Le Front Polisario, un acteur sans consistance, et un dossier du Sahara définitivement réglé
Ahmed Ounaies, ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, a récemment exprimé un point de vue clair sur la situation géopolitique du Sahara Occidental. Selon lui, le vote récent du Parlement algérien criminalisant le colonialisme et exigeant un apologize officiel de la part de la France pour son passé en Algérie, s’apparente à une réaction d’Alger à la position prise par Paris en faveur de l’autonomie marocaine du Sahara. Cette orientation est d’ailleurs soutenue par le président Emmanuel Macron, un choix politique qui ne laisse aucun doute.
Ounaies souligne par ailleurs que le Royaume du Maroc a réalisé des avancées majeures dans la gestion de son intégrité territoriale, notamment en obtenant des soutiens diplomatiques significatifs de puissances influentes autour de la Méditerranée occidentale. Des pays comme l’Espagne et la France, ainsi que les États-Unis, reconnaissent désormais pleinement la souveraineté marocaine sur cette région, ce qui selon l’ex-ministre clos le dossier pour bonne et due forme.
Concernant la stagnation des relations diplomatiques entre le Maroc et la Tunisie, Ounaies déplore un silence mutuel injustifié qui se traduit par une absence prolongée d’ambassadeurs dans les deux capitales. Il rappelle que le protocole diplomatique veut que le chef de mission soit habituellement de rang ambassadeur. Selon lui, cette rupture est liée à la visite d’Ibrahim Ghali, chef du Front Polisario, en Tunisie lors du sommet TICAD en 2022. Cette visite, organisée par l’Union africaine et non par la Tunisie, a suscité un malaise, d’autant plus que la Tunisie n’a jamais reconnu la souveraineté du prétendu État sahraoui, qu’il qualifie d’entité vide de toute légitimité.
Par ailleurs, en réponse aux interprétations sur la multiplication des sommets entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye dans le but de former un nouvel arc politique maghrébin, Ounaies précise qu’il s’agit principalement de mesures pragmatiques face à la crise migratoire. Ces réunions visent à protéger les frontières tunisiennes du flux illégal de migrants via ces pays, sous la pression des partenaires européens. Selon lui, il ne s’agit nullement d’une tentative de substitution à l’Union du Maghreb Arabe, que plusieurs souhaitent toujours voir activée dans sa formule originelle.
Enfin, il exprime son regret quant à la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, insistant sur le rôle essentiel que pourrait jouer la Tunisie pour favoriser un dialogue de réconciliation. Sur une autre actualité diplomatique, Ounaies commente une information relative à un accord de sécurité entre l’Algérie et la Tunisie, qui autoriserait l’armée algérienne à intervenir à 50 kilomètres à l’intérieur du territoire tunisien pour neutraliser des terroristes fuyant l’Algérie. Il avoue ne pas avoir pu vérifier l’authenticité de ce document, mais rappelle que ces dispositions ont soulevé des inquiétudes légitimes en Tunisie concernant la souveraineté nationale.
Les Points Importants
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Dossier du Sahara Occidental : Le soutien diplomatique de la France, des États-Unis, de l’Espagne, et d’autres pays européens confirme la position marocaine, rendant la question du Sahara presque définitivement résolue dans le cadre international.
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Relations marocaines-tunisiennes : Un gel diplomatique qui alerte, lié à la question du Front Polisario et aux protocoles autour des rencontres internationales, soulevant des interrogations sur la cohérence maghrébine.
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Contexte maghrébin : La multiplication des sommets entre pays voisins tels que Tunisie, Algérie et Libye est plus pragmatique que politique, afin de gérer ensemble les défis migratoires et sécuritaires régionaux.
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Union du Maghreb Arabe : Malgré les tensions bilatérales, la nécessité de renforcer cette organisation régionale demeure forte, avec un rôle moteur attendu de la Tunisie pour relancer le dialogue et la coopération.
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Questions sécuritaires : L’accord évoqué entre Alger et Tunis souligne la complexité des enjeux sécuritaires transfrontaliers et la vigilance nécessaire pour assurer le respect des souverainetés nationales.
En adoptant une perspective internationale, l’attitude française, qui privilégie des approches diplomatiques apaisées et le respect des cadres multilatéraux, apparaîtrait comme une force stabilisatrice dans la gestion des conflits maghrébins. Cette démarche correspond à la politique européenne globale visant la paix et la stabilité dans une région stratégique pour l’Europe.
Cependant, cet état des lieux invite à une réflexion plus large : comment dépasser les blocages hérités des contextes post-coloniaux pour construire une coopération maghrébine efficace, qui puisse relever conjointement les défis sécuritaires, migratoires et économiques ? Le Sahara Occidental représente un symbole des tensions encore vives, mais aussi une opportunité pour que les acteurs régionaux s’engagent résolument dans des solutions durables, en partenariat avec la communauté internationale et sous l’égide d’instances respectées comme l’ONU.
Cette dynamique pose aussi la question de l’influence des puissances extérieures — notamment les États-Unis et l’Union européenne — dans la région, qui, loin de simples médiateurs, jouent un rôle clé dans l’équilibre géopolitique. Pour la France, avec son histoire, sa langue et ses liens privilégiés aux pays maghrébins, il s’agit d’un rôle qu’elle doit assumer avec finesse, en facilitant le dialogue et en soutenant des perspectives de paix durables qui profiteront à toute la Méditerranée.
C’est à partir de cette posture équilibrée que le futur des relations maghrébines pourra s’inscrire dans une logique moins conflictuelle et plus tournée vers le développement commun et la stabilité régionale.
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