Des hackers pro-russes revendiquent l’attaque contre La Poste française

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Point Sud – Par Malek Fouda

Publié le 24 décembre 2025 à 17h12 CET

Le groupe de cybercriminels prorusses Noname057(16) a revendiqué la responsabilité d’une attaque informatique majeure qui a paralysé le service postal national français durant la période des fêtes de Noël, a fait savoir mercredi le Parquet de France. L’enquête a été confiée à la DGSI, l’agence française de renseignement intérieur, suite à cette revendication.

Les serveurs centraux de La Poste ont été mis hors service dès lundi par une attaque par déni de service distribué (DDoS), une situation qui persistait encore mercredi matin. Ce coup dur est intervenu en pleine activité intense pour La Poste, une institution essentielle qui emploie plus de 200 000 personnes.

En conséquence, les employés ont été incapables d’assurer le suivi des colis, et les services bancaires en ligne de La Banque Postale ont également été interrompus. Ce sabotage a donc affecté plusieurs volets clés des services postaux et financiers du pays.

Un modèle d’attaque déjà connu

Le groupe Noname057(16) s’était déjà illustré au cours des derniers mois par plusieurs cyberattaques ciblant notamment des sites de médias ukrainiens, ainsi que des institutions gouvernementales et entreprises en Pologne, Suède et Allemagne. En juillet dernier, l’opération policière internationale Eastwood, menée simultanément dans 12 pays, avait permis de démanteler plus de 100 serveurs et d’arrêter deux individus en France et en Espagne. Sept mandats d’arrêt avaient été lancés, principalement contre des ressortissants russes.

Malgré cela, Noname057(16) a rapidement repris ses activités, gardant une présence active dans le paysage cybercriminel européen. Cette fois encore, ils avaient visé des services français sensibles, dont le Ministère de la Justice et plusieurs administrations régionales.

Une menace récurrente aux allures de sabotage

Quelques jours avant cette attaque, le gouvernement français avait déjà annoncé qu’un autre cyberincident avait visé le Ministère de l’Intérieur, perturbant la gestion de la sécurité nationale. Selon Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, des documents sensibles auraient été dérobés, ainsi que des informations sur des dossiers policiers et des personnes recherchées.

Dans un dossier proche, la justice française enquête sur un projet présumé de piratage informatique visant les systèmes de contrôle d’un ferry international, avec l’arrestation d’un membre letton d’équipage suspecté d’agir pour un État étranger non identifié. Le ministre a toutefois évoqué sans détour une possible implication russe, rappelant que “l’ingérence étrangère vient souvent du même pays”, sans confirmer officiellement cette attribution.

La guerre hybride à laquelle fait face la France

Dans ce contexte, la France, aux côtés de ses alliés européens, dénonce une stratégie de guerre hybride menée par Moscou, combinant sabotage, assassinats ciblés, cyberattaques et campagnes de désinformation. Cette tactique vise à affaiblir la cohésion des sociétés occidentales et à freiner leur soutien à l’Ukraine.

Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, des dizaines d’incidents ont été enregistrés à travers l’Europe : incendies criminels dans des entrepôts, sabotages ferroviaires, actes de vandalisme, autant de manifestations tangibles de ces opérations clandestines.

Les agences de renseignement européennes font aujourd’hui état d’une charge de travail liée aux investigations sur l’influence et les ingérences russes équivalente à celle consacrée aux menaces terroristes, soulignant ainsi l’importance stratégique et la complexité de ces actions.


Les Points Importants

  • La Poste a été la cible d’une attaque DDoS d’envergure, paralysant ses services au cœur de la période de Noël, moment clef pour les livraisons et les paiements en ligne.
  • Noname057(16), un groupe de hackers prorusses, persiste à cibler des infrastructures critiques en France et en Europe malgré les efforts internationaux pour le démanteler.
  • Le gouvernement français renforce la collaboration entre ses services de renseignement et la justice pour combattre ces cybermenaces répétées, assimilées à une forme de sabotage moderne.
  • Le contexte international plus large révèle une guerre hybride sophistiquée, où la cybersécurité devient un pilier essentiel de la défense nationale et européenne.
  • Les incidents récents rappellent combien les infrastructures publiques et privées sont vulnérables, et soulignent la nécessité d’investissements soutenus dans la cybersécurité.
  • Cette situation appelle également à une réflexion approfondie sur les réponses diplomatiques, les sanctions et la coopération internationale pour contrer ces nouvelles formes d’agression.

Sur le plan global, cette série d’attaques cybernétiques met en lumière une nouvelle dimension des conflits contemporains où la technologie devient un champ de bataille stratégique. La capacité d’un pays à protéger ses infrastructures critiques, tout en gardant la confiance de ses citoyens, sera déterminante dans ce paysage géopolitique mouvant. Face à ces défis, la France, forte de son expertise en cybersécurité et de son engagement international, se positionne résolument en défenseur des valeurs démocratiques et de la souveraineté numérique. Cependant, cette réalité interroge également la communauté internationale sur les mécanismes de riposte collective, la régulation du cyberespace et la prévention des guerres hybrides. N’est-il pas temps d’imaginer de nouveaux cadres normatifs pour préserver la stabilité de nos sociétés face aux cybermenaces ?


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