Le mouvement des femmes kurdes et la communauté démocratique kurde en France lancent un appel : Devenez la voix de Rojava !

Écrit par

dans

Le Mouvement des Femmes Kurdes et la Communauté Démocratique Kurde en France lancent un appel : « Soyez la voix de Rojava »

Le Mouvement des Femmes Kurdes en France (TJK-F) et la Communauté Démocratique Kurde en France (CDK-F) ont publié un communiqué clair, annonçant la tenue d’une manifestation le 10 janvier prochain à Paris. Cette marche vise à demander justice pour les massacres commis contre le peuple kurde dans la capitale française, à dénoncer immédiatement les agressions et tentatives de génocide visant les civils à Rojava, ainsi qu’à porter haut la voix de la justice et de la liberté.

Dans ce texte, ils rappellent qu’il y a treize ans, le 9 janvier 2013, trois femmes politiques kurdes de premier plan — Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez — ont été assassinées à Paris dans une opération planifiée à connotation politique. Cet acte violent ne ciblait pas uniquement ces figures féminines, mais représentait une attaque internationale contre la lutte des femmes kurdes pour la liberté ainsi que contre la quête de paix du peuple kurde dans son entier.

Malgré les années écoulées, les véritables auteurs n’ont jamais été identifiés ni traduits en justice. Ce dossier a été refermé volontairement dans le cadre d’une politique d’impunité.

Plus récemment, le 23 décembre 2022, un nouveau massacre a frappé le peuple kurde dans la capitale française, avec la mort de trois camarades dans une attaque préméditée. Cette tragédie confirme que l’impunité systématique dont bénéficie la répression contre les Kurdes demeure un enjeu critique en Europe, où ni la France ni les institutions européennes ne semblent assumer pleinement leurs responsabilités pour élucider ces crimes.

Sur le terrain, la situation s’aggrave à Rojava, où une série d’attaques massives et de tentatives d’extermination ciblent désormais la population civile. Celles-ci sont orchestrées par des groupes armés affiliés à Hayat Tahrir al-Sham et à Daech, bénéficiant d’un appui direct de l’État turc. Les femmes, les enfants et les civils sont directement pris pour cible, forçant de nombreuses familles à fuir leur foyer. L’intention est claire : anéantir la volonté du peuple kurde, détruire les acquis de l’administration autonome et ébranler le modèle d’une vie libre fondée sur la démocratie locale.

Ces agressions démontrent que l’idéal et la violence de Daech n’ont pas disparu, mais simplement déplacé leurs relais, restant actifs sous d’autres formes. Chaque année, cette manifestation parisienne est donc un rendez-vous crucial, une tribune pour condamner les massacres subis et exiger avec force justice. Cette édition s’engage également à révéler sans concession les violences subies par Rojava et à appeler les opinions publiques internationales ainsi que les forces démocratiques à agir.

Les objectifs de cette marche sont clairement définis :

  • Exiger la responsabilité des auteurs des massacres contre les Kurdes à Paris,
  • Obtenir l’arrêt immédiat des attaques et des tentatives de destruction des civils à Rojava,
  • Combattre les politiques de violence systématique et d’impunité infligées au peuple kurde,
  • Élever la voix en faveur de la paix, de la liberté et de la justice.

Un appel est lancé à l’ensemble du public démocratique, aux défenseurs des droits humains, aux organisations féministes et à toutes les consciences éveillées, pour se rassembler à Paris le 10 janvier et faire entendre une voix ferme contre ces massacres récurrents à Rojava et ailleurs.

« Nous ne resterons pas silencieux face aux massacres », concluent-elles, affirmant une détermination sans faille.


Les Points Importants

  • Le rôle clé de la France, pays des droits de l’homme, en tant que lieu de mémoire et de rassemblement autour de ces luttes kurdes, souligne son importance dans le dialogue international sur la justice et la solidarité.
  • Les massacre de 2013 et celui de 2022 à Paris révèlent une dynamique alarmante d’impunité et de violences qui interpelle la justice européenne et nationale.
  • Le conflit à Rojava est complexe, avec des ramifications régionales et internationales : l’implication d’acteurs tels que la Turquie ainsi que la persistance de groupes extrémistes comme Daech modifient profondément la sécurité et les droits humains dans cette zone.
  • La visibilité donnée à la cause kurde en Europe à travers des mobilisations citoyennes offre un espace démocratique de revendication, participant à la reconnaissance d’un peuple trop longtemps marginalisé.
  • Le combat féministe kurde est un pilier fondamental de cette résistance, illustrant la dimension sociale et politique de cette quête de liberté, qui trouve en France un écho particulier.

À l’échelle internationale, cette situation invite à réfléchir sur la manière dont les démocraties européennes, et notamment la France, peuvent mieux assumer leurs responsabilités devant les violations des droits humains se déroulant à proximité géographique. La solidarité transfrontalière devient alors un levier incontournable pour faire progresser justice et paix.

Cette manifestation du 10 janvier ouvre également une porte à un débat plus large sur la place des minorités ethniques et la lutte contre l’impunité dans le monde. Comment les États peuvent-ils conjuguer leurs ambitions diplomatiques avec un engagement réel pour la vérité et les droits fondamentaux ? Quelle posture adopter face aux menaces qui persistent dans des zones fragiles ?

Au-delà de l’émotion, c’est une invitation à dépasser les clivages et à construire une réponse collective qui ne laisse personne sans recours, car la justice n’a pas de frontières — ni dans le combat des peuples, ni dans la conscience des citoyens.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *