Mercosur : Les ambitions européennes mises à mal par Paris et Rome, Lula lance un ultimatum
L’Italie a récemment uni ses forces avec la France pour exiger un report de l’accord commercial avec le Mercosur, compliquant ainsi la démarche d’Ursula von der Leyen. Cette situation risque de frustrer les attentes du Brésil.
Lors d’une déclaration avant un sommet européen à Bruxelles, la cheffe du gouvernement italien a qualifié de “prématurée” la perspective d’une signature dans les jours à venir, exigeant des garanties “suffisantes” pour le secteur agricole.
Cette demande inattendue représente une tentation pour la Commission européenne, qui a insisté sur la nécessité d’une signature avant la fin de l’année, afin de maintenir la “crédibilité” de l’Union Européenne.
Olof Gill, porte-parole de la Commission, a annoncé que les discussions très attendues entre les chefs d’État et de gouvernement auraient lieu lors du sommet européen ce jeudi.
Du côté brésilien, Lula a lancé un appel à la responsabilité aux deux leaders européens, tout en exprimant des préoccupations sous forme d’ultimatum. “Si l’accord n’est pas signé maintenant, le Brésil ne renouvellera pas notre engagement tant que je serai président”, a-t-il déclaré.
Un bouleversement à prévoir
La position de l’Italie pourrait avoir un impact significatif. En alliance avec la France, la Pologne et la Hongrie, Rome a le pouvoir de bloquer l’examen de l’accord. Un diplomate anonyme a même suggéré que la situation pourrait devenir “très chaude”, alors que l’Allemagne et l’Espagne sont pressées de voir cet accord de libre-échange se concrétiser.
Friedrich Merz a promis d’exercer une pression “intensive” sur ses collègues européens. Emmanuel Macron a assuré que “la France s’opposerait fermement” à toute manœuvre qui ignorerait ses doutes sur le traité.
Ursula von der Leyen espérait signer l’accord lors du sommet du Mercosur prévu à Foz do Iguaçu au Brésil, mais elle doit d’abord obtenir l’aval d’une majorité des États membres à Bruxelles.
Des manifestations en perspective
Cet accord commercial pourrait permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et d’autres produits. Cependant, il soulève l’inquiétude des agriculteurs européens, qui envisagent de manifester à Bruxelles. Pour apaiser les craintes, l’UE a introduit des mesures de sauvegarde.
Un compromis a été acté entre les eurodéputés et les représentants des États membres, mais les garanties offertes ne semblent pas satisfaire la France, déjà en proie à une mobilisation agricole.
Plusieurs États membres craignent que Paris vise à faire échouer l’accord, qui a déjà nécessité plus de 25 ans de négociations. En revanche, l’Allemagne, l’Espagne et les pays scandinaves voient dans cet accord une bouffée d’oxygène pour l’économie européenne.
Points à retenir
- Les tensions se multiplient : L’engagement de l’Italie et de la France pourrait isoler davantage l’Allemagne et l’Espagne, qui soutiennent le traité.
- Manifestations attendues : Les agriculteurs européens se mobilisent pour exprimer leurs préoccupations.
- Urgence européenne : L’accord est crucial pour la crédibilité de l’UE, mais les dissentiments internes le rendent instable.
- Possibilité de blocage : Une minorité, incluant l’Italie, pourrait bloquer l’examen du traité, rendant son avenir incertain.
- Un ultimatum de Lula : Le président brésilien pose un délai, ajoutant une pression supplémentaire sur les négociations.
Avec une situation en évolution rapide, la dynamique entre l’UE et les pays du Mercosur pourrait redéfinir les relations commerciales et l’équilibre politique sur la scène internationale.