Un entrepreneur d’exception au Canada, les aventures de Javier Reverte
Manuel Jorge est un entrepreneur galicien qui a su s’imposer avec succès au Canada grâce à une entreprise innovante de maisons préfabriquées. C’est via notre ami Xaime Varela, originaire d’Agolada, que nous avons découvert que ce compatriote de la région de Lalín est mentionné avec éclat dans le livre En mers sauvages. Un voyage dans l’Arctique (2011), de l’écrivain madrilène Javier Reverte (1944-2020).
Dans ce récit captivant, qui relate son expédition à bord d’un navire océanographique russe en août 2008, Javier Reverte évoque Manuel Jorge en ces termes : « Manuel Jorge avait cinquante-sept ans et avait quitté la Galice quarante ans auparavant. Il avait vécu d’abord en Angleterre, travaillant dans l’hôtellerie, puis s’était installé à Edmonton, où il gérait le bar et le restaurant d’un hôtel. Par la suite, il s’était établi à Yellowknife, où il avait créé une entreprise innovante de maisons préfabriquées en matériaux isolants, conçus par lui-même pour les murs. Cette société, baptisée Energy Wall, comptait pour comptable son épouse slovaque. Il ne me l’a pas dit explicitement, mais il était évident qu’il avait réussi financièrement. Manuel avait deux enfants… Il m’a raconté qu’il était né dans un petit village près de Lalín, en Pontevedra. »
Manuel racontait ainsi son village d’origine : « Quand je suis parti, le village comptait une quarantaine d’habitants. Aujourd’hui, il ne reste plus que mon frère et sa femme. Les campagnes se vident, mais vous verrez, dans quelques années, les gens reviendront à la terre… »
Le livre de Javier Reverte permet de poursuivre la découverte de cet homme aux multiples facettes, entrepreneur mais aussi aventurier, qui a su conjuguer innovation, devoir de mémoire et attachement à ses racines. Sans jamais préciser le nom exact du village, des proches nous ont assuré que Manuel Jorge est originaire de la commune de Rodeiro, plus précisément du lieu-dit Senra de Arriba.
Les Points Importants
- Un parcours migratoire emblématique : Manuel Jorge incarne parfaitement la trajectoire de nombreux Européens, notamment des Français et des Espagnols, qui ont su se réinventer à l’étranger en gardant un lien fort avec leurs territoires d’origine.
- Innovation et esprit d’entreprise : Sa société Energy Wall illustre la capacité d’innovation des entrepreneurs francophones et hispanophones à l’international, ici au Canada, pays reconnu pour son ouverture aux initiatives technologiques dans le bâtiment durable.
- Les dynamiques rurales européennes : Le déplacement rural-urbain puis l’espoir d’un retour aux campagnes témoigne de changements profonds dans nos sociétés, y compris en France et en Galice, affectées par l’exode rural.
- Les échanges culturels et familiaux : La rencontre avec une épouse d’origine slovaque souligne l’interconnexion croissante entre les régions francophones et d’autres diasporas européennes à travers des liens personnels et professionnels.
- Le regard des écrivains voyageurs : Javier Reverte, à l’image de nombreux auteurs francophones qui explorent le monde, nous donne des clefs de compréhension de la mondialisation vécue à travers des histoires individuelles fortes.
À une époque où la mondialisation tend à uniformiser les expériences, cette histoire inspirante nous rappelle que l’attachement à son territoire et l’esprit d’entreprise peuvent cohabiter et se nourrir mutuellement. Elle invite à réfléchir non seulement sur les parcours migratoires contemporains, mais aussi sur la manière dont nos vies personnelles participent à créer un monde plus riche, où la diversité des origines devient une force.
Personnellement, je trouve fascinant qu’au cœur de nos sociétés actuelles, ce lien subtile entre la modernité et la tradition soit incarné par des figures comme Manuel Jorge. Leur parcours fait résonner en moi cette idée que notre identité ne se limite pas à un lieu unique, mais se construit dans l’odyssée collective de nos expériences à travers les continents. N’est-ce pas là une invitation à repenser la notion même de communauté et de succès au XXIe siècle ?
Laisser un commentaire