Quatrième journée de manifestations des agriculteurs en Catalogne : la colère monte

Quatrième journée de manifestations des agriculteurs en Catalogne : la colère monte

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Quatrième journée de mobilisation des agriculteurs en Catalogne contre l’accord UE-Mercosur

Agriculteurs et éleveurs catalans entament ce dimanche leur quatrième journée consécutive de mobilisations, dénonçant l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, que l’UE prévoit de signer le 17 janvier prochain au Paraguay. Selon Andoni García, responsable de la Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (COAG), interrogé sur la chaîne 24 heures, « nous ne pouvons pas garantir que les importations respecteront les normes européennes, ce qui nuit clairement aux agriculteurs et éleveurs locaux, mais aussi aux consommateurs privés des garanties liées à une production nationale ».

Sous l’impulsion du collectif Revolta Pagesa, les manifestants ont maintenu des barrages sur plusieurs axes majeurs : l’autoroute AP-7 et la N-II dans la province de Gérone, ainsi que la C-16 près de Berga (Barcelone), sans oublier le blocage perpétuel du port de Tarragone. En dépit des tentatives de médiation du Département de l’Agriculture de la Generalitat qui a proposé une rencontre avec le président régional Salvador Illa, les agriculteurs exigent un dialogue direct avec le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas.

Revolta Pagesa, devenue en septembre 2024 le Gremi de la Pagesia Catalana, a indiqué qu’aucun calendrier de fin des protestations n’a été fixé à ce jour. Selon ces représentants, l’exclusion du collectif des instances agricoles nationales justifierait, selon Madrid, que les négociations passent exclusivement par la Generalitat.

Tracteurs bloquent également le passage frontalier vers la France au Coll d’Ares

Sur l’AP-7, le tronçon entre Borrassà et Vilademuls reste coupé dans les deux sens, avec des déviations clairement indiquées. La N-II entre Bàscara et Pontós est également fermée, tout comme la C-16 entre Casserres et Berga, une voie stratégique en période hivernale pour accéder à la Cerdagne, déviée via la C-16z. Les tracteurs bloquent aussi l’accès au port de Tarragone sur l’A-27. De plus, le passage frontalier vers la France à Coll d’Ares sur la C-38 est restreint, notamment pour les poids lourds.

À Tarragone, une trentaine de tracteurs ont envahi le centre-ville lors d’une manifestation. Ramon Rojo, porte-parole, a expliqué que ce traité met en danger non seulement les agriculteurs mais aussi la société dans son ensemble, soulignant que les produits sud-américains contourneront les contrôles européens et pourraient contenir des pesticides interdits en Union européenne : « L’Europe autorise ces exportations, alors qu’elle nous interdit leur usage, c’est une injustice flagrante, devenue visible grâce à la mobilisation des agriculteurs ».

Manifestations agricoles également en Belgique et ailleurs en Europe

Les protestations se poursuivent aussi en Europe, notamment en Belgique, où les routes des provinces wallonnes d’Hainaut et Namur, frontalières avec la France, sont toujours bloquées, bien que la plupart des barrages aient été levés vendredi soir après plusieurs journées de mobilisation.

Les syndicats agricoles européens annoncent de nouvelles actions. Ces derniers jours, le mouvement européen a pris de l’ampleur, avec des mobilisations en France, Allemagne, Belgique ou encore Grèce. Pieter Verhelst, membre du syndicat flamand Boerenbond, a dénoncé à EFE que le traité plongera le secteur agricole belge et européen dans une compétition déloyale face à des produits importés “issus de normes moins strictes et de contrôles insuffisants”.


Les Points Importants

  • Opposition locale forte en Catalogne : les agriculteurs bloquent des axes clefs et réclament directement une négociation avec le gouvernement central espagnol, illustrant la fracture entre autorités nationales et régionales.
  • Normes sanitaires et environnementales remis en cause : le cœur du débat porte sur la crainte de produits moins contrôlés et potentiellement dangereux pour les consommateurs européens.
  • Résonance européenne du mouvement : la contestation dépasse les frontières espagnoles, avec des perturbations également en Belgique, France, Allemagne et Grèce, signe d’une inquiétude partagée dans le secteur agricole.
  • Dialogue et représentation : l’exclusion de certaines associations agricoles des instances officielles complique la négociation et révèle des tensions internes au sein des institutions européennes.
  • Impact économique et social : au-delà des pertes potentielles pour les agriculteurs, c’est toute la chaîne alimentaire et la sécurité des consommateurs qui sont questionnées.

En adoptant un regard international, cette mobilisation catalane illustrée ici par Point Sud dévoile un enjeu global : comment concilier ouverture commerciale et protection des filières locales tout en garantissant la sécurité alimentaire et environnementale dans un contexte de mondialisation des échanges. Pour la France, forte de ses traditions agricoles et leader européen, ce débat est central. L’Union européenne est ainsi invitée à réfléchir aux mécanismes de contrôle et d’accompagnement de ses partenaires pour éviter une concurrence déloyale.

Au-delà du conflit immédiat, cette situation soulève une interrogation majeure : dans quelle mesure les accords commerciaux doivent-ils intégrer des critères sociaux et environnementaux stricts pour préserver un modèle agricole durable, à la fois respectueux des producteurs et des consommateurs ? Cette problématique engage décideurs, citoyens et agriculteurs à repenser ensemble les fondements d’une agriculture résiliente, ancrée dans ses territoires et ouverte au monde. Une réflexion dont les échos retentissent bien au-delà des Pyrénées.


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