Voir l’Italie grâce à l’association minnesotienne Esperienza

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Par un matin vif de printemps à Rimini, je me tenais silencieux dans une cathédrale, entouré de onze autres marcheurs, attendant la bénédiction d’un évêque.

Devant nous s’étendaient plusieurs jours de marche exigeante à travers les montagnes de la région Émilie-Romagne, en Italie, jusqu’au sanctuaire de La Verna, un monastère franciscain en Toscane. Ensemble, nous allions parcourir 120 kilomètres sur des chemins parfois escarpés et accidentés. Jusque-là, nous n’avions foulé que trois pâtés de maisons plats. Compte tenu de l’effort à venir, une aide céleste semblait plus que bienvenue.

Nous suivions les pas de saint François d’Assise, mais n’étions pas en pèlerinage religieux. Mon mari et moi avions rejoint ce voyage proposé par Esperienza, une remarquable association basée à Minneapolis, qui revitalise les campagnes italiennes grâce à la philanthropie et au tourisme. Notre itinéraire nous conduisait à découvrir des villages perchés, loin des rails et des foules touristiques. Et nous avions choisi la lenteur — à pied.

Bien que nous ayons souvent séjourné en Italie, jamais nous n’avions vécu le pays ainsi, chaque journée se dessinant à l’aune des montagnes parcourues ou encore à conquérir. Au terme du périple, jambes fatiguées, cœurs pleins, l’expérience nous avait profondément marqués.

Ces onze jours comportaient cinq journées de marche, d’environ 24 kilomètres chacune, entrecoupées de pauses bienvenues pour se reposer et explorer. Lors des étapes de randonnée, notre groupe, composé de professionnels et de retraités, principalement originaires du Minnesota, chaussait ses bottes, chargeait son sac à dos avec repas, eau, bâtons et vêtements contre la pluie — qui, fort heureusement, demeurèrent inutilisés grâce à un climat clément. Les bagages, eux, prenaient une route plus aisée, transportés par van – certains randonneurs plus enclins à la prudence y recouraient aussi.

San Leo se dresse au loin, point d’ancrage visuel pour les randonneurs lors du trek de 11 jours 'Sur les pas de Saint François' organisé par Esperienza.
San Leo se dévoile au loin, ultime étape du jour lors du périple “Sur les pas de Saint François” orchestré par Esperienza. (Kerri Westenberg pour le Minnesota Star Tribune)

Nous suivions Alessia Ghirardi, notre guide italienne à la fois érudite et rayonnante, à travers champs alpins, oliveraies tapissées de fleurs jaunes et sentiers redoutables menant à des monastères isolés et à des panoramas à couper le souffle. Alessia nous présenta les habitants, restaurateurs cueillant ou cultivant leurs produits, fermiers aux agneaux nouveau-nés accueillis par leurs chiens joyeux courant dans les rues. Au fil du parcours, nous nous encourageâmes, partagions antidouleurs et chocolats, tissant une solidarité née d’un objectif commun et de kilomètres avalés ensemble.

Chaque soir, l’arrivée dans les villages perchés semblait une juste récompense, autant de joyaux à découvrir.

Parmi eux, San Leo, avec sa forteresse baignée d’une lumière dorée, fut le décor de notre premier jour de repos. Là, nous apprîmes à préparer des pâtes grâce à Antonella Cetrangolo, cuisinière de l’hôtel, accompagnée du propriétaire de l’établissement et d’Alessia. Trois passionnées de cuisine qui maîtrisent à merveille l’art des fettuccine maison.

En Résumé

  • Prendre le chemin de saint François sans perdre le rythme de la randonnée, c’est marcher avec l’esprit autant que les jambes.
  • Les sentiers italiens ne se contentent pas d’être beaux, ils exigent aussi un certain doigté… et une bonne dose de motivation.
  • Partir à la rencontre des habitants, c’est surtout découvrir l’Italie au-delà des clichés touristiques, dans ses recoins les plus authentiques.
  • Le luxe de déléguer ses bagages pendant plus de 20 kilomètres de marche contribue sans doute à ménager le moral autant que les articulations.
  • Enfin, partager un simple repas préparé à plusieurs mains au sommet d’une forteresse est peut-être la plus belle façon de goûter la richesse de ce pays.

Alors, au fond, qu’est-ce qui pousse vraiment à enfiler ses chaussures de randonnée pour des journées éprouvantes au cœur d’une Italie parfois méconnue ? Peut-être une quête de sens, un désir de ralentir, un goût des vraies rencontres, ou simplement le plaisir d’aller à pied là où peu osent s’aventurer. Moi, ce voyage me donne envie de repartir tout de suite — avec les pieds bien ancrés au sol et l’esprit en éveil. Et vous, prêts à chausser vos bottes ?


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