Le comité parlementaire canadien dissocie la svastika sacrée du symbole nazi Hakenkreuz

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Le comité parlementaire canadien dissocie la Croix gammée sacrée du symbole nazi de haine Hakenkreuz

Toronto – Dans un vote historique, un comité de la Chambre des communes du Canada a adopté à l’unanimité une décision majeure : dissocier la croix gammée sacrée du symbole nazi de haine, le Hakenkreuz.

Alors qu’ils étudiaient les amendements du projet de loi C-9, une législation destinée à lutter contre les discours et actes de haine, les membres du Comité permanent de la justice et des droits de la personne ont voté ce mardi pour retirer toute référence à la croix gammée dans le texte. La version initiale du projet de loi interdisait l’affichage de symboles de haine, dont le « Hakenkreuz nazi, aussi appelé croix gammée nazie, ou la double rune Sig nazie, connue sous le nom de « SS bolts » ». L’amendement a été proposé par Anthony Housefather, député du Parti libéral, après que plusieurs groupes issus de la communauté indo-canadienne ont exprimé leurs préoccupations quant à l’usage de ce terme.

En octobre dernier, Vijay Jain, président de la Vishwa Jain Sangathan Canada, avait déclaré devant le comité que l’utilisation du mot dans un contexte de haine privait les Canadiens hindous, jaïns et bouddhistes de leur droit religieux d’utiliser ce symbole dans leurs prières. En novembre, Arunesh Giri, président de la Hindu Canadian Foundation, a également souligné la nécessité urgente de retirer complètement ce terme du projet de loi.

« La confusion autour de la croix gammée sacrée a enfin été clarifiée, mais ce n’est que le début. C’est un message fort, et nous continuerons à sensibiliser la société à la profonde différence entre la swastika, un symbole intemporel de paix et de bien-être », a-t-il affirmé.

Plus de cent organisations communautaires, regroupant hindous, jaïns et bouddhistes, ont milité pour ce changement. Elles ont reçu le soutien de grandes associations juives telles que B’nai Brith Canada, le Centre pour Israël et les affaires juives, ainsi que l’Alliance des Canadiens combattant l’antisémitisme.

Parmi les acteurs clés figurait la Coalition des hindous d’Amérique du Nord (CoHNA), qui s’est félicitée : « Cela marque une étape importante pour garantir que la croix gammée sacrée des traditions hindoue, bouddhiste et jaïne ne soit pas confondue avec le Hakenkreuz nazi. » Selon Pushpita Prasad, porte-parole de CoHNA, cette « victoire cruciale » témoigne aussi d’un renforcement de la maturité politique et du pouvoir d’organisation de la communauté hindoue au Canada dans l’arène parlementaire.

Le Conseil national hindou canadien a également salué cette modification, la considérant comme un précédent significatif.

Cette législation prévoit en outre de qualifier en tant que crime les actes d’intimidation ou d’obstruction visant des individus dans des lieux de culte, écoles, centres communautaires ou autres lieux fréquentés par un groupe identifiable. Elle instaure une infraction spécifique aux crimes motivés par la haine, assurant une condamnation claire et une responsabilisation accrue des auteurs. Enfin, promouvoir sciemment la haine en affichant publiquement des symboles terroristes ou haineux sera puni de sanctions pénales, a rappelé le ministère de la Justice en septembre.


Les Points Importants

  • Cette décision illustre une volonté d’équilibre entre la lutte contre la haine raciale et la reconnaissance des expressions culturelles et religieuses spécifiques, témoignant d’une approche nuancée et respectueuse des divers héritages.
  • L’engagement du Canada dans cette réforme montre l’importance de dialoguer avec toutes les communautés afin d’éviter une assimilation erronée de symboles chargés d’histoire et de sens.
  • Le soutien des organisations juives souligne un esprit de solidarité intercommunautaire face aux enjeux de mémoire et de respect mutuel.
  • Ce changement législatif marque un pas dans la construction d’une société multiculturelle où cohabitent harmonieusement mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale et respect des religions ancestrales.
  • La loi intègre des mesures pour protéger des groupes identifiables dans des espaces essentiels à la vie communautaire, renforçant ainsi la sécurité et la liberté de culte.

Sur la scène internationale, cette avancée canadienne ouvre une réflexion profonde sur la manière dont les symboles, au-delà de leur dimension historique, portent des significations plurielles selon les cultures et les époques. Le dialogue entre traditions spirituelles et exigences modernes de la législation contre la haine invite à un exercice de discernement où la justice se conjugue avec la compréhension interculturelle.

Dans un monde globalisé où les échanges sont constants, je me demande souvent comment l’humanité peut mieux appréhender ses différences sans tomber dans le piège des amalgames ou stigmatisations. Cette décision rappelle que derrière un symbole, comme derrière une idée, il y a des histoires diverses qui méritent d’être entendues. La justice, en ces temps complexes, doit non seulement punir le mal, mais aussi préserver la richesse des mémoires et des identités. N’est-ce pas là un défi majeur pour la conscience collective de notre époque ?


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