La France adopte une nouvelle taxe de 15€ par passager de croisière pour protéger ses littoraux
Publié le 05/12/2025 à 15h30 CET – Mise à jour à 16h18
La France envisage d’instaurer prochainement une taxe destinée aux visiteurs étrangers arrivant en croisière. Cette contribution imposerait un paiement de 15€ par passager à chaque escale dans les ports français. Cette mesure pourrait générer environ 75 millions d’euros annuellement, destinés à la préservation des zones côtières les plus fragiles du territoire français.
Le tourisme de croisière vers l’Hexagone a connu une croissance exponentielle ces dernières années. En 2023, la France continentale a enregistré le passage de plus de 3,8 millions de passagers en transit à bord de navires de croisière.
Quand cette taxe pourrait-elle entrer en vigueur ?
Le nouveau prélèvement s’appuiera sur le principe du “pollueur-payeur“, visant à faire assumer aux principaux responsables de la pollution les coûts liés à la prévention et à la gestion environnementale. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du budget français pour 2026.
Elle suit également des mesures locales prises en faveur de la protection des littoraux, telles que l’interdiction depuis le 1er janvier prochain à Cannes d’accueillir des croisières de plus de 1 000 passagers. Parallèlement, Nice a limité à 65 le nombre de croisières annuelles autorisées.
Le Sénat français a adopté cette taxe, Jean-Marc Delia, sénateur, soulignant que les croisières génèrent pas moins de sept millions de tonnes de CO2 chaque année en Europe.
Un rapport de l’ONG Transport and Environment (T&E) révèle par ailleurs que la compagnie Carnival a émis en 2023 davantage de CO2 que la ville de Glasgow en Écosse. Toutefois, le gouvernement actuel, de tendance centriste, s’oppose à cette taxe, invoquant les difficultés à distinguer les navires de croisière des ferries. La proposition est désormais étudiée par l’Assemblée nationale, qui devrait annoncer sa décision d’ici fin décembre.
Les points importants
- Une taxe environnementale ciblée : La taxe de 15€ par passager reflète le souhait de la France d’assumer un rôle de leader en matière de protection des zones côtières vulnérables, mêlant écologie et tourisme durable.
- Croissance du tourisme de croisière : Avec près de 4 millions de passagers transitant en 2023, le secteur connaît un essor indéniable, susceptible d’accroître les pressions environnementales.
- Initiatives locales pionnières : Cannes et Nice montrent l’exemple en régulant strictement la fréquentation croisiériste, préfigurant une politique nationale cohérente.
- Une réponse européenne concertée : La France rejoint des pays comme la Grèce et la Norvège, qui ont aussi adopté des taxes visant à compenser les impacts climatiques et sociaux des croisières.
- Débat politique en cours : Le gouvernement met en avant la complexité du dispositif, notamment la distinction entre types de navires, ce qui souligne les enjeux d’une réglementation efficace.
- Impact global du secteur : Les niveaux d’émission de CO2 associés aux croisières posent une question urgente sur le développement durable du transport maritime de passagers.
Une perspective internationale et réflexive
La France, en se positionnant avec rigueur sur la taxation des croisières, illustre une volonté diplomatique et écologique forte. Dans un contexte mondial où les aires marines protégées sont de plus en plus menacées par le tourisme de masse, cette décision résonne au-delà des frontières françaises. Elle interroge la capacité des États à concilier développement économique, attractivité touristique et urgence écologique.
- L’essor des croisières dans de nombreux pays européens soulève la nécessité d’une harmonisation des règles pour éviter un “effet de fuite” vers des ports moins régulés.
- La mesure française pourrait inspirer d’autres nations à renforcer leurs politiques environnementales, tout en stimulant l’innovation dans les énergies propres pour le secteur maritime.
- Ce débat met en lumière la complexité des arbitrages politiques face à la transition énergétique, notamment dans un secteur aussi internationalisé que le transport maritime.
- En intégrant les coûts environnementaux dans le tourisme, la France défend une approche responsable et incitative qui pourrait devenir un modèle pour d’autres industries polluantes.
- Enfin, cette décision invite à repenser le tourisme côtier en s’appuyant sur des stratégies plus inclusives qui préservent la biodiversité tout en valorisant les économies locales.
Face à ces enjeux, il convient de réfléchir à l’équilibre entre développement touristique et protection environnementale. Dans quelle mesure les politiques publiques nationales peuvent-elles s’appuyer sur la coopération internationale pour réguler un secteur aussi globalisé ? Le défi est lancé : réconcilier croissance économique et préservation des milieux naturels pour les générations futures. La France, par ses initiatives, ouvre le débat avec détermination et pragmatisme.
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