Du duelliste à distance : Nasser Zefzafi et Abdelilah Benkirane entrent dans l’arène
Lors d’une récente assemblée, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), a attaqué Nasser Zefzafi. Il a exprimé son indignation face à la libération temporaire du leader du Hirak pour assister aux obsèques de son père.
« C’est désolant de voir qu’il a remercié le directeur de la prison. Pensez-vous vraiment qu’il aurait pu être libéré sans l’aval royal ? C’est grâce au Roi que vous avez pu dire adieu à votre père et prendre la parole librement, » a-t-il déclaré.
Benkirane critique Zefzafi concernant sa libération pour les funérailles de son père.
Le lendemain, Zefzafi, en prison, a réagi par une lettre relayée sur les réseaux sociaux par son frère. Il a accusé Benkirane de représenter le palais royal et d’usurper le droit de parole.
Il l’a qualifié d’« humiliateur du pays, insultant son peuple » et a déclaré : « Je ne suis pas un instrument à votre service pour satisfaire vos ambitions politiques déshonorantes. »
« Vous êtes la dernière personne à me donner des leçons de morale, vous qui avez opprimé les Marocains tout en jouissant d’un luxe extravagant. »
Nasser Zefzafi
Bien que cette joute verbale ait eu lieu à distance, elle reflète les tensions persistantes entre les deux hommes. Lors du procès de Zefzafi, sa défense avait même sollicité la comparution de Benkirane comme témoin, du fait de son rôle lors de la signature du projet « Al Hoceima, Phare de la Méditerranée » en octobre 2015. Cependant, cette demande n’a pas été honorée par le tribunal.
De 2016 jusqu’à l’arrestation de Zefzafi en mai 2017, le mouvement de contestation du Rif a dénoncé le retard dans la réalisation ce projet prometteur. Fait intéressant, peu après l’incarcération de Zefzafi, plusieurs ministres et cadres dirigeants ont été relevés de leurs postes, suite à la gestion du projet « Al Hoceima, Phare de la Méditerranée ».
Points à retenir
- Benkirane met en lumière la convivialité dans ses critiques, en se référant au contexte politique.
- Zefzafi défend son engagement pour le Rif malgré son emprisonnement.
- La dynamique de pouvoir entre le Palais et les figures politiques reste un sujet sensible.
- Le projet « Al Hoceima » demeure un point de tension majeur entre les citoyens et les autorités.
- Une comparaison entre les discours politiques illustre les lignes de fracture dans la société marocaine.
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