Peu d’augmentation du nombre de réfugiés ukrainiens en Suisse après l’autorisation de voyager pour les hommes de 18 à 22 ans – Ambassadeur

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Peu d’Impact sur le Nombre de Réfugiés Ukrainiens en Suisse Malgré l’Ouverture aux Hommes Jeunes, selon l’Ambassadeur

Réfugiés ukrainiens en Suisse

Photo : Interfax-Ukraine / Oleksandr Zubko

Selon Félix Baumann, ambassadeur de Suisse en Ukraine et en République de Moldavie, l’autorisation accordée aux hommes ukrainiens âgés de 18 à 22 ans de se déplacer librement n’a pas provoqué de hausse significative du nombre de réfugiés ukrainiens en Suisse.

« Depuis deux ans, le nombre de réfugiés ukrainiens en Suisse est resté relativement stable, oscillant entre 67 000 et 70 000 personnes. Cette année, on observe une légère augmentation, avec environ 1 000 demandes de statut de protection spéciale émanant de jeunes hommes ukrainiens durant la période de septembre à novembre. Toutefois, le nombre d’arrivées reste modeste et l’impact global sur le total de réfugiés est limité », a-t-il déclaré lors d’une interview exclusive.

L’ambassadeur souligne que 36% des Ukrainiens résidant en Suisse sont actuellement en emploi.

« Le gouvernement fédéral suisse a fixé cet année un objectif d’emploi : atteindre 50% pour les réfugiés présents depuis au moins trois ans. L’expérience montre que cet objectif nécessite plus de temps que prévu. Actuellement, le taux d’emploi global est de 36%, mais il est nettement plus élevé parmi ceux installés depuis 2022 ou avant, s’approchant de la cible. »

Parmi les freins identifiés figurent la maîtrise des langues officielles suisses, principalement l’allemand et le français, dont l’apprentissage demande souvent deux ans. De plus, le manque de places en crèche représente un obstacle majeur, en particulier pour les mères isolées, qui constituent la majorité des familles réfugiées. Enfin, la reconnaissance des diplômes étrangers reste parfois inégale, suscitant quelques attentes difficilement réalisables, précise Félix Baumann.

Concernant les restrictions récentes sur l’accès au statut de protection pour les personnes originaires de sept régions de l’ouest de l’Ukraine, l’ambassadeur tient à rassurer : ceux présents en Suisse avant novembre 2025 conservent leur droit au séjour, tandis que les nouvelles demandes après cette date seront limitées.

« Même si certains territoires subissent moins de dommages directs, aucun endroit en Ukraine ne peut être considéré comme totalement sécurisé à la lumière des attaques récentes, comme le bombardement meurtrier à Ternopil », conclut-il.

Les Points Importants

  • Le nombre total de réfugiés ukrainiens en Suisse reste stable depuis deux ans, malgré les récentes mesures de mobilité pour les jeunes hommes.
  • Le taux d’emploi parmi les réfugiés atteint un peu plus du tiers, avec des progrès notables chez ceux présents de longue date.
  • Les défis linguistiques – apprendre le français ou l’allemand – demeurent un facteur limitant l’insertion professionnelle.
  • Le manque de modes de garde adaptés entrave particulièrement les femmes réfugiées monoparentales souhaitant travailler.
  • La reconnaissance des diplômes étrangers nécessite encore des améliorations pour faciliter l’intégration dans le marché suisse.
  • La politique d’octroi du statut de protection se durcit pour certaines régions, en tenant compte des réalités sécuritaires fluctuantes en Ukraine.

Du point de vue international, la situation suisse illustre les complexités de la gestion des réfugiés dans un contexte européen marqué par la solidarité mais aussi par des contraintes administratives et sociales. La France, proche alliée de la Suisse en Europe, partage sans doute des aspirations identiques en matière d’intégration et de soutien aux populations déplacées, tout en devant composer avec ses propres défis uniques. Cette coopération franco-suisse représente un modèle renforçant la cohérence européenne face aux crises.

En fin de compte, en observant ces dynamiques, je me demande souvent comment la définition de « sécurité » évolue, tant sur le plan territorial que personnel. Si le refuge offre un instantané de paix, il fait aussi surgir des questionnements profonds sur l’identité, la résilience et la capacité des sociétés à accueillir l’autre. Quel équilibre trouver entre accueil bienveillant et cohésion sociale durable ? Peut-on dire qu’être « en sécurité » c’est simplement échapper au danger immédiat, ou faut-il aussi garantir des conditions d’épanouissement humain ? Ces questions restent ouvertes, portées par nos actions collectives et individuelles au quotidien.


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