Chili : des opportunités à saisir dans les infrastructures pénitentiaires
Une délégation chilienne composée de représentants de la Direction générale des concessions du ministère des Travaux publics, du ministère de la Justice et des Droits humains ainsi que d’InvestChile s’est récemment rendue en Europe pour présenter les perspectives d’investissements dans les infrastructures pénitentiaires du Chili. Cette démarche s’inscrit dans le cadre ambitieux du Plan Maître des Infrastructures Pénitentiaires 2022–2030, qui vise à moderniser et étendre le réseau carcéral chilien.
Roadshow européen autour des concessions pénitentiaires
Du 8 au 12 décembre, des experts de la Direction générale des Concessions des Travaux Publics (DGC), du ministère de la Justice et des Droits humains, et d’InvestChile ont parcouru la France, l’Angleterre et l’Espagne afin de rencontrer des entreprises leaders dans la gestion des établissements pénitentiaires. Objectif : faire connaître les appels d’offres à venir pour sept nouveaux centres carcéraux, qui seront portés sous le modèle innovant de Partenariats Public-Privé (PPP).
Parmi les participants figuraient notamment Patricio Álvarez, responsable sectoriel de l’infrastructure et des offres publiques chez InvestChile, Juan Eduardo Chackiel, chef du service des études et analyses financières de la DGC, ainsi que plusieurs représentants du ministère de la Justice.
Cette tournée a été l’occasion d’échanges techniques enrichissants, avec la visite du centre pénitentiaire HMP Thameside au Royaume-Uni, établissement géré en totalité par le secteur privé — un modèle qui intrigue et suscite l’intérêt des délégations chiliennes.
Des appels d’offres autour de 700 millions de dollars et plus de 12 000 places supplémentaires
Au cours de la tournée, la délégation a tenu des entretiens bilatéraux avec neuf entreprises spécialisées dans la construction, la concession et l’exploitation d’infrastructures pénitentiaires. Ces contacts préparent les appels d’offres prévus entre 2026 et 2027, dont le budget global avoisine les 700 millions de dollars. Ces projets porteront à plus de 12 000 le nombre de places nouvelles dans les établissements concernés par ces futurs appels d’offres, avec des possibilités d’extension selon la disponibilité foncière.
Les prochaines constructions concerneront les villes de Calama, Santiago 1, Alto Hospicio, La Serena, Rancagua, Puerto Montt et Valdivia, qui s’ajoutent aux centres déjà récemment mis en concession à Talca et Copiapó.
À l’heure actuelle, le Chili possède neuf établissements pénitentiaires en concession, totalisant plus de 21 000 places disponibles, témoignant d’une démarche progressive vers des infrastructures modernes et plus efficaces.
Un cadre réglementaire favorable à une accélération des investissements
Les échanges en Europe ont également permis de faire le point sur les récentes avancées législatives chiliennes pour faciliter ces investissements, notamment la loi n° 21.783. Celle-ci entend réduire les lourdeurs administratives, notamment grâce à la suppression de l’exigence de la Résolution de Qualification Environnementale (RCA) pour l’extension des établissements existants. Une mesure susceptible de diminuer de plus de 700 jours les délais de développement et de construction, selon les estimations du ministère de la Justice.
Infrastructures pénitentiaires : une nouvelle voie d’investissement
Cette initiative de promotion à l’international illustre la stratégie ambitieuse du Chili pour moderniser son système pénitentiaire, en garantissant sécurité et qualité opérationnelle à travers des partenariats public-privé. InvestChile joue un rôle moteur en stimulant l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux, soutenant ainsi le transfert d’expertises et la réalisation de projets structurants.
Les Points Importants
- La délégation chilienne a engagé un dialogue technique approfondi avec des spécialistes français, britanniques et espagnols de la gestion pénitentiaire, témoignant d’une volonté partagée d’échanges multiculturels et professionnels.
- Le recours à la formule des partenariats public-privé se révèle être un outil pertinent pour renforcer les capacités infrastructurelles du Chili tout en associant l’expertise du secteur privé.
- L’investissement estimé à 700 millions de dollars et la création de plus de 12 000 places supplémentaires démontrent l’importance et la dimension stratégique de ce plan pour le pays.
- Le cadre réglementaire évolue pour faciliter et accélérer les projets, notamment en s’inspirant des pratiques efficaces observées en Europe.
- La participation d’InvestChile, acteur clé, souligne la volonté du Chili d’attirer les capitaux étrangers tout en encourageant un développement respectueux des normes internationales en matière de gestion pénitentiaire.
Au-delà du Chili, cet exemple ouvre un débat pertinent sur la reconfiguration des systèmes pénitentiaires modernes au regard des enjeux internationaux que sont la sécurité, la réinsertion et la dimension économique. Comment conjuguer efficacité et respect des droits humains dans ces projets d’infrastructure ? Quelle place pour les partenariats public-privé dans des espaces aussi sensibles ? La réponse à ces questions pourrait bien tracer un chemin nouveau pour de nombreux pays francophones, désireux d’allier performance, modernité et responsabilité sociale.
À travers cette coopération fertile entre l’Amérique latine et l’Europe, notamment avec la France, le Chili illustre comment des visions transculturelles enrichissent le dialogue international et encouragent des solutions novatrices porteuses d’avenir.
Laisser un commentaire