Le Luxembourg recule à la 9e place du classement mondial de la retraite
Selon le dernier Global Retirement Index 2025 publié par Natixis Investment Managers, le Luxembourg a connu une baisse de son score global, passant à 75 %, ce qui le fait reculer à la 9e place au niveau mondial. Toutefois, le Grand-Duché reste une référence en matière de santé, où il conserve la première place avec un score en hausse d’un point à 94 %. Le pays a également progressé en qualité de vie, mais a en revanche essuyé une lourde chute dans le sous-indice du bien-être matériel, perdant huit points et tombant à la 23e place, son plus mauvais classement.
Cette perte s’explique principalement par une détérioration du taux de chômage, qui a chuté de 14 points à 40 %, reléguant le Luxembourg à la 31e place sur ce critère. Natixis pointe du doigt le taux élevé de chômage des jeunes, le plus important de l’Union européenne, ainsi qu’une inadéquation des formations professionnelles avec les besoins réels du marché du travail. Ces facteurs ont clairement pesé sur les résultats globaux du pays.
Évolutions mondiales du classement
Ce classement mondial, réalisé en partenariat avec Core Data Research, met en lumière les défis que rencontrent les systèmes de retraite, confrontés à l’inflation persistante, l’endettement public élevé et le vieillissement des populations. Les pays de taille moyenne semblent s’en sortir mieux, la seule grande économie développée figurant dans le top 10 étant l’Allemagne, qui se positionne en 8e place, notamment grâce à ses excellents scores en santé et qualité de vie.
Le podium mondial est dominé par la Norvège avec 83 %, détrônant la Suisse, qui glisse à la 3e place avec 81 %. L’Irlande réalise une belle progression et grimpe à la 2e place avec 82 %, tandis que le Danemark gagne quatre places pour atteindre la 5e position. La Slovénie fait son entrée dans le top 10, confirmant l’importance croissante des pays de taille moyenne. Parmi les pays francophones, la France sort du top 25 et se positionne à la 27e place, avec un score de 65 %. Singapour est le pays qui réalise la plus forte progression, gagnant 12 places grâce à une amélioration notable de son bien-être matériel.
Inquiétudes grandissantes sur la retraite
L’étude révèle que les préoccupations liées à la sécurité financière à la retraite sont largement partagées, avec 46 % des investisseurs mondiaux estimant même qu’un véritable « miracle » serait nécessaire pour garantir une retraite confortable. L’inflation apparaît comme le principal ennemi : 76 % des sondés considèrent que la hausse des coûts du quotidien réduit leur capacité à épargner, tandis que 69 % affirment que l’érosion du pouvoir d’achat compromet la valeur future de leurs économies de retraite.
Par ailleurs, 40 % des investisseurs craignent de ne jamais accumuler une épargne suffisante, une inquiétude renforcée par le fait que le financement de la retraite repose désormais majoritairement sur les épaules des individus plutôt que sur les systèmes publics ou collectifs. Le vieillissement démographique accentue encore ces défis, avec des projections de l’OCDE indiquant que le ratio entre les personnes de 65 ans et plus et les actifs passera de 32,5 % en 2024 à 59,3 % en 2050.
À ce propos, Sébastien Sallée, responsable de Natixis Investment Managers pour la Belgique et le Luxembourg, souligne que les gouvernements ont déjà engagé des réformes visant à renforcer les systèmes de pension et à protéger davantage les consommateurs. Il rappelle toutefois que la sécurité financière à la retraite est une responsabilité collective, mêlant politiques publiques et actions personnelles.
David Goodsell, directeur exécutif au Centre for Investor Insight, complète ce point de vue en constatant que l’inquiétude quant à la retraite est « palpable en 2025 », face aux effets combinés de l’économie, des données démographiques et des contraintes politiques.
Les Points Importants
- Position du Luxembourg : Malgré un recul au classement global, le Luxembourg reste exemplaire en santé, illustrant la qualité élevée de son système de soins.
- Disparités par sous-index : Le bien-être matériel et le chômage, particulièrement le taux élevé chez les jeunes, expliquent la dégringolade luxembourgeoise, soulignant un besoin urgent d’adéquation entre formation et marché du travail.
- Performance des petits pays : Les pays de taille moyenne comme la Slovénie ou la Norvège affichent de solides performances dans la sécurité de la retraite, mettant en évidence des modèles adaptatifs intéressants à observer.
- Situation de la France : Avec une chute en dehors du top 25, la France confronte des défis similaires en matière d’emploi et d’épargne, mais conserve des atouts dans la qualité de vie.
- Contexte global : L’inflation et le vieillissement des populations amplifient les inquiétudes concernant la capacité des individus à financer leur retraite.
- Évolution démographique : La hausse massive du ratio seniors/actifs pose la question cruciale du financement des systèmes de retraite nationaux.
Dans cette configuration, on pourrait presque se demander si cette tendance n’est pas une invitation à revoir nos priorités collectives et individuelles. Entre un mirage d’épargne stable et la réalité d’un marché du travail en mutation, réfléchir à la préparation de sa retraite devient une gymnastique à haute intensité… qui demande autant d’agilité que de patience. Alors, chers lecteurs, si vous pensiez que la sécurité à la retraite était acquise, peut-être est-il temps d’envisager quelques ajustements – tout en espérant que l’humour et la solidarité ne prennent pas leur retraite, eux, de sitôt !
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