Turbulences politiques en Suisse face aux nouvelles directives de l’OMS sur l’alcool
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé qu’aucun niveau de consommation d’alcool n’est sûr. Cette déclaration a suscité des réactions vives au sein de certains cercles politiques en Suisse, alors que la Confédération s’apprête à mettre à jour ses recommandations sur le sujet.
La Commission fédérale pour les questions d’addictions (CFANT) doit livrer ses recommandations sous peu, avec une stratégie nationale attendue pour 2029. Actuellement, les conseils recommandent aux hommes de ne pas dépasser deux verres par jour, tandis que les femmes ne devraient pas en consommer plus d’un.
Cependant, la position de l’OMS déclare que, peu importe la quantité, la consommation d’alcool présente des risques pour la santé. En réponse, la Croix-Bleue en Suisse a opté pour un slogan simple : « Moins, c’est mieux ».
Le Parlement s’éveille
Cette remise en question des valeurs établies fait face à l’opposition. À Berne, une vingtaine de parlementaires ont co-signé une motion pour ignorer ces nouvelles directives, dont la discussion est prévue pendant la session d’hiver actuelle.
Pour défendre les intérêts de l’industrie, l’association Gaudium Suisse a été fondée, prônant un “plaisir du goût responsable” tout en rejetant le discours de l’OMS qu’ils qualifient de “paternaliste”. Cette initiative regroupe des acteurs de l’hôtellerie-restauration comme GastroSuisse.
Dans les milieux préventifs, il est noté que les partisans du refus des recommandations utilisent des tactiques similaires à celles de l’industrie du tabac dans les années 70.
“Au fil des années, il est devenu clair qu’aucune consommation d’alcool n’est bénéfique pour la santé,” souligne un responsable des dépendances.
Il est essentiel d’envisager les risques associés dès la première gorgée, notamment en ce qui concerne le cancer.
Vers une consommation éclairée
Malgré cela, il est précisé que l’OMS ne prône pas l’abstinence mais cherche à informer pour permettre des choix éclairés. Au Conseil fédéral, la position reste indécise. Pour l’instant, “il est trop tôt pour se prononcer, rien n’est encore fixé”.
Un membre de GastroSuisse défend la liberté de consommer de l’alcool avec modération, affirmant que cela fait partie de la culture helvétique. Il craint que les recommandations mènent à des restrictions trop sévères, évoquant un retour à des réglementations bureaucratiques.
“On risque d’aboutir à des problèmes de stigmatisation pour ceux qui souhaitent déguster un verre”, tout en reconnaissant que l’alcoolisme est un problème sérieux pour une partie de la population.
Points à retenir
- Changement de perspective : L’OMS considère qu’aucune quantité d’alcool n’est sans risque pour la santé.
- Nouvelles recommandations : La CFANT doit rendre ses conclusions dans les mois à venir.
- Résistance parlementaire : Une motion a été déposée à Berne pour contrer les directives de l’OMS.
- Rôle de l’industrie : L’association Gaudium Suisse s’oppose aux nouvelles recommandations, prônant un équilibre.
- Éducation plutôt qu’interdiction : L’objectif est d’informer le public pour des choix éclairés, non d’imposer l’abstinence.
- Culture et tradition : La consommation d’alcool est intégrée dans le patrimoine culturel suisse.
- Risques associés : Dès le premier verre, des risques pour la santé peuvent surgir, notamment au niveau du cancer.
C’est une situation où l’alcool, à la fois boisson et sujet de débat, se retrouve au cœur d’une discussion chargée de tensions. La suite du feuilleton législatif s’annonce captivante !
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