Héritage du Crow Pass : Coby Marvin, plus jeune vainqueur de l’histoire

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Participants lors de la course Crow Pass Crossing 2025
Les coureurs franchissent le glacier Raven sur le parcours de 2025 du Crow Pass Crossing. Environ 150 participants ont pris part à cette course de 23 miles, partant de Girdwood jusqu’au Eagle River Nature Center, le 19 juillet 2025. (Marc Lester / ADN)

La 40e édition annuelle du Crow Pass Crossing s’est déroulée sans la participation des vétérans Christy et Ben Marvin, tous deux anciens vainqueurs dans leurs catégories respectives, hommes et femmes.

Cependant, la victoire est restée dans la famille Marvin puisque leur fils aîné, Coby, a remporté cette course de montagne de 23 miles entre Girdwood et Eagle River avec un temps impressionnant de 3 heures, 30 minutes et 30 secondes, devenant ainsi le plus jeune vainqueur de l’histoire de l’épreuve.

« La course en montagne, c’est un peu notre affaire de famille. Même si mes parents ne pouvaient pas courir cette année, j’étais heureux de les représenter », confie Coby, âgé de 18 ans.

Cette année, son père Ben n’a pas pu courir en raison d’une blessure au dos, mais Coby reste convaincu que son père aurait « écrasé » la compétition s’il avait été en forme.

Coureurs sur un sentier rocheux près de Crow Pass
Les coureurs négocient un sentier rocailleux proche de Crow Pass. (Marc Lester / ADN)

Père et fils se sont affrontés lors de la course Mount Marathon cette année, avec une victoire du fils, mais Coby estime que son père « sera bientôt de retour en pleine forme ».

Il s’agissait de la première participation de Coby au Crow Pass Crossing, et aussi de sa course la plus longue jusqu’à présent.

« Je suis juste content d’avoir réussi. Je n’avais jamais couru plus de 14 miles dans ma vie, donc je suis assez fier », ajoute-t-il.

Selon lui, la montée du col était la partie la plus agréable, tandis que les 8 derniers miles ont été particulièrement éprouvants.

« Je priais simplement pour éviter les crampes, parce que j’ai vraiment souffert », avoue Coby.

Jake Moe commence la descente depuis Crow Pass
Jake Moe, originaire d’Anchorage, entame la descente du Crow Pass. (Marc Lester / ADN)

Malgré ses douleurs, Coby a accusé une avance de plus de 11 minutes sur le deuxième arrivé.

Rencontrer la faune locale est fréquent lors des courses de montagne, notamment celle-ci. Coby raconte avoir croisé un ours en chemin vers la ligne d’arrivée.

« Mon objectif était de prendre du plaisir, ce que j’ai fait, et j’en suis heureux », conclut-il.

La foi est une motivation essentielle pour Coby, comme pour ses parents. Sa mère, Christy, choisit à chaque course des versets bibliques qui lui donnent force et courage. Pour Coby, ce sont les versets 30 et 31 du chapitre 40 d’Isaïe qui résonnent particulièrement :

« Même les jeunes se fatiguent et sont las, et les hommes pleins de force chancellent ; mais ceux qui espèrent en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans s’épuiser. »

Zoe Munson passe au point de contrôle du Crow Pass
Zoe Munson, d’Anchorage, franchit le point de contrôle au Crow Pass culminant à 3500 pieds. (Marc Lester / ADN)

Coby a obtenu son diplôme du lycée Colony ce printemps et s’oriente vers des études en kinésiologie avec une spécialisation en médecine sportive à l’université d’État du Montana, à Bozeman. Il prévoit de revenir concourir en montagne dès l’été prochain.

De son côté, Shauna Severson connaît bien ce sentier, l’ayant arpented plus de 20 fois. Elle a participé à la course Crow Pass Crossing à trois reprises avant de s’imposer cette année chez les femmes, terminant sixième au classement général.

Shauna Severson passe le glacier Raven durant la descente de Crow Pass
Shauna Severson d’Eagle River franchit le glacier Raven lors de la descente du Crow Pass. (Marc Lester / ADN)

Après avoir été deuxième l’an dernier, elle savoure sa première victoire avec un chrono de 3 heures, 55 minutes et 3 secondes.

Fait notable, elle fut la seule femme à conclure la course en moins de quatre heures.

Contrairement à beaucoup d’autres coureuses de montagne qui s’entraînent spécifiquement, Shauna reste active par ses activités quotidiennes. Mère de trois enfants âgés de 7, 5 et tout juste 3 ans, elle profite de fréquentes randonnées, souvent en les portant ou en poussant leur poussette.

« Je fais beaucoup de randonnées avec du poids, et je porte mon plus jeune ou pousse la poussette », explique-t-elle.

Clint Swartz franchit Crow Pass
Clint Swartz, originaire de Spring au Texas, franchit Crow Pass. (Marc Lester / ADN)

Cette année, elle a également bénéficié de conditions météorologiques parfaites et d’un sentier soigneusement préparé par les organisateurs et bénévoles.

« L’ascension du col est toujours agréable, la descente rapide qui suit aussi, puis il faut juste se concentrer et tenir bon jusqu’au bout », précise Shauna.

Son moment le plus fort est la descente rapide après le col, tandis que la traversée de rivière finale, à la hauteur de sa taille, représente le plus grand défi.

« C’était jusqu’à la taille, j’ai croisé quelqu’un de plus grand qui m’a accompagnée. Quand on sait qu’on est presque arrivée, on puise dans ses ressources pour finir », ajoute-t-elle.

Elle n’a fait aucune rencontre avec la faune, à la différence de Coby qui a croisé un ours plus tôt dans la course.

Pour Shauna, la motivation ultime dans les derniers mètres a été « la ligne d’arrivée ». Un moment de récompense intense après l’effort fourni.

Stephanie Wright s’approche de Crow Pass
Stephanie Wright, de Fairbanks, s’approche de Crow Pass. (Marc Lester / ADN)

En Résumé

  • Le Crow Pass Crossing reste un rendez-vous familial, avec les Marvin qui perpétuent la tradition.
  • Courir plus de 23 miles dans un paysage aussi exigeant est un défi pour ne pas dire une promenade de santé… surtout avec des ours sur le parcours.
  • La foi trouve aussi sa place dans cet univers sportif — apparemment, les batteries spirituelles se rechargent aussi vite que l’endurance physique !
  • Le témoignage de Shauna montre bien que ce ne sont pas les entraînements intensifs qui comptent toujours, mais le style de vie actif et la passion.
  • Enfin, la ligne d’arrivée, ce Graal pour tous, transcende douleur et fatigue pour offrir une satisfaction que seul l’effort extrême peut susciter.

Au fond, cette course est bien plus qu’un simple défi sportif : elle raconte une histoire de transmission, de dépassement, de famille et de nature sauvage. Et si, au-delà des chronos, on prenait le temps de se demander ce que ces moments nous disent de notre propre capacité à aller plus loin, à garder foi — même dans l’effort le plus dur — et à savourer, malgré tout, le simple plaisir d’être en mouvement ? C’est un défi que je relève avec vous, prêts à enfiler nos chaussures et à découvrir jusqu’où nous pouvons vraiment aller.


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