chez Point Sud, nous pensons qu’il est temps de repenser notre manière de cohabiter avec la faune sauvage, avant que ce soit elle qui dicte la fermeture de nos chemins préférés. Qu’en pensez-vous ?
Ce matin, je me suis réveillé vers 6 heures, puis je me suis rendormi. Je me disais que les derniers jours sur le sentier approchaient, autant profiter pour un peu plus de sommeil. Résultat : je suis resté au lit jusqu’à plus de 9 heures, ratant le petit déjeuner. Mais ce n’est pas grave, ça m’a fait du bien de reposer mon corps. Après cela, la journée a commencé en mode très tranquille.
J’ai passé la majeure partie de la matinée et du début d’après-midi au lit, à écrire un peu et regarder des vidéos. J’ai aussi contacté le professeur Carl, qui a bouclé en 2022 ce qu’on appelle le « triple couronne » – trois grands sentiers nord-américains – au cours d’une même année. Je viens de télécharger l’application Gaia pour commencer à planifier la suite après Katahdin, et je voulais vérifier avec lui l’itinéraire exact qu’il avait emprunté. Entre Katahdin et l’International Appalachian Trail, il y a environ 18 km. Mais honnêtement, je ne prévois pas de parcourir cette partie du sentier cette année. À la place, on peut marcher un long moment sur des chemins de terre, puis progressivement sur des routes principales qui passent très près du sentier. Je pourrai peut-être faire un tronçon parallèle au sentier, tout dépendra du choix d’itinéraire, notamment si je décide de passer par un motel, ce qui reste à déterminer selon les étapes.
Mon échange avec lui visait surtout à confirmer son chemin. La portion de l’International Appalachian Trail entre Katahdin et Fort Fairfield – où la frontière canadienne se trouve – fait environ 225 km. J’ai donc opté pour un itinéraire alternatif, vaguement moitié moins long : 110 km. Le choix est donc vite fait. Pour ce qui est des étapes entre Key West et Springer Mountain, je ne suis pas trop attaché à suivre le parcours du Eastern Continental Trail. Même chose ici dans le nord. Sur l’Appalachian Trail, j’ai vraiment suivi le parcours officiel cette année, par respect pour les nombreux randonneurs qui tentent le défi du “Calendar Year Triple Crown” (CYTC). Ça ne serait pas honnête de zapper une grosse partie du sentier et prétendre faire le CYTC. Par contre, pour le Continental Divide Trail, ça va être un peu différent. Je souhaite maximiser la distance parcourue, tout en restant flexible, car ce sera mon dernier sentier de l’année.
Je suis étonné de voir à quel point mon corps se sent reposé ces derniers temps. Fini la sieste, plus d’énergie au rendez-vous.
C’était agréable de reprendre les cartes et avancer dans ma planification aujourd’hui. Je suis quasiment prêt à repartir à tout moment. Il me reste encore à peaufiner quelques détails concernant la nourriture. Mais il semble possible de faire un ravitaillement peu après le sommet de Katahdin, ce qui est parfait. Cela signifie que je ne devrai pas porter trop de provisions en montant la montagne, juste de quoi tenir jusqu’en milieu d’après-midi le lendemain. Une excellente nouvelle.
Ma productivité a oscillé tout au long de l’après-midi, un mode de fonctionnement assez habituel chez moi : parfois à fond, parfois à faire du “doomscrolling” pendant des heures. En fin d’après-midi, j’ai eu faim, alors je suis allé à l’épicerie du village, devenu un petit rituel quotidien. D’abord, c’est l’occasion de prendre des calories, mais surtout ça donne un but et un déplacement physique à mon corps, même léger.
En attendant mon sandwich au magasin général de Monson.
Sur place, j’ai pris deux sandwiches, des snacks et quelques boissons, puis je suis allé au parc à proximité. Un joli abri m’a servi de refuge pour déjeuner tranquille. Cela m’a aussi permis d’enregistrer enfin une vidéo YouTube d’une durée correcte. J’avais ce projet en tête depuis longtemps, il fallait simplement me lancer.
Le parc de Monson est vraiment adorable. Je suis resté longtemps sous cet abri.
La vidéo a duré entre 30 et 40 minutes, je ne sais pas encore combien de temps elle fera après montage, mais je suis content de l’avoir faite. J’espère aussi filmer encore deux autres choses avant la reprise de la randonnée. Je prends tout journée par journée, pas sûr d’avoir toujours l’énergie. Je suis à la fois motivé pour repartir, mais je ne veux pas précipiter la guérison.
De retour à l’auberge, j’ai essayé de commencer le montage du film. L’enregistrement est la partie la plus simple, monter et couper demande beaucoup plus d’énergie et de temps. J’ai aussi mangé un peu plus en fin de journée.
Après cette longue vidéo, une petite glace comme récompense !
Au fil de la journée, d’autres randonneurs sont arrivés à l’auberge, y compris un homme nommé Just Mike, qui descend le sentier à l’envers. Apparemment, nos chemins se sont croisés en Pennsylvanie. Plus la conversation avançait, plus on réalisait qu’on s’était rencontrés sur le Continental Divide Trail (CDT) l’année précédente, via un ami commun appelé Catmando, que j’avais aussi croisé. Finalement, après un peu de réflexion, on s’est rappelé quand et où cette première rencontre avait eu lieu – le monde de la randonnée est décidément petit.
Un vrai plaisir de se retrouver autour d’un feu de camp.
Just Mike et moi avons discuté longuement dans le salon des randonneurs. Il m’a parlé de son lien avec ALDHA, l’organisation importante du sentier des Appalaches, qu’il fréquente régulièrement. Chaque année, ils décernent un nombre très limité de plaques aux randonneurs qui ont achevé les trois sentiers du triple couronne, une belle reconnaissance. On a aussi évoqué la conférence de cette année, prévue au Colorado – si je passe dans le coin à ce moment-là, ce serait une belle opportunité d’y assister.
Plus tard, un autre randonneur, surnommé Poet, a allumé un feu à l’extérieur. Nous nous sommes rassemblés en groupe, profitant du feu qui repoussait les moustiques voraces – j’en ai fait les frais quand je filmais la vidéo. Je suis resté dehors longtemps avec tout le monde, probablement jusqu’à plus de 22 heures.
Je crois que c’est la première fois que je mange un smore en randonnée !
Finalement, je suis rentré me détendre, savourant un dessert glacé. Couché, j’ai alterné entre un peu de travail sur mon téléphone et du temps passé à défiler sans but. J’espérais une nuit plus courte que la précédente… même si je suis encore resté tard. J’aimerais vraiment me sentir en forme demain matin pour parcourir quelques kilomètres. Mais je prends ça jour après jour, selon mon état. Le matin est souvent le moment le plus difficile, avec cette raideur et les douleurs aux tendons qui fluctuent. Un coup je me sens super bien, la minute suivante plutôt moyen. Ce va-et-vient me freine, j’ai peur d’accélérer le rythme sans être pleinement prêt.
En Résumé
Prendre son temps pour récupérer ne signifie pas renoncer, surtout quand le corps donne des signaux divergents.
La planification flexible peut s’avérer plus utile que le respect strict des sentiers, question de pragmatisme et d’efficacité.
Les rencontres fortuites démontrent combien l’univers de la randonnée est petit, malgré les kilomètres parcourus.
Un bon feu de camp et quelques douceurs, même en milieu sauvage, ne sont pas négligeables pour le moral.
La technologie – apps, vidéo, échanges numériques – devient l’alliée discrète mais essentielle du randonneur moderne.
Au final, cette parenthèse paresseuse puis productive sur le bout du sentier m’enseigne que chaque jour est une aventure mentale autant que physique. Je vois bien que chercher à tout prix à avancer n’est pas toujours la meilleure solution. Alors, je choisis de savourer ces instants presque hors du temps, de bâtir mon récit au rythme de mes pas et de mes pauses, et d’accueillir l’inattendu. Et vous savez quoi ? C’est peut-être là que réside la vraie richesse de ce type de voyage. Allez, vivons pleinement cette oscillation entre mouvement et repos, et laissons nos esprits voyager aussi loin que nos jambes !
CHICAGO — Alors que les températures se réchauffent et que la ville se prépare à une saison estivale riche en concerts, événements culturels et festivals de rue, une habitante de Lincoln Square propose une manière originale de profiter du plein air : des randonnées qui se terminent dans des brasseries.
Trail to Taproom est une entreprise qui allie balade en groupe, dégustation de bières et découverte des réserves naturelles du Midwest, le tout à bord d’une charmante camionnette vintage.
« J’ai toujours voulu vivre en ville pour tout ce qu’elle offre, mais sans renoncer à la nature qui nous entoure », explique Erica Zazo, fondatrice de Trail to Taproom. « Comment rendre l’aventure accessible à tous ? »
Trail to Taproom organise chaque mois des excursions durant les beaux jours. Les participants peuvent s’inscrire selon le principe du premier arrivé, premier servi. Pour un prix fixe, ils bénéficient d’une journée complète mêlant randonnée, rencontres, transport aller-retour vers les espaces naturels et la brasserie.
La prochaine sortie aura lieu samedi dans le Michigan, à l’occasion du mois des fiertés, avec une randonnée dans le parc d’État de Grand Mere, suivie d’une dégustation au St. Joe Community Taproom.
Les excursions Trail to Taproom proposent des randonnées de différents niveaux. Crédit : Ryan Calacsan
Erica Zazo, qui utilise les pronoms elle/iel, envisageait depuis longtemps de combiner randonnées et dégustations. L’achat en 2024 d’une Toyota Hiace Grand Commuter de 1992, un joyau vintage japonais à conduite à droite, a donné naissance à son projet.
Cette camionnette, baptisée « Urb » pour « urban van » et en hommage à la devise latine de Chicago « Urbs in Horto » (la ville-jardin), transporte le groupe au cœur des milieux naturels locaux.
« Nous avons ici des habitats uniques : prairies, bois, savanes, dunes… Tout est accessible à proximité du lac et dans les réserves forestières », précise Erica.
Le comté de Cook compte 70 000 acres de forêts, mais leur accès sans voiture reste compliqué. Trail to Taproom veut réduire ce frein.
« Pour moi, il suffit simplement de franchir sa porte pour être aventurier. À Chicago, la nature est si proche qu’il suffit parfois d’un petit coup de pouce pour la découvrir », ajoute-t-elle.
Les participants profitent d’un déjeuner lors d’une récente excursion Trail to Taproom. Crédit : Ryan Calacsan
Chaque aventure débute à un point de rencontre central, souvent le café Bitter Pops à Lakeview, où les randonneurs peuvent prendre un petit déjeuner avant de monter dans la van ensemble. L’ambiance musicale est un choix collectif, avec des cassettes allant de Bruce Springsteen à Cher.
Les parcours sont adaptés à tous les niveaux. Après l’effort, la camionnette conduit les participants dans une brasserie locale pour se restaurer et profiter de bières souvent artisanales, avant de revenir en ville.
Le billet comprend aussi un petit souvenir : un autocollant illustré de la van, créé par une artiste locale.
Originaire du Michigan et journaliste spécialisée dans les activités de plein air, Erica vit à Chicago depuis 2015. Elle a notamment dirigé Mappy Hour Chicago, un groupe urbain d’amateurs de nature, et souhaite renforcer le lien social autour de ces sorties.
« Voir des inconnus se parler sur le sentier ou partager un moment dans la van, c’est toujours magique. Ça ressemble à une petite virée entre amis », confie-t-elle.
Les voyages en van permettent de créer un esprit de communauté autour des randonnées et des bières. Crédit : Ryan Calacsan
L’acquisition d’Urb s’inscrit aussi dans cette volonté collective. « Un voisin vendait ce van, et il souhaitait le céder à quelqu’un qui le remettrait au service d’une communauté, pas juste pour lui », raconte Erica.
Avec ses neuf places, le véhicule accueille aussi bien des randonneurs solitaires que de petits groupes d’amis. En plus des sorties publiques, il est possible de privatiser la van pour des événements sur mesure.
Les projets à venir incluent des collaborations avec davantage de brasseries locales et la création d’excursions personnalisées. Même si le nom évoque la bière, Erica prévoit aussi d’élargir l’offre, par exemple en associant randonnées, concerts en plein air et festivals de quartier.
Enfin, dans un souci d’accessibilité, Trail to Taproom souhaite coopérer avec des associations de plein air. Le van pourrait offrir un transport gratuit pour amener les passionnés vers des sites plus éloignés.
Les sorties Trail to Taproom mettent l’accent sur des groupes à taille humaine. Crédit : Ryan Calacsan
Malgré son développement, l’entreprise veille à conserver des groupes réduits, favorisant une expérience intime.
« Le véhicule accueille dix personnes, c’est parfait pour préserver la convivialité. On ne déverse pas une foule sur les sentiers. Je pense que nos sorties resteront toujours à taille humaine. C’est précieux de rassembler des gens autour d’une passion commune pour la randonnée et la bière artisanale », conclut Erica.
En Résumé
Marcher jusqu’à une brasserie avec une bande d’inconnus, voilà une idée qui vous fera revoir vos sorties dominicales.
Un van vintage nommé Urb transporte neuf heureux randonneurs, passez votre commande musicale en live à bord.
L’aventure est accessible sans voiture, un petit luxe pour les citadins avides de nature sans sacrifier le confort.
Les excursions mêlent convivialité, découverte de sites naturels variés et dégustation locale – pas forcément pour les amateurs de marathon.
Un autocollant en souvenir, histoire de marquer le coup après avoir usé ses chaussures et savouré sa bière.
Le projet cherche aussi à se faire partenaire des associations pour que la nature soit moins un secret bien gardé.
Au final, Trail to Taproom illustre parfaitement cet élan contemporain : renouer avec la nature sans se couper de la vie sociale dynamique en ville. Mais n’est-ce pas là la véritable aventure, réconcilier l’urbain et le sauvage, la bière et les sentiers ? Moi, je dis, à quand la version française de ce road trip belge-chic ? Parce que ça mérite qu’on en parle, qu’on bouge et surtout, qu’on trinque ensemble !
Paysage naturel à couper le souffle, digne d’un conte de fiction. Crédit : Getty Images
Située au cœur du courant chaud Kuroshio dans la mer de Chine orientale, l’île de Yakushima profite d’un climat subtropical doux tout au long de l’année grâce à une température moyenne de l’eau à 19,2°C même en hiver. Ici, les étés restent frais tandis que les hivers restent tempérés, une rareté qui contribue à la richesse écologique et humaine de l’île.
Les habitants aiment décrire la diversité du relief ainsi : « Côté océan, Yakushima rappelle Okinawa, mais dans les montagnes, c’est plutôt Hokkaido ». Une autre expression locale, plus réaliste, souligne « À Yakushima, il pleut 35 jours par mois », ce qui ne figure guère dans les brochures touristiques, mais rend bien compte de l’atmosphère verdoyante qui règne.
Dès le débarcadère, une courte promenade mène à l’hôtel Yakushima Ocean & Forest, un établissement de 60 ans au charme officiel, autrefois bâtiment gouvernemental rénové en un hôtel aux allures de station alpine. Ses 90 chambres offrent toutes une vue sur l’océan, notamment celles de style occidental avec balcon surplombant des falaises battues par les embruns salés. Pourtant, c’est dans une chambre japonaise traditionnelle, sur un tatami, que l’on savoure la sérénité, en sirotant un thé avant de retrouver un futon roulé au sol pour la nuit.
Avec une semaine sur place, il serait possible de parcourir l’île en détail via la route circulaire, mais en deux jours, la découverte se concentre sur la côte nord-est, où alternent villages, vergers d’agrumes, plantations de thé et cultures de pommes de terre, tandis que bougainvilliers, papayers et bananiers bordent les routes.
À l’embouchure de la rivière Anbo, où la plage baigne dans une eau chaude et accueillante, nageurs, plongeurs et snorkelers se donnent rendez-vous. Mais mon guide, Mizuha Higashi, surnommée Mish, m’emmène en kayak en amont, sur une rivière cernée par une forêt dense de rhododendrons géants, camphriers et hêtres. L’expérience de la « douche forestière » invite à pagayer entre racines et pierres, à plonger le regard dans les eaux limpides, au rythme tranquille de la nature.
Sur le chemin du retour, Mish désigne une modeste maison au bord de l’eau où Hayao Miyazaki et l’équipe clé du film Princess Mononoke ont séjourné pour étudier ces forêts si particulières, un hommage qui prend tout son sens dès le lendemain lors de notre randonnée dans la vallée de Shiratani Unsuikyo.
Pont suspendu pittoresque sur le sentier. Crédit : Getty Images
Le sentier suit un ruisseau cristallin, serpentant entre de gros blocs de granite et un pont suspendu digne d’un conte de fées. La végétation devient plus dense à mesure que l’on gagne de l’altitude, plongeant sous une canopée composée d’azalées, cerisiers sakura, sorbiers, pruches et sapins. De vieux camélias au tronc orange vif voisinent avec des cèdres millénaires, véritables géants de la forêt, si larges qu’on ne peut les enlacer, qui jalonnent le chemin comme autant de divinités sylvestres.
Le sentier Taikoiwa Rock, en temps normal long de 5,6 km (environ 4 heures de marche), s’est rallongé à 10 km à cause des pluies récentes. Cette variante emprunte le chemin de Kusugawa, vieux de plusieurs siècles, construit entre 300 et 400 ans auparavant pour permettre aux bûcherons de récolter les cèdres – ces arbres majestueux dont les troncs droits servaient autrefois aux tuiles légères appelées hiragi, utilisées comme monnaie pour payer les impôts fonciers.
On découvre en chemin le cèdre Kuguri-sugi, dont le tronc fendu forme une porte naturelle que l’on peut traverser, ainsi que le Nanahon-sugi, âgé de 2 000 ans et culminant à 18 mètres.
Un amoureux des arbres en pleine immersion. Crédit : Penny Watson
Au sommet, à près de 900 mètres d’altitude, la forêt couverte de mousse de Princess Mononoke enveloppe les visiteurs d’un voile mystique, presque irréel. Une brume blanche rafraîchissante accentue le silence sacré de cet endroit préservé, où Kazuo Oga, emblématique artiste du Studio Ghibli, aimait dessiner inlassablement son univers magique.
Comme le dit Ashitaka dans le film, « cet endroit est magique… un lieu pour dieux et démons ». Cette forêt, figée dans le temps, repose sur un tapis vert éclatant où butinent les libellules, où fleurissent de minuscules plantes, et d’où sortent les racines gigantesques qui pourraient bien abriter la maison secrète de petites créatures fantastiques.
Figurines des esprits de la forêt Kodama sur le sentier Taikoiwa Rock, vallée Shiratani Unsuikyo, Yakushima.
À point nommé, un jeune couple japonais immortalise les figurines des kodama, ces esprits blancs emblématiques qui apparaissent dans la forêt quand celle-ci est saine, symbolisant l’espoir pour la nature dans le film et dans la vraie vie.
Nous poursuivons, enchantés, jusqu’à Taikoiwa Rock, sommet rocailleux du sentier, où le silence règne, doucement troublé par les éclats joyeux de notre guide.
Informations pratiques
Il est possible de rejoindre Yakushima depuis Sydney via Tokyo, avec des compagnies aériennes japonaises assurant la liaison jusque Kagoshima, puis un ferry de deux heures mène sur l’île.
L’hôtel Yakushima Ocean & Forest propose différentes catégories de chambres, incluant un onsen traditionnel, et des formules avec dîner Kaiseki authentique. Les tarifs débutent autour de 12 000 yens.
Pour les randonnées et excursions en kayak, le guide Sangaku Taro offre des prestations de qualité avec des accompagnateurs anglophones expérimentés.
En Résumé
L’île de Yakushima cultive un climat subtropical atypique grâce au courant Kuroshio, adoucissant ses saisons avec une météo capricieuse, voire pluvieuse.
La part belle est faite à la nature intacte, aux forêts millénaires et à une biodiversité qui a inspiré l’univers poétique de Studio Ghibli, un vrai plus pour ceux qui aiment marcher dans les pas de la création artistique.
Randonner ici, c’est un savant dosage entre immersion totale en pleine nature et soupçon d’histoire – fordée par les bûcherons d’antan – qui rythme la découverte.
Loger dans un hôtel aux allures de chalet alpin au bord de falaises océaniques complète l’expérience, un peu décalée mais très attachante.
Mais soyons francs, réserver seulement deux jours pour Yakushima, c’est un peu comme vouloir lire un roman épique en feuilletant rapidement les premières pages. Imaginez donc ce que l’île réserve à ceux qui prennent le temps, qui marchent lentement, qui savent écouter les arbres et plonger dans le mystère… Alors, prêts à délaisser les plages saturées pour une aventure tout en mousse et légendes ? Moi, je dis : fonçons !
Ce kit comprend un filtre à eau à visser avec système de pression, deux poches pliables de 1 litre, un embout buccal remplaçable et un outil de nettoyage pour filtre à seringue. Son poids total est de seulement 85 grammes. Il filtre efficacement bactéries comme la salmonelle, le choléra et E. coli, ainsi que les protozoaires tels que Giardia et Cryptosporidium.
Ce filtre a conquis mon quotidien grâce à sa simplicité d’utilisation, sa polyvalence, sa compacité et l’absence d’attente pour obtenir de l’eau potable. Il suffit de remplir la poche, de visser le filtre puis de presser pour faire sortir l’eau filtrée dans une gourde. Pas besoin de patienter comme avec des comprimés ou des systèmes à gravité, et aucune odeur étrange, seulement de l’eau fraîche, pure et agréable. Et pour ceux qui trouvent l’opération trop longue, il est même possible de visser directement le filtre sur une bouteille d’eau et de boire à la source — une vraie révolution. En résumé, c’est un système rapide, léger et facile à transporter que je recommande sans réserve.
Attention toutefois pour les personnes immunodéprimées, il est essentiel de lire attentivement les consignes du fabricant pour assurer la sécurité d’utilisation.
Avis d’utilisateur : « Compact, facile à utiliser, véritable sauveur. Ce filtre n’a que des avantages. Il est suffisamment petit et léger pour se glisser dans mon sac avant toute sortie — randonnée, pêche, camping ou simple baignade en lac. Il s’adapte parfaitement aux bouteilles Smartwater, mais attention : boire avec le filtre vissé empêche l’entrée d’air, ce qui fait que la bouteille s’écrase en altitude. Je dévisse légèrement le filtre après avoir bu, ce qui résout le problème, même si certains pourraient trouver cela fastidieux. Pour ce que j’en sais, la filtration fonctionne impeccablement, je n’ai eu aucun souci de santé ! »
En Résumé
Un kit ultra léger et compact, parfait pour les voyageurs minimalistes ou les randonneurs exigeants.
Fonctionnement simple et immédiat, sans temps d’attente à déplorer.
Permet de boire aussi bien depuis des poches d’eau que directement en bouteille.
Un léger inconvénient : l’absence de ventilation lors de la filtration peut provoquer l’écrasement des bouteilles, solutionné par un simple geste.
Bien lire les consignes si votre système immunitaire est fragile, car la sécurité passe avant tout.
Au fond, ce genre d’innovation redéfinit ce que doit être un filtre d’eau nomade. Fini les gadgets compliqués, place à la praticité en un geste. Alors, lorsqu’on se demande encore s’il faut investir dans un tel accessoire, je réponds clairement que simplifier l’accès à de l’eau propre n’est jamais une mauvaise idée. Et vous, qu’est-ce qui vous freine encore à franchir le pas ?
Vue vers le sud depuis le sommet du col Chilkoot. Crédit photo : National Park Service
Le célèbre sentier Chilkoot, long de 53 kilomètres et reliant Dyea en Alaska à Bennett en Colombie-Britannique, est officiellement ouvert pour la saison estivale 2025.
Cependant, cette année encore, les randonneurs ne sont pas autorisés à franchir la frontière internationale entre le Canada et les États-Unis via ce sentier, une mesure en vigueur depuis 2022.
Les services des parcs nationaux des deux pays ont confirmé que, bien que chaque côté du sentier soit accessible aux marcheurs — du 4 juin au 13 septembre au Canada, et à des dates similaires aux États-Unis —, la frontière située au sommet du sentier reste fermée pour le passage d’un côté à l’autre. Ainsi, les randonneurs doivent commencer et terminer leur parcours sur le même territoire.
Le 5 juin 2025, Parcs Canada a mis à jour ses informations en ligne, indiquant clairement : « Le franchissement de la frontière internationale sur le sentier Chilkoot n’est pas autorisé durant la saison de randonnée 2025. » Cette annonce vient clarifier une période d’incertitude, où les autorités douanières canadiennes évaluaient encore la capacité des randonneurs à satisfaire les obligations légales d’entrée sur le territoire.
La décision finale maintient donc l’interdiction, justifiée par la nécessité de garantir la sécurité et le respect des procédures de déclaration dans ces zones frontalières isolées.
Autrefois voie majeure durant la ruée vers l’or du Klondike, le sentier Chilkoot avait été fermé en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19. En 2021 et 2022, des dégâts causés par des inondations du côté américain avaient retardé sa réouverture. Bien que l’accès américain soit enfin rétabli en 2025, la restriction de passage transfrontalier persiste.
Cette contrainte reflète une surveillance renforcée des passages frontaliers isolés. En janvier, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) avait déjà annoncé la fin des permis pour les randonneurs empruntant le Pacific Crest Trail en direction nord, mettant fin à une autre route populaire traversant la frontière.
Le caractère éloigné et accidenté du sentier Chilkoot complique le contrôle et la vérification des entrées légales, d’autant que la frontière n’est dotée d’aucune infrastructure douanière permanente.
Par ailleurs, le gouvernement canadien envisage l’adoption du Strong Borders Act (projet de loi C-2), destiné à lutter contre les menaces transnationales, notamment le trafic de fentanyl, et à renforcer les contrôles migratoires.
« Les frontières du Canada doivent être sûres, modernes et efficaces », a déclaré l’ASFC dans sa vision stratégique. Parmi les mesures envisagées : un renforcement des filtrages, un meilleur partage d’informations avec les autorités américaines et la suppression des tolérances sur les passages frontaliers isolés.
Malgré cela, les passionnés de randonnée peuvent toujours profiter de parcours de plusieurs jours sur les sections canadienne ou américaine du sentier. Parcs Canada continue de délivrer des permis pour les excursions débutant en Colombie-Britannique et s’achevant à la frontière, tandis que le service des parcs américains a rouvert l’accès depuis Dyea jusqu’à la limite internationale.
En Résumé
Le sentier Chilkoot est accessible pour la randonnée côté canadien et américain, mais le passage entre les deux reste interdit.
La frontière, située sur un terrain difficile et isolé, n’a pas de poste de contrôle permanent, compliquant le suivi des entrées légales.
La décision s’inscrit dans une tendance à durcir les contrôles aux frontières canadiennes, en particulier dans les zones reculées.
Les randonneurs doivent donc planifier leur aventure en restant sur un seul territoire et respecter les nouvelles règles strictes.
Au-delà de la randonnée, cette situation reflète la complexité des enjeux liés à la sécurité et à la gestion des frontières dans un monde en mutation.
Au fond, ce choix souligne un paradoxe intéressant : comment préserver la liberté d’explorer tout en fermant la porte pour des raisons de sécurité ? En tant que journaliste de Point Sud, je vous invite à réfléchir à cette frontière entre nature sauvage et contrôle humain, qui questionne notre rapport à la liberté, à la frontière, et finalement à nous-mêmes. Restez curieux, l’aventure ne fait que commencer !
Le système des parcs d’État du Wisconsin célébrera ses 125 ans en 2025.
Tout a commencé dans l’ouest de l’État, dans le comté de Polk, avec la création en 1900 d’Interstate Park, un joyau original s’étendant sur 525 hectares.
« Nous avons plus de 14 kilomètres de sentiers de randonnée estivale, autant pour l’hiver, 82 emplacements de camping, plusieurs abris pique-nique, une plage magnifique et bien d’autres activités à découvrir », explique Matthew Densow, superviseur des ressources naturelles du parc.
Ce parc marque également le point de départ occidental du Ice Age National Scenic Trail, un sentier long de 1 930 kilomètres qui traverse le Wisconsin en suivant le contour laissé par la dernière glaciation, pour se terminer au parc d’état Potawatomi dans le comté de Door.
« C’est toujours un lieu où les randonneurs débutent ou terminent leur périple. Le centre d’interprétation de l’ère glaciaire, quand il est ouvert, offre une mine d’informations sur le sentier et sert de point d’orientation privilégié », ajoute Densow.
Chaque année, environ 250 000 visiteurs sont accueillis à Interstate Park.
Art Anderson, vice-président de l’association Friends of Interstate and Straight Lake State Park, partage son enthousiasme : « J’adore tellement d’aspects du parc. »
Parmi les initiatives des bénévoles, la collecte de fonds pour améliorer les panneaux et entretenir les sentiers est essentielle.
« Nous avons aménagé un chemin accessible de 120 mètres, plat, adapté aux personnes à mobilité réduite, leur permettant de profiter d’une vue sublime comparable à celle offerte par les sentiers plus accidentés », souligne Anderson.
Un autre site très prisé est une énorme marmite glaciaire creusée par les tourbillons d’eau et débris, formant des cavités circulaires dans le roc.
« Selon l’endroit, on se trouve à une trentaine de mètres au-dessus de la rivière. Sur le sentier des marmites, on voit bien à quelle hauteur l’eau passait autrefois. On y trouve aussi de gros rochers appelés meules, dont un exemplaire impressionnant », décrit Densow.
Si ces marmites sont singulières à ce site, l’expérience du parc d’État ne se limite pas à Interstate Park.
« Peu importe où l’on vit dans le Wisconsin, il y a toujours un espace naturel géré par le système des parcs d’État à proximité : parc, forêt, zone de loisirs ou sentier, ce système couvre tout », conclut le responsable.
Les préparatifs pour les célébrations du 125e anniversaire en septembre sont en cours.
En Résumé
Interstate Park est le point d’ancrage historique du système des parcs d’État du Wisconsin, preuve que l’homme sait aussi prendre soin de la nature depuis plus d’un siècle.
Avec ses sentiers accessibles, ses infrastructures adaptées, le parc montre que la nature est ouverte à tous, même à ceux qui rechignent un peu à la marche.
Le gigantesque « trou de glace » rappelle que le paysage est le fruit de forces naturelles impressionnantes qui ont sculpté la roche avec patience et puissance.
Le réseau de parcs d’État s’étend partout dans le Wisconsin, garantissant ainsi une respiration verte quasi à portée de main, même pour les moins aventuriers.
Alors, ne serait-il pas temps que nous redécouvrions ces espaces avec un regard neuf ? Que l’on soit randonneur assidu ou simple promeneur du dimanche, ces parcs sont un véritable cadeau à préserver. À moi de vous dire : sortez, explorez, et surtout, respectez ces témoins vivants d’un passé ancien. Qui sait quelle aventure vous attend au détour d’un sentier ?
Tendance préoccupante : les accidents en forêt ont plus que doublé depuis l’assouplissement des restrictions d’accès aux routes forestières
Face à une augmentation significative des accidents impliquant des randonneurs dans les montagnes et forêts de Taïwan, l’Agence de la Foresterie et de la Conservation de la Nature a déployé des milliers de panneaux indicateurs et amélioré la couverture réseau mobile. Cette initiative vise à renforcer la sécurité des visiteurs dans ces zones qui couvrent près de 60 % du territoire taïwanais.
Depuis fin 2019, le gouvernement a assoupli les restrictions d’accès à plus de 80 routes forestières, auparavant réservées à l’exploitation forestière ou aux habitants des zones montagneuses. En parallèle, les démarches pour obtenir un permis d’entrée ont été simplifiées via un portail en ligne, facilitant ainsi l’exploration de ces espaces naturels.
Photo : capture d’écran du site de l’Agence de la Foresterie et de la Conservation de la Nature
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Agence nationale des secours, les interventions d’urgence en zones montagneuses sont passées de 207 en 2019 à 454 en 2020, pour atteindre 513 en 2023. Les causes principales de ces accidents restent la désorientation et les blessures.
Pour mieux guider les randonneurs, 3 420 panneaux jaunes en forme de losange ont été installés, indiquant des coordonnées précises selon les systèmes géodésiques mondiaux et locaux, ainsi que le nom des sentiers et des distances en kilomètres. Ces panneaux se retrouvent tous les 100 mètres le long des parcours.
Par ailleurs, 1 381 panneaux similaires signalent les zones où la couverture mobile est disponible, une tâche assurée conjointement par les trois opérateurs télécoms taïwanais. Ces indicateurs sont déployés dans les 19 zones forestières récréatives et divers sentiers maintenus par l’agence.
Des collaborations avec les directions des parcs nationaux ont également permis d’installer des panneaux dans des sites emblématiques comme le parc national de Taroko à Hualien ou sur le mont Yushan, au cœur de l’île.
Pour améliorer la sécurité, l’agence conseille aux randonneurs de télécharger des cartes numériques via le portail gouvernemental ou d’utiliser Rudy Map, une application basée sur la base de données cartographiques ouverte MOI, qui offre une consultation hors ligne correspondant précisément aux indications des panneaux.
En Résumé
Plus d’accès à la nature, plus d’aventures… et malheureusement, plus d’accidents aussi. La vigilance est donc de mise.
3 420 panneaux pour ne pas se perdre, mais certains randonneurs semblent tout de même faire du hors-piste involontaire.
La couverture mobile s’étend, mais cela ne garantit pas qu’on saura toujours où envoyer le SOS.
Les démarches d’autorisation simplifiées rendent la nature plus accessible, mais est-ce toujours sécurisé pour les novices ?
En fin de compte, si l’ouverture des territoires forestiers nous invite à renouer avec la nature, nous devons aussi intégrer que la nature n’est ni un parc d’attractions, ni un terrain de jeu sans risques. Il serait judicieux d’allier liberté et prudence, et pourquoi pas, de reconsidérer notre propre rapport à l’aventure et à la préparation. Après tout, explorer, c’est aussi apprendre à respecter les limites – celles de la nature, et les nôtres.
Une bouteille d’eau indispensable à emporter lors de vos randonnées. (iStock)
Contrairement aux bouteilles d’eau classiques, les modèles conçus spécifiquement pour la randonnée allient robustesse, praticité et fonctionnalité. Pensées pour résister aux conditions extérieures tout en conservant la fraîcheur du liquide, elles se doivent d’être légères et facilement transportables, que ce soit fixées au sac à dos ou portées à la main.
Voici une sélection de huit bouteilles d’eau offrant chacune des avantages distincts pour vous accompagner lors de vos escapades en pleine nature. Qu’importe votre niveau, débutant ou randonneur aguerri, il est essentiel de rester bien hydraté et prêt à affronter les sentiers.
Raymylo : une bouteille complète et pratique
Bouteille d’eau accompagnée d’une housse de transport. (Amazon)
La bouteille Raymylo est équipée pour vous rafraîchir efficacement. Son isolation par triple paroi sous vide cuivrée garde les boissons froides jusqu’à plusieurs jours. Elle est munie d’une poignée en paracorde facilement fixable au sac, d’une boussole et d’un mousqueton pour vos clés ou accessoires.
Son bouchon paille facilite la consommation tandis que le système anti-fuite garantit que rien ne s’écoule même sur un terrain accidenté. Vous bénéficiez également d’un étui de transport et de matériel de nettoyage adapté.
Owala FreeSip : design et fonctionnalité
Bouteilles Owala alliant style et durabilité. (Amazon)
Les bouteilles Owala FreeSip se distinguent par la variété de leurs couleurs et leur capacité à garder les boissons fraîches pendant des heures. Avec leur embout anti-fuite s’ouvrant d’une simple pression et une anse de transport pratique, elles se fixent aisément à votre sac.
Fabriquées sans BPA, plomb ni phtalates, elles assurent une consommation saine. Leur système FreeSip permet de boire à travers une paille en position verticale ou directement au goulot en inclinant la bouteille.
Yeti Allégée : durabilité et légèreté
Version allégée d’une bouteille classique de la marque Yeti. (Yeti)
Si la bouteille Yeti traditionnelle vous semble trop lourde, cette version de 34 onces (environ 1 litre) est un compromis idéal. Vous bénéficiez toujours de la robustesse propre à Yeti et d’un bouchon étanche à cent pour cent, indispensable lors de randonnées cahoteuses.
Fabriquée avec des matériaux sans BPA et intégrant 50 % de plastique recyclé, cette bouteille offre une option plus respectueuse de l’environnement, tout en étant deux fois plus légère que les modèles Rambler habituels.
Nalgene Ultralight : classique et économique
Nalgene : une option légère et abordable. (Nalgene)
Indémodable et abordable, la bouteille Nalgene existe en de multiples couleurs. Sa version Ultralight est conçue spécialement pour les randonneurs et les amateurs de trekking exigeant légèreté et solidité.
Fabriquée en polyéthylène haute densité, cette bouteille ne sacrifie en rien sa robustesse. De nombreux modèles originaux sont disponibles, certains en éditions limitées avec des thèmes comme les parcs nationaux ou des motifs camouflage.
Stanley Cross Bottle : confort et polyvalence
Bouteille confortable à porter lors de randonnées. (Stanley)
Stanley propose une bouteille conçue pour les sportifs et randonneurs, avec une forme plus plate qui la rend agréable à porter. La Cross Bottle dispose d’une sangle d’épaule robuste, facilement détachable.
Fabriquée en acier inoxydable recyclé, elle garde vos boissons glacées pendant longtemps grâce à une isolation performante. Son bouchon étanche et sa paille amovible sont des atouts appréciables pour vos longues marches.
Hydro Flask Lightweight Trail : la performance allégée
Bouteille en acier inoxydable gardant l’eau glacée. (Hydro Flask)
La série légère pour sentiers d’Hydro Flask pèse 25 % de moins que leurs bouteilles traditionnelles à large ouverture, sans perdre leur capacité à garder les boissons froides (jusqu’à 24 heures) ou chaudes (jusqu’à 12 heures).
Son anse de transport flexible pivote aisément et ne vous gêne pas une fois fixée au sac. Entièrement sans BPA et étanche, cette bouteille allie performance et confort sur les sentiers.
Bouteille rétractable : un gain de place astucieux
Bouteille pliable pour optimiser l’espace dans votre sac. (Amazon)
Les bouteilles pliables gagnent en légèreté et permettent d’économiser l’espace dans votre sac. Disponibles dans une large palette de couleurs, y compris des motifs tie-dye ou unis vifs, elles s’adaptent à votre style de randonneur.
Le joint en silicone assure une parfaite étanchéité et la mousqueton permet de la fixer à l’extérieur du sac pour un accès rapide.
Mountain Hydro Sling : le compagnon idéal
Facilitez le transport de votre bouteille grâce à cette housse porte-bouteille. (Amazon)
Si vous avez déjà une bouteille préférée, le sac Mountain Hydro Sling peut en faciliter le transport. Adapté aux bouteilles jusqu’à 32 onces, il comprend des pochettes pour vos clés et autres petits objets.
Fixable à un vélo grâce à son velcro ou porté à l’épaule via sa bandoulière, il dispose d’un système de serrage en paracorde qui maintient solidement votre bouteille même sur des terrains accidentés.
En Résumé
Les bouteilles spécialement conçues pour la randonnée combinent robustesse et confort d’usage.
Chaque modèle aborde l’hydratation sous un angle différent : isolation longue durée, légèreté, design pratique ou écologie.
S’il faut choisir, il y a toujours un compromis entre poids, capacité et fonctionnalités annexes comme les porte-clés ou housses.
La sélection idéale dépendra beaucoup de votre style de randonnée et de vos préférences personnelles, sans oublier votre sensibilité environnementale.
On pourrait presque croire que les fabricants de bouteilles rivalisent en astuces pour nous faire transporter l’eau dans le confort et le style, mais n’est-ce pas plutôt une victoire de la praticité ?
Pour ma part, je trouve fascinant la variété d’options qui s’offrent à nous désormais : de la bouteille ultralégère à la gourde ultra-isolée, le choix n’a jamais été aussi large. Reste à nous demander si cet arsenal est bien nécessaire, ou si l’on ne se complique pas un peu trop la vie avec tant de gadgets. Mais là est tout l’intérêt : continuer de questionner nos habitudes pour mieux profiter des trésors que la nature a à offrir, bouteille à portée de main, évidemment.
Vous avez peut-être déjà entendu parler des exosquelettes utilisés dans le domaine militaire, scientifique ou médical. Mais la série X de Hypershell se démarque : elle est conçue pour tous, afin de prolonger la randonnée et les aventures en plein air grâce à une assistance bionique. Notre journaliste Kyle Barr a testé le modèle Hypershell Pro X et en a été impressionné.
Le prix habituel d’un exosquelette X dépasse généralement les 1 000 dollars, mais à l’occasion de la Journée Nationale des Sentiers, le 7 juin 2025, Hypershell s’associe à l’American Hiking Society pour distribuer 30 exemplaires du Pro X sur 10 sites de randonnée. Ces dispositifs pourront être essayés par les volontaires et les promeneurs sur place.
Le Hypershell X, un allié pour vos explorations
Le Hypershell X est un équipement qui change la donne : fixé au dos, à la taille et aux jambes, cet exosquelette vous donne un coup de pouce. Il augmente votre vitesse et prolonge votre endurance, vous permettant de parcourir des sentiers que vous n’auriez peut-être pas osé entreprendre ou de réaliser un itinéraire plus rapidement.
Pour le débutant, il apporte confiance et accompagnement. Pour l’expert, il offre une nouvelle dimension. Pour les jeunes, il rallonge les possibilités, pour les plus âgés, il rajeunit les capacités physiques. L’exosquelette s’adapte parfaitement à vos mouvements pour vous permettre d’aller plus loin, plus fort, plus malin.
Trois modèles sont disponibles : le Go X, le Pro X et le Carbon X. Leur puissance et performance augmentent progressivement, avec une promesse d’amélioration de la force des jambes jusqu’à 40 % et une réduction de l’effort physique pouvant atteindre 30 %. L’appareil compense un poids allant jusqu’à 30 kilos et offre une autonomie de batterie jusqu’à 17,5 km.
Les exosquelettes Hypershell sont légers et confortables. (Hypershell)
Pesant seulement 2 kilos, voire moins pour la version en fibre de carbone et titane, l’exosquelette n’entrave pas vos mouvements. Son design léger le rend adapté non seulement à la marche, mais aussi à la course et au vélo.
Au cœur de la technologie, l’IA MotionEngine s’adapte en temps réel à votre démarche, grâce à plus d’une douzaine de capteurs. Elle anticipe vos pas et vous propulse en avant, personnalisant son assistance pour un confort optimal au fil du temps.
La batterie, portée sur le dos à la manière d’un sac à dos, est légère (400 grammes) et amovible, ce qui facilite le transport et la recharge durant plusieurs journées de randonnée.
Avec un peu d’aide, les sommets deviennent à portée de main. (Hypershell)
L’utilisateur peut régler le niveau d’assistance sur trois modes, pour un équilibre entre durée de batterie et performance. L’équipement est classé IP54, fonctionnant sans problème jusqu’à -10°C.
Dans son test, Kyle Barr a qualifié le Pro X de facile à utiliser, confortable et efficace pour marcher plus longtemps avec moins d’effort. Un dispositif qui séduira non seulement les randonneurs aguerris, mais aussi ceux qui hésitent par manque de capacité physique, blessure ou âge.
Le Hypershell X a également reçu le prix de l’innovation au CES 2025, salué pour son design révolutionnaire et ultra-léger. Les exosquelettes ne sont plus réservés à la science-fiction, aux militaires ou aux très fortunés : ils s’installent peu à peu sur nos sentiers de randonnée.
Journée Nationale des Sentiers
La collaboration entre Hypershell et l’American Hiking Society vise à démocratiser la randonnée. Quel que soit votre âge ou votre niveau, le sentier vous est ouvert : les novices peuvent relever de nouveaux défis, les randonneurs expérimentés bénéficient d’un coup de pouce technologique.
La Journée Nationale des Sentiers approche. (American Hiking Society)
Le 7 juin, lors de cet événement annuel phare, des milliers d’Américains sont rassemblés pour faire vivre les sentiers, en profitant de la nature tout en participant à leur entretien. Cette année, Hypershell présentera le Pro X au projet Tahoe Rim Trail, dans le lac Tahoe en Californie, où l’on inaugurera un nouvel itinéraire sécurisé pour traverser une route.
Les visiteurs pourront essayer l’exosquelette et mesurer ses effets : réduction de la fatigue, prolongation de l’endurance, et un soutien précieux pour l’entretien collectif des sentiers lors de cette journée dédiée à la nature.
En Résumé
L’exosquelette Hypershell X propose une assistance bionique pour rendre la randonnée accessible à un public très large.
Son poids léger et son système d’intelligence artificielle en font un outil à la fois performant et naturel à utiliser.
Le partenariat avec l’American Hiking Society matérialise une vision commune : encourager la pratique en pleine nature pour tous, en veillant à la préservation des sentiers.
Le prix, pour ceux qui le découvrent, reste un obstacle, mais la démonstration publique et les essais gratuits peuvent lever cette barrière.
On peut déjà imaginer que ces technologies bioniques transformeront nos approches de la marche, de la course et même du vélo, avec un supplément d’endurance jamais vu.
Alors, que penser de tout ça ? Plus qu’un simple gadget, le Hypershell X bouscule nos habitudes, invite chacun à repousser ses limites et ouvre la réflexion sur l’avenir de l’activité physique en plein air. Personnellement, j’ai hâte de voir si cette assistance ne risque pas de devenir la nouvelle norme… Imaginez les randonneurs équipés ainsi sur les sentiers du monde entier : jusqu’où irons-nous vraiment ? À vous de choisir si vous voulez grimper ou simplement marcher, mais en mieux, avec un petit coup de pouce mécanique. En tout cas, moi, je dis : à vos chaussures… enfin, à vos exosquelettes !
BOISE, Idaho — L’association Ridge to Rivers invite les randonneurs à ne pas modifier les sentiers en enlevant ou en détachant les pierres intégrées au sol ou situées à leurs abords.
Ces rochers jouent un rôle essentiel dans la stabilité des sentiers, particulièrement dans les sols fragiles et érodés de l’Idaho. Ils offrent également des défis techniques appréciés par de nombreux passionnés de randonnée. En les déplaçant ou en les retirant, on supprime une caractéristique que d’autres amateurs profitent depuis des années. Cette pratique a été constatée à plusieurs reprises au printemps, notamment sur le sentier de Dry Creek.
Ridge to Rivers appelle donc à préserver ces chemins dans les contreforts de Boise, afin que chacun puisse continuer à en profiter pour les générations à venir.
En Résumé
Les pierres intégrées aux sentiers ne sont pas de simples cailloux, mais de véritables éléments de maintien indispensables pour éviter l’érosion dans cette région.
Ces rochers ne sont pas seulement fonctionnels : ils apportent aussi une dose de technicité qui plaît aux randonneurs expérimentés.
Modifier un sentier, c’est un peu comme changer une recette qui marche : on risque de perdre ce qui fait son charme et sa solidité.
Malgré les rappels, certains continuent à trafiquer les sentiers, ce qui soulève la question du respect de l’environnement partagé.
Au final, il semble évident que préserver les sentiers, c’est un effort collectif et une preuve de respect pour ceux qui viendront marcher après nous. Alors, la prochaine fois que vous vous baladerez dans ces paysages, pensez à laisser les rochers où ils sont – c’est un geste simple, mais qui participe pleinement à la qualité et à la durabilité de notre patrimoine naturel. Moi, je trouve que c’est une belle responsabilité, à embrasser avec enthousiasme et un soupçon d’humour, non ?