À la suite de l’annonce de Disneyland Abu Dhabi, Josh D’Amaro, président de Disney Experiences, se profile comme le successeur naturel de Bob Iger à la tête de The Walt Disney Company, dont le départ à la retraite est attendu—pour la seconde fois.
La Course à la Direction de Disney

Dans un récent article sur les enjeux de succession à Hollywood, The Hollywood Reporter place Josh D’Amaro en tête des prétendants au poste de PDG de Disney. Celui-ci fait partie d’un quatuor d’exécutifs les plus souvent cités pour succéder à Iger. Avec le succès récent et l’expansion prévue des parcs à thème, D’Amaro est devenu le favori, même si rien n’est encore finalisé.
Entré chez Disney en 1998, quelques années après avoir obtenu son diplôme en commerce à Georgetown, Josh D’Amaro a gravi les échelons en occupant des postes clés, notamment vice-président des ventes et du marketing touristique, directeur de la planification stratégique, et directeur financier des licences produits. En 2010, il rejoint la division Disney Parks, désormais Disney Experiences, où il occupe des fonctions variées : vice-président d’Adventures by Disney, puis du célèbre parc Disney’s Animal Kingdom où il supervise l’extension Pandora – The World of Avatar. Plus tard, il dirige Walt Disney World Resort avant de prendre la présidence de Disneyland Park en Californie, puis revient en Floride au poste de président du Walt Disney World Resort.
Depuis 2020, il chapeaute l’ensemble de Disney Experiences, au moment où Bob Chapek, ancien président des parcs, devient PDG de la compagnie.

L’investissement colossal de 60 milliards de dollars dans Disney Experiences, les projets d’agrandissement du Disneyland Resort avec DisneylandForward, la collaboration innovante avec Fortnite, et l’annonce récente de Disneyland Abu Dhabi renforcent les atouts de D’Amaro. Toutefois, la gestion controversée de Bob Chapek continue de planer sur son avenir.
Chapek, sélectionné par Iger malgré les attentes en faveur de Kevin Mayer, a dû quitter précipitamment son poste après seulement deux ans, laissant la place à un retour d’Iger. Sa difficulté à jongler avec les exigences du Hollywood artistique a été notoire. D’Amaro essaie donc de s’appuyer sur ses propres liens avec les talents créatifs du cinéma et de la télévision.
Stephen Galloway, doyen de la Dodge College of Film and Media Arts, résume bien la complexité : « Le problème chez Disney, c’est qu’on ne peut pas s’attendre à ce qu’un expert en parcs à thème comprenne la production audiovisuelle, ni qu’un spécialiste du cinéma sache naviguer dans les relations avec le gouvernement chinois. Personne ne sait tout. »

En deuxième position figure Dana Walden, co-présidente de Disney Entertainment et ancienne dirigeante du groupe Fox Television. Arrivée chez Disney lors du rachat de Fox en 2019, elle a remplacé Peter Rice à la tête de Disney General Entertainment Content en 2022. Depuis 2023, elle partage la responsabilité de Disney Entertainment avec Alan Bergman, également pressenti pour succéder à Iger.
Walden apporterait l’expérience hollywoodienne nécessaire au rôle, et serait la première femme à diriger Disney. Cependant, selon The Hollywood Reporter, son amitié notoire avec la vice-présidente américaine Kamala Harris pourrait compliquer la donne, dans un contexte politique tendu vis-à-vis des grandes entreprises médiatiques.
Parmi les autres candidats, Bergman, vétéran de Disney depuis 1996, manquerait de ce “charisme” requis pour prendre la place d’Iger. Quant au président d’ESPN, Jimmy Pitaro, il semblerait peu intéressé par le poste.
Les dernières années ont été bouleversantes pour Hollywood : concentration des acteurs, pandémie, grèves des scénaristes et acteurs en 2023, guerre du streaming, évolutions technologiques… Le paysage est en pleine mutation.
La productrice Amy Baer confie : « Le monde du cinéma et de la télévision a tellement changé qu’il est difficile de prévoir le profil des futurs dirigeants. Autrefois, tout était plus lisible ; désormais, plus rien ne l’est. »
Pour Terry Press, président de la stratégie et de la communication chez Amblin Partners, « en ces temps chaotiques, la stabilité devient une denrée rare et précieuse. On veut en bénéficier et s’y associer. »

Disney a fait appel à James P. Gorman, président de Morgan Stanley, pour diriger la recherche du successeur d’Iger. Il a été promu président du conseil d’administration afin de superviser cette transition prévue début 2026, peu avant la fin du mandat de Bob Iger en décembre.
Si des rumeurs évoquent parfois des candidats extérieurs, la tradition veut que la succession se fasse en interne.
Barry Diller, fondateur de Fox, souligne à juste titre à The Hollywood Reporter : « Recruter un PDG externe, c’est reconnaître un échec. Le plus efficace est d’élever en interne un talent jeune, qui mûrit dans l’entreprise avant de prendre les rênes. Engager quelqu’un que vous ne connaissez pas reste un coup de dés peu fiable. »
Dana Walden, même récente chez Disney, a eu l’occasion de s’imprégner des valeurs de la maison grâce à son passage chez Fox, tout comme D’Amaro et Bergman. Au final, le choix d’Iger pourrait bien se jouer à celui qui aura le plus d’ardeur à diriger la compagnie.

Une anecdote rapportée d’une récente réunion interne raconte qu’Iger aurait conseillé à un cadre « d’être plus égoïste ». Disney dément formellement cette déclaration, soulignant qu’elle n’a jamais eu lieu.
Quoi qu’il en soit, cette rumeur illustre bien la tension et la lutte que chacun des candidats devra mener pour s’imposer.
En Résumé
- La succession de Bob Iger à la tête de Disney se joue entre quatre cadres d’expérience, avec Josh D’Amaro en position de force grâce à son parcours dans les parcs et ses connexions artistiques.
- Le choix du futur PDG devra allier savoir-faire opérationnel, finesse politique et maîtrise de l’industrie hollywoodienne, un équilibre bien plus complexe qu’il n’y paraît.
- Le contexte actuel de bouleversements dans le divertissement complique la lecture des candidats potentiels et rend la stabilité aussi recherchée qu’une potion magique.
- Les tensions internes et les rivalités pourraient bien faire de cette nomination un duel à la fois stratégique et politique, bien loin de l’image féérique que cultive Disney.
Alors que je contemple cette succession avec l’œil du spectateur passionné, je me demande : qui sera capable de dompter la créativité sans étouffer l’innovation ? Qui saura renforcer la magie tout en affrontant les réalités implacables du marché ? Dans ce grand théâtre qu’est Disney, chaque acteur pourrait redéfinir l’histoire. Moi, je suis prêt à suivre cette épopée d’un pas assuré, car dans ces coulisses, se joue bien plus qu’une simple passation de pouvoir — c’est le futur d’un empire qui s’écrit.
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