Italie moins risquée que la France ? Les taux des obligations se rapprochent grâce à la rigueur fiscale italienne

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L’Italie moins risquée que la France ? Les rendements des obligations d’État se rapprochent, un succès à mettre au crédit de la rigueur italienne

Depuis juillet dernier, où pour la première fois les obligations françaises à 5 ans (OAT) affichaient un rendement légèrement supérieur à leurs homologues italiennes (BTP), un phénomène inédit depuis la crise financière mondiale témoigne d’une convergence remarquée sur les maturités plus longues jusqu’à 10 ans. Selon le Financial Times, ce rapprochement inédit des rendements obligataires italiens et français marque un changement notable dans la perception des investisseurs.

La France sous pression, l’Italie récompensée

Les obligations d’État françaises à 10 ans ont récemment franchi la barre symbolique des 3 % en raison d’une instabilité politique prolongée et des inquiétudes croissantes sur les finances publiques. Résultat : l’écart des coûts de financement entre la France et l’Italie s’amenuise à peine 0,14 point de pourcentage, une première depuis longtemps. Le Financial Times souligne que la prudence budgétaire affichée par le gouvernement italien, sous la direction de Giorgia Meloni, a été saluée par les marchés, engendrant une baisse des rendements italiens et un resserrement du spread.

Aujourd’hui, les OAT françaises sont rémunérées à 3,36 % alors que les BTP italiens flirtent avec 3,50 %, mais plusieurs semaines ont vu les taux italiens rester plus avantageux. Cette évolution bouleverse les certitudes longtemps établies : la France, traditionnellement vue comme un emprunteur solide, perd du terrain face à une Italie jusqu’ici perçue comme plus risquée.

Une stabilité politique et budgétaire en Italie

Le différentiel de rendement (spread) entre la France et l’Italie avait atteint plus de 4 points durant la crise de la dette européenne, dans les années 2010. Cette fois, selon Mike Riddell de Fidelity International, la baisse des risques de crédit italiens s’explique par la gestion rigoureuse du pays, en contraste avec la persistance des déficits français.

La coalition de droite menée par Giorgia Meloni bénéficie d’un contexte politique rare de stabilité en Italie, ce qui a rassuré des marchés initialement nerveux. Un travail patient de réduction du déficit public est mené, avec une sortie progressive du coûteux « Superbonus » qui a pesé lourdement sur les finances publiques.

Giancarlo Giorgetti, le ministre discret de l’Économie, vise à ramener le déficit de 4,3 % du PIB en 2024 à 2,8 % l’année prochaine, en dessous du plafond de 3 % fixé par l’Union européenne. L’Italie devrait ainsi sortir de la procédure pour déficit excessif.

En France, une trajectoire moins maîtrisée

À l’inverse, la France fait face à de lourds défis : le rapport dette/PIB a atteint 113 % en 2024 et pourrait grimper à 118 % d’ici 2026, d’après Eurostat. Le Premier ministre François Bayrou a récemment proposé un plan à 44 milliards d’euros combinant hausses d’impôts et coupes budgétaires pour tenter d’enrayer la dégradation, un « moment de vérité » selon ses mots, censé éviter un scénario à la grecque.

Mais privé de majorité parlementaire, ce plan peine à convaincre et fait l’objet d’une forte opposition. L’agence Moody’s a récemment abaissé la note souveraine de la France ; S&P Global et Fitch ont émis des perspectives négatives.

Par ailleurs, le déficit budgétaire français a augmenté à 5,8 % du PIB fin 2024. Le gouvernement ambitionne de le ramener à 3 % seulement en 2029, un horizon lointain face aux attentes des marchés.


Les Points Importants

  • Pour la première fois depuis la crise financière mondiale, les rendements des obligations publiques françaises et italiennes se rapprochent, traduisant une nouvelle donne dans la confiance des investisseurs.
  • La rigueur budgétaire italienne, menée par Giorgia Meloni et le ministre Giancarlo Giorgetti, a permis à l’Italie de réduire son déficit et d’assainir ses comptes progressivement, dans un climat politique stable.
  • La France, malgré une longue réputation de crédibilité financière, voit son endettement croître et ses coûts d’emprunt augmenter, alimentés par une certaine instabilité politique et des déficits persistants.
  • La convergence des taux obligataires remet en question les idées traditionnelles sur la solidité économique des deux pays au sein de la zone euro.
  • Le plan français d’ajustement fiscal est accueilli avec scepticisme, du fait du manque de majorité parlementaire et du contexte politique tendu.

Perspective internationale : un nouveau jeu dans la zone euro

Cette évolution illustre à quel point la santé économique des nations européennes dépend autant de la politique budgétaire que de la confiance politique. En Italie, une coalition solide et une retraite progressive des dépenses excessives transforment la perception du risque, parfois au détriment de la France, que l’on croyait pourtant jusqu’ici la locomotive économique de la zone euro.

À l’échelle mondiale, cet épisode invite à réfléchir sur la gestion financière étatique : peut-on éternellement parier sur la stabilité d’un géant comme la France, quand son déficit et sa dette montent en flèche ? Tandis que la France cherche encore son chemin entre hausse des impôts et réduction des dépenses, l’Italie démontre que stabilité politique et prudence fiscale peuvent porter leurs fruits, même sous les projecteurs exigeants des marchés internationaux.


Pour conclure, une invitation à la réflexion… et au sourire

Alors, qui aurait cru que le pays de la pizza et du « rigore » budgétaire donnerait le ton face à la France, la grande dame que l’on croyait si sûre d’elle ? Comme quoi, derrière chaque stéréotype se cache une complexité passionnante, qui remet les pendules à l’heure… ou aux taux !

À l’avenir, nous observerons avec attention si ce frémissement se confirme ou s’il s’agit simplement d’un feu de paille. En attendant, rien de tel qu’un bon espresso pour savourer cette petite leçon d’économie, en prenant soin de ne pas brûler la langue, ni notre confiance dans la capacité de la France à rebondir avec son habituelle élégance et dynamisme.

Nul doute que « Point Sud » continuera de suivre de près ces épisodes fascinants, où stratégie politique et finance publique s’entremêlent pour écrire le prochain chapitre européen. Restez avec nous, la scène internationale réserve bien des surprises… même aux plus optimistes d’entre nous !


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