Bart De Wever dévoile ses réflexions au Bozar : “Le Roi a joué un rôle clé dans la crise budgétaire…”
Dans le cadre prestigieux du Bozar, Bart De Wever, figure emblématique de la politique flamande, a récemment partagé ses pensées sur l’état actuel de la Belgique et ses propres choix en tant que leader. Reconnaissant l’intervention précieuse du Roi lors de la crise budgétaire, De Wever a aussi évoqué son parcours personnel et politique à travers des références historiques.
Une inspiration antique
Quand on lui demande de quel personnage historique il s’inspire, De Wever évoque un choix surprenant : Jules César. Cependant, il tempère ce jugement en se tournant vers Auguste, un empereur qui a réellement su instaurer la paix. Mais c’est Marc Aurèle, avec son stoïcisme, qui attire particulièrement son attention aujourd’hui. “Lorsque les débats s’éternisent, il m’arrive de penser à l’alphabet comme Marc Aurèle ; cela tempère les émotions”, confesse-t-il avec un sourire.
Une vision du conservatisme
Déclarant fièrement son appartenance au conservatisme, De Wever cite Cicéron pour expliquer sa vision des valeurs qui fondent la société. Pour lui, l’individu est moins important que la communauté, et il rejette le postmodernisme qui, selon lui, nuit à l’identité occidentale.
La responsabilité historique
Sur le sujet délicat du colonialisme, De Wever salua les regrets exprimés par le Roi Philippe concernant le passé colonial belge, mais il souligne les absences de réciprocité dans ces discours. Il aborde également l’esclavage, notant que l’héritage historique doit être reconnu dans toute sa complexité.
L’autonomie flamande, un débat actuel
Interrogé sur les statuts de la N-VA qui prônent une Flandre indépendante, De Wever reste réaliste. “L’autonomie doit s’inscrire dans un dialogue de société, et non être un but en soi. La Flandre n’est qu’un moyen de servir la démocratie”, affirme-t-il.
Relations avec le MR
Concernant Georges-Louis Bouchez, le président du Mouvement Réformateur (MR), De Wever révèle une œuvre d’admiration malgré les différences de personnalité qui les séparent. “Nous avons des atouts et des désavantages, que ce soit ensemble ou séparément”, explique-t-il avec humour.
Un Premier ministre ‘surréaliste’
De Wever aborde ensuite son rôle de bourgmestre et son rapport à la Belgique. Le diplomate qui l’a qualifié de “surréaliste” a vu juste, selon lui. Il se veut un rassembleur, revitalisant les célébrations de la nation sans masquer ses racines flamandes.
Le Roi, un médiateur efficace
Bien que résolument républicain, De Wever admet le professionnalisme du Roi, qui joue un rôle de médiateur. “C’est essentiel dans le cadre actuel. Sa fonction ne devrait pas nous faire renoncer à nos exigences républicaines”, constate-t-il.
Vers un confédéralisme ?
Sur le plan institutionnel, De Wever critique le fédéralisme belge, le qualifiant d’illisible et inadapté. “Refédéraliser certaines compétences ? C’est une utopie”, déclare-t-il, soulignant l’importance d’unir les citoyens autour de valeurs communes.
La complexité des avoirs russes
Enfin, De Wever évoque le dossier sensible des avoirs russes gelés, qui lui demande une attention constante. Il prévient des complications à venir, en rappelant que la confiscation d’argent n’est jamais sans enjeux.
Points à retenir
- Un personnage historique : De Wever se tourne vers des figures historiques pour nourrir sa réflexion politique.
- Conservatisme contemporain : Le conservatisme, pour lui, est une question de valeurs partagées, qui doivent transcender les individus.
- Réflexion sur le passé : Les erreurs coloniales méritent un examen attentif, mais une approche équilibrée est essentielle pour avancer.
- Dialogue sur l’autonomie : La Flandre doit être une composante d’une société démocratique, pas un but en soi.
- Relations politiques : L’importance des alliances et des compromis est cruciale, même avec des personnalités divergentes.
- Rôle du Roi : Même en prônant une République, De Wever reconnaît le rôle médiateur du Roi comme essentiel dans le paysage politique actuel.
- Fédéralisme à repenser : Le modèle fédéral belge, selon lui, mérite une révision pour une meilleure efficacité.
- Dossier des avoirs russes : Les enjeux internationaux liés aux avoirs gelés sont une épée de Damoclès qui nécessite prudence et stratégie.
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