La France réfléchit à la manière d’honorer Brigitte Bardot, icône du cinéma, figure controversée et cinq fois condamnée
Considérée comme l’une des femmes les plus sensuelles du XXe siècle, icône majeure du cinéma français, adorée et controversée, Brigitte Bardot, véritable diva à tous égards, continue de susciter débats et passions même après son décès survenu le 28 décembre à l’âge de 91 ans.
À l’annonce de sa disparition, les politiques français se sont divisés lundi quant à la manière de lui rendre hommage. La légendaire actrice a été au cœur de vives controverses lors des dernières décennies de sa vie, notamment en raison de ses prises de position proches de l’extrême droite.
Bardot est décédée à son domicile du sud de la France, aux premières heures du dimanche, entourée de son quatrième époux, Bernard d’Ormale, ancien conseiller politique affilié à l’extrême droite. “Il lui a murmuré un mot d’amour (…) et elle s’en est allée”, a raconté Bruno Jacquelin, porte-parole de sa fondation pour la protection animale, à la chaîne BFM.
Brigitte Bardot, cinq fois condamnée
Les médias du monde entier ont relayé des images iconiques et des hommages à la suite de cette annonce. Mais les épisodes plus sombres de sa vie ont également été rappelés. Bardot a accédé à la célébrité en 1956 avec le film culte Et Dieu… créa la femme.
Au total, elle a joué dans environ cinquante films, devenant une icône de la sexualité et de la mode. Cependant, en 1973, elle quitte sa carrière cinématographique pour se consacrer pleinement à la défense des droits des animaux.
Toutefois, ses liens avec l’extrême droite ont suscité de nombreuses polémiques. Brigitte Bardot a été condamnée à cinq reprises pour discours de haine, notamment en raison de propos visant les musulmans et les habitants de l’île de La Réunion qu’elle décrivait de manière péjorative.
Un hommage empreint de “cynisme”
Le président Emmanuel Macron a salué la comédienne comme une “légende” du cinéma du XXe siècle, qui “incarna une vie de liberté”. Du côté de l’extrême droite, les réactions ont été rapides, Marine Le Pen, dont le Rassemblement National (RN) connaît un pic de popularité, qualifiant Bardot d’”incroyablement française : libre, indomptable, intègre”.
Bardot avait soutenu Marine Le Pen lors des élections présidentielles de 2012 et 2017, la comparant à une “Jeanne d’Arc moderne” capable, selon elle, de “sauver la France”. En revanche, peu de représentants de la gauche politique se sont exprimés sur son décès.
Philippe Brun, député socialiste, a loué Bardot comme une personnalité marquante, symbole de liberté et de passion, sans toutefois évoquer ses controverses politiques. Plus critique, Sandrine Rousseau, députée écologiste, a ironisé sur un “niveau de cynisme” paradoxal : émue par la défense des dauphins de Bardot mais indifférente à la mort des migrants en Méditerranée.
Un article du New York Times intitulé “Du sex-appeal à l’extrême droite” la décrit comme l’une des premières stars modernes à diviser l’opinion, bien loin d’être une figure consensuelle.
Certains hommes politiques conservateurs, comme Éric Ciotti, réclament un hommage national, à l’image de celui organisé en 2017 pour la légende du rock français Johnny Hallyday. Pour l’heure, un consensus ne semble pas se dessiner.
Un dernier repos à Saint-Tropez
Brigitte Bardot avait exprimé le souhait d’être enterrée dans son jardin, sous une simple croix en bois, aux côtés de ses animaux, préférant éviter “une foule d’idiots” lors de ses funérailles.
Pourtant, la mairie de Saint-Tropez a annoncé lundi qu’elle serait inhumée au cimetière marin de la ville, face à la Méditerranée, où reposent également ses parents, sans préciser de date.
Ses proches sont déjà à Saint-Tropez pour préparer les obsèques.
Née à Paris le 28 septembre 1934, dans une famille catholique aisée, Bardot s’est mariée à quatre reprises et a eu un fils, Nicolas-Jacques Charrier, avec son second époux, l’acteur Jacques Charrier.
Après sa carrière cinématographique, elle s’est retirée à Saint-Tropez, se consacrant à la défense des animaux.
Interrogée en 2024, peu avant ses 90 ans, elle avait déclaré à l’AFP : “Je suis très fière du premier chapitre de ma vie. Il m’a donné une notoriété qui me permet de protéger les animaux, qui est la seule cause que je défends vraiment.”
Les Points Importants
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Légende cinématographique et icône de la mode : Brigitte Bardot a marqué le cinéma français et mondial grâce à son charisme unique et ses performances dans environ cinquante films, notamment Et Dieu… créa la femme.
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Engagement animalier : Après avoir quitté le grand écran, Bardot s’est investie intensément dans la lutte pour la protection des animaux, fondant une organisation dédiée à cette cause en France.
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Figure controversée : Ses opinions politiques et prises de position ont suscité de nombreuses critiques, entraînant plusieurs condamnations pour incitation à la haine, ce qui a divisé la classe politique française et une partie de l’opinion publique.
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Réactions politiques contrastées : Tandis que le président français et l’extrême droite lui rendent hommage, la gauche affiche une retenue notable, illustrant leclivage profond autour de son héritage.
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Dernier hommage à Saint-Tropez : Controversé aussi dans ses modalités, son enterrement sera l’occasion de réunir une dernière fois diverses générations autour de son histoire et de ses combats.
Une perspective internationale
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Bardot incarne une dualité très française, entre liberté individuelle et polémiques identitaires, une thématique récurrente à travers le monde dans le débat sur le respect des valeurs et des droits.
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Sa trajectoire offre un exemple frappant de la façon dont les figures publiques peuvent évoluer d’icônes culturelles à porte-voix de causes sociales ou politiques, parfois en décalage avec leur image initiale.
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Cette controverse à l’échelle mondiale rappelle les défis pour les pays francophones de conjuguer héritage culturel et enjeux éthiques contemporains.
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Le débat autour de son hommage national souligne l’importance du consensus dans la mémoire collective et la gestion des figures historiques aux héritages complexes.
En définitive, le cas Bardot invite à une réflexion approfondie sur la mémoire historique, les valeurs partagées et la façon dont une nation choisit de célébrer ou de remettre en question ses icônes. Cette discussion dépasse largement les frontières françaises : elle touche aux rapports entre art, société et politique à l’ère contemporaine, interrogeant ainsi la capacité des sociétés démocratiques à accueillir la pluralité des voix, même les plus controversées. Un dialogue ouvert, critique et nuancé apparaît plus nécessaire que jamais pour appréhender la complexité des figures publiques et leur place dans l’imaginaire collectif mondial.
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