Ancienne compagne d’un terroriste des attentats de Paris en 2015, mise en examen pour projet jihadiste

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Ancienne compagne du terroriste des attentats de Paris en 2015 mise en examen pour projet djihadiste

La justice française a mis en examen ce lundi l’ancienne compagne de Salah Abdeslam, seul survivant du commando responsable des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 à Paris, pour deux infractions, dont un projet d’attentat djihadiste présumé.

Jeudi prochain, la France honorera la mémoire des 130 victimes tombées ce jour-là ainsi que des centaines de blessés, lors d’une cérémonie marquant le dixième anniversaire de ces attaques qui ont frappé Paris et Saint-Denis. Salah Abdeslam est incarcéré dans le nord du pays, à la prison de Vendin-le-Vieil, pour sa participation aux faits.

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert deux enquêtes distinctes à l’encontre de la femme, identifiée sous le nom de Maëva B. L’une concerne une clé USB contenant de la « propagande djihadiste » qu’elle aurait remise à Abdeslam, connectée illégalement à son ordinateur. L’autre vise un projet d’attentat qui a finalement été déjoué.

Dans ce second dossier, trois personnes, dont Maëva B., ont été mises en examen lundi en début d’après-midi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et écrouées, selon une source judiciaire.

Lors de sa comparution, Maëva B., au teint pâle, aux yeux clairs et vêtue de noir, est brièvement apparue devant la presse avant une audience à huis clos, lors de laquelle le juge a ordonné sa mise en détention provisoire. Son avocate a refusé de s’exprimer.

Dans la matinée, le Pnat avait révélé avoir découvert « plusieurs conversations et recherches concernant la préparation d’un autre projet d’action violente, sans lien avec Salah Abdeslam », consultés sur des supports numériques saisis au domicile de Maëva B. dans le cadre de l’affaire portant sur la clé USB.

Selon le Pnat, détenue depuis mardi dernier, la suspecte manifeste une « radicalisation évidente et une fascination pour le djihad ». Séparée d’Abdeslam, elle n’entretenait plus de relations avec lui depuis avril 2025. Elle a reconnu avoir acheté une clé USB, l’avoir remplie de « propagande djihadiste » et l’avoir remise à Salah Abdeslam lors d’une visite.

Les autres personnes détenues sont une mineure de 17 ans et un homme de 20 ans, nouvel époux de Maëva B., précise le Parquet.

Justice restaurative

Par ailleurs, Salah Abdeslam souhaiterait « ouvrir une porte aux parties civiles » dans un cadre de justice restaurative, a indiqué mardi son avocate Olivia Ronen. Il veut « pouvoir expliquer sa situation et, si les victimes le souhaitent, dialoguer avec elles au sujet de sa détention et de son procès ».

Cette démarche pourrait répondre à une demande de certaines parties civiles souhaitant un échange direct avec le détenu. Arthur Dénouveaux, survivant de l’attentat du Bataclan et président de l’association Life for Paris, a indiqué que plusieurs victimes étaient favorables à ce type de justice restaurative, qui permettrait des rencontres, notamment en prison, comme cela se fait déjà en Espagne et en Italie.

À noter que la justice restaurative ne remplace pas la justice pénale : elle propose des mécanismes variés, dont la médiation restaurative, pour rapprocher victimes et auteurs du même délit, favorisant un dialogue constructive et apaisé.


Les Points Importants

  • Contexte et enjeux français : Cet épisode judiciaire rappelle la vigilance constante de la France face aux menaces terroristes qui ont profondément marqué son histoire récente, notamment avec les événements tragiques de novembre 2015.

  • Dimension internationale : La coopération entre pays européens et internationaux s’intensifie pour prévenir de tels projets djihadistes, élaborés souvent au cœur même des sociétés occidentales, soulignant l’importance d’une approche globale.

  • Justice restaurative en débat : La volonté d’Abdeslam d’entamer un dialogue avec les victimes ouvre la voie à une réflexion sur les modalités alternatives de justice, qui allient respect des procédures pénales et possibilité de réconciliation.

  • Radicalisation et prévention : Les cas comme celui de Maëva B. mettent également en lumière les défis que pose la radicalisation individuelle, souvent invisibilisée, et la nécessité de stratégies adaptées tant judiciaires que sociales.

  • Rôle de la société et des médias : En témoignant de ces enquêtes et en sensibilisant le public, la presse francophone joue un rôle crucial dans la compréhension et l’acceptation des mesures prises, contribuant à un débat éclairé et apaisé.


En tant que journaliste pour Point Sud, il me semble crucial de souligner que ces événements, bien qu’ancrés dans une actualité française, résonnent au-delà des frontières. Ils questionnent la solidarité internationale et notre capacité collective à conjurer la menace terroriste, mais aussi à innover dans la manière de rendre justice et d’accompagner les victimes. Comment, dans un monde interdépendant, trouver le juste équilibre entre sécurité, liberté et dialogue ? Cette interrogation engage non seulement la France mais la communauté francophone mondiale, dans une quête de réponses partagées et d’actions concertées. Je vous invite à nourrir cette réflexion avec nous.


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