L’avenir de Brandt, un géant de l’électroménager, sur le fil du rasoir
Le sort du groupe Brandt, un acteur historique de l’électroménager en France, reste incertain alors que le tribunal des affaires économiques de Nanterre a décidé de mettre son délibéré en attente. Le maire d’Orléans a déclaré : « Nous ne pouvons rien ajouter pour l’instant, le tribunal n’a pas fixé de nouvelle date pour rendre sa décision ». De son côté, le président de la région Centre-Val de Loire a mentionné qu’il avait présenté tous les éléments nécessaires à l’examen du dossier.
Les autorités ont fait front pour soutenir un projet de reprise par une société coopérative (Scop), projet pour lequel le gouvernement a exprimé son soutien. Ce projet pourrait maintenir environ 300 des 700 emplois que compte le groupe en France. Par ailleurs, la reprise par cette Scop serait la seule option viable pour préserver les deux usines du groupe, situées dans le Loiret et le Loir-et-Cher.
La survie de la marque est en jeu, rendant les réactions du gouvernement et des élus cruciales au cours des dernières 48 heures. Ils plaident pour que le savoir-faire français soit préservé avec une reprise par les salariés. En plus des deux usines sur le territoire, Brandt gère un centre de service après-vente à Saint-Ouen-l’Aumône, tandis que son siège se trouve à Rueil-Malmaison.
L’enjeu financier sur la table
Cependant, la relance s’annonce complexe pour un groupe dont la production est pratiquement à l’arrêt. Plusieurs estimations avancent qu’un montant compris entre 20 et 25 millions d’euros sera nécessaire pour redémarrer les activités de Brandt, qui risque de ne plus être en mesure de verser les salaires après le 15 décembre. L’État a promis une aide de 5 millions d’euros, et d’autres soutiens financiers sont envisagés par la métropole d’Orléans et la région Centre-Val de Loire, cette dernière ayant indiqué qu’elle pourrait mobiliser entre 4,5 et 5 millions d’euros pour aider à la portabilité des sites industriels. Selon des sources, environ 15 millions d’euros ont d’ores et déjà été engagés. Reste à voir si les banques, encouragées par le ministre, répondront positivement pour persuader le tribunal de la viabilité de cette reprise.
Propriétaire du groupe algérien Cevital depuis 2014, Brandt génère un chiffre d’affaires de 260 millions d’euros, mais souffre des difficultés persistantes qui affectent le marché du gros électroménager, notamment en raison de la crise dans le secteur immobilier. Les ventes ont baissé de 3,9 % l’année dernière et connaissent une nouvelle perte en 2023, la demande pour ces produits étant souvent liée au dynamisme du marché immobilier.
Points à retenir
- Soutien local : Les élus et le gouvernement s’engagent pour soutenir un projet qui pourrait garantir l’avenir de Brandt.
- Risques de fermeture : La situation du groupe est critique, avec un arrêt presque complet de la production.
- Emplois en jeu : La reprise pourrait préserver près de 300 emplois, soulignant l’importance d’un soutien collectif.
- Assistance financière : Un montant compris entre 20 et 25 millions d’euros est requis pour relancer l’activité.
- Enjeux sectoriels : Brandt, comme d’autres acteurs du marché, est frappé par la crise immobilière qui impacte les ventes d’électroménager.
- Coopératives en débat : Le modèle de Scop pourrait redéfinir le paysage industriel local en renforçant l’implication des salariés.
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