Jours 89-92 : Fin du VT et arrivée au NH

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Jour 89 : Nous nous sommes réveillés trop tard pour admirer le lever du soleil, mais peu importe, le coucher de soleil d’hier soir était tout simplement exceptionnel. Après un petit-déjeuner sur le balcon, installés dans nos chaises Adirondack au sommet du mont Bromley, nous avons entamé la randonnée juste avant 8 heures du matin. La montée s’est révélée moins exigeante que prévu. Fidèle à sa réputation, Vermud s’est montré boueux à souhait. Nous avons longé l’étang Little Rock, et mon père n’a pas pu résister à une baignade rafraîchissante, un moment qu’il attendait depuis son départ de Géorgie, amoureux qu’il est des bains glacés. En fin de journée, les mouches noires sont devenues assez agressives, mais pas assez pour nous obliger à sortir nos filets anti-insectes. Notre campement s’est installé près du ruisseau Bully. Après avoir monté la tente, mon père s’est offert une nouvelle trempette tandis que je me suis simplement rafraîchi les jambes et le visage pour me sentir revigoré. Au total, 35 km parcourus aujourd’hui.

Jour 90 : Aujourd’hui, 42 km au compteur avec 2 200 mètres de dénivelé positif. Un panneau avant Killington signalait que Katahdin est à 500 milles, soit environ 800 km – la fin se rapproche ! Nous avons gravi Killington l’après-midi. La montée, bien que jugée facile, a été rendue compliquée par de nombreux arbres tombés en travers du chemin. Nous avons emprunté le sentier balisé en bleu jusqu’au sommet : court, escarpé et rocailleux, mais la vue valait largement l’effort. La journée s’est achevée sous nos lampes frontales, au campement proche de la jonction entre le Long Trail et l’Appalachian Trail.

Jour 91 : Après une nuit écourtée, couchés juste avant minuit, nous n’avons pris le chemin qu’après 8 heures. Cela s’est ressenti. Tous deux légèrement déshydratés, nous peinions à nous remettre en route. Une bonne réhydratation et un apport protéiné en début d’après-midi nous ont revigorés. La journée a été un vrai yo-yo avec plus de 2 100 mètres de descente et presque 1 800 mètres de montée, pour 35 km parcourus. Nous avons été pris en charge et envoyés à Woodstock, Vermont, pour la nuit. Eagle Eye a retrouvé notre équipe avec des ravitaillements bienvenus et restera avec nous pour quatre jours. Un bon dîner suivi d’un cheesecake au sirop d’érable a clos la soirée en beauté.

Jour 92 : Cette journée a été marquée par des collines douces, sans grandes ascensions. Nous avons collectivement retiré une trentaine de tiques, heureusement pas encore incrustées, car nous faisions des contrôles réguliers après avoir traversé des prés herbeux. À mi-parcours, nous avons traversé un petit village et profité du Captain Shash’s pour refaire nos réserves d’eau. Céline et Jackson nous rejoindront ce soir à Hanover, New Hampshire, un moment que nous attendons avec impatience. Nos retrouvailles fréquentes avec la famille depuis le début du Nord de la Nouvelle-Angleterre sont un vrai bonheur. Les derniers kilomètres au Vermont s’effectuent sur du bitume : une petite pause bienvenue pour finir la journée. Mon père a appelé Céline et Jackson pour qu’ils amènent Juno, leur retriever doré, afin que nous puissions le promener lors de notre passage dans le New Hampshire, un État qui nous est cher après le Maine. L’enfance nous a souvent amenés ici, notamment pour escalader le mont Washington, un souvenir d’été incontournable. Le parcours à Hanover était enchanteur et la journée s’achève sur un total de 37 km et 1 900 mètres d’ascension. Un repas au restaurant, des moments avec la famille, puis au lit, car la météo annonce une journée pluvieuse demain.

En Résumé

  • Les couchers de soleil sont plus ponctuels que les levers, ce qui semble parfaitement convenir à notre rythme de randonneurs parfois un peu… matinaux.
  • Entre baignades rafraîchissantes et combats contre des mouches ou des tiques, la nature ne se laisse pas dompter facilement.
  • Le corps suit une météo imprévisible : déshydratation franche un jour, festin au sirop d’érable le lendemain, autant dire que l’équilibre alimentaire doit être savamment négocié.
  • Les kilomètres s’accumulent, et plus la fin paraît proche, plus chaque pas semble lourd… mais aussi empreint d’émotion.
  • L’importance des retrouvailles familiales se fait plus douce à mesure que la route défile, presque une raison aussi forte que le sommet à atteindre.

Cette aventure nous rappelle que chaque pas, chaque montée et chaque pause ont leur place dans l’histoire que l’on écrit. Alors, quand va-t-on s’arrêter pour mieux regarder autour de nous ? Pas tout de suite, n’est-ce pas ? Moi, je suis prêt à reprendre la route, convaincu que l’essentiel ne réside pas uniquement dans la destination, mais bien dans le chemin parcouru et les histoires que l’on partage en chemin. Et vous, quel sera votre prochain pas ?


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