La droite française ravive la polémique autour de l’héritage de Brigitte Bardot avec un appel à un hommage national

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L’héritage de Brigitte Bardot ravive la controverse à droite en France avec un appel à un hommage national

Par Theo Farrant
Publié le 30 décembre 2025 à 18h13 GMT+1

La figure emblématique de Brigitte Bardot suscite une vive division parmi les hommes politiques français quant à la manière – voire la légitimité – d’honorer sa mémoire après son décès. Si son parcours cinématographique a marqué le 7e art français, ses prises de position politiques, particulièrement dans ses dernières années, ont généré autant de débats que de passions.

Brigitte Bardot est décédée dimanche à l’âge de 91 ans dans sa résidence de Saint-Tropez, sur la Côte d’Azur. Son départ a provoqué une multitude d’hommages, saluant celle qui fut un symbole de la culture française, de l’émancipation sexuelle et du charme du grand écran, notamment à travers des films cultes comme Et Dieu créa la femme, Le Mépris ou La Nuit américaine.

Au-delà du cinéma, elle s’est également fait connaître pour son engagement en faveur des droits des animaux. Bardot avait notamment voyagé jusqu’au pôle Nord pour alerter sur le massacre des bébés phoques, dénoncé les expérimentations animales en laboratoire et condamné les lancements de singes dans l’espace.

Pourtant, son héritage demeure controversé.

Pourquoi Brigitte Bardot est-elle une figure si controversée ?

Au fil des années, Bardot s’est rapprochée des sphères de l’extrême droite. Elle a été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale. Ses propos polémiques visaient majoritairement les musulmans et ce qu’elle qualifiait « d’invasion » étrangère en France, ainsi qu’à l’encontre des habitants de l’île de La Réunion, qu’elle avait qualifiés de « sauvages ».

Par ailleurs, Bardot critiquait notamment la pratique du sacrifice rituel musulman lors des grandes fêtes religieuses, comme l’Aïd al-Adha. Interrogée par l’Associated Press au sujet de ses condamnations pour incitation à la haine et de son opposition à la pratique du rituel halal, elle avait répondu : « Il est vrai que je me laisse parfois emporter, mais face à la lenteur du progrès, c’est la tristesse qui m’envahit. »

Dans ses dernières interviews, elle s’était clairement positionnée contre le mouvement #MeToo, qualifiant nombre de protestataires de « hypocrites » et « ridicules », arguant que beaucoup jouaient la séduction auprès des producteurs pour obtenir des rôles. Bardot affirmait ne jamais avoir été victime de harcèlement sexuel, précisant qu’il lui paraissait « gentil qu’on dise que j’ai un joli corps ou un joli petit derrière. »

Lors de sa dernière apparition télévisée en début d’année, elle avait rejeté fermement le féminisme, assurant à BFMTV : « Le féminisme n’est pas pour moi… j’aime les hommes », avant de couper court à toute idée de compromis entre les deux positions : « Non ! »

Les tensions autour de son héritage ressurgissent

Au lendemain de sa disparition, les débats sur sa mémoire publique ont repris de plus belle. Éric Ciotti, figure de la droite française, a lancé un appel à un hommage national, estimant que la France doit célébrer l’une de ses plus grandes icônes culturelles.

Une pétition en ligne défend également cette idée, soulignant que le président de la République devrait faire preuve de courage en organisant une cérémonie officielle pour Brigitte Bardot.


Les Points Importants

  • Brigitte Bardot, icône française du cinéma et militante engagée pour la cause animale, laisse un héritage artistique et humanitaire reconnu dans le monde entier.
  • Sa dernière période a été marquée par des prises de position polémiques, notamment ses critiques à l’encontre des pratiques culturelles religieuses et son association avec des discours proches de l’extrême droite.
  • Les hommages et les controverses autour de sa mémoire soulignent la complexité de reconnaître des figures publiques dont l’influence artistique s’entrelace avec des engagements politiques sensibles.
  • L’appel à un hommage national initié par des élus de droite met en lumière la manière dont la mémoire des personnalités publiques peut être instrumentalisée à des fins politiques.
  • Son engagement pour la défense des droits des animaux s’inscrit dans un combat qui résonne particulièrement avec les défis contemporains de la protection de la biodiversité et du bien-être animal.

À l’échelle internationale, Brigitte Bardot incarne un phénomène universel : le passage délicat du statut d’icône culturelle à celui de figure politique controversée. Dans un monde où les débats sur l’identité, la laïcité et les droits humains occupent une place centrale, l’exemple français invite à réfléchir sur la manière dont les sociétés intègrent ou rejettent les figures publiques en fonction de leur trajectoire complète.

Il revient aux peuples et aux institutions de conduire ce dialogue, en conjuguant respect de l’héritage artistique et vigilance face aux discours qui peuvent exacerber les tensions sociales. Ce questionnement sur la mémoire collective est, au fond, une invitation à penser comment la France et les autres pays francophones affirment leurs valeurs dans un monde globalisé où l’histoire, la culture et la politique s’entremêlent constamment. Les hommages publics doivent-ils mettre en lumière uniquement les succès d’une vie, ou refléter en même temps les complexités et les contradictions qui la traversent ? Au-delà de la controverse, c’est un véritable débat sur l’identité et l’avenir des sociétés pluralistes qui s’ouvre.


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