Hong Kong veut reconquérir les touristes dépensiers

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Deux sœurs originaires du sud-ouest de la Chine ont débarqué à Hong Kong lors d’une récente escapade, avec pour ambition de découvrir la ville en moins de 12 heures.

Avec seulement un petit sac à dos chacune, Hu Di, 30 ans, employée bancaire, et Hu Ke, 20 ans, étudiante universitaire, ont savouré des nouilles au bœuf dans le quartier des affaires de Central, pris tour à tour la pose pour immortaliser le coucher de soleil sur une promenade au bord de l’eau, avant de capturer la silhouette illuminée de la ville à la nuit tombée. Leurs seuls achats souvenirs furent des huiles médicinales et des bandes dessinées rétro. Leur dépense totale ? Moins de 150 dollars, avant de regagner la frontière avec la Chine continentale pour y passer la nuit.

Ces deux jeunes femmes incarnent une tendance très en vogue chez les touristes chinois continentaux, surnommés les « touristes forces spéciales » : des voyageurs indépendants qui entrent et sortent de la ville aussi vite et à moindre coût que possible.

Ces visiteurs venus de Chine continentale représentent plus des trois quarts des touristes de ce centre financier. Alors qu’ils étaient auparavant de gros dépensiers, achetant montres de luxe, sacs à main et vêtements griffés, ils consacrent désormais moins de temps et d’argent à Hong Kong. Cette évolution pose un défi majeur à la relance du secteur touristique, fragilisé par des années de manifestations contre le gouvernement, des restrictions sanitaires, et les inquiétudes occidentales face à une politique sécuritaire renforcée qui restreint les libertés.

Anciennement fier de son statut de « Ville mondiale d’Asie », Hong Kong cherche aujourd’hui à se repositionner comme capitale régionale des événements, mettant l’accent sur les concerts et salons professionnels plutôt que sur le shopping, pour attirer les visiteurs et encourager des dépenses plus importantes.

Cette année, la ville a inauguré un parc sportif de 4 milliards de dollars sur le site de l’ancien aéroport de Kai Tak. Son joyau est un stade teinté de violet doté de la climatisation sous chacun de ses 50 000 sièges, qui affichait presque complet lors du tournoi annuel de Rugby Sevens fin mars.

En Résumé

  • Les voyages éclair à Hong Kong, version « spécial forces », semblent prouver qu’on peut voir beaucoup en une demi-journée, à condition de troquer le luxe pour des souvenirs « santé » et vintage.
  • Le tourisme chinois change de rythme : moins de dépenses, plus d’efficacité. Une aubaine pour les porte-monnaies, un casse-tête pour les commerçants locaux.
  • Hong Kong mise désormais sur une stratégie événementielle pour sortir de sa peine post-pandémique et politisée, troquant les vitrines flashy contre les jingles de concerts et les stands d’exposition.
  • Le nouveau stade climatisé est peut-être la quintessence de la modernité locale, une invitation à supporter sportivement la ville malgré ses mutations.

De mon côté, cette transformation touristique me questionne : dans un monde où le temps s’accélère et où les séjours se condensent, peut-on vraiment découvrir l’âme d’une ville sans s’y attarder ? N’y a-t-il pas un petit risque de n’emporter avec soi que des clichés éclair, au détriment de souvenirs plus profonds ? Partons donc à la conquête de ces métropoles express, caméra en main, prêts à saisir l’instant tout en devinant l’invisible.


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