Le 14 juillet, jour de la Fête nationale française, la France célèbre les valeurs fondatrices de sa république — liberté, égalité, fraternité — et renforce ses liens avec ses partenaires à travers le monde.
Cette journée emblématique prend racine dans la prise de la Bastille en 1789, événement marquant de la Révolution française. Fêtée pour la première fois en 1790 lors de la Fête de la Fédération, elle a été instaurée officiellement comme jour national en 1880. Symbole d’unité, de démocratie et d’ouverture, elle reste une occasion de commémoration et de rassemblement.
Patrick Maisonnave, ambassadeur de France en Arabie Saoudite, s’est confié à Point Sud sur les relations entre Paris et Riyad. Il a souligné une coopération stratégique croissante, un développement économique soutenu, une présence accrue des entreprises françaises dans le royaume, ainsi que des échanges culturels et touristiques enrichissants. La France joue également un rôle actif dans la promotion de la stabilité régionale.
Après une année passée à Riyad, l’ambassadeur qualifie cette relation de « vivante ». Selon lui, « la dynamique est très positive. Cette première année a permis de formaliser notre partenariat stratégique, comme en témoigne la visite d’État historique du président français en décembre dernier. »
Le dialogue entre les deux pays s’approfondit dans les domaines politique, économique, culturel et de la défense. France et Arabie Saoudite sont désormais des partenaires stratégiques de confiance, illustré par la fréquence des rencontres entre le prince héritier saoudien et le président français.
En matière d’investissement, la France est le deuxième investisseur étranger en Arabie Saoudite, avec des projets majeurs dans l’énergie, les infrastructures, les transports et la santé. « On ne le dit pas assez, rappelle M. Maisonnave, la France joue un rôle clef dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, les transports et la santé. »
Parmi les projets phares, on peut citer la collaboration entre TotalEnergies et Saudi Aramco pour le raffinage SATORP et le complexe pétrochimique Amiral. Engie gère près de 9 milliards de dollars d’actifs dans l’énergie et l’eau, tandis que EDF est impliquée dans des projets de dessalement et de production électrique évalués à environ 5 milliards de dollars.
Les entreprises françaises contribuent aussi aux grands chantiers locaux tels que le métro de Riyad ou le tramway expérimental d’AlUla. Airbus, de son côté, a obtenu plus de 300 commandes d’avions auprès de compagnies saoudiennes telles que Saudia, Flynas, Riyadh Air et AviLease.
Dans le domaine urbain et des infrastructures, Veolia, Accor, Bouygues, Alstom, Thales et JCDecaux figurent parmi les acteurs majeurs.
« Je suis fier des technologies françaises qui accompagnent la Vision 2030, souligne l’ambassadeur. »
Plus de 200 entreprises françaises opèrent actuellement dans le royaume, employant environ 13 000 salariés. Le Conseil d’affaires franco-saoudien, qui regroupe plus de 300 membres, illustre cette croissance. Environ 75 % de ses membres sont des entreprises saoudiennes-françaises et 25 % des sociétés françaises implantées sur place.
Dernièrement, 34 entreprises françaises ont installé leurs sièges régionaux en Arabie Saoudite. L’ambassadeur salue également l’ouverture du bureau du Fonds d’investissement public (PIF) à Paris, signal fort de la volonté saoudienne de renforcer ses investissements en France et en Europe, notamment dans les secteurs innovants.
Sur le plan touristique, la France est reconnue pour son savoir-faire dans la promotion des paysages, du patrimoine, de la culture et de la gastronomie, apprécié tout au long de l’année par les Saoudiens.
Cette expertise s’incarne particulièrement dans le développement d’AlUla, soutenu par l’Agence française pour le développement d’AlUla, notamment en archéologie, développement durable, hôtellerie et formation au tourisme.
La présence française se manifeste aussi dans d’autres projets majeurs du royaume, comme la construction de musées, les infrastructures sportives, la gestion hôtelière, l’événementiel et les formations professionnelles.
Parmi les sites visités par l’ambassadeur figurent Diriyah, Qiddiya, le parc King Salman, l’aéroport international King Salman et l’Expo 2030. « Ces projets contribueront à transformer l’image du pays, et je suis fier de voir la valeur ajoutée de l’expertise française. »
La reprise de la liaison directe Air France entre Paris et Riyad est également perçue comme un signe fort de renforcement des liens bilatéraux. « Les Saoudiens apprécient la France et de plus en plus de Français découvrent le Royaume, ses sites sacrés, son patrimoine archéologique, ses plages, ses loisirs et son championnat de football. »
Dans le domaine culturel, plus de quinze missions archéologiques françaises sont actives en Arabie Saoudite. L’ambassadeur met aussi en avant le soutien accordé à la première compagnie de ballet nationale saoudienne, ainsi que des programmes de formation en mode et gastronomie.
Deux projets majeurs sont prévus dans les mois à venir : l’inauguration, le 2 octobre, de la Villa Hegra à AlUla, résidence destinée aux artistes saoudiens et français, et l’ouverture, en janvier 2026, de la Biennale d’Art Contemporain de Diriyah avec la création d’une « Factory » franco-saoudienne dédiée à la danse et aux arts immersifs.
Suite à la visite présidentielle, un Institut français a vu le jour en Arabie Saoudite afin de renforcer la coopération culturelle et éducative.
Sur le plan régional, l’ambassadeur insiste sur l’importance de solutions politiques durables pour la stabilité. Concernant le conflit israélo-palestinien, il rappelle que la paix passera par une solution à deux États, respectant les aspirations palestiniennes légitimes tout en garantissant la sécurité d’Israël.
Condamnant fermement les violences, les massacres de Gaza et les attaques extrémistes comme des violations du droit international et des valeurs humaines, il alerte sur les conséquences néfastes des politiques à court terme qui ne font qu’alimenter un cycle de souffrance et de vengeance.
La France et l’Arabie Saoudite s’apprêtent à co-présider une réunion à l’Assemblée générale des Nations unies visant à promouvoir cette solution, en invitant tous les pays à proposer des mesures concrètes.
Au-delà du dossier palestinien, la coopération entre Paris et Riyad s’élargit à d’autres questions régionales, telles que la situation au Liban, le programme nucléaire iranien et la Syrie.
L’ambassadeur conclut en exprimant sa confiance dans la force du partenariat politique franco-saoudien et dans leur capacité commune à jouer un rôle constructif dans la région.
En Résumé
- Le 14 juillet, journée symbole de la République française, illustre l’ambition d’unir valeurs historiques et partenariats modernes.
- Les liens entre la France et l’Arabie Saoudite prennent des formes très concrètes : investisseurs, chantiers, échanges culturels, projets communs.
- La coopération ne se limite pas à l’économie, elle s’étend à la culture, au tourisme, aux arts et à la formation professionnelle.
- Les questions régionales et internationales, bien loin de figer le dialogue, nourrissent une coopération diplomatique active et pragmatique.
- Bien entendu, le défi reste de taille et nul n’imagine que tout est réglé sans heurts : stabilité régionale et paix durable demandent du temps et beaucoup de patience.
En somme, ce partenariat franco-saoudien semble combiner réalisme économique, échanges culturels et ambitions diplomatiques. Ce cocktail, parfois inattendu, invite à réfléchir sur la manière dont deux cultures aux histoires différentes inventent ensemble une collaboration 2.0. Et moi, personnellement, je trouve passionnant de voir ces alliances se tisser à l’heure où le monde réclame de nouvelles formes de dialogue. À suivre de près, donc !

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