Musique IA : difficile de faire la part des choses
La frontière entre la musique créée par des humains et celle générée par des intelligences artificielles (IA) devient de plus en plus floue. Un récent sondage réalisé par Ipsos pour la plateforme de streaming Deezer met en lumière cette réalité. L’étude, effectuée entre le 6 et le 10 octobre, a interrogé 9 000 participants dans huit pays différents.
L’enquête a proposé aux auditeurs de découvrir trois morceaux de rock, sans indiquer leur origine. Deux d’entre eux étaient issus d’IA générative : l’un du groupe virtuel The Velvet Sundown et l’autre d’un logiciel nommé Suno. Le troisième morceau était un classique du groupe britannique Juicy Lucy, sorti en 1970.
Les résultats sont particulièrement révélateurs : 97 % des participants n’ont pas réussi à distinguer la musique produite par IA de celle composée par des musiciens humains. Ce manque de discernement a suscité un certain malaise, puisque 52 % des sondés ont exprimé leur inconfort face à cette indistinction.
Au-delà de cette difficulté, l’étude révèle des craintes quant à l’avenir de la musique. 51 % des interviewés redoutent que l’IA n’entraîne une augmentation des chansons jugées « moins qualitatives » sur les plateformes de streaming. De plus, 64 % s’inquiètent d’une possible perte de créativité dans la production musicale. Cependant, presque la moitié des participants (46 %) estiment que les algorithmes de recommandation basés sur l’IA pourraient leur permettre de découvrir davantage de morceaux qu’ils apprécient.
40 000 morceaux d’IA chaque jour
Ce sondage s’inscrit dans une stratégie de Deezer, qui se positionne comme le seul service de streaming à s’efforcer de détecter et de signaler les pistes générées par l’intelligence artificielle. Les résultats montrent une préoccupation du public pour la transparence concernant l’origine de la musique écoutée.
En janvier 2025, il a été estimé qu’un titre sur dix publié sur Deezer était entièrement généré par IA. Cette proportion a depuis explosé, atteignant aujourd’hui 40 000 morceaux chaque jour, soit 34 % de l’ensemble des titres. Néanmoins, ces créations ne représentent qu’une faible partie des écoutes globales.
Le succès inattendu du groupe The Velvet Sundown a soulevé un grand intérêt, avec leur morceau phare récoltant des millions d’écoutes sur Spotify. Dans un contexte de préoccupations d’opacité, des mesures visant à accroître la transparence pour les artistes et éditeurs ont été annoncées.
Points à retenir
- Précision des résultats : Une majorité écrasante de 97 % n’a pas su distinguer musique humaine et musique générée par IA.
- Inquiétudes généralisées : Plus de la moitié des répondants ressentaient un malaise face à l’incapacité de différencier le vrai du faux en matière musicale.
- Impact perçu sur la qualité : 51 % craignent que l’IA n’entraîne une prolifération de productions musicales moins intéressantes.
- Risque de créativité réduite : 64 % des sondés redoutent une baisse de la créativité musicale à cause de l’automatisation.
- Avantages des algorithmes : Près de la moitié des participants estiment que des systèmes de recommandation pourraient les aider à découvrir plus de musique qu’ils aiment.
- Concurrence sur le marché : Deezer se distingue par son engagement à signaler les titres générés par IA, cherchant à répondre à une demande croissante de transparence.
- Croissance exponentielle : 40 000 morceaux d’IA sont publiés quotidiennement sur la plateforme, représentant 34 % des titres tout en restant peu écoutés.
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