Les menaces pesant sur l’avenir des fromages et crèmes françaises : un héritage en danger ?

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Nouveau régime douanier imposé par la Chine pour les produits laitiers européens : enjeux pour la France et tensions avec l’Union européenne.

Une nouvelle complexité émerge dans les relations commerciales entre la Chine et l’Europe. La Chine a décidé d’imposer des droits de douane sur les produits laitiers européens, qui pourraient atteindre jusqu’à 43 %, ciblant particulièrement les fromages, les crèmes et certains types de lait.

Ces surtaxes, considérées comme “temporaires”, font suite à une enquête antisubventions débutée en août 2024. Elles entreront en vigueur dès le 23 décembre, ajoutant des taux variant de 21,9 % à 42,7 % aux 15 % déjà en vigueur, justifiées par des “préjudices” évoqués par les producteurs locaux. Une situation qui crée une grande inquiétude au sein de la filière laitière française.

Ce que prévoit le nouveau régime douanier chinois

Selon le ministère chinois du Commerce, les produits laitiers européens tirent profit de subventions qui perturbent le marché local, causant un “préjudice considérable” aux producteurs chinois. L’enquête devrait se conclure le 21 février 2026, point auquel ces mesures pourraient devenir permanentes.

Les fromages frais et certains types de lait et de crèmes figurent parmi les produits concernés, tandis que la poudre de lait n’est pas incluse dans cette enquête. Environ une douzaine d’entreprises françaises seront soumises à un taux de 29,7 %, tandis que près de cinquante compagnies européennes, notamment d’Italie et d’Allemagne, subiront un taux de 28,6 % ; le reste pourrait atteindre 42,7 %. Ces nouveaux droits seront mis en place sous forme de mesures compensatoires provisoires.

Les produits laitiers français en difficulté

L’Union européenne se positionne comme le deuxième fournisseur de produits laitiers en Chine, avec la France jouant un rôle significatif. En 2024, les exportations de crème, lait et fromages français vers la Chine ont représenté près de 370 millions d’euros, et 245 millions d’euros durant les neuf premiers mois de 2025. La crème est particulièrement exposée, avec environ 50 000 tonnes exportées chaque année, contre seulement 6 000 tonnes de fromages.

Des géants de l’industrie comme Savencia, Lactalis, Danone ou Bel se retrouvent dans l’œil du cyclone. “En particulier pour Savencia, qui a été fortement impliqué dans les discussions avec les autorités chinoises”. Le Cniel avertit que cette décision pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la transformation, menaçant la viabilité économique du secteur, surtout dans le climat actuel de crise agricole et de complexité géopolitique.

Réactions en Europe et tensions à anticiper

Du côté de Bruxelles, la Commission européenne conteste cette approche chinoise. “Nous considérons que cette enquête repose sur des allégations douteuses, donc les mesures sont injustifiées”. Il ajoute que l’institution prend toutes les mesures nécessaires pour protéger les producteurs européens.

De son côté, la France adopte une position ferme. “C’est inacceptable”, a réagi la ministre de l’Agriculture après avoir fait part de la situation aux autorités chinoises. “Il est essentiel de défendre les droits des entreprises françaises,” a-t-elle déclaré. Le Cniel a exprimé sa confiance dans les démarches des autorités françaises et européennes pour redresser la situation, avec l’espoir que cela mène à une diminution des droits de douane à l’avenir. La réponse finale de Pékin est attendue pour le 21 février 2026.

Points à retenir

  • La Chine impose des droits de douane considérables sur les produits laitiers européens, affectant sérieusement la France.
  • Le régime douanier découle d’une enquête sur des subventions perçues, créant des tensions croissantes avec l’Union européenne.
  • Les acteurs majeurs du secteur laitier français sont directement impactés, avec des exportations conséquentes vers le marché chinois.
  • Le secteur laitier français fait face à des défis économiques déjà exacerbés par un contexte agricole difficile.
  • La réponse des autorités françaises et européennes sera cruciale pour l’avenir des relations commerciales et la pérennité des exportations.


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