À l’approche des festivités de fin d’année, les 240 employés du Carrefour du centre commercial Alma à Rennes sont préoccupés. La semaine dernière, l’annonce du redressement judiciaire du magasin a provoqué une onde de choc. « C’est éprouvant pour tous », exprime un délégué syndical CGT, dans cet hypermarché de plus de 10 000 m², l’un des plus spacieux de la région bretonne.
Ce n’est pas seulement le site rennais qui est touché. Le tribunal de commerce de Rennes a également placé en redressement judiciaire les Carrefour de Saint-Renan et Plouzané, ainsi que celui de Grâces, cumulant plus de 650 postes à risque. Ces quatre magasins sont gérés par le groupe Pont de Bois.
La situation de Rennes reflète des difficultés financières accumulées depuis plusieurs années, dans un contexte de tensions commerciales entre Pont de Bois et Carrefour. La cessation du contrat de location-gérance à Rennes, initiée en mars 2022, a entraîné des remises en question des accords de travail, engendrant un mécontentement parmi les employés.
Difficultés salariales
Cette mise en redressement judiciaire a engendré une vague d’angoisse parmi le personnel. « Bien que nous ayons été informés, la direction n’interagit pas directement avec nous. Elle communique par l’intermédiaire du CSE, créant une situation floue », déplore un délégué. « Nous savons qu’il y a des discussions en cours, mais les détails restent vagues. »
Les interrogations des employés concernent également les salaires de novembre, qui n’ont pas encore été versés. « Les employés sont traditionnellement payés à la fin du mois, et nous sommes déjà début décembre sans nouvelles. Dans le meilleur des cas, les paiements interviendront dans plusieurs jours », souligne un délégué. « Beaucoup ont des échéances régulières en début de mois, et la majorité des employés touchent à peine le Smic. La panique s’installe, car chacun doit trouver des alternatives. »
S’assurer de l’avenir
Quant à la direction de Pont de Bois, elle adopte une posture rassurante. Le redressement judiciaire est présenté comme une stratégie pour garantir la continuité de l’activité et des emplois. « Cela nous offre la possibilité d’aborder les problématiques de manière proactive, notamment en ce qui concerne les prix. Nous avons mis en place des canaux de communication interne pour expliquer la situation », déclare la direction.
Concernant les salaires, des retards sont signalés en raison de démarches administratives liées à la décision de redressement. « Le temps que tout se restructure, nous avons plusieurs choses à régler. Mais cela ne devrait pas tarder », conclut la direction, assurant que les paiements seront effectués rapidement.
Points à retenir
- Le Carrefour Alma de Rennes a été placé en redressement judiciaire, impactant 240 employés.
- Le tribunal de commerce de Rennes a également touché d’autres magasins, impactant au total 650 salariés.
- Des tensions commerciales ont conduit à cette situation, y compris un différend sur les contrats d’exploitation.
- Les employés s’inquiètent des retards dans le versement de leurs salaires.
- La direction assure que le redressement est une mesure stratégique pour pérenniser l’activité.
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