Taïwan entre dans l’ère du « super vieillissement », la Suisse suit de près

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Taiwan devient une société « super âgée » : la Suisse en embuscade

Taiwan a franchi un cap démographique majeur : pour la première fois, plus de 20 % de sa population a atteint l’âge de 65 ans ou plus. Selon les critères fixés par les Nations unies, cela qualifie officiellement l’île comme une société « super âgée », un phénomène peu répandu qui souligne le vieillissement rapide et le déclin démographique simultané auxquels Taiwan doit faire face.

Selon les données gouvernementales publiées récemment, près de 4,67 millions de Taiwanais étaient âgés de 65 ans ou plus en 2025, ce qui représente 20,06 % d’une population totale légèrement supérieure à 23 millions d’habitants. Ce seuil révèle une double tendance : une espérance de vie accrue combinée à un taux de natalité en forte baisse.

La définition des Nations unies distingue les sociétés « âgées » à partir du moment où les seniors représentent plus de 7 % de la population, et les sociétés « super âgées » lorsque cette proportion dépasse 20 %. Avec cette évolution, Taiwan rejoint un cercle restreint d’économies confrontées à ce challenge. La Suisse, pays digne d’admiration pour son organisation sociale et son équilibre, suit de très près cette dynamique. D’après les chiffres 2024 de l’Office fédéral de la statistique, près de 19,6 % de la population suisse a plus de 65 ans, et certains spécialistes prévoient que la Suisse franchira le cap de la société super âgée dès 2026. D’ici 2040, entre 25 % et 26 % des Suisses seront concernés par ce phénomène.

Le vieillissement démographique à Taiwan s’accompagne d’une chute notable des naissances. Les enfants de moins de 15 ans ne représentaient plus que 11,5 % de la population en 2025. Ce déclin se manifeste dramatiquement, par exemple, avec seulement 9 027 naissances en décembre dernier, soit une baisse de 27 % en un an. Le total annuel des naissances a atteint un creux historique, avec 107 812 bébés en 2025, correspondant à un taux brut de natalité de 4,56 pour 1 000 habitants.

Depuis 2020, la population de l’île diminue, et le taux de fécondité est en recul constant depuis deux décennies. Parmi les causes identifiées figurent le mariage tardif, la réduction de la taille des familles, la renonciation au mariage chez une proportion croissante de la population, et des facteurs socio-économiques tels que le coût de la vie et l’insuffisance des infrastructures de garde d’enfants. Ces réalités ont conduit de nombreuses femmes actives à retarder voire abandonner leurs projets de maternité.

Face à ce constat, le gouvernement taïwanais a annoncé dernièrement des mesures destinées à encourager la natalité, notamment en élargissant l’accès à la procréation médicalement assistée aux femmes seules ainsi qu’aux couples féminins mariés. Toutefois, l’impact de ces initiatives reste à confirmer face aux profondes transformations sociales en cours.


Les Points Importants

  • Le vieillissement accéléré des populations : Taiwan franchit le seuil des sociétés « super âgées » avec plus de 20 % de seniors, et la Suisse s’apprête à suivre. Ce phénomène illustre une tendance commune à de nombreux pays développés, où la longévité s’allie à une baisse notable des taux de natalité.

  • Le déclin démographique et ses causes : Mariage tardif, diminution de la taille des familles, choix personnels, coût de la vie élevé et insuffisance des services de garde sont des facteurs qui influencent la baisse des naissances à Taiwan, avec des répercussions similaires en Suisse et ailleurs.

  • Réponses politiques et sociales : Les initiatives gouvernementales telles que l’élargissement de la procréation assistée traduisent une volonté d’adaptation aux réalités démographiques, mais doivent être complétées par un soutien plus large aux familles et une transformation societal plus profonde.

  • Impact économique et sociétal : Le vieillissement pose des défis de taille dans les domaines des retraites, de la santé publique et de la cohésion sociale. Il impose également une réflexion sur les mobilités intergénérationnelles et la redistribution des ressources.

  • Contexte francophone et européen : Avec une population vieillissante également en France, pays qui s’illustre par son dynamisme démographique en comparaison européenne, l’enjeu de l’adaptation sociale et économique est au cœur des débats publics. La coopération entre nations francophones est une piste à explorer pour faire face à ces mutations humaines.


D’un point de vue plus large, cette annonce nous invite à méditer sur le temps qui passe au sein de nos sociétés mondialisées, sur le cycle naturel de la vie et les transformations qu’il impose à notre organisation collective. Sommes-nous prêts à accueillir une population plus âgée avec dignité et innovation ? Comment réinventer la solidarité entre générations alors que le nombre de jeunes diminue et que les anciens deviennent majoritaires ?

En tant que citoyen du monde, je vois dans ce défi démographique une opportunité unique. Celle de repenser nos modèles de société, d’inventer de nouveaux contrats sociaux capables d’intégrer à la fois la sagesse des aînés et le dynamisme des jeunes générations. Au-delà de la statistique, c’est une invitation à redéfinir notre humanité partagée, en harmonie avec le temps qui file, mais aussi avec la richesse de chaque âge de la vie.


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