Paris souligne le rôle clé des tomates marocaines pour combler la pénurie sur le marché français

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L'importance de la tomate marocaine pour le marché français

Photo : Archives

Point Sud – Rédaction
Dimanche 7 décembre 2025 – 20:00

La récente communication du Ministère français de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire souligne que la tomate figure parmi les produits agricoles les plus consommés en France, avec près de 700 000 tonnes consommées durant la saison 2022-2023. Cependant, la production nationale, estimée à un peu plus de 480 000 tonnes pour 2024, ne suffit pas à satisfaire la demande intérieure. Pour combler ce déficit, la France importe massivement, principalement du Maroc et de l’Espagne, particulièrement entre novembre et avril.

Dans deux réponses écrites adressées à des députés de l’Assemblée nationale concernant la compétitivité du secteur de la tomate face à la concurrence internationale, le ministère précise que la France a exporté près de 300 000 tonnes de tomates en 2023, dont 95 % vers d’autres pays européens. Une large part de ces volumes correspond à des tomates marocaines réexportées via la plateforme logistique « Saint-Charles », une infrastructure essentielle de distribution des fruits et légumes au sein de l’Union européenne.

Le ministère rappelle que les importations de tomates marocaines vers l’UE font l’objet d’un cadre réglementaire strict, incluant des quotas douaniers, des prix d’entrée minimum et des droits spécifiques. L’accord historique entre Rabat et Bruxelles confère à la France et à ses partenaires européens des avantages significatifs, expliquant la prudence de l’Union européenne à ouvrir de nouvelles négociations qui pourraient compromettre ces acquis.

Une surveillance rigoureuse des flux d’importations est exercée par le ministère de l’Agriculture, comme l’a révélé un rapport publié début 2025 par le Conseil général de l’alimentation, l’agriculture et des espaces ruraux. Ce document a apporté davantage de clarté sur les parcours commerciaux, notamment la part des tomates importées puis réexportées depuis la France.

Le ministère accorde une attention particulière aux éventuels troubles que ces importations pourraient provoquer dans le secteur français, veillant à la pérennité et au développement des producteurs locaux. Soulignant que les conditions de production au Maroc offrent aux exportateurs marocains des coûts très compétitifs, même pendant la saison française d’été, il encourage un dialogue constructif entre professionnels français et marocains. Cette démarche vise à trouver un équilibre qui réponde aux besoins des deux parties et instaure un partenariat agricole franco-marocain solide.

Ce dialogue a abouti à la signature, lors du Salon International de l’Agriculture de Meknès (SIAM) en avril 2025, d’un accord cadre entre les professionnels des deux pays, destiné à structurer les échanges et les prises de décisions communes. Le ministère français soutient pleinement cet engagement, qui apparait comme la solution la plus pragmatique pour produire des résultats concrets rapidement. De son côté, le ministre marocain de l’Agriculture encourage également ses représentants à approfondir cette coopération.

Enfin, en soulignant l’importance de garantir des débouchés stables et rémunérateurs pour la filière tomate, le ministère met en avant l’adoption du dispositif TO-DE, favorisant le recrutement de saisonniers étrangers, inscrit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Cette mesure constitue une avancée notable pour maîtriser les coûts de main-d’œuvre en France, face à la concurrence des pays voisins.

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Les Points Importants

  • La tomate est un aliment fondamental dans le régime des consommateurs français, avec une demande nationale excédant la production locale.
  • Le Maroc joue un rôle stratégique en tant que fournisseur majeur, notamment durant les mois où la production française est faible.
  • Les échanges commerciaux bénéficient du partenariat historique entre l’Union européenne et le Maroc, qui assure un cadre réglementaire équilibré.
  • La collaboration entre professionnels français et marocains traduit une volonté commune de renforcer durablement la filière, en conciliant compétitivité et développement local.
  • L’adoption de mesures sociales et économiques, telles que le système TO-DE, illustre l’effort français pour soutenir la main-d’œuvre agricole face à la concurrence internationale.

Sur la scène internationale, ce partenariat franco-marocain autour de la filière tomate constitue un exemple pertinent des dynamiques agricoles qui transcendent les frontières pour répondre aux besoins des consommateurs tout en protégeant les intérêts des producteurs. Il invite à réfléchir plus largement sur la manière dont les accords commerciaux peuvent favoriser un équilibrage équitable entre pays producteurs et marchés consommateurs.

La question reste ouverte : dans un contexte mondialisé où la sécurité alimentaire est une priorité, comment assurer à la fois la compétitivité économique, la durabilité environnementale et la justice sociale au niveau global ? C’est un défi auquel les acteurs de la filière, les gouvernements et les consommateurs sont tous appelés à contribuer activement.


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