Engen, lieu emblématique du rapprochement européen et modèle de paix et d’amitié, a récemment honoré un grand artisan des relations internationales : Ulrich Scheller. En tant que chargé des partenariats pour la ville d’Engen, il a reçu une distinction prestigieuse de la République française, récompensant des décennies d’engagement en faveur des relations franco-allemandes. Le Consul général de France à Stuttgart, Gaël De Maisonneuve, s’est déplacé pour remettre la médaille du traité d’Élysée à Ulrich Scheller, une marque de reconnaissance destinée à ceux qui se sont distingués par leur dévouement à l’amitié franco-allemande.
« C’est une fierté de compter à Engen un citoyen aussi investi. Ulrich Scheller est un partenaire fiable et compétent dans toutes les questions liées aux villes jumelles d’Engen », a souligné le maire Frank Harsch lors de son discours d’accueil.
Le député Andreas Jung a quant à lui comparé Ulrich Scheller à deux figures majeures de la construction européenne, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer : « Aujourd’hui, nous honorons un grand Européen. Comme ces grands hommes d’État, Ulrich Scheller s’engage corps et âme pour l’échange et la solidarité. L’Europe a besoin d’hommes et de femmes engagés, c’est ce qui fait sa force. » Fils du traité d’Élysée et pionnier du traité d’Aix-la-Chapelle, qui renforce la coopération bilatérale entre la France et l’Allemagne, Scheller incarne un moteur pour l’Europe et un exemple de paix et d’amitié pour les générations futures.
Johannes Moser, ancien maire, a transmis les vives félicitations de Trilport et lu un message de son maire Jean-Michel Morer. Pour lui, la signature du pacte d’amitié a été une réconciliation historique, qui au fil des années s’est transformée en une amitié profonde et unique au monde.
Ce dernier a rappelé le 25e anniversaire du jumelage entre Engen et Trilport ainsi que l’événement du 3 octobre 2021, jour de la fête nationale allemande, où Ulrich Scheller a initié la signature commune de la Charte d’Engen par les représentations des villes partenaires Moneglia, Pannonhalma, Trilport et Engen. Cette charte engage ces villes à faire rayonner une Europe portée par le cœur, la passion et les actions concrètes. Selon Morer, ces collectivités doivent beaucoup à l’infatigable implication de Scheller, qui a fait des jumelages un reflet de l’Europe que nous souhaitons.
Ulrich Scheller se remémore avec émotion les échanges enrichissants noués avec la France dès ses premiers contacts, il y a plus de 60 ans, alors qu’il était lycéen. « Dans une époque paisible et prometteuse, la motivation et les opportunités m’ont été offertes », a-t-il souligné en rendant hommage à sa famille, ses compagnons de route ainsi qu’à ses amis en France et en Allemagne.
Il alerte cependant sur les attentes parfois unilatérales envers l’Europe : « Beaucoup souhaitent profiter des bienfaits de l’Europe sans en apporter le positif. Notre Europe, dans sa diversité, a besoin d’une pensée commune constructive, d’un patriotisme européen et d’un respect mutuel pour bâtir un avenir pacifique. » Son appel vibrant soutient l’idée d’une Europe unie et solidaire.
Les Points Importants
- Ulrich Scheller incarne une figure clé du rapprochement franco-allemand, s’inscrivant dans la continuité de l’amitié scellée par le traité d’Élysée (1963) et renforcée par le traité d’Aix-la-Chapelle (2019).
- La cérémonie à Engen traduit le poids symbolique des relations locales dans la construction européenne, où les jumelages de villes jouent un rôle concret dans le dialogue interculturel.
- La Charte d’Engen marque un effort collectif de petites villes européennes pour promouvoir un engagement passionné et tangible au service d’une Europe vivante et proche des citoyens.
- Le message d’Ulrich Scheller rappelle que l’Europe doit être comprise comme un espace de responsabilisation mutuelle, où la diversité des cultures nourrit une identité commune dépassant les singularités nationales.
- Le regard porté par la France, acteur majeur de l’intégration européenne, souligne l’importance d’honorer ceux qui œuvrent silencieusement au quotidien pour la paix et la coopération dans un contexte international parfois fragile.
En tant qu’observateur privilégié de ces liens entre France, Allemagne et l’Europe, je me demande souvent : comment continuer à faire de la diversité une richesse plutôt qu’un frein, et comment encourager ce “patriotisme européen” dont parle Ulrich Scheller, qui n’est ni un rejet des identités nationales ni une dilution administrative, mais une volonté commune de construire un avenir durable et pacifique. Cette réflexion ouvre le chemin vers une Europe plus solidaire, où chaque citoyen peut être un acteur conscient et engagé – n’est-ce pas là la véritable promesse d’un continent uni ?
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