Randonneurs sur le sentier Chilkoot : retour obligatoire à la frontière

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Vue depuis le sommet du col Chilkoot, Alaska
Vue vers le sud depuis le sommet du col Chilkoot. Crédit photo : National Park Service

Le célèbre sentier Chilkoot, long de 53 kilomètres et reliant Dyea en Alaska à Bennett en Colombie-Britannique, est officiellement ouvert pour la saison estivale 2025.

Cependant, cette année encore, les randonneurs ne sont pas autorisés à franchir la frontière internationale entre le Canada et les États-Unis via ce sentier, une mesure en vigueur depuis 2022.

Les services des parcs nationaux des deux pays ont confirmé que, bien que chaque côté du sentier soit accessible aux marcheurs — du 4 juin au 13 septembre au Canada, et à des dates similaires aux États-Unis —, la frontière située au sommet du sentier reste fermée pour le passage d’un côté à l’autre. Ainsi, les randonneurs doivent commencer et terminer leur parcours sur le même territoire.

Le 5 juin 2025, Parcs Canada a mis à jour ses informations en ligne, indiquant clairement : « Le franchissement de la frontière internationale sur le sentier Chilkoot n’est pas autorisé durant la saison de randonnée 2025. » Cette annonce vient clarifier une période d’incertitude, où les autorités douanières canadiennes évaluaient encore la capacité des randonneurs à satisfaire les obligations légales d’entrée sur le territoire.

La décision finale maintient donc l’interdiction, justifiée par la nécessité de garantir la sécurité et le respect des procédures de déclaration dans ces zones frontalières isolées.

Autrefois voie majeure durant la ruée vers l’or du Klondike, le sentier Chilkoot avait été fermé en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19. En 2021 et 2022, des dégâts causés par des inondations du côté américain avaient retardé sa réouverture. Bien que l’accès américain soit enfin rétabli en 2025, la restriction de passage transfrontalier persiste.

Cette contrainte reflète une surveillance renforcée des passages frontaliers isolés. En janvier, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) avait déjà annoncé la fin des permis pour les randonneurs empruntant le Pacific Crest Trail en direction nord, mettant fin à une autre route populaire traversant la frontière.

Le caractère éloigné et accidenté du sentier Chilkoot complique le contrôle et la vérification des entrées légales, d’autant que la frontière n’est dotée d’aucune infrastructure douanière permanente.

Par ailleurs, le gouvernement canadien envisage l’adoption du Strong Borders Act (projet de loi C-2), destiné à lutter contre les menaces transnationales, notamment le trafic de fentanyl, et à renforcer les contrôles migratoires.

« Les frontières du Canada doivent être sûres, modernes et efficaces », a déclaré l’ASFC dans sa vision stratégique. Parmi les mesures envisagées : un renforcement des filtrages, un meilleur partage d’informations avec les autorités américaines et la suppression des tolérances sur les passages frontaliers isolés.

Malgré cela, les passionnés de randonnée peuvent toujours profiter de parcours de plusieurs jours sur les sections canadienne ou américaine du sentier. Parcs Canada continue de délivrer des permis pour les excursions débutant en Colombie-Britannique et s’achevant à la frontière, tandis que le service des parcs américains a rouvert l’accès depuis Dyea jusqu’à la limite internationale.

En Résumé

  • Le sentier Chilkoot est accessible pour la randonnée côté canadien et américain, mais le passage entre les deux reste interdit.
  • La frontière, située sur un terrain difficile et isolé, n’a pas de poste de contrôle permanent, compliquant le suivi des entrées légales.
  • La décision s’inscrit dans une tendance à durcir les contrôles aux frontières canadiennes, en particulier dans les zones reculées.
  • Les randonneurs doivent donc planifier leur aventure en restant sur un seul territoire et respecter les nouvelles règles strictes.
  • Au-delà de la randonnée, cette situation reflète la complexité des enjeux liés à la sécurité et à la gestion des frontières dans un monde en mutation.

Au fond, ce choix souligne un paradoxe intéressant : comment préserver la liberté d’explorer tout en fermant la porte pour des raisons de sécurité ? En tant que journaliste de Point Sud, je vous invite à réfléchir à cette frontière entre nature sauvage et contrôle humain, qui questionne notre rapport à la liberté, à la frontière, et finalement à nous-mêmes. Restez curieux, l’aventure ne fait que commencer !


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