Parcourir des routes qui défient à la fois le corps et l’esprit offre des souvenirs impérissables. Une telle aventure consiste à s’élancer depuis la douceur méditerranéenne jusqu’aux vents glacials des Alpes, franchissant près de 4 000 mètres de dénivelé et une chute de température d’environ 40 degrés Celsius en à peine quatre heures. En moto, cette traversée se révèle physiquement éprouvante, mentalement intense, mais ô combien enrichissante – voilà ce que j’ai découvert en conduisant une Ducati Multistrada V4 Rally de Portofino à Cervino, en passant par Milan.
Pourquoi l’Italie ?
Rarement ailleurs, la mer profonde et bleu azur coexiste à portée de main avec des sommets enneigés, tandis que les motos puissantes sont autorisées à circuler sur autoroute. Mon périple a débuté à Bologne, devant l’usine Ducati, pour me diriger vers le sud-ouest et atteindre Portofino, joyau coloré sur la côte méditerranéenne.
Pourquoi Portofino ?
Ce village de pêcheurs pittoresque est si charmant que Microsoft l’a choisi comme image par défaut pour certains de ses écrans. S’accorder quelques jours dans ce havre de paix apaise l’esprit avant d’affronter les rigueurs du nord. La route passe par Gênes, ancien grand port mondial et lieu de naissance de Christophe Colomb, avant de s’engager vers le nord. Plutôt que de filer directement vers les Alpes depuis Gênes, il est conseillé de marquer une pause à Milan, capitale économique de l’Italie.
Pourquoi Milan ?
Un trajet direct de Gênes, où la douceur règne, jusqu’aux Alpes glacées peut s’avérer éprouvant. Milan, bénéficiant d’un climat plus tempéré, permet de reprendre des forces. La ville propose de nombreux hôtels avec parking gratuit dans le sud, ainsi qu’une connexion rapide en tram vers le centre gothique, où la cathédrale Duomo et le château des Sforza méritent le détour.
En direction du Cervin
Pour gagner du temps, l’autoroute reste la solution la plus rapide : filer à 130 km/h jusqu’à la vallée d’Aoste, puis bifurquer à droite. Cette option dure environ trois heures, avec un péage aux alentours de 40 euros. Cependant, éviter les péages offre l’opportunité de découvrir certaines des plus belles routes d’Europe. Ce choix rallonge à cinq heures le trajet, mais chaque instant devient un voyage hors du temps, empreint de beauté.
Pourquoi le Cervin ?
Étrangement, aucun panneau n’indique ce nom, car en Italie, la montagne est connue sous le nom de Cervino. Son sommet demeure invisible jusqu’à ce qu’on s’en approche presque au toucher, comme si la nature protégeait jalousement cet écrin précieux. Mais à sa vue, à peine à cinq kilomètres à vol d’oiseau, son aura majestueuse balaie tous les tracas terrestres. Perché à la frontière italo-suisse, ce sommet est mondialement célèbre, notamment parce que son profil illustre les emballages du chocolat Toblerone depuis des décennies.
Selon les standards himalayens, le Cervin n’est pas très élevé (4 478 mètres, soit environ la moitié de l’Everest), mais il possède une importance topographique d’un kilomètre, ce qui lui confère une silhouette unique. Son nom suisse, issu de l’allemand Matte (prairie) et Horn (pic), évoque un cor, tandis que le nom italien combine Cervo (cerf) et Corno (bois de cerf).
Pourquoi choisir la Multistrada ?
Cette moto est conçue pour parcourir le monde : elle suit aisément les voitures et camions lancés sur l’autoroute, garantissant ainsi une excellente sécurité. Affichée en Inde à un prix élevé, elle offre une bonne consommation (20 à 25 km par litre) et une autonomie remarquable grâce à son réservoir de 30 litres. Son coût est conséquent, mais il se justifie pleinement par la qualité technique et le niveau d’ingénierie auxquels elle répond.
Pourquoi voyager à moto ?
On pourrait opter pour l’avion puis un taxi, ou encore le train – la connectivité est indéniable aujourd’hui – mais la moto possède un charme singulier. Les premières heures au guidon sont jubilatoires, les suivantes peuvent devenir éprouvantes, avant qu’une sorte de torpeur bienheureuse n’envahisse le corps, un moment suspendu où seul le paysage compte. La moto rapproche de la nature : ici, seul le rugissement du moteur répond au silence des sommets enneigés.
En Résumé
- Il semble que rien ne résiste à l’idée de relier la méditerranée et les Alpes en moins de quatre heures, surtout avec une moto digne des grandes expéditions.
- Portofino n’est pas seulement un village charmant, c’est presque une parenthèse enchantée avant de plonger dans un environnement plus rude.
- Milan joue un rôle de pause revitalisante, preuve que même l’énergie brute a besoin de modération occasionnelle.
- Choisir la route sans péage, c’est sacrifier un peu de temps pour une immersion dans des paysages qui ne se laissent pas apprivoiser à la hâte.
- Le Cervin, ou Cervino selon l’Est, garde jalousement ses mystères, ne se révélant qu’aux plus patients des voyageurs.
- La Ducati Multistrada prouve qu’on peut concilier puissance, confort et autonomie sur de longues distances, même dans des conditions extrêmes.
- Voyager à moto, c’est s’offrir une communion unique entre l’homme, la machine et la nature – une expérience qui va bien au-delà du simple déplacement.
Si l’aventure vous appelle, imaginez-vous enfourcher votre moto, prêt à défier ces variations extrêmes, à vous abandonner à chaque virage et à ressentir cette vibration unique que seul un tel voyage peut offrir. Le monde est vaste, et chaque route cache ses promesses : ne serait-il pas temps d’en explorer une, la vôtre ?

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