Un courriel à 4 heures du matin et un voyage de village au cœur de la France universitaire
Ce n’est pas seulement l’aboutissement d’une demande d’étude à l’étranger acceptée, mais bien le récit inspirant d’un jeune de 24 ans. Originaire d’un village de la province de Đắk Lắk au Vietnam, son parcours a traversé Huế, puis Hô Chi Minh-Ville, avant de le conduire jusqu’en France, à l’une des institutions les plus prestigieuses : l’université Paris-Saclay.
L’admission de Lê Phúc Quỳnh à Paris-Saclay s’est déroulée en trois étapes clés : le choix du master, la recherche de bourses étudiantes, puis la sélection finale. Il a été distingué par deux bourses renommées simultanément : la bourse IDEX et la bourse MixtAI. Lorsque les résultats de la bourse IDEX ne furent pas ceux espérés, la déception fut grande.
« J’étais très abattu, mais il me restait un mince espoir pour la bourse MixtAI », se souvient-il.
Cette nuit-là, après la fin des horaires de travail en France, aucun courriel ne venait apaiser son angoisse. Épuisé et découragé, il sombra dans un sommeil profond. Aux alentours de 4 heures du matin, il fut soudain réveillé par un message de MixtAI. Dès qu’il lut le mot « félicitations », un poids gigantesque fut levé de son cœur.

Attribuée à environ 20 étudiants se distinguant dans le domaine de l’intelligence artificielle à Paris-Saclay, la bourse MixtAI d’un montant annuel de 10 000 euros représente, pour Phúc Quỳnh, bien plus qu’un soutien financier : un tremplin vers un avenir prometteur en matière de savoir.
Né en 2001 au sein d’une famille paysanne de la commune de Dray Ya, province de Đắk Lắk, il passa avec succès en 2019 les examens d’entrée à deux lycées spécialisés : le lycée spécialisé Nguyễn Du de Buôn Ma Thuột et le lycée spécialisé Cốc Hồ à Huế. Malgré la sécurité de rester près de chez lui, il choisit d’aller étudier à l’étranger pour évoluer dans un environnement d’excellence. Ses années à l’école nationale des talents de Huế, où il étudia la physique, posèrent les fondations solides de son savoir et affermirent ses ambitions.
Après le lycée, il fut admis en médecine générale à l’université de Médecine et Pharmacie de Huế. Mais conscient que cette voie ne lui convenait pas, il s’orienta vers les biotechnologies à l’Université internationale, rattachée à l’Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville. D’excellents résultats scolaires lui valurent une bourse complète de quatre ans. La première année fut néanmoins un défi majeur en raison de bases insuffisantes en anglais.
« Mon anglais très faible m’a obligé à suivre une année intensive avant de pouvoir suivre les cours en anglais », explique Phúc Quỳnh.

Son virage professionnel eut lieu durant la pandémie. Obligé de retourner dans sa région natale pour se protéger du virus plus d’un an, il se passionna alors pour la bioinformatique, un domaine qui combine biologie, data et informatique. Son intérêt croissant le mena à travailler avec ses professeurs et à effectuer des stages dans diverses entreprises. Sa thèse porta sur l’analyse des ARN de cellules cancéreuses du pancréas, visant à mieux comprendre les cellules souches à l’origine de ce cancer. Une expérience décisive pour son orientation et l’acceptation de son dossier à Paris-Saclay.
« Partir de zéro » : le défi d’un étudiant vietnamien à l’étranger
La décision de Phúc Quỳnh de poursuivre ses études en France fut tardive et audacieuse. Fin 2023, il travaillait déjà comme spécialiste en bioinformatique dans une société leader vietnamienne en tests ADN. Conscient des limites de la formation locale, il quitta son emploi pour se consacrer entièrement à sa candidature, quatre mois seulement avant la date butoir.
« Dans ma famille, personne n’était parti à l’étranger pour un master. Je n’avais jamais voyagé, ni de relations internationales. Tout était à construire depuis le début », confie-t-il.
Il s’est lui-même formé, rédigé CV et lettre de motivation, passé l’IELTS en trois mois avec trois essais successifs, puis obtenu visa et logement en France.
« Je pensais que le plus dur serait le dossier, mais finalement, c’est trouver un logement et obtenir le visa qui furent les plus compliqués », ajoute-t-il.

Selon le Dr Lê Minh Thông, son mentor et conseiller académique, Phúc Quỳnh s’est distinguée durant ses années universitaires par sa soif d’apprendre et sa capacité proactive. Non seulement brillante académiquement, elle s’est aussi illustrée par son engagement extrascolaire et des compétences de recherche abouties, notamment sur le cancer du pancréas.
Il estime qu’elle a toutes les qualités pour devenir une experte reconnue en bioinformatique, portée par sa rigueur et sa persévérance.
Pour ce jeune vietnamien, la bourse MixtAI ne marque pas une fin, mais le début d’un long parcours où science, technologie et volonté de contribuer s’entrelacent. Installé aujourd’hui en France, Phúc Quỳnh poursuit son master à Paris-Saclay, avec l’espoir de revenir un jour au Vietnam pour développer la bioinformatique appliquée à la médecine et la santé publique. À court terme, elle ambitionne une expérience en stages ou en emploi dans des centres de recherche sur le cancer en France, afin d’enrichir son expertise.
Les Points Importants
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Un parcours exemplaire d’étudiant international : Partir d’un milieu rural dans une région moins connue du Vietnam pour intégrer une université française prestigieuse, souligne la capacité de la France à attirer et former des talents internationaux à fort potentiel.
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Bourses et soutien financier : Le rôle crucial des bourses comme MixtAI témoigne de l’engagement et des ressources mobilisées par la France pour favoriser l’excellence dans des secteurs innovants comme l’intelligence artificielle et la bioinformatique.
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Intégration progressive : Le cas de Phúc Quỳnh met en lumière les défis d’adaptation linguistique et culturelle que rencontrent les étudiants étrangers, mais aussi les stratégies personnelles de réussite, basées sur l’autonomie et la détermination.
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Une coopération franco-vietnamienne fructueuse : Ce parcours traduit aussi la dynamique positive des échanges académiques entre la France et le Vietnam, au bénéfice d’une formation scientifique de haut niveau et de la recherche appliquée.
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Des enjeux globaux en santé et technologie : La bioinformatique, alliant informatique et biologie, ouvre des perspectives d’importance internationale, notamment dans la lutte contre le cancer, domaine où la France est reconnue pour ses centres d’excellence.
Ce récit invite à réfléchir sur la manière dont les universités françaises, aux côtés de leurs partenaires mondiaux, peuvent continuer à accompagner des talents venus de tous horizons. Il pose aussi la question des responsabilités internationales des pays d’accueil dans la formation des futures élites scientifiques, ainsi que des opportunités d’un retour au pays qui permettent le transfert de compétences. Dans un monde marqué par l’interdépendance scientifique et technologique, l’histoire de Phúc Quỳnh illustre qu’un parcours personnel est aussi un pont entre les cultures, au service du progrès global.
À l’heure où les collaborations internationales deviennent des leviers majeurs, comment les institutions françaises peuvent-elles renforcer leur rôle d’accélérateur, tout en soutenant la mobilité et l’intégration des étudiants étrangers ? Voilà une question qui mérite une attention renouvelée, pour écrire ensemble les futurs chapitres de la science et de l’innovation partagées.
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