Paris, le 14 décembre 2025 – Le gouvernement français a officiellement demandé ce dimanche le report de la signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, initialement fixée au 20 décembre prochain à Brasilia. Cette demande intervient alors que Paris insiste pour que les négociations se poursuivent afin de garantir des mesures de protection efficaces en faveur de l’agriculture européenne.
« À l’approche du sommet du Mercosur prévu le 20 décembre, il est clair que les conditions ne sont pas réunies pour que le Conseil de l’UE autorise la signature de cet accord », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un communiqué diffusé quelques jours avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement européens à Bruxelles, dernière session de l’année.
Il a poursuivi en soulignant que « la France ne pourra prendre une décision définitive qu’au regard d’éléments précis, concrets et opératoires, et non sur la base de simples annonces. C’est pourquoi nous sollicitons un report des échéances prévues en décembre, afin de poursuivre les travaux et de garantir des protections légitimes à notre agriculture ».
Cette prise de position reflète les tensions persistantes que rencontre l’exécutif français face aux inquiétudes du monde agricole, particulièrement alors que la gestion de la dermatosis nodulaire contagieuse, qui touche les régions de l’est et du sud-ouest de la France, reste pointée du doigt par certains syndicats agricoles et partis politiques. Par ailleurs, l’accord UE-Mercosur doit encore être examiné au Parlement européen et discuté lors du sommet européen de la semaine prochaine.
Plus largement, la France continue d’affirmer son engagement à défendre fermement les intérêts de son agriculture, tant concernant cet accord que dans le cadre de la future Politique Agricole Commune (PAC) pour la période 2028-2034, a rappelé Sébastien Lecornu.
Concrètement, le Premier ministre a insisté sur la nécessité que « les ressources allouées soient à la hauteur des ambitions en matière de souveraineté agricole et alimentaire », en veillant à maintenir le financement destiné à la France, tout en excluant toute forme de renationalisation, et en préservant le caractère véritablement commun de la PAC.
Il a aussi évoqué la défense des conditions d’une concurrence équitable et la compétitivité des filières agricoles françaises, notamment par rapport à la disponibilité de fertilisants à des coûts maîtrisés et à la lutte contre la fuite carbone.
Enfin, Lecornu a réaffirmé que le président Emmanuel Macron et son gouvernement soutiendront une PAC robuste à l’échelle européenne et nationale, gage d’une production agricole juste, d’une sécurité alimentaire renforcée et d’une souveraineté alimentaire durable.
« La France ne renoncera pas à sa place de grande puissance agricole, un enjeu stratégique fondamental », a conclu le Premier ministre.
Les Points Importants
- La demande de report formulée par la France souligne l’importance de protéger l’agriculture européenne face aux défis des ouvertures économiques internationales.
- La gestion des crises sanitaires domestiques, comme la dermatosis nodulaire contagieuse, impacte les négociations et renforce les attentes des acteurs agricoles pour des mesures protectrices fortes.
- La Politique Agricole Commune reste un levier essentiel pour affirmer une souveraineté alimentaire au sein de l’UE, avec un focus sur la stabilité financière et l’équilibre entre souveraineté nationale et union européenne.
- Les discussions autour des fertilisants abordent un enjeu crucial pour la compétitivité des exploitations agricoles face aux contraintes environnementales et économiques mondiales.
- Le rôle de la France, première puissance agricole européenne, continue d’être central dans la définition des stratégies agricoles à l’international, en conciliant innovation, durabilité et ouverture commerciale.
Dans ce contexte, au-delà des négociations bilatérales UE-Mercosur, se dessine une réflexion plus large sur l’équilibre entre commerce international et protection des secteurs stratégiques. Alors que les États membres investissent dans la souveraineté alimentaire et la transition écologique, comment conjuguer exigence environnementale, préservation des filières locales et engagement dans la mondialisation ? C’est une question clé à laquelle la France, par son leadership agricole, est appelée à apporter des réponses dans les mois à venir, en incarnant une vision qui concilie ambition économique et responsabilité sociale. Cette dynamique engage non seulement l’UE mais aussi ses partenaires mondiaux dans un dialogue renouvelé sur les priorités agricoles et commerciales du XXIe siècle.
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