Mise à jour avec les déclarations du Premier ministre français
Paris, 17 décembre (Point Sud) – Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé ce mercredi que la France s’opposera « fermement » à la ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur si les institutions européennes, notamment la Commission européenne et le Conseil, cherchaient à l’imposer sans consensus, a précisé la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon.
Cette prise de position a été révélée lors du Conseil des ministres qui s’est tenu au Palais de l’Élysée, à la veille du sommet européen où les dirigeants des États membres de l’UE doivent décider à la majorité qualifiée si l’accord sera validé, avant sa signature envisagée samedi au Brésil.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a souligné devant le Sénat que si la Commission européenne tente de faire approuver cet accord à tout prix lors du Conseil européen ce week-end, « la France votera contre ».
Emmanuel Macron, qui avait déjà demandé dimanche un report de la signature, estime que le traité manque encore de « clarté » sur trois exigences capitales, rappelle Maud Brégeon.
Il s’agit d’abord d’instaurer des clauses de sauvegarde « solides et opérationnelles », une demande déjà soutenue par le Parlement européen mardi dernier. Ensuite, il faut garantir une concurrence équitable en appliquant aux produits importés les mêmes normes que pour ceux produits dans l’UE. Enfin, la mise en place de contrôles rigoureux à l’importation est indispensable.
La porte-parole du gouvernement insiste : la France « n’est pas isolée » dans cette démarche, qui ne constitue pas une opposition dogmatique aux accords commerciaux, mais un appel de bon sens à défendre l’agriculture française et européenne, un secteur clé dont la viabilité économique n’est pas assurée avec le texte actuel.
Cette position française recueille d’ailleurs le soutien d’autres pays européens, comme l’Italie. La Première ministre Giorgia Meloni a rejoint cette demande, soulignant qu’il est « prématuré » de signer cet accord tant que des mesures concrètes de protection agricole ne seront pas adoptées.
La France a officiellement demandé dimanche dernier un report de la décision à 2026 afin d’obtenir les garanties indispensables pour ses filières agricoles et d’élevage.
Ce traité facilitera l’accès au marché européen à des produits sud-américains comme la viande, le sucre, le riz, le miel et le soja, une perspective qui inquiète vivement les agriculteurs français. Ceux-ci, en colère, manifestent depuis plusieurs jours dans le sud-ouest et le sud de la France, bloquant des autoroutes notamment, réaction aussi liée à la gestion récente de la dermatosis nodulaire contagieuse qui a sévèrement affecté les troupeaux bovins.
Parallèlement, cet accord permettra de développer les exportations européennes de voitures, machines, vins et spiritueux vers les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).
Les Points Importants
- La France exprime une opposition claire à l’adoption précipitée de l’accord UE-Mercosur, soulignant le manque de garanties pour son agriculture et son élevage.
- Cette position s’inscrit dans une volonté de préserver l’équité dans les échanges commerciaux, à travers des clauses de sauvegarde et une harmonisation des normes entre produits importés et européens.
- Plusieurs États membres, dont l’Italie, partagent cette inquiétude, ce qui pourrait influer sur l’approbation finale du traité au sein de l’Union.
- Le contexte social en France, marqué par des mobilisations agricoles liées aussi à des problématiques sanitaires, reflète la sensibilité du sujet pour les filières locales.
- En dépit des tensions autour du volet agricole, cet accord commercial ouvre des opportunités à la fois pour les exportations européennes et pour l’accès aux marchés sud-américains.
À l’échelle internationale, cette situation illustre les défis croissants auxquels fait face la construction européenne dans la gestion de compromis entre ses ambitions économiques et la préservation de ses secteurs stratégiques. La démarche française met en lumière la nécessité d’un équilibre durable entre ouverture commerciale et protection des spécificités sociétales et environnementales. Le débat européen devra intégrer cette vision pour renforcer la cohésion interne tout en affirmant sa place sur la scène mondiale. Pour l’Union européenne, concilier ces impératifs sera un test crucial de sa capacité à façonner des partenariats internationaux équitables et crédibles.
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