Ce qui devait être une décision majeure dans la lutte contre les locations touristiques à Maui s’est conclu par un nouveau report. Le comité logement et aménagement du conseil municipal s’est réuni hier durant plus de sept heures, dont une grande partie à huis clos, avant de suspendre la séance sans procéder au vote très attendu. Le projet de loi 9, controversé parce qu’il pourrait supprimer des milliers de locations de courte durée dans des immeubles résidentiels, est désormais repoussé aux 23 et 24 juillet. L’issue apparaît aussi incertaine que jamais.
Dans l’intervalle, le flou persiste. Aucune indication claire sur les modifications possibles, aucun calendrier précis, ni orientation définie. Autant dire trois semaines de plus pour que voyageurs, habitants, propriétaires, gestionnaires et salariés du secteur restent dans l’expectative.
Un internaute ne mâche pas ses mots : « Cette audience sera un spectacle, mais les recours en justice, eux, seront bien réels. »
Des visiteurs qui revoient leurs projets à Maui
Sans même un vote final, les conséquences sur les séjours se font déjà sentir. Des habitués affirment renoncer ou reporter leurs voyages car ils ignorent si leur location sera encore disponible. Liz, dans la quatre-vingtaine avec son mari, explique : « Après avoir lu tous les commentaires, nous n’osons plus réserver entre novembre 2025 et mars 2026 à Kihei. »
Penny, autre visiteuse régulière, alerte : « Si les locations à court terme deviennent rares ou trop chères, venir ici deviendra impossible. »
D’autres déménagent discrètement leurs vacances vers d’autres îles. Jack confie : « Je préfère maintenant la grande île, où les prix sont plus abordables, les gens accueillants, et la plongée exceptionnelle avec beaucoup moins de monde. Je n’aime pas les hôtels, je préfère les locations saisonnières. »
Propriétaires face à des calendriers vides et des charges en hausse
Pour plusieurs propriétaires, ce report ne signifie pas seulement de l’incertitude, mais aussi des pertes financières grandissantes. Carl révèle que son calendrier de réservation est quasi vide : « À ce jour, mon logement n’a que deux semaines de réservations jusqu’à la fin de l’année. » Il dénonce une situation « financièrement dramatique » pour beaucoup dans ce cas.
Un autre souligne les coûts mensuels exorbitants, avec plus de 2 400 dollars de charges de copropriété, sans compter les factures, assurances et taxes. « Il est illusoire de penser que des locaux peuvent s’offrir ou louer ces appartements », analyse-t-il.
Malgré ces tensions, certains propriétaires rappellent leur engagement en période de crise. « Après l’incendie de Lahaina, j’ai accueilli gratuitement une famille de cinq personnes » témoigne “Rob I”. « Il y a trop de rumeurs et d’inexactitudes, évitons de les amplifier. »
Les travailleurs de Maui eux aussi impactés
Le plan du conseil ne prévoit rien pour les salariés qui assurent le fonctionnement des locations. Personnel de ménage, maintenance, gestionnaires, petits prestataires : beaucoup dépendent de ces locations pour vivre.
Tim s’interroge : « Pourquoi personne ne parle des femmes et hommes qui nettoient et entretiennent ces logements ? Où iront-ils si des milliers de locations disparaissent brusquement ? »
J, un propriétaire de longue date, insiste : « Notre équipe est bien payée et stable. Le gestionnaire gagne plus de 200 000 dollars par an, les techniciens sont rémunérés à 50 dollars de l’heure. Jamais nous n’avons perdu un employé au profit des hôtels, qui ne paient pas bien. »
Plusieurs saluent la liberté et la rémunération plus juste offertes par ces emplois. PatG note : « Les femmes de ménage avec qui je travaille gagnent trois fois plus grâce aux locations saisonnières et peuvent choisir leurs jours de repos. Elles ne veulent pas d’un travail en hôtel. »
Une fracture sociale qui se creuse à Maui
Le débat est souvent passionnel et divise profondément. Certains habitants accablent les locations touristiques qu’ils tiennent responsables des expulsions et de la crise du logement. D’autres estiment que le tourisme est un bouc émissaire pour des problèmes bien plus vastes.
Todd, de six générations à Maui, partage : « Je travaille dur, j’ai trois emplois et deux enfants. Le tourisme est à l’origine de la gentrification et des sans-abris. »
Robin, de Kihei, répond : « La lutte des classes n’est pas la solution. Le tourisme, c’est l’économie de Maui. Il faut l’accueillir en maintenant des prix accessibles, et faire de l’île la destination préférée au monde. »
Si les discussions traînent, les tensions n’en restent pas moins vives. Sy accuse : « Les locations et les touristes servent de boucs émissaires pour des politiques du logement mal pensées. Le projet de loi protège surtout les intérêts des hôtels, resorts et grands investisseurs. »
Un débat sur l’avenir des appartements concernés
L’objectif affiché du texte est de convertir ces locations à court terme, situées en zones d’habitation, en logements pérennes. Mais de nombreux intervenants rappellent que ces immeubles n’étaient pas conçus pour cela, et que la transformation pourrait entraîner plus de problèmes qu’elle n’en résout.
“Rob I” décrit la situation : « Imaginez une place de parking pour chaque logement, bouton d’ascenseur saturés, et pas de stationnement de rue possible. Ces bâtiments ne sont pas prêts pour des résidents permanents. »
Des voix s’élèvent aussi à propos des coûts de copropriété, du faible espace, de l’absence d’écoles, parcs ou transports publics à proximité.
« Comment rendre cela accessible à une famille ouvrière avec un ou deux enfants ? » interroge Rob I. « Nos décideurs ne comprennent rien à l’économie réelle. »
D prévient : « Même avec de bonnes intentions, ces conversions pourraient échouer. Les copropriétés risquent la faillite ; l’entretien se dégradera. Ce seront les ghettos de demain. »
Le conseil stoppe temporairement sans proposer d’alternative
Le comité a repoussé le vote à trois reprises, cette semaine poussant la prudence jusqu’à une séance à huis clos juridico-stratégique. Si des inquiétudes sont évoquées sur les droits de propriété et risques légaux, aucune proposition alternative n’a été présentée au public. Pour certains observateurs, ce silence ressemble fort à une stratégie d’évitement.
ClaudiaF dénonce : « Ils ont créé ce désordre, maintenant ils temporisent. Le mal est fait. » Plusieurs accusent des pressions politiques et lobbies influents. J estime : « Les grands hôtels tirent les ficelles. Les propriétaires de locations sont étouffés tandis que les chaînes hôtelières se frottent les mains. »
Certains avancent que le comté peut s’appuyer sur d’autres financements, notamment des subventions fédérales récentes. PatG suppose : « C’est sans doute pour ça qu’ils ne redoutent pas trop les retombées économiques. »
Ce report changera-t-il quelque chose ?
Avec la reprise des débats prévue seulement fin juillet, beaucoup se demandent si le conseil temporise volontairement ou s’il reste désemparé. Quelles conclusions ont été tirées lors de la consultation juridique privée ?
Jay H résume bien l’ambiance : « C’est du théâtre politique. Ils espèrent que le temps agira pour eux, pour éviter d’agir eux-mêmes. »
En Résumé
- Patience est de mise à Maui, mais la patience est aussi synonyme d’incertitude et de frustration pour tous les acteurs concernés.
- Voyageurs comme propriétaires se retrouvent dans un état d’attente qui freine les décisions, voire les changements de plans ou d’habitudes.
- Le débat autour des locations de vacances dépasse vite le simple sujet touristique, touchant au cœur des problématiques sociales, économiques et urbaines de l’île.
- Les arguments fusent dans tous les sens, et la diversité des points de vue illustre bien la complexité de la question.
- Le conseil municipal joue une partie d’esquive, ce qui ne fait qu’ajouter à la confusion ambiante et alimente un théâtre politique dont Maui semble être la scène.
En tant qu’observateur passionné, je me demande : ces dilemmes contraires ne cacheraient-ils pas une opportunité ? Une occasion de repenser profondément la manière dont nous vivons et accueillons au cœur d’un environnement fragile ? Plutôt que de simples règles à adapter, ne faudrait-il pas inventer ensemble un futur où équilibre rime avec créativité, où chaque voix, du voyageur au travailleur, trouve sa place ? L’aventure ne fait que commencer.

Laisser un commentaire