Le marché des condominiums au Canada termine une année difficile
L’année 2025 fut particulièrement éprouvante pour le marché des condominiums au Canada, marqué par une pression persistante sur le pouvoir d’achat des acheteurs et une incertitude économique omniprésente. Don Kottick, président de RE/MAX Canada, souligne ainsi que les récentes réductions successives des taux d’intérêt n’ont pas réussi à inverser la tendance. En effet, des facteurs plus larges, tels que la sécurité de l’emploi et l’instabilité économique, continuent d’affaiblir la confiance des consommateurs.
Croissance limitée des prix
Seuls trois marchés canadiens ont enregistré une hausse des prix moyens d’une année sur l’autre : Edmonton en tête avec une progression de 6,3 % à 212 672 dollars, suivie de près par Halifax à +0,3 % (487 719 dollars) et Calgary à +0,2 % (348 503 dollars). En revanche, le Grand Toronto a vu une baisse de 5,1 % des valeurs, le Grand Vancouver de 5,8 % et la vallée du Fraser de 7,4 %.
Ralentissement de la construction
La construction de nouveaux appartements en copropriété a reculé dans presque tous les grands marchés, à l’exception d’Edmonton et Ottawa, selon le rapport automnal 2025 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). La diminution marquée de la demande des investisseurs au début de l’année a affecté la faisabilité des projets, entraînant annulations et retards, ainsi qu’un net recul des mises en chantier.
Les ventes en pré-construction ont considérablement ralenti depuis les pics de 2021-2022, principalement à cause de difficultés persistantes d’accès au financement, des coûts de construction élevés, d’une pénurie de main-d’œuvre et d’un écart croissant en termes d’accessibilité, notamment à Toronto et Vancouver.
Un regain pour le marché locatif
Dans ce contexte d’incertitude économique, les appartements en copropriété destinés à la location gagnent en attractivité, du fait de coûts initiaux plus faibles et d’obligations d’entretien réduites. De nombreux projets se tournent désormais vers la construction de logements locatifs dédiés, ce qui a provoqué une légère hausse des taux de vacance et une stabilisation des loyers dans plusieurs villes, notamment à Halifax et Calgary.
Les Points Importants
- La crise du logement au Canada s’inscrit dans un contexte global d’incertitude économique et de montée des coûts liés à la vie quotidienne, un phénomène que l’on observe aussi dans plusieurs grandes métropoles francophones à travers le monde, notamment en France.
- La modération des prix des condominiums dans les principaux centres urbains canadiens évoque une forme de réalignement après les flambées exceptionnelles des années précédentes.
- La décroissance des mises en chantier met en lumière les conséquences directes des difficultés financières et logistiques dans un secteur très dépendant des investissements et de la sécurité économique.
- L’intérêt croissant pour les solutions locatives témoigne d’une adaptation pragmatique au marché, renforçant une tendance globale vers la flexibilité et l’accessibilité du logement.
- Cette situation canadienne rappelle le rôle clé des politiques publiques dans la régulation du marché immobilier et le soutien à la construction, problématiques qui préoccupent également les régions francophones et européennes.
Dans une vision plus large, je crois que ces mouvements du marché immobilier traduisent une transformation profonde de notre société contemporaine. Ils soulignent l’interdépendance entre économie, confiance sociale et habitat, des enjeux partagés à l’échelle internationale. Cette réflexion m’amène à penser que le logement, au-delà de sa fonction première, est un miroir de nos aspirations collectives et de nos fragilités. À travers ces dynamiques, nous sommes invités à repenser nos modèles de développement urbain, en plaçant la résilience et l’inclusion au cœur des priorités. Quelle ville, quel espace de vie voulons-nous construire pour demain, dans un monde en perpétuel changement ? Voilà une question qui dépasse les frontières, mobilise les esprits, et forge notre avenir commun.
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