Le marché du travail crée 8 200 emplois, mais le chômage grimpe à 6,8%

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Le marché de l’emploi canadien crée 8 200 postes malgré une légère hausse du taux de chômage à 6,8 %

Le dernier bilan mensuel de l’emploi canadien, publié par l’Agence fédérale des statistiques, fait état d’une création nette de 8 200 emplois en décembre, dépassant ainsi les prévisions des économistes. Contrairement au consensus des experts interrogés par l’agence Reuters, qui anticipaient une perte de 5 000 postes, le marché de l’emploi canadien affiche une dynamique surprenante, notamment après les 181 000 postes gagnés au cours des trois mois précédents.

Toutefois, cette croissance modeste cache des disparités régionales notables. Les deux provinces les plus peuplées et économiquement majeures du pays, l’Ontario et le Québec, ont vu leur progression des emplois ne pas suivre l’augmentation de la population active. Par conséquent, leur taux de chômage s’est accru respectivement à 7,9 % pour l’Ontario (contre 7,3 % en novembre) et à 5,4 % pour le Québec (contre 5,1 %).

Sur le plan sectoriel, le marché de l’emploi met en lumière une hausse significative du temps plein, avec un secteur de la santé et de l’aide sociale en tête, ajoutant 21 000 emplois au seul mois de décembre. Le secteur de la construction ainsi que le très large secteur des « autres services », englobant des professions variées telles que la coiffure ou la mécanique automobile, affichent également des gains. En revanche, certaines branches comme les services professionnels, scientifiques et techniques ainsi que l’hôtellerie-restauration ont enregistré des pertes importantes, respectivement de 18 000 et 12 000 emplois. L’industrie manufacturière, déjà sous pression des droits de douane américains, a vu disparaître 4 300 postes.

Au niveau national, le taux de chômage moyen s’établit à 6,8 % en décembre 2025, en légère hausse par rapport au mois précédent. Le salaire horaire moyen, quant à lui, progresse de 3,4 % sur un an, atteignant désormais 37,06 dollars.


Les Points Importants

  • Le marché de l’emploi canadien continue de surprendre en dépassant les attentes, grâce à une croissance de l’emploi en décembre 2025, notamment dans les secteurs essentiels comme la santé et la construction.
  • Les disparités régionales, avec une hausse du chômage en Ontario et au Québec, illustrent bien les défis économiques auxquels font face les deux régions les plus peuplées, issues de dynamiques différentes mais complémentaires.
  • La hausse du salaire horaire moyen reflète une tendance globale vers une meilleure rémunération des travailleurs malgré certaines pertes d’emplois dans des secteurs plus fragiles comme la manufacture et la restauration.
  • Cette évolution met aussi en lumière les liens complexes entre politique commerciale internationale (notamment avec les États-Unis) et leur impact sur l’économie intérieure, un point clé à surveiller dans un contexte mondialisé.
  • Le modèle économique canadien met en avant des secteurs en croissance liés aux services sociaux et personnels, confirmant l’importance d’un tissu social fort et d’une économie diversifiée.
  • Ces données nous invitent à réfléchir sur les mécanismes d’ajustement des marchés du travail dans des pays ouverts aux échanges mondiaux, et à quelle mesure l’équilibre entre croissance économique et inclusion sociale reste fragile.

En tant qu’observateur venant d’une région où la France incarne un modèle de solidarité économique et d’attention sociale, je ne peux m’empêcher d’apprécier la démarche canadienne tenant à conjuguer progrès économique et préservation du tissu social. À l’heure où le monde se complexifie, avec des flux migratoires, des tensions commerciales et des mutations technologiques, il est nécessaire d’adopter une vision à la fois large et nuancée des indicateurs économiques. Plus que de simples chiffres, ils révèlent notre capacité collective à inventer des modèles de société où l’humain prime sur la seule rentabilité — et c’est là tout l’enjeu pour nous tous, au Canada, en France et au-delà. Comment, dans ce contexte mouvant, réinventer le marché du travail pour qu’il soit à la fois moteur de croissance et vecteur de justice sociale ? C’est une question à laquelle chaque nation, à travers ses propres choix, doit apporter une réponse vivante et pérenne.


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