Trans Mountain et les pétrolières canadiennes négocient pour surmonter leur différend sur les coûts de transport
Le principal opérateur de l’oléoduc Trans Mountain au Canada est actuellement engagé dans des discussions avec plusieurs compagnies pétrolières afin de résoudre un différend relatif aux coûts de transport. Ce conflit, qui freine l’utilisation de l’unique oléoduc est-ouest du pays, complique également les plans du gouvernement canadien concernant la future vente de cette infrastructure stratégique.
Selon des documents soumis récemment au Régulateur de l’Énergie du Canada par Trans Mountain Corp et plusieurs grandes entreprises pétrolières – parmi lesquelles Cenovus Energy, Canadian Natural Resources et ConocoPhillips Canada –, les parties sont engagées dans « des négociations commerciales actives ». Ces échanges pourraient déterminer le montant final que paieront les compagnies pour acheminer leur pétrole via l’oléoduc agrandi, dont la capacité a été portée à 890 000 barils par jour. Cette expansion permet un accès direct aux marchés asiatiques, notamment la Chine, à un moment où le Canada cherche à diversifier ses exportations de pétrole brent au-delà du marché américain traditionnel.
Une porte-parole de Trans Mountain a confirmé que les discussions étaient toujours en cours et que l’entreprise avait demandé la suspension des procédures réglementaires afin de disposer du temps nécessaire pour parvenir à un accord. Le régulateur examine cette requête. La controverse sur les tarifs de transport, qui dure depuis plus de deux ans, ajoute une incertitude importante quant à la viabilité économique et la possibilité de vendre l’oléoduc.
Rappelons qu’Ottawa a acquis ce projet pour 4,5 milliards de dollars canadiens en 2018 pour le sauver de retards accumulés et d’une inflation des coûts. Depuis 2023, le gouvernement entretient également des discussions informelles avec des groupes autochtones vivant le long du tracé afin d’évaluer leur intérêt pour une participation au capital de l’oléoduc. Toutefois, des analystes soulignent qu’un groupe autochtone ou tout acheteur privé hésitera à s’engager tant que la question des péages ne sera pas clarifiée et que la rentabilité à long terme ne pourra être évaluée précisément.
Les Points Importants
- L’agrandissement achevé en 2024 a triplé la capacité du pipeline mais son coût a presque quintuplé depuis les premières estimations de 2017.
- Trans Mountain assume environ 70 % des surcoûts, tandis que l’excédent (plus de 9 milliards de dollars) doit être couvert via les péages, fixés selon une formule approuvée par le régulateur il y a plus de dix ans.
- Les tarifs actuels pour les transporteurs contractuels sont presque deux fois plus élevés que prévu en 2017, et ceux appliqués aux contrats « spot » sont encore plus salés.
- Certaines compagnies rejettent ces péages majorés, estimant ne pas être responsables des dépassements de coûts liés à la construction.
- L’oléoduc fonctionne actuellement en deçà de ses prévisions d’utilisation : les tarifs élevés dissuadent certains acteurs de l’utiliser pleinement.
- Le résultat final des négociations sur les tarifs déterminera la capacité de l’oléoduc à amortir ses coûts de construction et influencera son prix potentiel de revente.
- Mark Maki, PDG de Trans Mountain, conseille de différer la cession jusqu’à ce que les incertitudes liées aux tarifs et à l’utilisation soient réglées, tout en restant confiant dans la récupération à terme des investissements publics.
À l’échelle internationale, ce différend illustre les défis complexes auxquels sont confrontés les projets d’infrastructures énergétiques dans un marché en mutation rapide. Le cas canadien, alliant enjeux environnementaux, économiques et sociaux, rappelle l’importance d’équilibrer les intérêts privés, étatiques et communautaires pour garantir la pérennité des ressources stratégiques. Le rôle accru des acteurs autochtones dans des projets majeurs témoigne d’une volonté croissante de conjuguer développement industriel et respect des territoires.
En prenant un recul plus philosophique, cette situation nous invite à réfléchir sur notre relation collective à l’énergie et aux ressources naturelles. Comment concilier efficience économique, équité sociale et responsabilité écologique dans un monde globalisé où les décisions locales ont des répercussions multiples ? Face à ces tensions, suis-je convaincu que le dialogue et la négociation restent nos meilleures armes pour construire un avenir partagé, ou bien devons-nous explorer d’autres modèles fondés sur une transformation plus radicale de nos modes de production et de consommation ? Voilà une question dont le débat dépasse largement les frontières canadiennes et nous concerne tous, à l’heure où la planète réclame un nouveau pacte énergétique mondial.
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