Royaume-Uni, France, Allemagne parmi 12 pays : refus catégorique de la colonisation en Cisjordanie
Mercredi, un groupe de douze pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Allemagne, ont publié une déclaration commune dénonçant la décision du gouvernement israélien d’établir 19 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Ces pays rappellent que cette démarche viole le droit international et risque d’aggraver une situation déjà instable.
Les signataires — dont figurent également la Belgique, le Danemark, l’Italie, l’Islande, l’Irlande, le Japon, Malte, les Pays-Bas, la Norvège et l’Espagne — appellent Israël à revenir sur cette décision et à stopper toute expansion coloniale. Cette déclaration souligne qu’unilatérales et s’inscrivant dans une politique d’implantation accélérée, ces initiatives fragilisent durablement les perspectives d’un règlement pacifique.
Cette décision avait été prise en décembre dernier par le Cabinet restreint israélien chargé des questions politiques et sécuritaires (« le cabinet »), concernant tant des avant-postes déjà existants, tels que Ganim et Kedem — évacués en 2005 dans le cadre du désengagement de Gaza — que de nouveaux sites à bâtir prochainement. Parmi les colonies validées figurent notamment Ish Kodish, Halam, Har Bezeq, Ya’ar El Keren, Yatzev, Kedem, Kochav Hashachar Nord, Michmash et d’autres.
“Un coup porté au plan de paix de Trump”
Dès dimanche dernier, le gouvernement britannique avait fermement condamné cette démarche. Hamish Falconer, ministre d’État britannique pour le Moyen-Orient, a souligné, via le réseau X, que cette politique « sape les efforts de la feuille de route proposée autrefois par le président américain Donald Trump » et compromet gravement les perspectives d’une solution à deux États viable. Il a rappelé que le droit international interdit la création de colonies, considérées comme illégales.
D’une longueur d’environ 100 kilomètres sur 50, la Cisjordanie reste au cœur du conflit israélo-palestinien depuis l’occupation israélienne de 1967. La communauté internationale, en bonne partie, considère cette région comme un territoire occupé et rejette la légitimité des colonies. Ce consensus a reçu un appui net avec l’avis rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de justice, instance suprême des Nations unies.
Selon les estimations de l’ONU, environ 750 000 Palestiniens ont été déplacés lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Les Palestiniens revendiquent aujourd’hui la Cisjordanie comme le noyau central de leur futur État indépendant, aux côtés de la bande de Gaza. Cependant, l’extension continue des colonies, qui a connu une accélération marquée à partir des accords d’Oslo signés il y a trois décennies, modifie profondément la géographie et la dynamique locale. En 2023, le rythme de construction a atteint un niveau inédit, renforcé depuis octobre 2023 par la guerre à Gaza, accompagnée de nombreux travaux d’aménagement.
Les Points Importants
- La France, en tant qu’acteur diplomatique majeur et défenseur historique du multilatéralisme, partage avec ses partenaires européens et internationaux une position claire contre toute politique unilatérale qui compromet le droit international.
- L’engagement de la communauté internationale, au travers d’institutions telles que la Cour internationale de justice et les Nations unies, souligne l’importance du respect du cadre juridique pour garantir une paix durable.
- La montée des colonies influence non seulement l’équilibre local mais aussi la stabilité régionale, avec des répercussions globales pour la sécurité en Méditerranée et au Proche-Orient.
- L’appel à la suspension des implantations s’inscrit dans une logique de recherche d’un compromis viable pour deux États, modèle soutenu par la majorité des chancelleries mondiales et promu activement par la diplomatie française dans les forums internationaux.
- L’approche concertée entre les pays européens et d’autres États montre un effort collectif pour préserver un espace politique crédible permettant la reprise constructive des négociations de paix.
- L’histoire récente et la dynamique du conflit illustrent combien les décisions locales peuvent s’inscrire dans un contexte géopolitique mondial, marqué par des enjeux d’influence, de droits humains et de développement.
En ouvrant la réflexion, cette situation invite à considérer comment la communauté internationale peut renforcer ses mécanismes de prévention et de médiation, afin d’éviter que des décisions unilatérales ne compromettent durablement la quête d’une coexistence pacifique. La vigilance des États européens, France en tête, pourrait être décisive pour impulser un cadre renouvelé où respect du droit et pragmatisme politique convergeraient enfin au profit d’une paix concrète. Cette question mérite une attention soutenue, au-delà des discours, pour que la stabilité dans la région ne reste pas une aspiration lointaine mais devienne un objectif réaliste.
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