Quelles sont les perspectives de l’économie suisse en 2026 ?
L’état de l’économie suisse influence, pour le meilleur comme pour le pire, la vie de tous ses habitants. Que nous réserve donc l’année 2026 ?
L’année 2025 a présenté son lot de défis, notamment pour les secteurs tournés vers l’exportation, pénalisés par des droits de douane élevés imposés par les États-Unis. Toutefois, les prévisions officielles pointent vers une amélioration globale pour 2026, même si certaines difficultés persistent.
Une croissance légèrement revue à la hausse
Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) indique que « le groupe fédéral d’experts sur les cycles économiques a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2026 ». Le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse devrait ainsi progresser de 1,1 %, contre une estimation initiale de 0,9 %. Cette amélioration s’explique en partie par la réduction des tarifs américains (de 39 % à 15 %), qui redonne du souffle aux secteurs concernés.
Cependant, si le commerce extérieur est attendu comme un moteur positif, mais modéré, c’est surtout la demande intérieure qui devrait rester le principal levier de croissance. Les experts anticipent également un léger renforcement de l’activité d’investissement. Du côté de l’inflation, le taux moyen prévu reste faible, à 0,2 %, à l’image de 2025, ce qui devrait maintenir une consommation privée solide.
Qu’en est-il des salaires ?
Selon une étude de l’Institut économique KOF, les entreprises suisses envisagent une augmentation moyenne des salaires nominaux de 1,3 % en 2026. Cette progression sera toutefois variable selon les secteurs : la construction connaît une hausse plus marquée (environ 1,7 %) en raison d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et de la puissance syndicale du secteur.
Les industries hôtelière, pharmaceutique et financière bénéficieront également d’augmentations supérieures à la moyenne. En revanche, la croissance des salaires dans le commerce de détail, le commerce de gros et l’industrie manufacturière devrait rester limitée, à un peu plus de 1 %.
Un marché de l’emploi contrasté
Le tableau reste moins encourageant concernant l’emploi. Plusieurs organisations internationales à Genève ont dû procéder à des suppressions de postes en 2025, conséquence directe des réductions ou retraits des financements américains pour les agences de l’ONU. Cette tendance pourrait s’amplifier en 2026.
Par ailleurs, certaines entreprises emblématiques du paysage économique suisse ont annoncé des plans de licenciements importants : UBS prévoit environ 3 000 suppressions de postes sur le territoire, la Radiotélévision suisse projette d’en supprimer près de 900 sur trois ans, tandis que Novartis prévoit la suppression de 550 emplois d’ici fin 2027.
Dans une perspective plus large, plus d’un tiers des entreprises interrogées envisagent des coupes dans leurs effectifs suisses au cours des 12 prochains mois, et un pourcentage comparable planifie de transférer certains emplois hors du pays.
Des signes encourageants pour l’avenir
Malgré ce contexte difficile, le marché du travail suisse ne se dérobe pas complètement. L’Institut KOF souligne que les indicateurs clés continuent de montrer un marché robuste, avec une pénurie de travailleurs qualifiés persistante et une forte demande en postes vacants dans presque tous les secteurs.
Economiesuisse, l’organisation faîtière des entreprises suisses, tempère les inquiétudes : même si certaines entreprises réduisent leurs effectifs, de nombreux emplois nouveaux devraient être créés, empêchant un effondrement massif du marché de l’emploi.
Les Points Importants
- L’économie suisse devrait enregistrer une croissance modérée (+1,1 %) en 2026, tirée principalement par la demande intérieure et soutenue par une baisse des droits de douane américains.
- L’inflation demeurera faible, maintenant un contexte favorable à la consommation privée.
- Les augmentations salariales seront inégales : la construction, les secteurs pharmaceutique, hôtelier et financier connaîtront des hausses plus marquées, tandis que le commerce et la manufacture resteront plus retenus.
- Le marché de l’emploi connaît une période de transition, avec des suppressions significatives de postes dans certains grands groupes et organisations, mais aussi une dynamique de création d’emplois liée à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
- À l’échelle internationale, ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de rééquilibrage des relations commerciales et de collaboration économique, où la Suisse dialogue étroitement avec ses partenaires européens, notamment la France, qui joue un rôle clé en tant que voisin et acteur économique majeur.
En tant que journaliste observant la Suisse depuis une perspective francophone, je perçois un paysage économique complexe mais dynamique, révélateur des défis contemporains de la globalisation et des interdépendances régionales. La Suisse, tout en protégeant son modèle économique propre, s’adapte aux turbulences internationales, dans un dialogue constant avec ses voisins comme la France.
Ce moment nous invite à réfléchir à une question plus vaste : comment un pays, au cœur de l’Europe, peut-il conjuguer souveraineté économique et ouverture au monde ? Ce dilemme, partagé par beaucoup, nous rappelle que l’économie, loin d’être une science exacte, est avant tout une aventure humaine où se croisent les forces du passé, la résilience du présent et les espoirs du futur. Concentrer notre regard sur ces interactions nous éclaire, peut-être, sur les chemins à emprunter dans un monde en mutation.
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