La Chine s’empare du colza australien après le conflit commercial avec le Canada

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La Chine se tourne vers l’Australie pour son approvisionnement en colza, dans un contexte de tension commerciale avec le Canada

Le géant chinois COFCO, entreprise publique de premier plan, a récemment acquis jusqu’à neuf cargaisons de colza australien, chacune d’environ 60 000 tonnes, selon plusieurs sources commerciales relayées par Reuters. Cette décision fait suite à l’imposition par Pékin, le mois dernier, de droits antidumping provisoires sur les importations de colza provenant de son fournisseur traditionnel, le Canada.

Ce volume représente quelque 540 000 tonnes de colza, soit près de 8 % des importations totales chinoises de cette huile végétale de l’année dernière.

En effet, la Chine a lancé une enquête antidumping ciblant le colza canadien et a instauré en août des taxes provisoires s’élevant à 75,8 %. Ces mesures ont quasiment stoppé les livraisons, accentuant les tensions diplomatiques et commerciales entre les deux pays.

Historiquement, le Canada a occupé une place centrale dans l’approvisionnement chinois, mais ce revirement illustre la capacité de la Chine à diversifier ses sources durant les négociations toujours en cours avec Ottawa. Si l’Australie reste un producteur plus modeste par rapport au Canada, elle pourrait cependant rencontrer des défis pour égaler les volumes du voisin nord-américain.

Selon un courtier agricole basé en Australie, toutes les cargaisons sont programmées pour être expédiées entre novembre et janvier prochains, incluant une livraison déjà évoquée dans la presse le mois précédent. Ce spécialiste observe que l’opération d’achat menée par COFCO « s’est déroulée avec discrétion », les acquisitions portant sur neuf cargaisons issues de plusieurs grands acteurs australiens.

À noter qu’Australie était empêchée d’exporter vers la Chine depuis 2020, en raison de restrictions sanitaires liées à la prévention d’une maladie fongique. Mais d’après Reuters, Canberra serait proche d’un accord avec Pékin autorisant cinq livraisons test.

Pour rappel, le colza, également appelé graine de colza, est pressé pour produire de l’huile alimentaire tandis que le tourteau restant sert d’aliment pour le bétail.

La Chine demeure le premier importateur mondial de colza, ayant acheté l’année dernière 6,4 millions de tonnes pour une valeur de 3,4 milliards de dollars US, presque uniquement en provenance du Canada selon les données douanières chinoises.

Le Canada est d’ailleurs le premier exportateur mondial de colza, suivi de près par l’Australie.

Enfin, début juin, la Chine a prolongé son enquête sur les importations canadiennes jusqu’au 9 mars 2026, offrant ainsi un délai supplémentaire de six mois aux négociations. Le verdict final pourrait maintenir, ajuster ou supprimer ces droits de douane.


Les Points Importants

  • La décision chinoise illustre la fluidité et la complexité des relations commerciales internationales, particulièrement dans le secteur agricole stratégique.
  • Ce déplacement vers le colza australien met en lumière la recherche par Pékin de diversification face à l’impasse avec Ottawa.
  • L’interdiction des exportations australiennes depuis 2020 et leur possible levée prochaine démontrent comment des enjeux sanitaires peuvent se transformer en instruments politiques.
  • Le colza, un produit clé à la fois pour l’alimentation humaine et animale, reste un levier économique majeur pour les pays producteurs tels que le Canada, l’Australie et, à terme, la France.
  • La prolongation de l’enquête chinoise jusqu’en 2026 signifie que les négociations et tensions resteront au centre de l’actualité commerciale pour une période prolongée.
  • Pour la France, grande puissance agricole européenne exportatrice de colza, ces évolutions rappellent les défis d’une intégration économique mondiale marquée par des enjeux politiques souvent sous-jacents.

Cette tendance nous invite à une réflexion plus large : dans un monde où la géopolitique influence autant les circuits agricoles que les marchés financiers, ne serait-il pas temps de repenser nos stratégies d’approvisionnement en prenant un peu plus de recul ? Après tout, si la Chine réécrit les règles du jeu sur ce marché, qui nous dit qu’un jour ce ne sera pas nous qui ferons un « petit détour » pour surprendre nos partenaires ? Je vous laisse méditer là-dessus — et pourquoi pas, préparer une bonne salade avec un soupçon d’espièglerie à la française !


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