La France déploie des forces spéciales au Bénin pour contrer une tentative de putsch, selon un haut responsable militaire béninois
Le chef de la Garde républicaine du Bénin, le colonel Diodoné Djimon Téfodjeri, a révélé ce mercredi que la France a dépêché des unités spéciales afin d’appuyer l’armée béninoise dans la neutralisation d’une tentative de coup d’État, survenue dans la nuit de dimanche à lundi. Ce putsch avait été annoncé par un groupe de militaires à la télévision nationale, qui avaient proclamé la destitution du président Patrice Talon.
Dans un entretien téléphonique avec l’Agence France-Presse, le colonel Téfodjeri a salué la vaillance des forces armées locales : « L’armée béninoise s’est montrée d’une bravoure remarquable et a combattu l’adversaire toute la journée ». Il a ajouté que des soldats français spécialisés, arrivés d’Abidjan en Côte d’Ivoire, ont pris part aux opérations de ratissage après que l’essentiel de la mission eut été assurée par les troupes béninoises.
Du côté français, l’Élysée avait déjà confirmé mardi son appui à la gouvernance béninoise dans le cadre d’une vaste action régionale. Cette initiative comprenait notamment des frappes aériennes menées par le Nigeria contre les forces putschistes. Un conseiller proche du président Emmanuel Macron a précisé que la France offrait « surveillance, renseignement et soutien logistique » à l’armée béninoise, ce, à la demande expresse des autorités béninoises, sans confirmer explicitement la présence de forces terrestres françaises.
Cet événement intervient dans un contexte régional marqué par une série de coups d’État successifs, ayant affecté notamment le Niger et le Burkina Faso voisins. Ces bouleversements ont fortement modifié la dynamique d’influence dans l’espace ouest-africain, réduisant notablement la présence française dans ses anciennes colonies.
Les Points Importants
- La tentative de coup d’État a mobilisé près d’une centaine de soldats putschistes, disposant de moyens tels que véhicules blindés, mais sans soutien extérieur important.
- Les forces armées béninoises, bien coordonnées, ont reçu un appui tactique de la part de la France ainsi que des frappes aériennes nigérianes, permettant de limiter les dommages collatéraux en zone urbaine.
- Des arrestations ont été effectuées, avec au moins douze militaires incarcérés ; le cerveau présumé de l’opération aurait pris la fuite vers le Togo voisin.
- Le président Patrice Talon, dont le second mandat s’achèvera en avril prochain, a souligné que la situation était désormais « sous contrôle total ». Son gouvernement a également rappelé les progrès économiques du pays malgré une montée des violences jihadistes dans le nord.
- Une manifestation de soutien populaire s’est tenue à Cotonou, rassemblant des centaines de partisans scandant des slogans en faveur de la stabilité et de la justice, témoignant d’un climat national résilient.
Sur un plan plus large, cette affaire souligne l’importance d’une coopération internationale renforcée pour faire face aux défis sécuritaires en Afrique. La mobilisation conjointe de plusieurs pays, incluant la France, illustre la nécessité d’un accompagnement stratégique et tactique pour préserver la souveraineté et la stabilité des États.
Enfin, cette intervention franco-béninoise invite à réfléchir sur l’évolution du rôle de la France sur le continent africain. Comment concilier respect des souverainetés nationales avec engagement à préserver la paix et la démocratie dans un contexte géopolitique mouvant ? La question reste ouverte, posant un défi majeur autant aux acteurs africains qu’aux partenaires internationaux. Cette dynamique appelle à une approche nouvelle, basée sur la confiance mutuelle et un partenariat équilibré, afin d’assurer un avenir stable et prospère à cette région aux potentialités multiples.
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